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Joyous Wolf | Place In Time (2019)



















Joyous Wolf est la nouvelle sensation en matière de gros son électrique, gorgé d'une énergie robuste et d'un jus bluesy. Ce sont quatre jeunes Californiens dont le gueulard Nick Reese et le cogneur Robert Sodaro qui se sont rencontrés sur les bancs de l'école.

KröniK | Within Temptation - The Silent Force (2004)


Suite à la réussite tant artistique que commerciale de Mother Earth, Within Temptation était attendu au tournant. Serait-il capable de surpasser ce dernier ? Cet album lui ayant ouvert les portes du succès, allait-il encore un peu plus adoucir sa musique ? La princesse Sharon va-t-elle enfin poser nue dans le livret ? La réponse à ces  questions est non. Non, The Silent Force n’atteint pas le niveau d’excellence de son prédécesseur (la barre était de toute façon placée très haut) sans pour autant être décevant. Non, les Hollandais n’ont pas non plus ramolli leurs chansons. En revanche, celles-ci, bien que portant toujours la griffe du groupe, se révèlent sensiblement plus commerciales : plus courtes (aucune ne dépasse les 5 minutes), elles sont aussi davantage calibrées, et lorgnent même parfois du côté d’Evanescence, comme sur le superbe « Stand My Ground » où on croirait entendre Amy Lee et non pas Sharon Den Adel. Pourtant reconnaissons, que ce nouvel opus est encore une fois imparable. Enrobés d’une production énorme et d’orchestrations riches et soignées qui soulignent harmonieusement leur mélodie les rendant encore plus impressionnants, les 11 titres qui le composent ne peuvent susciter la moindre remarque négative. Le groupe s’y entend toujours pour emballer des hymnes imparables : citons les puissants et enchanteurs « See Who I Am », « Jilliam », « Stand My Ground », « Forsaken » ou « It’s The Fear », dans la droite lignée des « Mother Earth » et autres « Ice Queen », sans oublier les ballades qui font mouche, telle que « Pale » notamment. Certains d’entre eux sont toutefois plus faibles (« Memories », « Aquarius »), même s’ils se laissent écouter avec plaisir. Cependant, devenu en l’espace de 4  ans une machine à tubes, le groupe n’a-t-il pas perdu en route l’innocence qui lui conférait une bonne partie de son charme ? 3.5/5 (2006)


                                   

KröniK | Kvelertak - Nattesferd (2016)


Il est courant de dire que le troisième album s'avère être pour un groupe un passage délicat, de surcroît si ses aînés ont croisé la route du succès tant critique que commercial. La tentation est alors grande de vouloir reproduire une formule qui a fait ses preuves. La marque des grands réside, notamment, dans la manière de négocier cette étape, d'avancer, de progresser sans se répéter. A l'écoute de "Nattesferd", il est donc permis d'affirmer que Kvelertak fait partie des grands. Détenteurs d'une identité aussi bien sonore que visuelle déjà extrêmement forte, les Norvégiens ne devaient pas rater leur retour, trois ans après un "Meir" grâce auquel il ont fait plus que simplement transformer l'essai, confirmant la pérennité de cette recette qui n'appartient qu'à eux, fruit de l'accouplement sauvage entre le black et le punk sous le regard vicieux d'un stoner roublard. Bref, cette troisième rondelle était fortement attendue. Sa pochette, qui n'est cette fois-ci pas signée John Baizley (Baroness) mais Arik Roper, réputé pour ses collaborations avec Earth ou High On Fire, se distingue de ses devancières par ses accents heavy metal et épiques, comme un indice révélateur d'un contenu dont elle est le bel écrin. En trois ans, Kvelertak n'a pas seulement évolué, il a mûri, son art a encore gagné en épaisseur. Et en nuances. Démonstration.  Alors qu'il aurait pu polir davantage sa musique, le groupe surprend d'emblée en balançant en pâture le titre le plus agressif du lot que caractérisent un tempo frénétique, presque death et un chant hurlé nourri au Destop. Mais comme souvent avec ses auteurs, 'Dendrofil For Yggdrasil' n'emprunte pas tout à fait le tracé attendu, se frayant lors d'une étendue instrumentale finale, vibrant de beauté, un chemin plus lumineux en dépit de ses percussions mangeuses d'espace. En un titre, les Scandinaves nous rassurent et nous étonnent. Nous ne sommes pourtant pas au bout de nos surprises, comme l'illustre '1985', clin d'œil sautillant au 'Jump' de Van Halen que rehaussent des guitares que ne renierait pas Brian May de Queen, influence qui perce également la lourde carapace de 'Svartmesse'. Epris de liberté, les gars laissent libre cours à une inspiration débridée, alternant morceaux bien punk dans l'âme, que propulse une énergie crasseuse ('Nattersferd', Bronsegud') voire franchement black metal, tel le furieux 'Berserkr', et échappées évolutives traversées de multiples ambiances, à l'image  de 'Ondeskapens Galakse', lente pulsation irriguée par des riffs cosmiques, sans oublier bien entendu le terminal 'Nekrodamus',  mid-tempo lancinant dont les six-cordes ne filent jamais droit. Cet état des lieux ne serait pas complet si nous ne mentionnions pas 'Heksebrann' qui, du haut de ses neuf minutes au garrot, suit un parcours sinueux, tout d'abord quasi stratosphérique mais hachuré de guitares grondant d'une tension rentrée dont on guette l'explosion, laquelle ne survient en réalité jamais vraiment, même lorsque le chant surgit soudain en éructant son venin mélodique. Quoique rampante, la seconde partie déroule une trame sereine empreinte d'une délicate majesté. Le groupe affirme que "Nattesferd" est son meilleur album à ce jour, force est d'admettre qu'il n'a pas tort ! (2016)


                                   

KröniK | Obituary - Frozen In Time (2005)


En 2003, soit six ans à peine après s'être sabordé, Obituary annonce (déjà) son retour. Si certains accueillent alors avec enthousiasme cette résurrection, d'autres  au contraire se montrent plus méfiants, échaudés par de nombreux come-backs de mauvaise mémoire. Cependant, que les Floridiens reviennent au complet est en soi un bon signe. Ils sont donc tous là, des frères Tardy à Frank Watkins sans oublier la paire de bretteurs composée de Trevor Peres et Allen West. Succédant à "Back From The Dead", "Frozen In Time" scelle en 2005 cette renaissance particulièrement attendue. Ce qui frappe d'emblée - et rassure peut-être - est que ses auteurs ont misé sur la prudence, ne cherchant pas déstabiliser leur public. De fait, c'est du Obituary pur jus que cette galette déverse, comme si rien ne s'était passé depuis la fin des années 90, ce que suggère son titre. Bref, comme si le groupe n'avait jamais eu l'idée saugrenue de mettre la clé sous la porte. D'aucuns le regretteront sans doute. A tort. Au moins, les Américains font ce qu'ils savent faire de mieux, ce bon vieux death metal des familles, genre dont ils ont contribué à poser les bases. Ni technique comme Death, ni occulte comme Morbid Angel, ni vraiment gore comme Cannibal Corpse, le quintet possède une signature qui n'appartient qu'à lui, lourdement caverneuse. Opus assez court, "Frozen In Time" met l'accent sur les tempos plombés, forgés par des guitares accordées plus bas que terre. Après un instrumental en guise de préliminaires plutôt réussi avec ces riffs englués dans des viscères encore fumants, 'On The Floor' débarque et on est tout heureux de retrouver l'organe si particulier de John Tardy qui vient nous vomir dans les oreilles comme à l'époque de nos quinze ans.Implacable, 'Insane' confirme la bonne tenue d'un album qui, s'il ne prend aucun risque, multiplie les perforations rampantes, de 'Back Inside' au bien nommé 'Slow Death', titre quasi death doom, de 'Mindset' à 'Blindsided'. A peine la cadence s'emballe-t-elle le temps d'un 'Stand Alone', toutefois lui aussi alourdi par de pesants modelés. Et s'il ronronne un peu trop, œuvre de musiciens qui n'osent pas (encore) se lâcher, et donc en cela loin d'être leur meilleur album, "Frozen In Time" notifie néanmoins avec une efficacité éprouvée le retour aux affaires d'Obituary, dans la droite lignée de "The End Complete". 3,5/5 (2015)


                                   

Obituary | Back From The Dead (1997)


Trois ans après avoir accouché d'un "World Demise" que d'aucuns considèrent comme leur album le plus ambitieux, le plus sombre, quoique moins culte et vendeur que ses devanciers, les Floridiens décident pourtant de renouer avec le death à la fois rapide et baveux peuplé de zombies qui a fait leur succès. Le résultat est ce "Back From The Dead" qui remise au placard les timides velléités d'émancipation osées par son prédécesseur Pour la première fois de sa carrière, le groupe fait des infidélités au producteur Scott Burns, ce qui est bien là l'une des deux seules nouveautés de ce cinquième méfait. Que Obituary commence sérieusement à tourner en rond en est la seconde et pas des moindres, expliquant sans doute pourquoi il ne tardera pas à se saborder après un live au titre prémonitoire ("Dead"). Les fidèles seront bien entendu heureux de retrouver les Américains en train de galoper dans les viscères d'un death  râpeux comme à l'époque de "Cause Of Death", basique et sans fioritures. "Back From The Dead" maintient encore l'illusion, grâce à quelques saillies comme ses géniteurs savent alors encore en exécuter, du véloce 'Threatening Skies' au trapu 'Lockdown', du rampant 'Feed On The Weak' au furieux 'Inverted'. Le son est gras, l'accordage bien boueux et John Tardy régurgite ses boyaux comme de coutume. Et même si rien ne ressemble plus à un disque de Obituary qu"un autre disque de Obituary, force est de reconnaître que ce menu, très court encore une fois, n'est pas avare en  bonne semence baveuse, de l'acabit de 'Platonic Disease' ou 'Rewind'. Passons en revanche sur le terminal 'Bullituary', remix passé à la moulinette rap metal totalement raté et tombant comme un cheveux sale sur la soupe grumeleuse. Et si "Black From The Dead" reste de toute façon largement supérieur à ce que le quintet enfantera une fois ressuscité et ce, quand bien même il est permis de lui préférer le résurrectionnel "Frozen", force est de constater que l'aura d'Obituary tient quasiment de la plaisanterie, son apport au genre se réduisant en réalité à deux ou trois opus selon l'indulgence de chacun. 3/5 (2016)


                                     

KröniK | Cavalera Conspiracy - Inflikted (2008)


Ce qu’il y a de chouette avec le metal, c’est que tout finit toujours (ou presque) par s’arranger et les ennemis d’hier ne le restent jamais bien longtemps. Combien de splits que l’on aurait penser définitifs ont finalement déboucher sur des retrouvailles quelques années plus tard, retrouvailles qui, il est vrai, s’avèrent souvent motivées par l’appel irrésistible du tiroir-caisse ? Iron Maiden et Bruce Dickinson, Judas Priest et Rob Halford, Black Sabbath et Ozzy sont des exemples parmi d’autres de cette longue litanie. La réconciliation peut néanmoins aussi sembler sincère. C’est le cas de l’amitié retrouvée entre les deux frangins Cavalera, Max et Igor, après plus de dix ans de rivalité depuis le départ du premier de Sepultura entre celui-ci et Soulfly. Et même si cette nouvelle collaboration n’a pas lieu au sein du légendaire groupe d’origine brésilienne mais dans le cadre d’un nouveau projet que l’on espère pérenne, le plus important est finalement l’existence de Cavalera Conspiracy. Ceux qui sautent déjà au plafond en pensant que Inflikted est l’album qu’ils attendaient depuis Roots, risquent d’être déçus. Et si on est tenté de le résumer comme un habile mélange entre Sepultura, Soulfy et Nailbomb, il n’en est pourtant rien, quoique que l’on ne peut nier une certaine filiation bien naturelle. Brutal (“ Hex ”, “ Terrorize ”), bien que toujours mélodique, notamment grâce au jeu de guitar-hero de Marc Rizzo (“ Inflikted ”, “ Black Ark ”, “ Must Kill ”), dont on ignorait encore aujourd’hui tout le potentiel, Inflikted exude une urgence épidermique, seul véritable oripeau du passé, avec les cicatrices d’un death metal à la Morbid Angel qui scarifient l’agressif “ Ultra-Violent ”, unique titre co-écrit par Max et Joe Duplantier (Gojira) qui, à la basse, complète étonnamment le line-up. Le disque fonce sur les chapeaux de roues, sans faire de prisonniers ni de pauses durant trois quart d’heure. Si on peut lui reprocher un certain manque d’originalité – rien, des soli de Rizzo, aux rythmiques de mammouth (“ Sanctuary ”, “ Heart Of Darkness ”) au final acoustique, très beau au demeurant, qui éclaire le superbe “ Bloodbrawl ” qui n’ait déjà été entendu – et le fait de ne pas avoir davantage employé Joe, on s’en fout pas mal à l’arrivée car Inflikted, avec son metal à la fois s        ombre, lourd et moderne, furieux, immédiat et accessible, remplit le cahier des charges qui a présidé à sa réalisation, celui d’incarner les retrouvailles des deux Cavalera autour de compos de qualité. Et puis, de toute façon, l’originalité à tout prix n’est clairement pas le but de cette nouvelle association. C’est se  faire plaisir qui prévaut ici. Mission réussie donc. Quel pied enfin de pouvoir de nouveau savourer le jeu tribal et explosif de Igor dans un projet important ! 3/5 (2008)


                                   

KröniK | Delain - April Rain (2009)


Certains groupes luttent des années pour enfin s'imposer, d'autres ne dépassent jamais le stade de la seconde zone. Enfin, il y a des formations, une minorité, dont on a l'impression qu'une bonne fée s'est penchée au-dessus de leur berceau. Delain fait incontestablement partie de ces dernières.
Même s'ils sont dans le circuit depuis six ans, les Hollandais ont connu une progression commerciale sinon fulgurante au moins enviable, qu'ils doivent déjà à deux facteurs : le soutien de Roadrunner qui les a signé et l'aura conférée par Within Temptation dans l'ombre duquel Delain a débuté du fait de la présence à son gouvernail de Martjin Westerholt, ancien claviériste de WT et de la participation de sa chanteuse, Sharon Den Adel au premier opus Lucidity. Mais il y en a d'autres. Le charme de la jeune Charlotte Wessels et les nombreux concerts enquillés depuis ne sont ainsi pas à négliger. Tout comme une qualité d'écriture qui fait toute la différence par rapport à la quirielle de groupes polluant le gothic (pop) metal. Si Lucidy était un bon disque, quoique encore un peu trop inféodé à l'influence de son aîné, April Rain démontre déjà une vraie maturité et une identité plus affirmée. D'ailleurs c'est bien simple, tous les titres qu'il délivre ont le potentiel pour casser la baraque, équilibre parfait entre puissance de guitares lourdes sans avoir ce son néo stéréotypé, mélodies accrocheuses mais racées, arrangements soignés symphoniques sans être (trop) pompeux, le tout au service du metal (un peu) gothique qui sait toujours éviter le piège de la mièvrerie. On a même droit à quelques grognements de bête en rut ("Virtue And Vice") et à la classe de Marco Hietala sur "Control The Storm" et "Nothing Left", déjà invité sur le précédent album. Le temps du très beau "Start Swimming", Charlotte livre une performance d'une touchante sobriété. Difficile donc de résister à des morceaux de l'acabit des "April Rain", "Stay Forever", "Invidia", "Lost" ou bien encore "Nothing Left" à la dimension quasi cinématique. Avec April Rain, il est évident que Delain vient de franchir encore une étape vers une reconnaissance plus grande encore. Simplicité, sympathie, charme. Tout y est. S'il continue sur sa lancée, gageons que le groupe pourrait tutoyer sur le trône de metal sympho à chanteuse un Within Temptation dont certains n'ont pas tout à fait pardonner le virage plus pop entamé ces dernières années. Delain, lui parvient à réaliser le grand écart entre accessibilité et un côté mordant typiquement metal. Bref, le meilleur des deux mondes... (2009) | Facebook






KröniK | Megadeth - Endgame (2009)


Dave Mustaine prend-t-il du Viagra ? La question mérite d'être posée car en effet, sinon, comment expliquer une telle vigueur retrouvée depuis le retour aux affaires de son Megadeth scellé en 2004 par le très bon The System Has Failed qui démontrait que l'homme avait (enfin) compris que c'est le bon vieux thrash des familles qui lui convient et non pas cet espèce de metal mou de la douille et (trop) calibré que son groupe vomissait depuis la seconde moitié des années 90.
Et d'ailleurs, plus les années passent plus le rouquin semble parvenir peu à peu (enfin) à raviver le feeling qui l'animait à ses débuts. Endgame pourrait même avoir valeur de leçon. Megadeth y renoue donc franchement avec le speed thrash et la plupart de ses compositions auraient aisément pu se glisser au milieu des menus de Peace Sells... But Who's Buying ? et So Far, So Good... So What !. C'est dire. L'instrumental introductif et bien furieux "Dialectic Chaos" possède même des allures de "Into The Lungs Of Hell". Un signe qui ne trompe pas. Secondé par une équipe solide et tout entière dévouée à leur leader, dont le guitariste Chris Broderick qui réussit depuis son intégration et après des années à besogner pour le modeste Jag Panzer, à faire la preuve de son talent, MegaDave se déchire tout du long, aussi bien en terme d'écriture (tous les titres sont des bombes : rien, absolument rien à jeter !) qu'au niveau du jeu. Véritable dynamo à riffs vivante, la grande gueule usine des soli de folies comme à la grande époque, bien aidé aussi par la prise de son d'Andy Sneap. L'homme n'a rien perdu de ce sens du riffing si caractéristique. Les "Bite The End", "This Day We Fight", "44 Minutes" et autre "The Right To Go Insane" le prouvent avec panache. Hormis la power ballad "The Hardest Part Of Letting Go... Sealed With A Kiss", on ne note aucune minute de répit dans ce programme des plus réjouissants, jouissifs même, depuis "1-320" jusqu'à "How The Story Ends" en passant par "Headcrusher". Plutôt courts et ramassés, les titres sont des boules d'énergie et transpirent une urgence palpable. Pour autant, ne vous attendez-pas à un Rust In Peace II car, si Mustaine retrouve avec brio la puissance de feu de ses premiers jets, on se rend compte aussi qu'il est désormais incapable de pondre de nouveau des tueries démentielles de l'acabit de "Holy Wars" et "Hangar 18". Ce n'est pas grave. Que dire de plus si ce n'est que l'on tient avec Endgame probablement le meilleur album de Megadeth depuis Countdown To Extinction parce que, contrairement à ses deux prédécesseurs, dont l'inégal United Abominations, il va jusqu'au bout de sa mission, sans prendre de gants. Pour reprendre un titre célèbre du groupe : Take no prisoners ! 3.5/5 (2009) | Facebook






KröniK | Porcupine Tree - The Incident (2009)


Pour Steven Wilson, chaque disque est une oeuvre à part entière qui suit une trame définie, avec un début et une fin. Chaque titre ne peut y être remplacé par un autre. Cette vision s'oppose bien entendu à celle en vigueur dans la pop et dans la variété où très souvent les albums ne sont qu'un agrégat de chansons disparates.
On ne saurait trouver meilleur preuve de cette affirmation dans que The Incident, certainement une des sorties les plus attendues de cette année. Comme chacun le sait, il ne s'agit pas seulement d'un concept-album, exercice que Wilson affectionne beaucoup, mais surtout d'une seule et unique pièce subdivisée en quatorze parties cependant que sur un second disque sont réunies quatre autres pistes indépendantes. Face à un menu aussi foisonnant, il est difficile de se faire une opinion rapide. De fait, The Incident est un ensemble peu accessible et le sera encore davantage pour ceux (nombreux) qui ont découvert le groupe avec Fear Of A Blank Planet par exemple. Car si depuis In Absentia, Porcupine Tree, suivant la volonté de son leader, fait plus que braconner sur les terres du metal, ce nouvel opus rompt avec cette évolution. Certes, des compositions telles que "The Blind House" ou "Circle Of Manias arborent une facette assez musclée mais la plupart du temps, c'est une plastique plus feutrée riche en retenue ("Kneel And Disconnect") que Wilson a préféré choisir pour élaborer une de ses créations les plus personnelles, les plus autobiographiques (il suffit d'écouter les paroles de "Time Flies" pour s'en rendre compte) quand bien même on relève de-ci de-là, quelques détails, quelques oripeaux de cette récente direction musicale ("The Incident"). Mais n'espérez pas y trouver des montée puissance monstrueuse de l'acabit de "Anesthetize" ou "Arriving Somewhere But Not Here". N'allez pas croire cependant que Steven Wilson regarde dans le rétroviseur de son passé (ce n'est pas son genre), il a seulement adopté la voie qui correspondait le mieux au fil conducteur de cet album, une voie plus expérimentale, plus progressive aussi. Ainsi, celui-ci, alternant plages très courtes et vrais morceaux, pourra peut-être paraître décevant de prime abord, vierges de véritables morceaux bravoure. Il y en a pourtant de nombreux. The Incident ne doit donc pas être appréhendé par miettes mais comme un tout. Car c'est aussi grâce à ces nombreuses petites pistes, fourmillant de richesses ("The Yellow Windows Of The...") qui les encadrent que des titres telles que "The Blind House", "Drawing The Line" ou le floydien "Time Flies" prennent toute leur valeur. Ecouter cette oeuvre par petits bout serait comme tenter d'apprivoiser Dark Side Of The Moon (toute proportion gardée, bien entendu) dans le désordre. Absurde ! Plus proche donc de The Sky Moves Sideways ou de Signify que de Fear Of The Blank Planet, dont il se rapproche pourtant par ce souci désormais de la part du groupe de faire ce qui lui chante, de ne plus s'escrimer à décrocher un hit, un passage en radio, The Incident est comme un édifice dont le sens nous apparaît qu'une fois sa totalité observée. Car c'est uniquement une fois cette totalité cernée que la beauté, la puissance d'évocation et la richesse de cet opus se font jour. Alternant pulsations sombres ("The Incident", "Degree Zero Of Liberty"), perles diaphanes et bouleversantes ("Octane Twisted", "I Drive The Hearse"), respiration hypnotique ("Drawing The Line" dont certains passages ne sont pas sans évoquer No-Man), voyage eu relief accidenté entrecoupé d'un kaléidoscope d'ambiances crimsonienne ("Time Flies"), cet album est de ceux qu'une vie entière se suffira jamais à en faire le tour, à en déceler tous les secrets. On ne saurait enfin minimiser le second disque qui séduira sans doute davantage les amateurs de sonorités metal ("Flicker" et surtout le démentiel "Bonnie The Cat", un des meilleurs titres du lot). Plus intimiste (et anecdotique) est "The Black Dalhia" tandis que "Remember Me Lover" oscille entre calme et déchaînement. Porcupine Tree signe là certainement une de ses plus belles - et plus ardues -réussites, une des plus sombres et désenchantées également. Parfaitement produit et interprété (comment pourrait-il en être autrement), certains jugeront que The Incident n'apporte rien de neuf. A vous de jugez... Dans tous les cas, il ne laissera personne indifférent. 3.5/5 (2009) | Facebook





KröniK | Dream Theater - Black Clouds & Silver Linings (2009)




















Dream Theater et moi, c'est comme une longue et tumultueuse histoire d'amour faite de ruptures et de réconciliations. Nous nous sommes rencontrés en 1992 avec son second opus, Images And Words, que d'aucuns considèrent - à raison - comme sa pierre angulaire et comme l'une des pièces maîtresses et matricielles du metal progressif.