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Michael Curtiz | Les anges aux figures sales (1939)
























Danseur de formation, James Cagney est pourtant entré dans le panthéon hollywoodien en enfilant des habits de gangsters, rôles qui ont jalonné sa carrière de L'ennemi public (William Wellman) qui, en 1931, le révéla, jusqu'à L'enfer est à lui (Raoul Walsh) et Le fauve en liberté (Gordon Douglas), sortis respectivement en 1949 et 1950.

Peter Godfrey | La seconde Madame Carrol (1947)


La seconde madame Carrol s'inscrit dans un courant propre au cinéma américain des années 40, animé par Soupçons, Le secret derrière la porte ou Lame de fond, thrillers psychologiques qui voit une femme soupçonner son mari de vouloir l'assassiner. Célèbre pour avoir réuni deux des plus grandes stars d'alors, le film n'emporte pourtant pas totalement l'adhésion. Il n'est pas sans qualités, techniques surtout, grâce à la photo en noir et blanc de Peverell Marley qui fournit l'écrin contrasté à un décor anglais délicieusement gothique. Mais Humphrey Bogart donne l'impression de s'être trompé d'histoire, plus taciturne que tourmenté et incapable d'habiter cet artiste psychotique qui a besoin de tuer pour créer. Le comédien se montre moins convaincant que dans la mort n'était pas au rendez-vous (1945).
Dans un rôle qui annonce celui qu'elle tiendra dans raccrochez, c'est une erreur (1948), Barbara Stanwyck domine en revanche la distribution, aux côté de la troublante Ann Cater dans la peau d'une adolescente étonnamment mature. De plus, le suspense est rapidement éventé : Peter Godfrey n'est pas Alfred Hitchcock... Un agréable et élégant thriller toutefois. (Vu le 15/03/2018 / Source : DVD)















Ray Enright | L'amour et la bête (1941)


Entre drame et film noir, L'amour et la bête vaut (beaucoup) mieux que son titre français peu appétant. Bogart, à la fin de la première période de sa carrière, soit juste avant que Le faucon maltais fasse de lui une star, incarne ce directeur de cirque ambulant qu'il devient fou lorsqu'il découvre que sa soeur, qu'il cherche à protéger de ce monde de forains (et des hommes ?), est tombée amoureuse du jeune dompteur de lions qu'il vient de recruter. Si le dénouement ne réserve aucune surprise, s'achevant sur la mort de Nick Coster, sacrificielle et rédemptrice, The Wagons Roll At Night bénéficie de la mise en scène épurée du solide Ray Enright qui, en moins d'une heure et demie, livre un film où le suspense le dispute à la psychologie de personnages bien écrits. Sans long discours, un plan lui suffit pour faire comprendre quels sont les desseins de Bogart après que le lion Caesar ait déchiqueté un de ses hommes... (Vu le 06/03/2018 / Source : DVD)












John Huston | African Queen (1952)


De part son esthétique et son atmosphère, ce film réalisé par John Huston en 1952, est une oeuvre unique, imprégnée de l'Afrique aussi bien derrière que devant la caméra. Derrière car, tourné en décors naturels, ce qui est alors exceptionnel, le tournage est chaotique, entre les conditions difficiles et un Huston qui privilégie son obsession d'abattre un éléphant au détriment du film lui-même dont le scénario doit être réécrit plusieurs fois, ce que consignera le scénariste Peter Viertel dans un livre adapté en 1990 par Clint Eastwood sous le nom de Chasseur blanc, coeur noir. Devant car ce cadre tropical confère ce caractère moite et réaliste à ces images en technicolor dues à Jack Cardiff.
African Queen tire également sa singularité de cette constante opposition entre la nature foncièrement dramatique du récit et la légèreté des rapports entre les deux (anti) héros, entre cette forme de huis-clos et ces espaces ouverts. C'est la connivence et la complémentarité entre Bogart et Hepburn, formidable - quoique surprenant - couple de cinéma, qui dicteront ce ton humoristique, faisant dire à certains qu'il s'agit d'un des films les moins hustoniens de son auteur. L'happy-end inattendue tranche en effet avec la noirceur coutumière du metteur en scène, pourtant l'odyssée initiatique de ces deux personnages porte son incontestable griffe. Dernière histoire d'amour sur fond d'aventures et de guerre, African Queen est inoubliable.