"VI - Dantalion", le nouvel album de Slow (Funeral doom), sortira le 8 novembre 2019 chez Aural Music/Code666.
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KröniK | Cult Of Erinyes - Tiberivs (2017)
Mine de rien et exception (bien) faite de "Transcendance", EP enfanté en 2016, maigre de trois titres dont une reprise du 'Pagan Fears' de Mayhem, cela faisait presque quatre ans - une éternité à l'heure de la musique instantanée et d'Internet - que les Belges n'avaient pas donné signe de mort (plutôt que de vie), depuis un "Blessed Extinction" qui confirmait le potentiel défloré par "A Place To Call My Unknown". En l'espace de quelques années, Cult Of Erinyes a su néanmoins inscrire son nom dans la roche tranchante d'un art noir froid et malsain, viscéral et mortifère, expliquant pourquoi son troisième opus longue durée était attendu comme un messie tellurique, promesse d'un périple sans espoir de retour dans les abîmes de l'indicible.
A l'écoute de "Tiberivs", on mesure très vite combien le duo Corvus / Mastema (Baal, le batteur, ayant quitté la formation l'an dernier) a eu raison de prendre son temps, peaufinant un rituel noir dont on voit mal comment il ne pourrait pas définitivement offrir à ses créateurs la place qui leur revient, parmi les premières bien évidemment. Si la contribution de nombreux invités venus les épauler , dont le bassiste Alex aka Phil A Cirone (Hypothermia, Shining) et surtout l'aussi talentueux qu'ubiquiste Déhà, présent derrière les fûts et la console (entre autres), n'est pas étrangère à une réussite que nous n'attendions pas à un tel niveau, il n'en demeure pas moins que jamais l'inspiration des deux musiciens ne s'est dressée avec un telle monstrueuse fermeté, hampe tentaculaire gonflée d'une sève crépusculaire et nocive. Ancré dans le substrat géographique abrupt et sévère qui l'a vu naître, le black metal sculpté par les Belges prend une autre dimension, plus personnelle et funèbre, grâce à ce concept-album basé comme son titre le laisse deviner, sur la vie de Tibère, deuxième empereur romain qui a la lourde tâche de succéder à Auguste dans un règne controversé débouchant sur la folie et la mort. Déchaîné et tumultueux, le menu épouse les grandes étapes de ce parcours tour à tour féroce ('Nero (Divine Providence') ou funèbre ('Bred Of War' dont les ultimes mesures très progressives évoquent Opeth), souvent immersif ('Loner'), brillant toujours d'une beauté glaciale et souterraine. Chaque piste est écrite à l'encre d'une émotion, d'un sentiment particulier, ce qui confère à chacune d'entre elles une teinte différente dans un spectre toutefois extrêmement sombre. S'il doit être abordé dans son unité abrasive, "Tiberivs" gagne toutefois peu à peu en intensité, culminant lors d'une seconde partie plus évolutive et funéraire quoique toujours torrentielle, qu'incarnent les gigantesques 'Germanicvs', que cisaillent des riffs sinistres, 'Damnatio Memoriae', d'une lenteur viciée et rampante et plus encore le terminal 'For Centuries To Come' qui étire sur onze minutes une démence aussi hallucinée que mortuaire. Alors qu'il en est à l'origine, cet album marque la fin de la collaboration entre Corvus et Masterna, celui-ci ayant décidé de quitter le groupe, remplacé désormais par Déhà. Il laisse avec Cult Of Erinyes un testament d'une noirceur insondable et d'une force émotionnelle pétrifiée, aux allures d'aboutissement, concept-album aussi furieux que caverneux. 4/5 (2017) | Facebock
A l'écoute de "Tiberivs", on mesure très vite combien le duo Corvus / Mastema (Baal, le batteur, ayant quitté la formation l'an dernier) a eu raison de prendre son temps, peaufinant un rituel noir dont on voit mal comment il ne pourrait pas définitivement offrir à ses créateurs la place qui leur revient, parmi les premières bien évidemment. Si la contribution de nombreux invités venus les épauler , dont le bassiste Alex aka Phil A Cirone (Hypothermia, Shining) et surtout l'aussi talentueux qu'ubiquiste Déhà, présent derrière les fûts et la console (entre autres), n'est pas étrangère à une réussite que nous n'attendions pas à un tel niveau, il n'en demeure pas moins que jamais l'inspiration des deux musiciens ne s'est dressée avec un telle monstrueuse fermeté, hampe tentaculaire gonflée d'une sève crépusculaire et nocive. Ancré dans le substrat géographique abrupt et sévère qui l'a vu naître, le black metal sculpté par les Belges prend une autre dimension, plus personnelle et funèbre, grâce à ce concept-album basé comme son titre le laisse deviner, sur la vie de Tibère, deuxième empereur romain qui a la lourde tâche de succéder à Auguste dans un règne controversé débouchant sur la folie et la mort. Déchaîné et tumultueux, le menu épouse les grandes étapes de ce parcours tour à tour féroce ('Nero (Divine Providence') ou funèbre ('Bred Of War' dont les ultimes mesures très progressives évoquent Opeth), souvent immersif ('Loner'), brillant toujours d'une beauté glaciale et souterraine. Chaque piste est écrite à l'encre d'une émotion, d'un sentiment particulier, ce qui confère à chacune d'entre elles une teinte différente dans un spectre toutefois extrêmement sombre. S'il doit être abordé dans son unité abrasive, "Tiberivs" gagne toutefois peu à peu en intensité, culminant lors d'une seconde partie plus évolutive et funéraire quoique toujours torrentielle, qu'incarnent les gigantesques 'Germanicvs', que cisaillent des riffs sinistres, 'Damnatio Memoriae', d'une lenteur viciée et rampante et plus encore le terminal 'For Centuries To Come' qui étire sur onze minutes une démence aussi hallucinée que mortuaire. Alors qu'il en est à l'origine, cet album marque la fin de la collaboration entre Corvus et Masterna, celui-ci ayant décidé de quitter le groupe, remplacé désormais par Déhà. Il laisse avec Cult Of Erinyes un testament d'une noirceur insondable et d'une force émotionnelle pétrifiée, aux allures d'aboutissement, concept-album aussi furieux que caverneux. 4/5 (2017) | Facebock
KröniK | Fen - Winter (2017)
En l'espace d'une dizaine d'années, Fen a su occuper une place à part au sein de la chapelle noire de la Perfide Albion, forgeant un art unique où la puissance abrasive d'un black metal évolutif se conjugue aux émotions charriées par un post rock forestier. Chaque nouvelle offrande des Anglais efface le souvenir laissé par son prédécesseur pour s'imposer comme la pierre angulaire d'une discographie fascinante.
Si depuis ses débuts en 2006, il nous avait habitué à un rythme régulier, n'espaçant ses créations que d'un an ou deux, le groupe semblait être l'arrêt depuis 2014 et un "Carrion Skies" aux allures d'aboutissement. Et ce n'est pas l'arlésienne "Call Of Ashes II / Stone And Sea" split partagé avec les Russes de Sleepwalker", finalement publié avec des mois de retard, qui nous rassurait. Mais ce (trop) long tunnel aura donc enfin été brisé. Et doublement. Tout d'abord par l'alliance sus-citée, découverte il y a peu et surtout par ce "Winter" qui, encore une fois, nous fera oublier ses devanciers pourtant ô combien mémorables. Si son titre quelconque pouvait laisser craindre un simple album de plus sinon une créativité en berne, ces doutes somme toute bien relatifs se trouvent vite balayés par un contenu d'une démentielle richesse. Prometteuse, son architecture, basée sur six pistes dont une seule - et de peu - descend sous la barre des dix minutes cependant que la première d'entre elles franchit celle des dix-sept minutes, durée que les Britanniques n'avaient encore jamais atteint même si les compos aux formes démesurées définissent depuis toujours leur identité sonore, augurait d'emblée d'une réussite majeure. Dont acte. Fidèles à leur habitude, les musiciens lancent l'écoute avec ce qui se révèle être sans doute la plus belle création de ce cinquième opus. Après une lente et pulsative entame qu'un chant clair irrigue, 'Pathway' bascule brutalement dans des froides ténèbres. La voix de The Watcher se fait hargneuse, mordant la chair jusqu'au sang mais très vite la guitare perce ce rempart vertigineux, laissant filtrer à travers la pierre des rais d'émotions. Aucune longueur ni temps mort ne viennent grever cette composition-fleuve où alternent les contrastes, tour à tour torrentielle ou aérée, agressive ou apaisée, galopant le long d'un chemin obscur et sinueux que bordent des passerelles atmosphériques, jusqu'à un final squelettique qui s'enchaîne à un 'Penance' orageux mais lui aussi travaillé par de multiples forces. Guidé par une basse mangeuse d'espace, sa conclusion s'envole très haut, emportée par de furieux rouleaux. Tricotant tout d'abord de douces notes post rock, 'Fear' avale ensuite tout sur son passage, suivant le sillon terreux creusé par cette guitare à la fois ferrugineuse et pointilliste. Quoique fait du même bois, 'Interment' ne cesse d'être écartelé entre noirceur et lumière, accueillant quelques lignes de chant clair. Avec le bien nommé 'Death', l'hiver s'installe durablement, pièce qui meurt cependant peu à peu de façon délicate après avoir été le théâtre d'une violence noire, annonçant l'épilogue ('Sight') qui suit un tracé inverse, de la pale lumière au crépuscule glacial. Mais plus que l'agrégat de morceaux mis bout à bout, que l'on picore par miette, "Winter" se doit être abordé comme un seul bloc indivisible dont chaque acte s'emboîte pour former une symphonie aussi belle que désespérée, aussi minérale que planante. Sans se départir de sa signature gravée dans la roche, Fen accouche à nouveau d'une oeuvre monumentale autant dans sa forme que dans sa richesse, opus foisonnant aux couleurs hivernales. 4/5 (2017) | Facebook
Si depuis ses débuts en 2006, il nous avait habitué à un rythme régulier, n'espaçant ses créations que d'un an ou deux, le groupe semblait être l'arrêt depuis 2014 et un "Carrion Skies" aux allures d'aboutissement. Et ce n'est pas l'arlésienne "Call Of Ashes II / Stone And Sea" split partagé avec les Russes de Sleepwalker", finalement publié avec des mois de retard, qui nous rassurait. Mais ce (trop) long tunnel aura donc enfin été brisé. Et doublement. Tout d'abord par l'alliance sus-citée, découverte il y a peu et surtout par ce "Winter" qui, encore une fois, nous fera oublier ses devanciers pourtant ô combien mémorables. Si son titre quelconque pouvait laisser craindre un simple album de plus sinon une créativité en berne, ces doutes somme toute bien relatifs se trouvent vite balayés par un contenu d'une démentielle richesse. Prometteuse, son architecture, basée sur six pistes dont une seule - et de peu - descend sous la barre des dix minutes cependant que la première d'entre elles franchit celle des dix-sept minutes, durée que les Britanniques n'avaient encore jamais atteint même si les compos aux formes démesurées définissent depuis toujours leur identité sonore, augurait d'emblée d'une réussite majeure. Dont acte. Fidèles à leur habitude, les musiciens lancent l'écoute avec ce qui se révèle être sans doute la plus belle création de ce cinquième opus. Après une lente et pulsative entame qu'un chant clair irrigue, 'Pathway' bascule brutalement dans des froides ténèbres. La voix de The Watcher se fait hargneuse, mordant la chair jusqu'au sang mais très vite la guitare perce ce rempart vertigineux, laissant filtrer à travers la pierre des rais d'émotions. Aucune longueur ni temps mort ne viennent grever cette composition-fleuve où alternent les contrastes, tour à tour torrentielle ou aérée, agressive ou apaisée, galopant le long d'un chemin obscur et sinueux que bordent des passerelles atmosphériques, jusqu'à un final squelettique qui s'enchaîne à un 'Penance' orageux mais lui aussi travaillé par de multiples forces. Guidé par une basse mangeuse d'espace, sa conclusion s'envole très haut, emportée par de furieux rouleaux. Tricotant tout d'abord de douces notes post rock, 'Fear' avale ensuite tout sur son passage, suivant le sillon terreux creusé par cette guitare à la fois ferrugineuse et pointilliste. Quoique fait du même bois, 'Interment' ne cesse d'être écartelé entre noirceur et lumière, accueillant quelques lignes de chant clair. Avec le bien nommé 'Death', l'hiver s'installe durablement, pièce qui meurt cependant peu à peu de façon délicate après avoir été le théâtre d'une violence noire, annonçant l'épilogue ('Sight') qui suit un tracé inverse, de la pale lumière au crépuscule glacial. Mais plus que l'agrégat de morceaux mis bout à bout, que l'on picore par miette, "Winter" se doit être abordé comme un seul bloc indivisible dont chaque acte s'emboîte pour former une symphonie aussi belle que désespérée, aussi minérale que planante. Sans se départir de sa signature gravée dans la roche, Fen accouche à nouveau d'une oeuvre monumentale autant dans sa forme que dans sa richesse, opus foisonnant aux couleurs hivernales. 4/5 (2017) | Facebook
Mesmur | S/T (2014)
Ce qu'il y a de chouette avec la technologie d'aujourd'hui et la dématérialisation, c'est que des musiciens localisés en divers points du globe peuvent tout de même se réunir et monter un groupe ! Tel est ainsi le cas de Mesmur, formation qu'on peut donc qualifier d'internationale, dont les membres sont basés aux Etats-Unis, en Norvège et en Australie ! Pourtant musique sombrement organique, le Funeral Doom que forge cette nouvelle entité ne souffre ni de l'éclatement de ses ressources humaines ni du pedigree finalement assez obscur de ses géniteurs. Au contraire car ce premier essai éponyme s'impose même d'emblée comme une des plus vertigineuses - et donc aussi une des plus réussies - offrandes que cette chapelle doloriste nous ait offert depuis longtemps, à tel point que celui-ci semble être l'oeuvre de prêtres chevronnés ayant le doom funéraire chevillé au corps. Or ce n'est pas le cas. Le mérite de MESMUR n'en est donc que plus grand. L'album est de ceux qui se vivent, se ressentent plus qu'ils ne se décortiquent (vainement) dans les moindres détails. Face à cet opus aux allures de bloc austère, sa genèse, sa conception, importent assez peu, pétrifiant sur place le pèlerin qui ose s'aventurer dans ses terrifiantes arcanes. L'oeuvre tire une bonne part de sa réussite de sa pureté. Pureté de traits que ne parasitent jamais aucun kystes extérieurs. Pureté de ton que mine une mélancolie aussi belle qu'absolue. Entre Evoken et Mournful Congregation, Mesmur reste en définitive fidèle à une vision du genre classique, aux frontières d'un death doom rocailleux. Ce qui ne signifie absolument pas que son art soit daté car, grondant d'une véritable puissance souterraine capable de faire trembler les murs. L'opus déroule un menu aux lignes sévères et épurées qu'incarnent cinq longues plaintes dont le pesant monolithisme est brisé, ici par une cendreuse accélération ('Deprivation'), là par de discrètes notes de piano fantomatiques et néanmoins mélodiques ('Abnegate'). Malgré la triste beauté d'une toile enveloppante que tissent les guitares ('Descend'), peu de lumière ne filtre cet impénétrable rideau de brume qu'étend chant d'outre-tombe et rythmique en apnée. Mesmur est comme une marche funéraire sans espoir de retour, plongée dans l'indicible d'une force granitique, route menant à une cathédrale de désespoir dont les parois, froides comme la roche en hiver, s'abîment dans les profondeurs de la terre. (2015)
Fen | Epoch (2011)
Le raccourci est facile mais Fen est un peu à l’Angleterre ce que Agalloch est aux Etats-Unis, soit l’artisan d’un Black Metal évolutif, nourri d’influences atmosphériques et peintre d’une nature, quasi mystique chez les Américains, beaucoup plus terreuse et âpre chez les enfants d’Albion. Le groupe développe à sa manière très personnelle un art noir dont il serait tentant de dire qu’il est aéré de touches moins extrêmes, aux confins du Post-Rock notamment, mais qui pourtant charrie toujours une brume opaque, lourde qui l’empêche de décoller. De fait, la musique de Fen reste collée à la terre, à la tourbe, à la boue, reflet de paysages naturels figés par le brouillard. A l’instar de son prédécesseur, The Malediction Fields, Epoch a quelque chose d’une porte ouverte sur une nature sombre, humide et crépusculaire, que seule le socle anglais battu par la pluie et le vent pouvait enfanter. De prime abord décevante, cette seconde offrande qui se déploie encore une fois par le biais de longues échappées, n’offre pas son intimité dès sa première pénétration. Les écoutes initiales renvoient l’image d’une œuvre aux contours flous, corsetée par un crachin pénétrant et de laquelle on ne retient tout d’abord pas grand chose. Puis peu à peu, sa richesse se fait jour, perçant le fog qui l’entoure. On découvre alors un album qui allie la rage du pur Black-Metal ("Ghosts Of The Flood") à une beauté terreuse. De cet humus jaillissent des compositions fleuves qui sillonnent des chemins sinueux assombris par l’orage, même si par moment quelques rayons de soleil parviennent à percer les nuages ("The Gibbet Elms" en constitue une bonne illustration). Tour à tour venimeux ou plus clair et presque shoegaze bien que toujours en léger retrait, le chant est comme une vigie funeste guidant l’auditeur tandis que les claviers tapissent des champs aux ambiances grisâtres ("Ashbringer" par exemple, que déchirent des fissures atmosphériques ou "Of Wilderness And Ruin") et les guitares, autant stratosphériques que prisonnières d’une croûte boueuse, tissent des mélodies grêles empreintes d’une mélancolie hivernale. Fen possède vraiment cette capacité de mettre les mains dans la terre, de promener l’auditeur dans un décor marécageux. S'il creuse un sillon identique à son prédécesseur dont il demeure toutefois un cran en-dessous, Epoch confirme la singularité et l’inspiration de ses auteurs qui viennent également de collaborer avec De Arma pour un split (Toward The Shores Of The End) lui aussi tout à fait recommandable. On tient vraiment avec Winterfylleth, Wodenthrone et Fen, une nouvelle génération de hordes noires britanniques qui, chacune à leur façon, honorent le Black Metal tout en l’inscrivant dans une histoire et une géographie qui leur est propre. (2011)
KröniK | Aghora - S/T (2000)
Encore sous le choc de l’onde libérée par la première offrande monumentale éponyme de Gordian Knot deux ans plus tôt, nombreux sont ceux qui ont commis l’erreur de voir uniquement en Aghora le nouveau projet de Sean Malone, roi du stick bass et à la barre du Nœud Gordien sinon la nouvelle collaroration de la section rythmique du légendaire et regretté Cynic, auteur de l’orphelin Focus en 1993. En effet, outre Malone, Sean Reinert est donc lui aussi de la partie. La présence de ces deux monstres sacrés de la technique a finalement causé presque plus de tort à Aghora qu’elle ne lui apporté de bénéfices si ce n’est celui de l’exposition médiatique.
Car ce groupe est en fait surtout le joujou du virtuose du manche Santiago Dobles dont on découvre alors la puissance du jeu, davantage que celui d’un Sean Malone dont la participation à ce galop d’essai s’est révélée plus que houleuse, en raison de sa tendance à trop vouloir imposer ses vues à une entreprise qui n’est pas le sienne. Plus proche de Gordian Knot que de Cynic (point de death metal ici), Aghora emprunte le chemin bien peu balisé du metal progressif à chanteuse. Le groupe déroule une trame aérienne et techniquement époustouflante. Les amateurs d’onanisme musical vont donc jouir plus qu’à leur tour. Mais contrairement aux travaux de Malone par exemple, aussi réussis soient-ils, une émotion palpable respire de cet album, dont le vecteur est ce chant envoûtant de Danishta Rivero, que d’aucuns ont rapproché (à raison) de Anneke van Giesbergen, l’ex sirène de The Gathering. La jeune femme, loin de faire de la figuration, permet à ces compositions métissées, parfois aux confins de la musique ethnique (le long « Jivatma » et son déluge de guitares) ou du free jazz, de s’envoler très haut et ce, en dépit, d’une rythmique souvent écrasante (le furieux « Rali Yuga », « Existence »). Dommage que la chanteuse ait depuis disparu, remplacée sur le disque suivant par une Diana Serra néanmoins tout aussi talentueuse. Cet opus est un régal car il ne s’abîme jamais dans la démonstration stérile malgré le niveau technique écœurant des protagonistes en présence. C’est une œuvre protéiforme rare et unique teintée de spiritualisme qui dépasse largement le cadre du genre à laquelle elle s’arrime. A l’instar du Focus cité plus haut, Aghora a tout de l’ovni qui traverse le paysage musical pour laisser des résidus indélébiles dans la mémoire de ceux qui ont été témoin de son passage et dont on a longtemps cru qu’il resterait sans progéniture, ce que le tout aussi gigantesque Formless (2006) a infirmé pour notre plus grand bonheur. (2008) ⍖⍖⍖
Car ce groupe est en fait surtout le joujou du virtuose du manche Santiago Dobles dont on découvre alors la puissance du jeu, davantage que celui d’un Sean Malone dont la participation à ce galop d’essai s’est révélée plus que houleuse, en raison de sa tendance à trop vouloir imposer ses vues à une entreprise qui n’est pas le sienne. Plus proche de Gordian Knot que de Cynic (point de death metal ici), Aghora emprunte le chemin bien peu balisé du metal progressif à chanteuse. Le groupe déroule une trame aérienne et techniquement époustouflante. Les amateurs d’onanisme musical vont donc jouir plus qu’à leur tour. Mais contrairement aux travaux de Malone par exemple, aussi réussis soient-ils, une émotion palpable respire de cet album, dont le vecteur est ce chant envoûtant de Danishta Rivero, que d’aucuns ont rapproché (à raison) de Anneke van Giesbergen, l’ex sirène de The Gathering. La jeune femme, loin de faire de la figuration, permet à ces compositions métissées, parfois aux confins de la musique ethnique (le long « Jivatma » et son déluge de guitares) ou du free jazz, de s’envoler très haut et ce, en dépit, d’une rythmique souvent écrasante (le furieux « Rali Yuga », « Existence »). Dommage que la chanteuse ait depuis disparu, remplacée sur le disque suivant par une Diana Serra néanmoins tout aussi talentueuse. Cet opus est un régal car il ne s’abîme jamais dans la démonstration stérile malgré le niveau technique écœurant des protagonistes en présence. C’est une œuvre protéiforme rare et unique teintée de spiritualisme qui dépasse largement le cadre du genre à laquelle elle s’arrime. A l’instar du Focus cité plus haut, Aghora a tout de l’ovni qui traverse le paysage musical pour laisser des résidus indélébiles dans la mémoire de ceux qui ont été témoin de son passage et dont on a longtemps cru qu’il resterait sans progéniture, ce que le tout aussi gigantesque Formless (2006) a infirmé pour notre plus grand bonheur. (2008) ⍖⍖⍖
Amesoeurs | S/T (2009)
Un EP séminal - Ruines humaines - en 2006, suivi d'un split l'année suivante avec Valfunde, l'âme noire de Peste Noire, puis le silence.
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