Moonreich publiera un EP baptisé "Wormgod", le 22 novembre chez les Acteurs de l'Ombre Productions.
AU PIF
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Soon | Moonreich - Fugue
Moonreich | Pillars Of Detest (2015)
Moonreich fait partie de ces groupes que votre serviteur suit depuis le début, le voyant grandir, muter, peaufinant peu à peu un art, forcément noir, de plus en plus robuste. De plus en plus personnel aussi, partant d'un black assez cru sur "Zoon Politikon" pour déboucher sur une matière plus sinistre et reptilienne encore avec "Terribilis Est Locust Iste". Mais parler de groupe en tant qu'entité n'est pas vraiment pertinent en ce sens qu'il se présente surtout comme la créature du seul Weddir qu'accompagne une formation mouvante, oscillant du trio au quatuor. Ce quatrième méfait a quant à lui été gravé à six mains, celles du chanteur et guitariste donc, d'un nouveau batteur et du bassiste Macabre dont c'est la dernière collaboration avec le maître des lieux, parti depuis biner son jardin secret à lui, l'excellent Mortis Mutilati. Nous pourrions rajouter à cette joyeuse équipe Devo, l'un des piliers de Marduk, ici derrière la table de mixage car, sans vouloir chercher à lui attribuer un rôle qu'il n'a peut-être pas, force est d'admettre que Moonreich se rapproche de plus en plus de cette chapelle suédoise dont le credo repose sur une science du malsain, du mortifère, autant précise que redoutable. A laquelle les Français injectent une espèce de folie sournoise, une lèpre rampante. L'opus démarre fort, très fort même, avec 'Ad Nauseam', qui après de sinistres préliminaires qui en annoncent la couleur, noire nécessairement, se met à foncer tête baissée, dératiseur funeste guidé par des guitares aussi polluées que déglinguées. Le ton est donné. Ce qui suit alterne saillies furieuses (surtout) et coups de boutoir vicieux. Au rang des premières, citons 'All Born Sick', toutefois écartelé par des cassures insidieuses, 'Freikorps', longue pulsation au fond de laquelle sont tapies de perfides ambiances, sans oublier l'éponyme 'Pillar Of Detest - World Shroud', composition sinueuse aux reliefs aussi accidentés que meurtriers. Quant aux seconds, vers lesquelles tend d'ailleurs notre préférence, ils sont successivement incarnés par l'immense (à tous points de vue) 'Death Winged Majesty', rumination finale de près de dix minutes aux confins du pur black metal dépressif, celui du Forgotten Tomb de "Love's Burial Ground", et par 'Sheïtan', instrumental reptilien suintant une vermine néanmoins belle à pleurer. Reprenant les choses où les a laissées "Terribilis Est Locust Iste", ce troisième méfait s'en éloigne pourtant par sa complexité qui se conjugue à une brutalité bouillonnante de haine. (2015)
KröniK | Moonreich - Zoon Politikon (2009)
Pas facile, lorsque l'on décide d'exalter les forces sombres, de pactiser avec le Grand Bouc, de s'extraire du marécage de l'anonymat et ce, d'autant plus lorsqu'on aligne, comme la rue Saint Denis les femmes de petites vertus, pas mal de clichés grevant le black metal depuis toujours : corpsepaint de rigueur, croix renversée, pochette grisâtre et ici comme cerise sur le charnier, patronyme à consonance germanique. Pourtant, Moonreich, horde qui vient d'émerger de la terre francilienne, possède dans sa besace quelques atours qui pourraient peut-être lui offrir un passeport vers la reconnaissance. Zoon Politikon, son premier (petit) méfait en témoigne. La prise de son, sans être une claque dans la gueule, est, de part sa sécheresse digne d'un vagin avant d'habiles préliminaires, écrin idoine pour ce genre d'agression reptilienne : un black metal malsain et souvent lancinant, bien qu'assez accrocheur et catchy. Moonreich aime les saillies courtes et vicieuses qui passent par la porte de derrière.
Après une modeste intro, "Ashes Humanity" constitue le premier indice que l'on tient là un artisan solide et à suivre, avec son mid-tempo et son fuselage rythmique à la Darkthrone et un final épuré pas loin de vous hérisser le poil. A un "War Post Trauma 666", finalement assez commun, on préférera "Earth Slept In Hell", qui réussit à dresser des atmosphères sinistres et minérales avec un sens du malfaisant palpable. Apparemment, faire souffler un climat obsédant ("Victory's Sickness" et ses discrets relents militaires) lui sied davantage que d'avancer pied au plancher. Et si on peut regretter un chant sans originalité aucune ("Après la bataille"), écueil fréquent dans le black metal de seconde division, ainsi qu'un manque de relief, il y a par moment des éclairs diffus qui laissent entrevoir un certain potentiel chez ce groupe et permettent à ce Zoon Politikon se délester d'au moins une moitié convaincante. Du déjà mille fois entendu certes mais pour une première giclée blasphématoire, on a aussi connu pire. Reste maintenant à affiner une identité en gestation et à se doter d'un son quand même plus puissant. (LCN - 28.08.2009)
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