Bien qu'officiellement toujours actif et réduit aux seuls Alan Seibert (guitare) et Steven Bateman (chant), Abdullah ne nous a plus rendu visite depuis six ans déjà et il ne s'agissait que d'un split partagé avec Dragonauta.
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Abdullah | Graveyard Poetry (2002)
Bien qu'officiellement toujours actif et réduit aux seuls Alan Seibert (guitare) et Steven Bateman (chant), Abdullah ne nous a plus rendu visite depuis six ans déjà et il ne s'agissait que d'un split partagé avec Dragonauta.
KröniK | Elder - S/T (2008)
Un grondement de basse, puis la guitare qui miaule et la rythmique de bûcheron qui sent la bière pour enraciner le tout dans un socle terreux. Le chant surgit et se joint à ce magma aux allures de copulation lancinante et épaisse. Tel est "White Walls", premier bloc de pierre qui se dresse dans la roche en fusion. En quelques minutes, la messe semble être dite. Ces Américains, sans doute encore à peine pubères, assènent avec la pesanteur digne d'un cassoulet un stoner doom massif, parfait écrin pour le thème emprunté aux aventures de Conan le Barbare qui leur sert de fil rouge. Rien de bien original ou novateur donc. Pourtant Elder, dont cet album inaugure le format long après un split avec Queen Elephantine et une petite demo (bigre, ils n'ont pas chômé depuis leur naissance en 2006 !), n'est en fait pas avare en surprises. Ainsi, le déjà cité "White Walls" affiche une percée instrumentale étonnante sur fond de nappes de claviers psychés en provenance directe des glorieuses seventies. De même l'implacable "Hexe", du haut de ses près de neuf minutes au jus, a tout du périple épique, théâtre de péripéties puissantes (accélération, soli touchés par la grâce...). Malgré un début somme toute des plus classiques, "Ghost Head" est émaillé de passages jubilatoires qui viennent rompre une monotonie sinon un monolithisme dont beaucoup de médiocres se seraient contentés. Bien que sillonnant des terres déjà bien ravinées par d'autres avant lui, le groupe parvient néanmoins constamment à transcender son matériau de base. Le plus bel exemple de cette émancipation réside dans le diptyque final "Riddle Of Steel", apothéose de l'album dont il remplit quasiment à lui tout seul une bonne moitié du contenu (et la deuxième face du vinyle). La première partie, dantesque, ouvre en son milieu des espaces atmosphériques d'une beauté immense propices à la contemplation avant de redémarrer avec force wah-wah, tandis que le pan qui lui succède, quoique moins aventureux, charrie des éclairs de guitares nourris au bon vieux hard rock qui perforent des artères salvatrices dans cette masse compacte. Dommage en revanche que le chant ne s'affranchisse jamais des canons en vigueur dans ce genre bien embouteillé, seul vrai bémol d'un galop d'essai plus que prometteur. Les initiés, auxquels je peux de toute façon conseiller la majeure partie du catalogue de Electric Earth Records (Ocean Chief, Black Pyramid...), devraient accueillir à sa juste mesure cette rondelle de grand doom que chevauche le corps chaud du stoner velu. Mais vu le sujet de sa principale inspiration, Elder pourrait s'armer d'un son plus colossal encore, cela lui permettrait de gagner un ampleur. C'est tout qu'on lui souhaite... 3.5/5 (2009)
Black Pyramid | S/T (2009)
Ils sont trois, Andy, Gein et Clay. Un power-trio, la combinaison idéal pour vidanger la musique qui coule dans leurs veines. Ils sont Américains aussi, évidemment. Ils arrivent, branchent leurs instruments... et envoient la purée. Pesante comme un dimanche pluvieux, épaisse, grasse comme du mazout. S'ils aiment téter une bonne bière, leur mamelle favorite demeure le bon vieux Sab' des années 70 ('Worm Ouroboros' semble ainsi presque être une reprise d'un titre de"Paranoid") et d'une manière générale tout le doom qui sent sous les bras, Saint Vitus, Pentagram... La pièce empeste la fumette mais ce n'est pas grave, ça fait partie du charme. Au fait, ces gars se réunissent sous le nom de Black Pyramid et nombreux sont ceux qui les attendaient les mains moites depuis une démo séminale et un EP éponyme qu'il ne faudrait pas confondre avec ce galop d'essai qui agglomère il est vrai certains chichons déjà connus des amateurs ('Visions Of Gehenna', 'Mirror Messiah', 'No Life King', bref le début de la rondelle). Flottant dans des relents psychés heureusement pas trop cotonneux, "Black Pyramid" conjugue la puissance tellurique du doom ('No Life King'), la flamboyance du hard rock (les soli lumineux bien que coulé dans le mazout qui parsèment le magnifique 'Mirror Messiah' ou 'Twilight Grave', ainsi que la pause toute en arpèges 'Celephaïs') et les dérives stoner. Le chant éructé par une gorge embrumée participe en outre d'un décor déjà planté par d'autres sans que cela soit fâcheux. Car les mecs maîtrisent leur stoner doom comme personne ; ils récitent leur leçon parfaitement apprise avec en plus, ce je-ne-sais-quoi qui les distingue de la consommation (très) courante et leur offre le droit de revenir pour un second épisode. Les fondations sont solides, ancrées dans un substrat que ne vient jamais éroder de quelconques emprunts synthétiques, progressifs ou décalés malgré un sens des atmosphères évident. Non au contraire, Black Pyramid ne plaisante pas et sa plastique, super heavy s'en ressent. Ecoutez l'instrumental 'Macédonia' aux multiples arabesques pour vous faire une idée juste : épique, lourd sans pour autant oublier la mélodie qui transpire de lignes de guitares dantesques et décollant parfois très haut. Quelle jouissance ! D'ailleurs on sent bien que plus la galette progresse plus les instruments donnent l'impression de marcher au ralenti, tant les notes qu'ils vidangent sont peu à peu prisonnières d'une marée noire. L'ultra doom 'Worm Ouroboros', 'The Cauldron Born', dont la longue entame est une pure merveille, ont en effet quelque chose d'enclumes minées par la pesanteur. Témoin aussi le terminal 'Wintermute', lente déambulation qu'irriguent des riffs et des attaques de six-corde à la fois sentencieux et majestueux et qui meurt en un fondu dissonant comme pour dire qu'il ne peut plus rien y avoir après cela. Voilà donc un excellent opus dans le genre finalement plus doom que stoner et dont le manque d'originalité n'empêche pas d'être à la hauteur des attentes. (2009)
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