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Otto Preminger | Mark Dixon détective (1950)
























Otto Preminger retrouve le couple vedette de Laura pour une même réussite. Mark Dixon détective est un film policier psychologique noir et admirable de bout en bout, portrait d'un homme tourmenté par des dilemmes intérieurs.

A lire | Basil Dearden - Police sans armes (1950)


Sous ses airs modestes, Police sans armes cache en réalité une oeuvre admirable qui synthétise toutes les qualités du cinéma britannique des années 40/50, lequel se confond alors (presque) avec les Studio Ealing. En à peine plus de 80 minutes, le film brille par sa richesse aussi bien technique que thématique. Visuellement, Basil Dearden livre un travail extrêmement intéressant entre ce noir et blanc dont le potentiel est utilisé avec une profondeur expressionniste (cf. les ombres portées) et ces cadrages qui collent au visage, celui de Dirk Bogarde notamment, lequel bouffe l'écran en suintant un érotisme trouble et fiévreux. La maîtrise du réalisateur est évidente lors d'une poursuite en voitures très dynamique avec ses nombreux mouvement d'appareils et un final dans un stade bondé.
C'est alors le film noir américain qui rencontre le naturalisme anglais. En cela, tourné avec l'appui de la police, qui lui confère cette rigueur documentaire, The Blue Lamp est un hommage émouvant aux bobbies, sans pathos et avec au contraire une sobriété exemplaire, comme l'illustre l'annonce du décès de Dixon (impeccable Jack Warner) qui ne peut que déclencher chez le spectateur une larme alors même que la mort n'est pas montrée. Mais l'oeuvre gagne aussi ses galons de grand film grâce à une psychologie particulièrement fouillée. Au-delà des deux univers qui se superposent, celui douillet et traditionnel du couple Dixon et celui des voleurs, sinistre et menaçant, c'est le double portrait de Tom Riley (Dirk Bogarde) et du jeune policier Mitchell totalement désexualisé, qui donne tout son sel à Police sans armes, qui prend des allures de parcours initiatique. A la fin, Andy dont on sent qu'il est comme un fils pour son aîné, est devenu un homme. A cela s'ajoute ce charme du cinéma anglais d'alors, qui sait toujours rendre compte de la réalité d'un tissu social grouillant de vie.   (vu le 17/01/2019)














Henry King | La cible humaine (1950)


La cible humaine résume à lui tout seul ce qu'est alors le grand cinéma américain : histoire classique (un tueur, considéré comme le plus rapide de l'Ouest tente d'échapper à son destin), mise en scène au cordeau, quelques décors, acteurs tous impeccables... Tout est dit en moins d'une heure trente. Les cinéastes d'aujourd'hui devrait en prendre de la graine ! Dans un bel écrin en noir et blanc qui contribue à lui donner des traits réalistes, c'est un film d'une profonde mélancolie où Gregory Peck campe un personnage fatigué, nerveux, usé par sa réputation qui le précède partout où il se rend. L'acteur lui prête son hiératisme tranquille, il est dans la posture, dans la présence, sobre mais charismatique, le regard empreint de tristesse. Il faut le voir regarder la pendule qui égrène les minutes, compte-à rebours avant une mort que l'on devine très proche.
Comme à son habitude, il est excellent et donne toute sa puissance à ce film tendu, bien défendu par des seconds rôles comme on les aime (Kalr Malden, Millard Mitchell, Richard Jaeckel). Enfin, on ne peut qu'être ému par sa conclusion lorsque sa veuve et son fils annoncent fièrement, après l'avoir dissimulé pendant toutes ces années, leur identité. La cible humaine reste probablement un des meilleurs westerns des années 50. Lorsque que l'on sait qu'il s'agit de la décennie la plus fructueuse dans le domaine, cela veut tout dire. Un classique indémodable.















Gerald Mayer | Dial 1119 (1950)


Mis en boîte par le neveu de Louis B. Mayer, Dial 1119 (Les âmes nues en français !) fait partie des rares escapades de la MGM dans le domaine de la série B. Si le récit, à l'exception de quelques scènes, est circonscrit à l'intérieur d'un bar dont les clients sont pris en otage par un jeune meurtrier recherché par la police, Gerald Mayer parvient avec peu d'effets, à donner vie à ce lieu (les décors sont de Cedric Gibbons) où végètent des personnages peu sympathiques. C'est dans cette absence d'empathie que réside la curiosité de ce petit film noir sans héros. Même Marshall Thompson (Daktari), étonnant dans la peau de ce tueur névrosé, ne réussit pas vraiment à nous émouvoir. La belle et contrastée photographie de Paul C. Vogel enrobe le tout dans une ambiance tragique et nocturne.













Charles Frend | L'aimant (1950)


Sous couvert d'une comédie enfantine, c'est à un récit initiatique dans l'Angleterre de l'après-guerre que nous convie Charles Frend. Production Ealing, L'aimant porte la marque de son scénariste T.E.B. Clarke auquel on doit Passeport pour Pimlico, A cor et cri, Les guerriers de l'ombre ou Police sans arme, oscillant entre morale et fantaisie, tendresse et ironie. Interprété avec beaucoup de naturel par le débutant James Fox, Johnny est tiraillé par la culpabilité dans un monde d'adultes que l'on découvre à travers son regard, celui d'un enfant espiègle et astucieux. S'il peut paraître mineur comparé La mer cruelle ou L'aventure sans retour, le film n'en est pas moins conduit avec une sobriété naturaliste par Charles Frend dont on devine la longue expérience de monteur (pour Hitchcock notamment). Un charme suranné se dégage de The Magnet, évocateur d'une Angleterre aujourd'hui disparue...