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Henry Hathaway | Nevada Smith (1966)


Célèbre western, Nevada Smith est pourtant sévèrement jugé par les critiques de cinéma. Il est vrai qu'il ne manque pas de défauts. Le récit se limite à une succession d'épisodes pas toujours bien reliés entre eux, certains personnages sont mal écrits ou disparaissent trop vite. L'ensemble donne l'impression de vouloir montrer beaucoup de choses sans vraiment en développer aucune (le camp des Indiens, le monastère etc...) On s'étonne qui plus est que aucun des trois meurtriers ne reconnaisse en Steve McQueen le fils du couple qu'ils ont tué. Trop vieux pour le rôle et peu crédible en métis assoiffé de vengeance, la star n'est pas pour rien dans l'échec relatif du film.
Il n'est pourtant pas interdit d'apprécier celui-ci, grâce à la mise en scène efficace du vétéran Hathaway, à la multitude de paysages magnifiés par la photographie de Lucien Ballard et à son affolante distribution de laquelle se détachent le sympathique Brian Keith et le trio de salopards composé de Karl Malden, Arthur Kennedy et Martin Landau. Dommage toutefois que certains comédiens n'aient pas grand chose à faire (Howard Da Silva par exemple, voire même Suzanne Pleshette). Ajoutons à cela la séquence dans le bagne et l'affrontement final au dénouement inattendu et on obtient sans doute pas le chef-d'oeuvre espéré mais un très solide western. (Vu le 27/02/2018 / Source : DVD)














Peter Yates | Bullitt (1968)

































En quelques mots : Que dire sur Bullitt qui ne l'ait pas déjà été ? Jalon essentiel dans l'histoire du polar par son réalisme et son audace technique, le film de l'Anglais Peter Yates doit bien sûr une bonne part de son succès et de sa postérité à sa fameuse poursuite en voitures qui nécessita à elle seule trois semaines de tournage et s'emboîte admirablement dans le récit, mais il existe également à la fois par son intrigue tortueuse, le cadre pittoresque offert par San Francisco, à sa bande-son novatrice de Lalo Schifrin et à de nombreuses autres séquences d'anthologie (celles de l'hôpital ou de l'aéroport). Steve McQueen y est à l'apogée de sa carrière, incarnant un flic intègre aux méthodes peu conventionnelles. C'est un héros aux multiples facettes que la caméra de Yates ne cesse d'observer et auquel le comédien confère sa fébrile complexité, annonçant à sa manière un Dirty Harry plus expéditif. Triomphe tant commercial que critique, Bullitt marquera donc durablement le genre et nombre de polar et autres séries télévisées lui doivent tout...


Norman Jewison | L'affaire Thomas Crown (1968)


En quelques mots : En 1968, Steve McQueen est à l'apogée de son sex-appeal et de sa carrière. Avant que Bullitt ne le fasse entrer définitivement au panthéon du polar, L'affaire Thomas Crown mise sur son pouvoir de séduction qui jusque là avait été encore peu exploité. D'un coup, il devient un mythe d'une virilité fébrile. S'il est resté célèbre pour son utilisation du splitscreen, que Richard Fleischer usera avec abondance la même année dans son Etrangleur de Boston et le long baiser entre l'acteur et Faye Dunaway, le film se veut avant tout un jeu du chat et de la souris séduisant dans son élégance romantique, qui culmine lors de la fameuse partie d'échec d'un érotisme à peine suggéré. Révélé en 1967 par Bonnie & Clyde de Arthur Penn, la comédienne confirme sa personnalité et sa beauté atypique digne d'un Joan Crawford; La musique de Michel Legrand fait le reste. On pourrait craindre qu'il vieillisse mal mais Thomas Crown supporte admirablement le poids des ans, bien en plus en tout cas que le remake commis par John McTiernan en 1999 et déjà oublié...