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Frank Tashlin | Cendrillon aux grands pieds (1960)


En 1956, après avoir pourtant offert un de leurs meilleurs films (Un vrai cinglé de cinéma), Dean Martin et Jerry Lewis se séparent. Le crooner en a assez d'être le faire-valoir du pitre et rejoint la bande à Sinatra. Seul, son compère va pouvoir développer des projets souvent plus ambitieux que les comédies loufoques qui fit la gloire du tandem, en passant à la fois derrière la caméra (Le dingue du palace) ou en poursuivant une fructueuse collaboration avec Frank Tashlin, à l'image de ce Cendrillon aux grands pieds qui détourne le fameux conte populaire. Bien qu'extrêmement amusant (la préparation du petit déjeuner, Jerry qui fait le service...), l'oeuvre change en réalité de ton en cours de route, oscillant entre tristesse et tendresse et annonçant déjà Dr Jerry et Mr Love lorsque Fada se transforme en prince charmant. Mais du coup, Lewis perd en drôlerie ce qu'il gagne en profondeur, livrant un divertissement qui décevra ceux qui le préfère en clown mais donnera raison à ceux qui lui reconnaissent un talent d'auteur.
A noter enfin, la présence inhabituelle de Henry Silva dans une comédie et comme toujours le doublage de Jacques Dynam sans lequel les films de Jerry Lewis n'aurait pas, en français, la même force comique. (Vu le 09/07/2018)










Joseph Pevney | Alerte en plein ciel (1960)


Alerte en plein ciel est une imposture. Alors qu'il semble être l'embryon du film catastrophe aérien, dont il aligne tous les (futurs) poncifs, avec sa galerie de personnages archétypaux, les amourettes entre pilotes et hôtesses de l'air et ces stars fatigués (ici le crispé Dana Andrews), le métrage de Joseph Pevney est un film catastrophe sans catastrophe dedans. Il faut ainsi attendre une heure et demie de bavardage pour voir un vague suspense bruisser avant d'être rapidement avorté. Entre les commentaires en voix off ridicules et des situations qui ne le sont pas moins, il n'y a pas grande chose à sauver The Crowed Sky qui ne fait honneur ni son pitch (deux avions risquent de se percuter) ni à sa distribution que pimentent la beauté de Rhonda Flemming et celle de Anne Francis. (Vu le 25/03/2018 / Source : enregistré sur TCM en 2011).










Luigi Zampa | L'agent (1960)


Moins réputé que d'autres comédies de la péninsule, L'agent est pourtant un film aussi hilarant que savoureux, porté par un Alberto Sordi très en verve dans la peau d'un médiocre parasite qui semble avoir été écrit pour lui. Et comme toujours avec les Italiens, l'humour sert de véhicule à une satire politique féroce. Il Vigile suit en réalité deux directions. La première, constamment cocasse, permet au comédien de multiplier les gaffes et 'd'élever le ridicule et la médiocrité au rang d'art. La seconde, sans doute celle qui intéresse le plus Luigi Zampa, passe au vitriol la vie municipale pleine de magouilles à tous les étages. Si la fin, où Otello se montre lâche, peut étonner, elle révèle l'humanité d'un personnage qui sacrifie la morale pour préserver sa famille. Car sous le vernis de la comédie, on devine la brutalité de manoeuvres politiciennes qui, ailleurs, dans un autre registre, auraient abouti sur le drame. (Vu le 10/03/2018 / Source : enregistré sur Ciné+ Classic en 2018)














John Wayne | Alamo (1960)


S'il est fréquent de voir un acteur passer la caméra, rares sont ceux en revanche à s'imposer comme des réalisateurs à part entière, à l'exception de Clint Eastwood ou de Robert Redford, pour ne citer que deux exemples. La plupart se contente souvent d'un film ou deux. Hormis Charles Laughton et sa Nuit du chasseur, ces tentatives se soldent bien souvent par un résultat honnête mais guère plus. Sans égaler la réussite, artistique plus que commerciale, du comédien de Témoin à charge, John Wayne se fend avec Alamo d'un coup d'essai aux allures de coup maître. Il est permis de se demander comment le Duke a pu faire preuve d'une telle maîtrise digne des plus grands et de John Ford en particulier. Alamo est à la fois un très grand western qui porte la griffe de son auteur, qui a mis quinze ans pour concrétiser ce projet, mais aussi une oeuvre fondatrice de l'Amérique dans ce qu'elle a de plus grand à savoir la liberté, l'amour de la nation, qui la pousse bien au-delà du simple brûlot patriotique que les détracteurs de Wayne veulent voir.
Longue méditation sur la mort et le sacrifice, Alamo commence dans l'intimité pour s'achever dans un lyrisme grandiose à travers le siège du fameux fort, filmé avec une ampleur peu commune. De la musique inoubliable de Dimitri Tiomkin en passant par une belle troupe d'acteurs, dont Richard Widmark, éblouissant dans la peau de Jim Bowie, tout concourt à faire de ce western un spectacle fascinant.