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Frank Tashlin | Cendrillon aux grands pieds (1960)


En 1956, après avoir pourtant offert un de leurs meilleurs films (Un vrai cinglé de cinéma), Dean Martin et Jerry Lewis se séparent. Le crooner en a assez d'être le faire-valoir du pitre et rejoint la bande à Sinatra. Seul, son compère va pouvoir développer des projets souvent plus ambitieux que les comédies loufoques qui fit la gloire du tandem, en passant à la fois derrière la caméra (Le dingue du palace) ou en poursuivant une fructueuse collaboration avec Frank Tashlin, à l'image de ce Cendrillon aux grands pieds qui détourne le fameux conte populaire. Bien qu'extrêmement amusant (la préparation du petit déjeuner, Jerry qui fait le service...), l'oeuvre change en réalité de ton en cours de route, oscillant entre tristesse et tendresse et annonçant déjà Dr Jerry et Mr Love lorsque Fada se transforme en prince charmant. Mais du coup, Lewis perd en drôlerie ce qu'il gagne en profondeur, livrant un divertissement qui décevra ceux qui le préfère en clown mais donnera raison à ceux qui lui reconnaissent un talent d'auteur.
A noter enfin, la présence inhabituelle de Henry Silva dans une comédie et comme toujours le doublage de Jacques Dynam sans lequel les films de Jerry Lewis n'aurait pas, en français, la même force comique. (Vu le 09/07/2018)










Norman Taurog | Un pitre au pensionnat (1955)


Après, notamment, Parachutiste malgré lui ou Le cabotin et son compère, Dean Martin et Jerry Lewis retrouvent à l'occasion d'Un pitre au pensionnat un de leurs réalisateurs réguliers, le vétéran de la comédie Norman Taurog pour un résultat franchement jubilatoire, rencontre entre le slaptick et la comédie policière. Habillée d'un technicolor rutilant, l'oeuvre est soignée et Raymond Burr compose un méchant idéal. Et puis, il faut voir Jerry Lewis se faire passer pour un gamin de douze ans face à des jeunes filles crédules qui ne percent à aucun moment la supercherie. De là, une avalanche de gags et de situations aux nombreux sous-entendus érotiques. L'acteur y montre l'étendu d'un talent superbement chorégraphié qu'il élève au rang d'art, loin du simple clown auquel ceux qui ne l'ont jamais vu, aiment à le réduire.
Paradoxalement, le tandem entre donc dans l'âge adulte par le biais de cette production dans la grande tradition comique américaine. Artistes et modèles et surtout Un vrai cinglé de cinéma, qui mettra un terme à la collaboration entre les deux comédiens, confirmeront cette maturité enfin acquise. (Vu le 14/07/2018)











Joseph Pevney | Le clown est roi (1954)


Après des débuts cinématographiques modestes, le duo que forment Dean Martin et Jerry Lewis prend peu à peu du galon. Sous la houlette du producteur Hal B. Wallis, leurs films gagnent en moyens, assuré par des metteurs en scène de plus en plus importants et bénéficiant de castings étoffés, comme en témoigne Le clown est roi, sorti en 1954. Si on n'en est pas encore aux réussites de Frank Tashlin (Un vrai cinglé de cinéma), le tandem peut compter sur l'efficacité de Joseph Pevney qui, à l'instar de George Marshall (Fais-moi peur, Un galop du diable) ou Norman Taurog (Amour, délices et golf, C'est pas une vie Jerry), leur offre son solide savoir-faire. Joanne Dru et Zsa Zsa Gabor incarnent l'inévitable quota féminin cependant que Wallace Ford et Sig Ruman complètent une affiche qui ne manque donc pas de sel.
Si le comique grimacier trouve naturellement dans le milieu du cirque matière à s'exprimer, Dean Martin pioche là un rôle (un peu) plus épais. Surtout, Lewis laisse percer sa tendresse, envers les enfants notamment, ce qui correspond en réalité à sa véritable nature. Les films qui tournera seul, tels que Le délinquant involontaire ou Cendrillon aux grands pieds, ne feront qu'accentuer ce caractère que certains qualifieront de sentimentalisme mais qui confère à l'homme et à son personnage une sympathie attachante. (Vu le 10/07/2018)











Hal Walker | La polka des marins (1952)


Cinquième film - mais le troisième en vedette - du célèbre tandem comique, La polka des marins n'est pas son film le plus fameux mais il s'agit pourtant d'un des plus drôles. Bien entouré par de bons seconds couteaux (Skip Homeier, Richard Strauss...) et une Corinne Calvet qui joue son propre rôle, Jerry Lewis s'y livre à un véritable festival de grimaces, évinçant totalement un Dean Martin réduit à son rang de crooner. Moins abouti qu'un Pitre au pensionnat ou Un vrai cinglé de cinéma peut-être mais franchement hilarant ! (Vu le 08/07/2018)















Frank Tashlin | 3 bébés sur les bras (1958)



                                   

En quelques mots : "3 bébés sur les bras" est le deuxième film de Jerry Lewis qu'il tourne sans son ancien partenaire Dean Martin. Malgré derrière la caméra un Frank Tashlin toujours à l'aise dans le registre comique et jamais en gags à connotations sexuelles (cf. le tuyau d'incendie), on sent que le comédien cherche encore sa place, essayant de palier l'absence du crooner. En résulte une bonne comédie quoique en mode mineur (il fera bien mieux par la suite). Mais ses admirateurs ne seront pas déçus par ses habituelles grimaces et gesticulations. Les trois bébés qu'il a sur les bras sont donc le prétexte à des scènes très drôles. Peinture d'une petite bourgade américaine dans les années 50, le film est aussi une satire discrète du cinéma d'alors et de la publicité qui commence à peine à envahir les écrans de télévision.

Norman Taurog | Le trouillard du Far West (1956)
























Le trouillard du Far West n'est ni le meilleur ni le pire des films mettant en scène le tandem Dean Martin et Jerry Lewis mais reste un bon cru, signé Norman Taurog, fidèle faire-valoir du couple avant de devenir celui d'Elvis.