Inquiets de voir qu'il ne participait à la tournée qui suivi la sortie du premier album d'Avatarium, nous pensions que Leif Edling avait déjà mis fin à cette aventure, laissant le groupe voler de ses propres ailes, après avoir pourtant composé l'intégralité de son galop d'essai et ce, même si le EP "All I Want", livré un an plus tard, avait contribué à nous rassurer quelque peu.
AU PIF
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Avatarium | The Fire I Long For (2019)
Tout d'abord présenté comme l'un des side-projects de Leif Edling, Avatarium tend peu à peu à couper le cordon avec la tête pensante de Candlemass, afin d'exister par lui-même.
Steven Wilson | Insurgentes (2009)
La question n’est finalement pas où Steven Wilson a-t-il trouvé le temps de graver cette première aventure en solo – entre ses activités de musiciens et de producteur, sa boulimie, si elle impressionne toujours autant, ne surprend plus vraiment – mais pourquoi.
News | Garganjua - Toward The Sun
"Toward The Sun", le nouvel album de Garganjua (progressive doom metal), sortira le 17 janvier 2020 chez Holy Roar Records.
Jess By The Lake | Under The Red Light Shine (2019)
Comme son nom le laisse deviner, Jess By The Lake est le projet solo de la chanteuse de Jess And The Ancient Ones. Si nous savions depuis longtemps que Jasmin Saarela est plus que la simple vitrine vocale de son principal employeur, "Under The Red Light Shine" ne fait que confirmer ses multiples talents.
Green Oracle | S/T (2019)
Cela démarre à la manière de 'Shine On Your Crazy Diamond', comme la brume qui se lève au petit matin. Cela pourrait être un énième tribute à Pink Floyd mais il s'agit en réalité de 'Please', première des trois pistes remplissant le galop d'essai éponyme de Green Oracle, nouvelle signature du label Argonauta Records.
Lykantropi | Spirituosa (2019)
Son nom ne doit ni vous effrayer ni vous égarer, Lykantropi n'est pas un groupe de black metal ou affilié mais au contraire le chantre d'un prog rock bucolique comme échappé des années 60 et 70.
Cellar Darling | The Spell (2019)
En 2008, quand "Slania" a été publié, qui aurait pu alors imaginer que celle qui assurait à la fois le chant féminin et les parties de vièle à roue sur cette première offrande d'Eluveitie deviendrait plus tard une véritable artiste, chanteuse et musicienne complète à la personnalité et à l'univers bien affirmés ? Peu de personnes assurément.
Fredrik Klingwall & Julia Black | Sentience (2019)
Messaline | L'autel des possédés (2018)
Si, à l'époque où ils étaient réunis sous la bannière Absurd, les Gaulois affichaient un line-up stable, il n'en va plus de même depuis qu'ils ont troqué leur nom pour celui de Messaline, voilà quinze ans (déjà !).
Kraków | Minus (2018)
La présence dans ses rangs de musiciens chevronnés issus du creuset extrême norvégien dont Frode Kilvik (Aeternus, Taake) ou le batteur d'Orkan, Rune Nesse, qui l'a rejoint depuis peu après avoir remplacé l'actuel cogneur de Kampfar (Ask), ne doit pas vous abuser : Krakow ne noue aucun lien, si ce n'est humain donc, avec le black metal.
Superfjord | All Will Be Golden (2018)
Les têtes chercheuses de Svart Records se trompent rarement lorsqu'elles décident de signer un groupe. Peu de déchets et surtout de nombreuses et belles découvertes émaillent un catalogue qui ne cesse de s'enrichir entre doom, folk psyché et rock progressif.
KröniK | The Spacelords - Water Planet (2017)
Avec "Water Planet", The Spacelords n'est tout simplement pas loin de détrôner Electric Moon sur l'autel du space rock !
Découvert grâce au patronage d'Electric Moon avec lequel il partage depuis quelques années maintenant le même batteur, The Spacelords ne cesse de progresser. Si l’originel "Synapse" (2014) dévoilait un sympathique trio, il manquait cependant de nerfs et de folie, menue faiblesse très vite corrigée par "Liquid Sun", livré deux ans plus tard. A l'écoute de "Water Planet", on peut oser affirmer que l'élève a désormais (presque) dépassé le maître. Dans cette veine psyché et spatiale, il est difficile de trouver mieux que ce troisième voyage dans l'espace.
Les habitués de la famille Electric Moon ne seront pas dépaysés par ce space rock aussi hypnotique que duveteux tricoté par une guitare aérienne et une rythmique gourmande, le tout flottant dans un nuage d'effluves chatoyants et cosmiques. Mais, sans perdre de leur décontraction, le batteur Marcus Schnitzler et ses deux fidèles comparses, en enrobant ce trip psyché d'une carapace massive, ce qui faisait justement défaut à "Synapse", atteignent une autre dimension, à la fois plus élastique encore et surtout plus puissante. Si son visuel ainsi que son titre semblent vouloir le rapprocher de son prédécesseur, "Water Planet" va en réalité bien plus loin tant en terme de réussite que d'univers sonores explorés. A nouveau au nombre de trois, ses pistes s'élèvent encore davantage vers des sphères célestes inconnues à l'intérieur desquelles le groupe nous invite à le suivre. Il se fait alors le capitaine au long cours d'un périple intersidéral immersif et coloré dont le caractère douillet ne lui interdit pas d'être musclé à l'image de 'Plasma Thruster' qui lance l'écoute en libérant une myriade de sons qui fourmillent tandis que la guitare de Matthias Wettstein convoque l'Orient et ses fragrances soyeuses. Si avec 'Metamorphosis', The Spacelords décole très haut, tutoyant des sommets floydiens avec son pouls hypnotique et ses envolées d'une bouleversante beauté, le gros morceau de l'album, à tous les points de vue, se révèle être 'Nag Kanya' et ses quasi vingt minutes au compteur. Il s'agit d'une échappée orgasmique et tripante aux allures de lente élévation à laquelle les Allemands impriment un groove stellaire, avalé par un brouillard bleuté. Guitare planante noyée sous des effets liquides, basse toute en rondeur et percussions ensorcelantes s'accouplent en un feu d'artifice psychédélique et ce, sans jamais perdre en intensité malgré la longueur de la saillie cosmique. Et lorsque le rythme s'accélère et que la six-cordes gilmourienne sort les crocs lors d'une partie médiane turbulente, l'extase vient frapper à la porte avec cette délicatesse chamarrée. Avec "Water Planet", The Spacelords n'est tout simplement pas loin de détrôner Electric Moon sur l'autel du space rock ! (23/04/2018)
Découvert grâce au patronage d'Electric Moon avec lequel il partage depuis quelques années maintenant le même batteur, The Spacelords ne cesse de progresser. Si l’originel "Synapse" (2014) dévoilait un sympathique trio, il manquait cependant de nerfs et de folie, menue faiblesse très vite corrigée par "Liquid Sun", livré deux ans plus tard. A l'écoute de "Water Planet", on peut oser affirmer que l'élève a désormais (presque) dépassé le maître. Dans cette veine psyché et spatiale, il est difficile de trouver mieux que ce troisième voyage dans l'espace.
Les habitués de la famille Electric Moon ne seront pas dépaysés par ce space rock aussi hypnotique que duveteux tricoté par une guitare aérienne et une rythmique gourmande, le tout flottant dans un nuage d'effluves chatoyants et cosmiques. Mais, sans perdre de leur décontraction, le batteur Marcus Schnitzler et ses deux fidèles comparses, en enrobant ce trip psyché d'une carapace massive, ce qui faisait justement défaut à "Synapse", atteignent une autre dimension, à la fois plus élastique encore et surtout plus puissante. Si son visuel ainsi que son titre semblent vouloir le rapprocher de son prédécesseur, "Water Planet" va en réalité bien plus loin tant en terme de réussite que d'univers sonores explorés. A nouveau au nombre de trois, ses pistes s'élèvent encore davantage vers des sphères célestes inconnues à l'intérieur desquelles le groupe nous invite à le suivre. Il se fait alors le capitaine au long cours d'un périple intersidéral immersif et coloré dont le caractère douillet ne lui interdit pas d'être musclé à l'image de 'Plasma Thruster' qui lance l'écoute en libérant une myriade de sons qui fourmillent tandis que la guitare de Matthias Wettstein convoque l'Orient et ses fragrances soyeuses. Si avec 'Metamorphosis', The Spacelords décole très haut, tutoyant des sommets floydiens avec son pouls hypnotique et ses envolées d'une bouleversante beauté, le gros morceau de l'album, à tous les points de vue, se révèle être 'Nag Kanya' et ses quasi vingt minutes au compteur. Il s'agit d'une échappée orgasmique et tripante aux allures de lente élévation à laquelle les Allemands impriment un groove stellaire, avalé par un brouillard bleuté. Guitare planante noyée sous des effets liquides, basse toute en rondeur et percussions ensorcelantes s'accouplent en un feu d'artifice psychédélique et ce, sans jamais perdre en intensité malgré la longueur de la saillie cosmique. Et lorsque le rythme s'accélère et que la six-cordes gilmourienne sort les crocs lors d'une partie médiane turbulente, l'extase vient frapper à la porte avec cette délicatesse chamarrée. Avec "Water Planet", The Spacelords n'est tout simplement pas loin de détrôner Electric Moon sur l'autel du space rock ! (23/04/2018)
KröniK | Watchtower - Control And Resistance (1989)
Si l’on attend d’un disque culte qu’il soit important dans l’histoire du genre tout en n’ayant pas été un gros succès commercial, alors le deuxième opus de Watchtower, Control And Resistance en est effectivement un. A la fin des années 80 le metal progressif se limitent à une poignée de groupes tels que Fates Warning (Dream Theater n’en est alors qu’à ses débuts) et musicalement s’apparente surtout à une déclinaison en plus technique du Heavy Metal. Ouvrant la voie au techno-Thrash qui explosera un peu plus tard avec Coroner, Cynic ou Atheist, Watchtower livre donc un album de metal progressif qui dépasse les limites du genre, à la fois novateur et précurseur, de part sa technicité époustouflante.
Avec leur déluge de notes, les monstrueux “ The Fall Of Reason ” et “ Control And Resistance ” écrasent tout sur leur passage. Toutefois ce disque, à la qualité indéniable n’a pas très bien vieilli en raison de la voix pour le moins spéciale d’Alan Tecchio et du son de batterie de Rick Colaluca. En revanche, le leader et guitariste Ron Jarzombeck abat un boulot formidable. Un disque référentiel mais peut-être trop froid pour emporter totalement l’adhésion. Bref ce que l’on reproche à la plupart des albums du genre. (2006)
Avec leur déluge de notes, les monstrueux “ The Fall Of Reason ” et “ Control And Resistance ” écrasent tout sur leur passage. Toutefois ce disque, à la qualité indéniable n’a pas très bien vieilli en raison de la voix pour le moins spéciale d’Alan Tecchio et du son de batterie de Rick Colaluca. En revanche, le leader et guitariste Ron Jarzombeck abat un boulot formidable. Un disque référentiel mais peut-être trop froid pour emporter totalement l’adhésion. Bref ce que l’on reproche à la plupart des albums du genre. (2006)
3/5
KröniK | WuW - Rien ne nous sera épargné (2018)
Amateurs de musique facile et formatée, vous pouvez passer votre chemin. Voilà, maintenant que nous sommes entre nous, nous allons pouvoir aborder sereinement ce "Rien ne Nous Sera Epargné", galop d'essai de WuW au goût prononcé d'insaisissable. Tout ici se pare d'une certaine étrangeté. A commencer par le nom du groupe dont la signification nous échappera sans doute à tout jamais, tout comme le titre de cet album auquel de nombreuses interprétations peuvent être données. Il y a aussi ce visuel, charbonneux et sinistre, qui pourrait être l'écrin d'une offrande dépressive mais se révèle être la porte d'entrée d'un univers certes sombre mais qui va bien au-delà d'une simple noirceur sonore.
On touche alors (ou pas) la substantifique moelle de ce projet épris d'une totale liberté de ton(s) et de trait(s), jardin secret de deux frères musiciens qui refusent d'être inféodés à quelque style que ce soit. Que Guillaume et Benjamin Colin aient coulé du plomb en fusion au sein de Abrahma semble déjà garantir à WuW un enrobage massif et une bonne dose de riffs de mammouth. Quant au caractère intégralement instrumental de la chose, il pourrait laisser poindre à la surface la crête d'un post rock stratosphérique. Il y a un peu de tout cela dans "Rien ne Nous Sera Epargné", irrigué par guitares pachydermiques ('Voir en Même Temps l'Humour et la Tragédie') ou qui s'élèvent très haut ('Une Barque Sans Rames'). Mais, véritable happening sonore, cet opus est le creuset d'un rock protéiforme évolutif et plombé, jazzy et orageux où copulent effluves spatiales et atours ferrugineux ('Nous Etions Venus au Monde Pour Etre des Personnes'), envolées floydiennes et musique de films des années 70 à la Morricone ('Pour Ce Qu'il En Restera') en un magma à la fois lourd et éthéré que des synthétiseurs antédiluviens colorent d'une patine généreuse et pourtant froide. La durée des pistes offre le cadre bourgeonnant d'un art cataclysmique et pourtant aérien. Le duo aurait pu se prendre les pieds dans la trame de ce tapis étiré. S'il possède la puissance souterraine d'une jam hypnotique, le tout arbore une architecture parfaitement structurée, même si le terminal 'A l'Ecart des Chemins Fatigués de Nos Habitudes' s'enfonce dans les méandres déglinguées du King Crimson le plus schizophrénique. A l'arrivée, WuW n'est pas seulement une belle découverte mais la promesse de voyages sonores plus aventureux encore. Furieusement immersif, "Rien ne Nous Sera Epargné" brille d'un éclat sombre et expérimental, fusionnant musique progressive, doom, post rock et jazz en un kaléidoscope tordu et délicat aux allures de fiévreuse bande originale. (11/02/2018)
On touche alors (ou pas) la substantifique moelle de ce projet épris d'une totale liberté de ton(s) et de trait(s), jardin secret de deux frères musiciens qui refusent d'être inféodés à quelque style que ce soit. Que Guillaume et Benjamin Colin aient coulé du plomb en fusion au sein de Abrahma semble déjà garantir à WuW un enrobage massif et une bonne dose de riffs de mammouth. Quant au caractère intégralement instrumental de la chose, il pourrait laisser poindre à la surface la crête d'un post rock stratosphérique. Il y a un peu de tout cela dans "Rien ne Nous Sera Epargné", irrigué par guitares pachydermiques ('Voir en Même Temps l'Humour et la Tragédie') ou qui s'élèvent très haut ('Une Barque Sans Rames'). Mais, véritable happening sonore, cet opus est le creuset d'un rock protéiforme évolutif et plombé, jazzy et orageux où copulent effluves spatiales et atours ferrugineux ('Nous Etions Venus au Monde Pour Etre des Personnes'), envolées floydiennes et musique de films des années 70 à la Morricone ('Pour Ce Qu'il En Restera') en un magma à la fois lourd et éthéré que des synthétiseurs antédiluviens colorent d'une patine généreuse et pourtant froide. La durée des pistes offre le cadre bourgeonnant d'un art cataclysmique et pourtant aérien. Le duo aurait pu se prendre les pieds dans la trame de ce tapis étiré. S'il possède la puissance souterraine d'une jam hypnotique, le tout arbore une architecture parfaitement structurée, même si le terminal 'A l'Ecart des Chemins Fatigués de Nos Habitudes' s'enfonce dans les méandres déglinguées du King Crimson le plus schizophrénique. A l'arrivée, WuW n'est pas seulement une belle découverte mais la promesse de voyages sonores plus aventureux encore. Furieusement immersif, "Rien ne Nous Sera Epargné" brille d'un éclat sombre et expérimental, fusionnant musique progressive, doom, post rock et jazz en un kaléidoscope tordu et délicat aux allures de fiévreuse bande originale. (11/02/2018)
4/5 | Music Waves
KröniK | Chaos Echoes - Mouvement (2018)
A une époque où règnent le son standardisé et une originalité en jachère, il paraît essentiel de souligner l'audace de Chaos Echoes, démiurge d'un art qui n'appartient qu'à lui contre lequel les étiquettes, les définitions se fracassent, échouant à l'enfermer dans une case précise. Est-ce du doom ? Que nenni. Du death ? Pas davantage. Du black ? Non plus. Du progressif ? Pourquoi pas... Avant-gardistes, les Français érigent une architecture qui brasse pourtant un peu tous ces courants sans appartenir à aucun d'entre eux. Leur nom, qui évoque quelque chose d'à la fois désordonné et de sensitif est peut-être ce qui résume le mieux cette matière dont la richesse fourmillante n'a d'égale que la difficulté à l'appréhender.
Né en 2011 des cendres de Bloody Sign, le groupe a frappé un grand coup quatre ans plus tard avec "Transcient". Les années qui ont suivi lui ont servi à affiner son identité, pétrissant à la manière d'un sculpteur ce metal extrême protéiforme. De fait, s'il porte, inscrit dans sa chair, une signature déjà fortement reconnaissable, "Mouvement" se distingue de son prédécesseur par sa volonté de se montrer plus direct sans pour autant rogner cette dimension puissamment immersive ni altérer cette approche aventureuse sinon expérimentale qui (re)pousse ses géniteurs aux confins d'une musique aussi déstructurée que dissonante. Malgré des voix hallucinées ou hantées comme échappées du chaos, l'œuvre déroule une topographie essentiellement instrumentale en un maelström vicié et accrocheur tout ensemble, labyrinthe étouffant que lacèrent les saillies compulsives de musiciens qui font corps. Guitares accordées plus bas que terre aux allures de foreuses oppressantes et rythmique pulsative s'accouplent en un pandémonium orgiaque. De leurs monstrueux ébats s'échappe une coulée épaisse et grumeleuse charriant une noirceur organique qui s'engouffre à travers les replis ténébreux de cavités froides et touffues. Denses et déglingués, ces morceaux ne sont parfois pas sans évoquer le King Crimson le plus azimuté, comme le suggère 'As An Embraceable Magma Leading T' qui ne dénoterait au milieu d'un "The Power To Believe". Chaos Echoes partage avec le dinosaure britannique cette même froideur désincarnée qui ne signifie pas absence d'émotions, lesquelles ne sont jamais sacrifiées sur l'autel d'une virtuosité pourtant échevelée. Une espèce de beauté ravagée suinte ainsi de cette roche en fusion ('Shine On, Obsidian ! Ego ! Ego ! Ech') cependant qu'une tristesse lointaine nimbe les accords squelettiques ou les effluves ritualistes et oppressantes du terminal 'Alas ! Here Is The Feebles Assent', longue plainte aux confins d'une incantation chaotique qui semble ne conduire nulle part. Ses six pistes s'enchaînant les unes aux autres en un défilé volcanique, "Mouvement" se doit d'être absorbé dans son entièreté qui grouille d'une tension larvée, seule manière d'en goûter le suc enfoui dans les profondeurs telluriques de son intimité. Même si les Français ne facilitent pas la pénétration de leur art, l'écoute de "Mouvement" se fait limpide, exerçant une fascination qui confine à une forme d'extase hypnotique. (12/01/2018)
Né en 2011 des cendres de Bloody Sign, le groupe a frappé un grand coup quatre ans plus tard avec "Transcient". Les années qui ont suivi lui ont servi à affiner son identité, pétrissant à la manière d'un sculpteur ce metal extrême protéiforme. De fait, s'il porte, inscrit dans sa chair, une signature déjà fortement reconnaissable, "Mouvement" se distingue de son prédécesseur par sa volonté de se montrer plus direct sans pour autant rogner cette dimension puissamment immersive ni altérer cette approche aventureuse sinon expérimentale qui (re)pousse ses géniteurs aux confins d'une musique aussi déstructurée que dissonante. Malgré des voix hallucinées ou hantées comme échappées du chaos, l'œuvre déroule une topographie essentiellement instrumentale en un maelström vicié et accrocheur tout ensemble, labyrinthe étouffant que lacèrent les saillies compulsives de musiciens qui font corps. Guitares accordées plus bas que terre aux allures de foreuses oppressantes et rythmique pulsative s'accouplent en un pandémonium orgiaque. De leurs monstrueux ébats s'échappe une coulée épaisse et grumeleuse charriant une noirceur organique qui s'engouffre à travers les replis ténébreux de cavités froides et touffues. Denses et déglingués, ces morceaux ne sont parfois pas sans évoquer le King Crimson le plus azimuté, comme le suggère 'As An Embraceable Magma Leading T' qui ne dénoterait au milieu d'un "The Power To Believe". Chaos Echoes partage avec le dinosaure britannique cette même froideur désincarnée qui ne signifie pas absence d'émotions, lesquelles ne sont jamais sacrifiées sur l'autel d'une virtuosité pourtant échevelée. Une espèce de beauté ravagée suinte ainsi de cette roche en fusion ('Shine On, Obsidian ! Ego ! Ego ! Ech') cependant qu'une tristesse lointaine nimbe les accords squelettiques ou les effluves ritualistes et oppressantes du terminal 'Alas ! Here Is The Feebles Assent', longue plainte aux confins d'une incantation chaotique qui semble ne conduire nulle part. Ses six pistes s'enchaînant les unes aux autres en un défilé volcanique, "Mouvement" se doit d'être absorbé dans son entièreté qui grouille d'une tension larvée, seule manière d'en goûter le suc enfoui dans les profondeurs telluriques de son intimité. Même si les Français ne facilitent pas la pénétration de leur art, l'écoute de "Mouvement" se fait limpide, exerçant une fascination qui confine à une forme d'extase hypnotique. (12/01/2018)
3.5/5 | Music Waves
KröniK | Siinai - Sykli (2017)
Nous aimons la Finlande. Pour la poésie incomparable que dégagent ses paysages. Pour la gentillesse de ses habitants. Pour ses bières. Pour son vivier musical surtout qui semble inépuisable et ce quelque soit le style pratiqué, qu'il s'agisse de doom, de black, de death metal ou de progressif, puisque c'est à ce genre que se rattache Siinai. Bien que Sykli soit sa première exploration à venir chatouiller nos oreilles, ce groupe venu d'Helsinki possède déjà pourtant une solide réputation construite grâce à une poignée d'albums et de collaborations (notamment avec Moonface) qui ont peu à peu établi ce trip rock instrumental élevé à la musique cosmique des années 70.
Habitué des œuvres conceptuelles, Supermarket, par exemple, était ainsi conçu à la manière d'une bande originale de film dénonçant le consumérisme de nos sociétés occidentales, le quatuor s'inspire pour ce nouvel opus du caractère cyclique de la vie. A la fois aérien et terreux, le résultat se nourrit d'une conception difficile qui lui confère une dimension fortement cathartique. Siinai y tricote un tapis d'effluves stratosphériques en une puissante élévation vers une lumière aveuglante. Des nappes électroniques bourgeonnantes et répétitives se répandent tel une lente marée avant de se retirer en un fracas de sonorités pulsatives. Emportées par un pouls hypnotique, ces pistes, au nombre de cinq, possèdent toute une tessiture qui leur est propre, quoique toujours bercées par une mélancolie laiteuse.'Temppeli' ouvre les portes de Sykli en libérant une myriade de sons synthétiques. Planante et immobile, sa trame contemplative semble vouloir s'étirer à l'infini dans la belle tradition d'un krautrock lumineux. Pourtant, peu à peu, le ciel se charge de légers nuages tandis que des voix fantomatiques aux accents chamaniques accompagnent la mort de cette première plainte. Evoquant le travail de Manuel Göttschning à l'époque de Inventions For Electric Guitar, le titre éponyme fleurit ensuite, rythmé par une six-cordes obsédante avant que des accords crépusculaires aux confins du dark jazz, qui se conjuguent à des percussions pointillistes, obscurcissent l'horizon. Epicentre en même temps que point G de l'écoute, 'Ananda' tisse un sillon enivrant qui confine à la transe, ondulation enveloppante qui sonne comme un mantra. Après 'Masteri', errance coloré de désespoir dans un espace ouaté que peuplent des silhouettes étranges, 'Europa' est comme un lent réveil grouillant de sons stridents où les percussions tambourinent en un mouvement syncopé, colonne vertébrale après laquelle se greffent les instruments. Sa forme cyclique fait de lui la synthèse parfaite de cet ensemble solaire et désenchanté. (28/09/2017)
Habitué des œuvres conceptuelles, Supermarket, par exemple, était ainsi conçu à la manière d'une bande originale de film dénonçant le consumérisme de nos sociétés occidentales, le quatuor s'inspire pour ce nouvel opus du caractère cyclique de la vie. A la fois aérien et terreux, le résultat se nourrit d'une conception difficile qui lui confère une dimension fortement cathartique. Siinai y tricote un tapis d'effluves stratosphériques en une puissante élévation vers une lumière aveuglante. Des nappes électroniques bourgeonnantes et répétitives se répandent tel une lente marée avant de se retirer en un fracas de sonorités pulsatives. Emportées par un pouls hypnotique, ces pistes, au nombre de cinq, possèdent toute une tessiture qui leur est propre, quoique toujours bercées par une mélancolie laiteuse.'Temppeli' ouvre les portes de Sykli en libérant une myriade de sons synthétiques. Planante et immobile, sa trame contemplative semble vouloir s'étirer à l'infini dans la belle tradition d'un krautrock lumineux. Pourtant, peu à peu, le ciel se charge de légers nuages tandis que des voix fantomatiques aux accents chamaniques accompagnent la mort de cette première plainte. Evoquant le travail de Manuel Göttschning à l'époque de Inventions For Electric Guitar, le titre éponyme fleurit ensuite, rythmé par une six-cordes obsédante avant que des accords crépusculaires aux confins du dark jazz, qui se conjuguent à des percussions pointillistes, obscurcissent l'horizon. Epicentre en même temps que point G de l'écoute, 'Ananda' tisse un sillon enivrant qui confine à la transe, ondulation enveloppante qui sonne comme un mantra. Après 'Masteri', errance coloré de désespoir dans un espace ouaté que peuplent des silhouettes étranges, 'Europa' est comme un lent réveil grouillant de sons stridents où les percussions tambourinent en un mouvement syncopé, colonne vertébrale après laquelle se greffent les instruments. Sa forme cyclique fait de lui la synthèse parfaite de cet ensemble solaire et désenchanté. (28/09/2017)
KröniK | Buttered Bacon Biscuits - From The Solitary Woods (2009)
En 2015 sort "Litanies From The Woods", première rondelle gravée par Witchwood et probablement un des meilleurs albums de retro hard rock biberonnés au jus progressif enfantés ces dernières années. De prime abord étonnante, l'incroyable maturité affichée par ces Italiens à priori inconnus en dehors de leur cage d'escalier, peut s'expliquer par le fait que ces derniers traînent en réalité depuis longtemps leurs instruments au sein de la chapelle rock de la péninsule, le chanteur et guitariste Ricky Dal Plane, la claviériste Stefano Olivi et le batteur Andrea Palli ayant déjà travaillé ensemble sous la bannière de l'éphémère Buttered Bacon Biscuits, des cendres duquel est donc né celui qui deviendra leur principal port d'attache.
Fort de l'excellent accueil reçu par "Litanies From The Woods" et son complément, "Handful Of Stars", Jolly Roger a la bonne idée de rééditer "From The Solitary Woods", unique rejeton enregistré en 2009 sous la forme d'une modeste auto-production, de ce pré Witchwood, conçu d'abord comme un simple side-project avant de devenir un groupe à part entière quelques mois plus tard. Grand bien en a pris au label tant cet opus, chaleureusement réceptionné par la presse et le public, mérite largement une seconde vie. Sa (re)découverte éclaire sur la genèse de "Litanies From The Woods" dont il est moins le brouillon que le précieux patron. Pour autant, en dépit de racines communes, qui plongent dans un terreau antédiluvien identique, du rôle prépondérant de Ricky Dal Plane qui en est le principal compositeur aux côtés du guitariste Alex Celli, et de l'évidente proximité qui existe entre les titres de leur album, les deux groupes se sauraient se confondre tout à fait l'un avec l'autre. Là où le (hard) rock de Witchwood se veut champêtre et occulte, celui de Buttered Bacon Biscuits est plus psychédélique et solaire. Déambulation rêveuse, "From The Solitary Woods" baguenaude le long d'un chemin chaleureusement atmosphérique, au gré de respirations lentes et tranquilles à l'image du mélancolique 'Into The Wild', du velouté 'Another Secret In The Sun' sans oublier ce 'No Man's Land', élévation zeppelienienne au final envoûtant. Mais corollaire de ces aplats plus doucereux que heavy, l'ensemble manque un peu de puissance et de démesure en comparaison d'un "Litanies From The Woods" plus grandiose et orgasmique, même si les compositions les plus remuantes telles l'opener 'Losin' My Pride', le purplien 'Cross-Eyed Jesus' nappé d'un orgue à la Jon Lord et que transperce un soli digne de Blackmore et surtout l'ensorcelant 'Essaouira', drapé de mélodies fragiles et qu'entraîne vers des sommets un long segment instrumental, émaillent un menu toutefois séduisant et généreux. Alors qu'un deuxième album était en cours d'écriture, des problèmes personnels et les inhérentes divergences musicales ont eu raison de Buttered Bacon Biscuits, sabordage regrettable mais qui aura cependant permis la naissance d'un Witchwood bien supérieur… 3/5 (2017)
Fort de l'excellent accueil reçu par "Litanies From The Woods" et son complément, "Handful Of Stars", Jolly Roger a la bonne idée de rééditer "From The Solitary Woods", unique rejeton enregistré en 2009 sous la forme d'une modeste auto-production, de ce pré Witchwood, conçu d'abord comme un simple side-project avant de devenir un groupe à part entière quelques mois plus tard. Grand bien en a pris au label tant cet opus, chaleureusement réceptionné par la presse et le public, mérite largement une seconde vie. Sa (re)découverte éclaire sur la genèse de "Litanies From The Woods" dont il est moins le brouillon que le précieux patron. Pour autant, en dépit de racines communes, qui plongent dans un terreau antédiluvien identique, du rôle prépondérant de Ricky Dal Plane qui en est le principal compositeur aux côtés du guitariste Alex Celli, et de l'évidente proximité qui existe entre les titres de leur album, les deux groupes se sauraient se confondre tout à fait l'un avec l'autre. Là où le (hard) rock de Witchwood se veut champêtre et occulte, celui de Buttered Bacon Biscuits est plus psychédélique et solaire. Déambulation rêveuse, "From The Solitary Woods" baguenaude le long d'un chemin chaleureusement atmosphérique, au gré de respirations lentes et tranquilles à l'image du mélancolique 'Into The Wild', du velouté 'Another Secret In The Sun' sans oublier ce 'No Man's Land', élévation zeppelienienne au final envoûtant. Mais corollaire de ces aplats plus doucereux que heavy, l'ensemble manque un peu de puissance et de démesure en comparaison d'un "Litanies From The Woods" plus grandiose et orgasmique, même si les compositions les plus remuantes telles l'opener 'Losin' My Pride', le purplien 'Cross-Eyed Jesus' nappé d'un orgue à la Jon Lord et que transperce un soli digne de Blackmore et surtout l'ensorcelant 'Essaouira', drapé de mélodies fragiles et qu'entraîne vers des sommets un long segment instrumental, émaillent un menu toutefois séduisant et généreux. Alors qu'un deuxième album était en cours d'écriture, des problèmes personnels et les inhérentes divergences musicales ont eu raison de Buttered Bacon Biscuits, sabordage regrettable mais qui aura cependant permis la naissance d'un Witchwood bien supérieur… 3/5 (2017)
Avatarium - Hurricanes And Halos (2017)
Dans la vie d'un musicien, il y a des rencontres qui ont plus de valeur que d'autres. Pour Leif Edling, figure tutélaire du doom que l'on ne présente bien sûr plus, la jonction entre son inoxydable talent de compositeur et celui de Marcus Jidell, longtemps guitariste chez Royal Hunt avant de faire un passage rapide du côté de Evergrey (sur "Glorious Collision"), marque un évident tournant dans sa pourtant longue et foisonnante carrière.
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