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Kadavar - For The Dead Travel Fast (2019)



















S'il est tentant de ne voir en lui qu'un énième rejeton du hard rock seventies, se contentant de faire du neuf avec du vieux, Kadavar mérite mieux que ce raccourci injuste car, derrière le son brut de décoffrage, toutefois plus soigné qu'il n'y parait, et l'énergie endiablée que libèrent des riffs ravageurs à défaut d'être novateurs, se cachent des artistes qui ont clairement une vision de leur art qui, contrairement aux apparences, trompeuses comme souvent, n'est pas immobile.

Praÿ | S/T (2019)



















Ils sont trois : Maud à la gratte, Jason à la basse et Antoine derrière les fûts. Le fait de voir une fille caresser le manche d'une guitare n'est pas le seul intérêt de Praÿ, groupe basé à Lyon (la ville de naissance de votre serviteur) qui vidange un stoner doom gargantuesque dont le fuselage brille de lueurs spatiales.

Jess By The Lake | Under The Red Light Shine (2019)



















Comme son nom le laisse deviner, Jess By The Lake est le projet solo de la chanteuse de Jess And The Ancient Ones. Si nous savions depuis longtemps que Jasmin Saarela est plus que la simple vitrine vocale de son principal employeur, "Under The Red Light Shine" ne fait que confirmer ses multiples talents.

Monkey3 | Sphere (2019)



















Larguant au fil du temps les amarres du stoner pour accoster les rivages d'un (post) metal plus évolutif quoique toujours aussi dynamique et instrumental, Monkey3 a su façonner une identité aussi affirmée qu'attachante qui finalement n'appartient qu'à lui.

Green Oracle | S/T (2019)



















Cela démarre à la manière de 'Shine On Your Crazy Diamond', comme la brume qui se lève au petit matin. Cela pourrait être un énième tribute à Pink Floyd mais il s'agit en réalité de 'Please', première des trois pistes remplissant le galop d'essai éponyme de Green Oracle, nouvelle signature du label Argonauta Records.

KröniK | The Pilgrim - Walking Into The Forest (2019)



















Gabriele Fiori est un homme très occupé, à la fois fondateur du précieux label Heavy Psych Sounds (Veuve, Dead Witches...) et surtout musicien aux multiples attributs (chant, guitare, claviers) qu'il prête à Black Rainbows, Killer Boogie et désormais à The Pilgrim.

KröniK | Veuve - Fathom (2019)



















"Fathom" est le titre d'un (petit) film des années 60 avec Raquel Welsh, c'est désormais celui du deuxième album de Veuve. On ne sait pas vraiment si cela a un rapport. Mais si tel est le cas, cela prouve que ces Italiens sont des hommes de goût.

Lykantropi | Spirituosa (2019)



















Son nom ne doit ni vous effrayer ni vous égarer, Lykantropi n'est pas un groupe de black metal ou affilié mais au contraire le chantre d'un prog rock bucolique comme échappé des années 60 et 70.

Spiral Skies | Cult (2019)



















Petit 7'' pouces de onze minutes peut-être, "Cult" n'en demeure pas moins indispensable pour qui a été séduit par "Blues For A Dying Planet", première offrande de Spiral Skies qui dévoilait un doom rock flamboyant, fardé d'un chant féminin aussi démonstratif qu'incantatoire. Les Suédois braconnent bien évidemment sur des terres (très) à la mode mais possède ce supplément d'âme qui les distingue du tout venant. Sans oublier - et surtout - la science ô combien précieuse de la chanson savamment dosée, à la fois moelleuse et énergique.

The Picturebooks | The Hands Of Time (2019)



















The Picturebooks est le plus américain des groupes allemands. Son (blues) rock garage évoque de vastes étendues caillouteuses que l'on sillonne en chevauchant une puissante mécanique à deux roues, les cheveux au vent et la liberté dans les yeux. Cela pourrait être la bande-son d'un remake d'"Easy Rider". Ce sont deux bonshommes à la pilosité sauvage, duo décontracté guitare/batterie. Pas de basse mais un chant trempé dans les bayous.

Pressor | Weird Things (2018)



















Pourquoi les Soviétiques ne pourraient-ils pas bétonner eux aussi du bon gros stoner doom qui sent le sapin ? Pressor est là pour nous le rappeler. A sa manière. Epaisse comme une nappe d'hydrocarbure, testiculeuse comme un mammouth mal réveillé d'un sommeil millénaire.

All Them Witches | ATW (2018)



















Depuis 2012, année où nous le découvrions grâce à un "Our Mother Electricity" de bonne mémoire, All Them Witches a enchaîné les sorties, petites ou grandes (par la taille) mais toujours savoureuses.

The Vintage Caravan | Gateways (2018)



















The Vintage Caravan pourrait n'être qu'un groupe de plus à se nourrir du rock des années 70, hard ou non, car il en coche toutes les cases : son moelleux (mais pas trop quand même), chant à la Robert Plant, volutes psyché et feeling orgasmique.

IWKC | Hladikarna (2017)



















"Hladikarna" fait partie de ces objets musicaux non-identifiés dont il n'y a pas grand-chose à comprendre. Ce qui ne signifie pas, bien entendu, qu'il mérite d'être passé sous silence.

Superfjord | All Will Be Golden (2018)



















Les têtes chercheuses de Svart Records se trompent rarement lorsqu'elles décident de signer un groupe. Peu de déchets et surtout de nombreuses et belles découvertes émaillent un catalogue qui ne cesse de s'enrichir entre doom, folk psyché et rock progressif.

A lire | Octopus - Supernatural Alliance (2018)


A défaut de briller par sa personnalité, cet opus séduit par son écriture aussi ciselée qu’efficace et par l’aura charnel que dégage sa vocaliste

Si l’époque où Rise Above affolait l’érectomètre en publiant les rondelles de Diagonal, Astra, Circulus, Uncle Acid And The Deadbeats et autre Blood Ceremony, paraît un peu révolue, on peut cependant toujours compter sur le label de Lee Dorian (With The Dead et ex Cathedral bien sûr) pour nous faire découvrir des groupes excitants. Tel est donc le cas de Octopus dont le potentiel orgasmique est inversement proportionnel à la banalité de son patronyme. Nouveau venu peut-être, le combo de Detroit a été formé en 2008 par un guitariste qui lui, ne l’est pas, puisqu’il s’agit l’ex Electric Six, J. Frezzato.

La belle Masha Marjieh est à ses côtés dès le début au sein d’un line-up peu à peu complété, par un claviériste (Adam Cox) tout d’abord, puis par la section rythmique Matt O’Brien (basse) et Todd Glass (batterie). Comme on pouvait s’y attendre, Octopus officie dans un style rétro biberonné aux années 70, muse fertile dont on ne compte plus les groupes qui la butine avec une jouissance gourmande en évitant, pour le moment encore, l’indigestion. Bref, rien de neuf à première vue, à l’horizon de ces Américains qui cochent ainsi toutes les cases du hard rock vintage avec des seins. Prêtresse sexy, orgue humide qui dégouline de partout et riffs tour à tour groovy ou épais comme une marée noire alimentent ce « Supernatural Alliance » aussi sensuel que survitaminé. Mais ce galop d’essai a pour lui, outre son énergie contaminatrice, un sens imparable de l’écriture qui fait mouche, recueil de pépites qui toutes laissent d’immédiats stigmates dans la mémoire. A leur écoute, on devine qu’elles sont le fruit d’une longue macération, parfaitement rodées pour exploser les cages à miel. Leur potentiel scénique est évident comme si elles avaient été conçues pour mettre le feu à des amplis Orange dressés comme des totems enrobés de fumigènes. Si chacun de ces titres mériterait droit de cité, il convient de souligner plus particulièrement la puissance de séduction du reptilien ‘Black Dynamite’, l’ensorcelant ‘Child Of Destiny’ que gorgent des claviers aux couleurs progressives, sans oublier le quasi sabbathien ‘Dragonhead’ ou bien encore l’éponyme ‘Supernatural Alliance’ qui luit d’un éclat noir. Le point G est atteint avec ‘Fleetwood Mac’, titre séduisant et promesse d’une lente montée du désir, tendre d’abord avant d’exploser en un geyser psyché et seventies. Clé de voûte de l’édifice, le chant de Marsha n’est bien entendu pas étranger au charme magnétique qu’exerce ce premier album qu’elle enrobe d’une suavité moelleuse et féline, chatte qui ronronne de plaisir et sort les griffes en même temps. A défaut de briller par sa personnalité, cet opus séduit par son écriture aussi ciselée qu’efficace et par l’aura charnel que dégage sa vocaliste. Un groupe franchement prometteur à tout le moins.  (05/09/2018)