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Lee Frost | La chose à deux têtes (1972)


Au milieu du grand n'importe quoi que fut la dernière partie de carrière de Ray Milland, acteur qui a tout de même joué pour Cecil B. De Mille, Jacques Tourneur, Billy Wilder ou Alfred Hitchcock, surnagent quelques films moins mauvais que le reste et notamment La chose à deux têtes dont on attendait pas forcément grand chose si ce n'est une bonne série Z de derrière les fagots. Réalisé par Lee Frost pour le compte de Samuel Z. Arkoff, il s'agit d'un film hallucinant, arrimé à la blacksploitation où un savant condamné par un cancer, raciste de surcroît, se fait greffer la tête sur un repris de justice (noir) promis à la chaise électrique, lequel se retrouve donc pourvu de... deux têtes ! Mais les trucages sont astucieux et la course poursuite complètement folle entre une moto et plusieurs bagnoles de police, sur laquelle repose quasiment toute la seconde moitié du film, s'avère plutôt bien fichue. Une vraie petite perle donc...
Vu le 18/02/2018 / Source : enregistré sur Ciné FX en 2010.















Jack Gold | Le tigre du ciel (1976)


Si depuis trente ans, Malcolm McDowell ne fait que cachetonner (à quelques exceptions près), il en allait tout autrement dans les années 70 où il enchaînait les (très) grands films dans des registres variés, passant de la comédie (Le meilleur des mondes possibles) au drame (The Raging Moon) à Stanley Kubrick (Orange mécanique). Après l'humour débraillé de Royal Flash, Le tigre du ciel lui offre une des dernières occasions de démontrer l'étendu de son talent, acquis sur les planches shakespeariennes. Il y campe avec une rare sobriété le commandant d'une escadrille de pilotes anglais basée en France durant la Première Guerre mondiale. L'arrivée d'un jeune officier qui a tout à apprendre de la vie nous plonge dans ce petit groupe d'hommes qui, loin de la figure du héros courageux, sont en réalité rongés par la peur et l'alcool.
Malgré les scènes de combats aériens qui voient les pilotes mourir les uns après les autres, témoignant ainsi de la dure vie de cette "génération sacrifiée", le film du méconnu Jack Gold (la grande menace) met l'accent sur la psychologie de ses personnages interprétés par une belle brochette de jeunes comédiens (McDowell bien sûr mais aussi Simon Ward, Peter Firth ou David Wood), épaulés par les chevronnés Christopher Plummer, Trevord Howard et Ray Milland. Les rapports de classes et l'homosexualité latente entre les aviateurs y sont brossées avec beaucoup de discrétion. Si de part son sujet, Le tigre du ciel peut paraît désuet, son approche démythificatrice l'enracine totalement dans le cinéma des années 70. | IMDb














Peter Hunt | Gold (1974)


Pourquoi voir "Gold "?
Parce que Peter Hunt, solide artisan britannique du film d'action, a réalisé le James Bond le plus singulier de la franchise (Au service secret de sa Majesté) et a participé à la série Amicalement votre, sans compter deux Bronson honnêtes (Chasse à l'homme et Protection rapprochée). On sent d'ailleurs dans le générique et la musique de Elmer Bernstein la volonté de surfer sur le succès cinématographique du personnage de Ian Fleming.
Parce qu'il y a Roger Moore, dont c'est la première échappée en dehors de 007 qu'il vient alors de camper dans Vivre et laisser mourir (1973). Il y est toute en virile décontraction.
Parce que Susannah York possède une beauté curieuse vue dans Les sables du Kalahari, Tom Jones ou Le cri du sorcier.
Parce qu'il y a cette éternelle crapule de Bradford Dillman.
Parce que c'est toujours un plaisir de voir les vétérans Ray Milland et John Gielgud même s'ils n'ont pas grand chose à faire !
Enfin parce que l'on passe un bon moment, malgré un scénario qui prend son temps, finalement plus axé sur la romance de son couple vedette que sur les scènes d'action dont il se montre assez avare, sauf à la fin.



Flavio Mogherini | L'affaire de la fille au pyjama jaune (1977)


En quelques mots : (Faux) giallo oublié et (re)découvert aujourd'hui grâce au Chat qui fume, petit éditeur passionné qui'il est indispensable, avec Artus Films, de soutenir comme il convient, L'affaire de la fille au pyjama jaune est une production curieuse et ce pour plusieurs raisons. Pour son cadre australien. Pour ses personnages issus de l'immigration. Pour sa construction, qui fait se chevaucher deux récits, l'enquête menée d'un côté et de l'autre, la vie d'une jeune femme, qui se partage entre plusieurs amants et dont on découvrira qu'elle est en réalité la victime elle-même. Pour son portrait d'une femme attachante, jouet d'hommes différents qui ne savent pas l'aimer. Pour son érotisme parfois brutal (quand elle se donne à des inconnus dans un hôtel), souvent malsain, comme lors de cette scène hallucinante où le corps nue de Glenda est exposé par la police, comme un objet de voyeurisme. Rythmé par une belle musique de Riz Ortolani, le film doit aussi beaucoup de son charme à la superbe Dalila Di Lazzaro, laquelle vole la vedette à une belle brochette d'acteurs, de Ray Milland à Mel Ferrer, qui cachtonnent alors tous les deux dans le bis, transalpin ou non, en passant par Michele Placido, trouble à souhait.