Après une poignée de démos et deux offrandes matricielles, Errances oniriques (2000) et Spicilège (2002), taillées dans la roche froide d'un black metal abrupt et sévère et vers lesquels tendra sans doute toujours notre préférence, Belenos a ensuite fixé son style, plus furieux peut-être bien que sabré d'éclairs mélodiques et enraciné dans un humus païen.
AU PIF
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KröniK | Wyrd / Häive / Kehrä - Split (2007)
Ah c’est qu’on l’affectionne l’exercice du split dans le black metal, cette association autour de deux armadas ou plus qui se partagent un bout de rondelle. Ca permet souvent aux acteurs en présence de vidanger quelques titres restés sur la touche, bien souvent car ceux-ci s’emboîtaient mal avec d’autres morceaux pour figurer sur un véritable album. Ce split publié en 2007 est un dépliant touristique pour qui a envie de connaître davantage le black à tendance pagan fabriqué en Finlande. Au programme trois formations…et la plus intéressante des trois n’est pas forcément celle que l’on croit. L’écoute débute par deux offrandes de Wyrd, le plus connu des trois, celui donc, autour duquel est surtout vendu ce split. Ce n’est pourtant pas lui qui s’en sort le mieux, bien que « Vieraalla Maalla » et « Uupunut » soient deux compos de qualité, plutôt dans l’esprit des premiers albums. Ils servent de fourreau à un black épique de bonne facture, généralement lent, sans pour autant rechigner à appuyer sur l’accélérateur quand cela s’avère nécessaire, mais auquel on préférera les trois salves plus intéressantes de Häive, chantre d’un metal noir viking et rageur qui sait ouvrir des espaces acoustiques et pastoraux de toute beauté et surtout la participation du plus méconnu du lot, Kehra qui, en deux longues complaintes, ravive la flamme des vieux Ulver et Empyrium sans manquer d’évoquer l’esprit d’un Drudkh en moins mélancolique sans doute. Ode à la nature, « The Sea » et « The Forest », forment une espèce de diptyque noir et majestueux. Le premier commence par le bruit du ressac, puis s’élève lentement et libère un black lancinant, rampant et rugueux, parfois atmosphérique, toujours envoûtant., cependant que le second, long de plus de 10 minutes, érige un panorama naturel grandiose emprunt de cette majesté mystérieuse qui enveloppe les forêts. Après une première partie instrumentale et acoustique qui répand le souffle du Grand Nord, cette épopée arpente des chemins beaux et ombragés d’une profonde tristesse, dont le guide sont ces riffs obsédants qui meurent en un murmure de désolation… Kehrä sort donc victorieux de cette partie à trois. Un groupe à suivre. 3.5/5 (2007)
KröniK | The Wandering Midget - The Serpent Coven (2008)
Sur la bonne voie ! Oui, ces Finlandais amateurs de doom (quel pléonasme !) sont effectivement sur la bonne voie, et leur première véritable offrande en atteste. On les avait découvert avec ce qui n’était en fait que la réunion de leurs deux démos, Brief Encounter et I Am The Gate et aussitôt, le spectre du défunt Reverend Bizarre avait surgit des limbes pour décrire cet agrégat sans doute un peu trop marqué par l’influence de son aîné.
The Serpent Coven ne corrige pas le tire à ce niveau, The Wandering Midget donnant toujours l’impression d’avoir un peu trop biberonné l’œuvre du groupe de Peter Vicar (le chant de Samuel Wormius notamment, pour excellent qu’il soit, demeure toujours cette photocopie de celui d’Albert Witchfinder), mais il témoigne d’incontestables progrès en terme de composition. Alors certes, il est évident que ce jeune trio (tiens donc !) n’atteindra jamais la dimension mythologique du Reverend ni son aura et encore moins son génie, il s’en rapproche pourtant néanmoins. Il suffit d’écouter le grandiose "Taynia", aussi envoûtant que pachydermique, pour s’en rendre compte, bien qu’il s’agisse sans doute du titre qui évoque le plus qui vous savez. Plus personnel est "Family Curse", étouffante descente dans les abîmes, moins monolithique qu’il n’y paraît car traversée par diverses ambiances. Au menu de cet album donc, six morceaux, six longues échappées dans les méandres d’un doom séculaire et intégriste d’une pureté quasi-virginale, qui renvoie à une époque lointaine où le genre n’avait pas (encore) copulé avec d’autres. The Wandering Midget est le porte-étendard d’une musique noble, minée par une gravité souterraine. Son doom, à la production très sèche, se déploie sous la forme de pistes (forcément) lancinantes qui ne passent que très rarement la seconde (ça arrive cependant) et d’une pesanteur digne d’un porte-avions. Les intros prennent leur temps, comme il se doit, et l'on entre souvent dans le vif du sujet qu’après de longs instants d’agonie, quand survient le chant empreint d’une solennité presque religieuse, à l’image du terrible "Bring Forth The Accused". Les Finlandais ne cherchent donc pas à révolutionner le culte. Au contraire, ils l’honorent avec respect et sincérité. A ce titre, le superbe "The Serpent Coven" est une leçon. Pourtant, même si c’est encore timide, on sent chez eux un désir d’émancipation vis-à-vis de leur modèle, comme l’illustrent les miettes qu’ils picorent auprès des années 70 ("Bring Forth The Acussed", encore lui). De fait, si Reverend Bizarre se nourrissait de la NWOBHM, The Wandering Midget semble davantage enclin à aller s’abreuver dans la source de la décennie précédent ce mouvement. Dans tous les cas, le groupe vient d’offrir avec The Serpent Coven, un très grand disque de doom-metal qui laisse entrevoir un avenir passionnant, et annonciateur de plus grandes choses encore pour ses géniteurs. Un futur grand ? C’est ce qu’on leur souhaite. 3.5/5 (2008) | Facebook
The Serpent Coven ne corrige pas le tire à ce niveau, The Wandering Midget donnant toujours l’impression d’avoir un peu trop biberonné l’œuvre du groupe de Peter Vicar (le chant de Samuel Wormius notamment, pour excellent qu’il soit, demeure toujours cette photocopie de celui d’Albert Witchfinder), mais il témoigne d’incontestables progrès en terme de composition. Alors certes, il est évident que ce jeune trio (tiens donc !) n’atteindra jamais la dimension mythologique du Reverend ni son aura et encore moins son génie, il s’en rapproche pourtant néanmoins. Il suffit d’écouter le grandiose "Taynia", aussi envoûtant que pachydermique, pour s’en rendre compte, bien qu’il s’agisse sans doute du titre qui évoque le plus qui vous savez. Plus personnel est "Family Curse", étouffante descente dans les abîmes, moins monolithique qu’il n’y paraît car traversée par diverses ambiances. Au menu de cet album donc, six morceaux, six longues échappées dans les méandres d’un doom séculaire et intégriste d’une pureté quasi-virginale, qui renvoie à une époque lointaine où le genre n’avait pas (encore) copulé avec d’autres. The Wandering Midget est le porte-étendard d’une musique noble, minée par une gravité souterraine. Son doom, à la production très sèche, se déploie sous la forme de pistes (forcément) lancinantes qui ne passent que très rarement la seconde (ça arrive cependant) et d’une pesanteur digne d’un porte-avions. Les intros prennent leur temps, comme il se doit, et l'on entre souvent dans le vif du sujet qu’après de longs instants d’agonie, quand survient le chant empreint d’une solennité presque religieuse, à l’image du terrible "Bring Forth The Accused". Les Finlandais ne cherchent donc pas à révolutionner le culte. Au contraire, ils l’honorent avec respect et sincérité. A ce titre, le superbe "The Serpent Coven" est une leçon. Pourtant, même si c’est encore timide, on sent chez eux un désir d’émancipation vis-à-vis de leur modèle, comme l’illustrent les miettes qu’ils picorent auprès des années 70 ("Bring Forth The Acussed", encore lui). De fait, si Reverend Bizarre se nourrissait de la NWOBHM, The Wandering Midget semble davantage enclin à aller s’abreuver dans la source de la décennie précédent ce mouvement. Dans tous les cas, le groupe vient d’offrir avec The Serpent Coven, un très grand disque de doom-metal qui laisse entrevoir un avenir passionnant, et annonciateur de plus grandes choses encore pour ses géniteurs. Un futur grand ? C’est ce qu’on leur souhaite. 3.5/5 (2008) | Facebook
KröniK | The Wandering Midget - I Am The Gate (2007)
Il fallait s’y attendre: il n’y aura pas fallu longtemps avant que Reverend Bizarre, bien que désormais mort et enterré, n’essaime ses rejetons à travers la planète entière. Du reste, on n’a pas eu à forer bien loin pour en repérer un, puisque The Wandering Midget a son état-major basé en Finlande… comme son modèle.
Parler de modèle dans le cas des jeunes finnois est carrément un euphémisme, tant ils arborent les contours d’une photocopie granuleuse de son révéré aîné et forcément, de moins bonne qualité. Même origine géographique, même formule du trio, même tendance à faire passer un album pour un simple EP – on se souvient encore de l’hallucinant Harbringer Of Metal et sa durée avoisinant les 70 minutes ! - et surtout une voix copiée sur celle de Albert Witchfinder ainsi qu’un doom dépouillé à l’identique. Toutefois, il manque encore à The Wandering Midget le caractère occulte et la dimension mythologique du 'Bizarre Reverend'… et tout simplement cette trace de génie qui distingue les Grands de la kyrielle de suiveurs, dont le jeune puceau fait assurément partie. Moins tellurique, son doom des familles ne se repaît pas de cet humus heavy-metal dont a pu se nourrir le défunt ; il est plus rustre, plus simple. Ses membres ne sont finalement que des hommes comme les autres, tout simplement, contrairement à Peter Vicar et ses deux compagnons qui eux, étaient auréolés d’une aura quasi-divine. Ces remarques ne doivent toutefois pas vous faire bouder I Am The Gate qui n’est en réalité que l’agglomération de deux démos, et qui se révèlera annonciateur de grandes choses à venir. Si les premiers titres, issus de First Encounter (2006), sont convaincants (surtout "The Wandering Midget" qui donne l’impression d’entendre le fantôme de Jim Morrison), nous leur préférerons cependant ceux extraits de la démo éponyme : le sentencieux "I Am The Gate", que rehausse un final très NWOBHM et qui voit le rythme s’emballer, puis la descente spéléologique de "Wasteland Shrine" d’une lenteur étouffante, soit 18 minutes viciées où le mimétisme avec l’auguste modèle atteint son paroxysme. Avec en corollaire, cette question : où s’arrête l’hommage et où débute la pompe éhontée. Gageons néanmoins que la maturité aidant, The Wandering Midget saura gagner peu à peu en personnalité et qui sait, peut-être succéder à Reverend Bizarre sur le trône du True-Doom laissé vacant depuis son sabordage ? La route est encore longue mais ne devrait pas aboutir à un cul-de-sac… 3.5/5 (2008)
Parler de modèle dans le cas des jeunes finnois est carrément un euphémisme, tant ils arborent les contours d’une photocopie granuleuse de son révéré aîné et forcément, de moins bonne qualité. Même origine géographique, même formule du trio, même tendance à faire passer un album pour un simple EP – on se souvient encore de l’hallucinant Harbringer Of Metal et sa durée avoisinant les 70 minutes ! - et surtout une voix copiée sur celle de Albert Witchfinder ainsi qu’un doom dépouillé à l’identique. Toutefois, il manque encore à The Wandering Midget le caractère occulte et la dimension mythologique du 'Bizarre Reverend'… et tout simplement cette trace de génie qui distingue les Grands de la kyrielle de suiveurs, dont le jeune puceau fait assurément partie. Moins tellurique, son doom des familles ne se repaît pas de cet humus heavy-metal dont a pu se nourrir le défunt ; il est plus rustre, plus simple. Ses membres ne sont finalement que des hommes comme les autres, tout simplement, contrairement à Peter Vicar et ses deux compagnons qui eux, étaient auréolés d’une aura quasi-divine. Ces remarques ne doivent toutefois pas vous faire bouder I Am The Gate qui n’est en réalité que l’agglomération de deux démos, et qui se révèlera annonciateur de grandes choses à venir. Si les premiers titres, issus de First Encounter (2006), sont convaincants (surtout "The Wandering Midget" qui donne l’impression d’entendre le fantôme de Jim Morrison), nous leur préférerons cependant ceux extraits de la démo éponyme : le sentencieux "I Am The Gate", que rehausse un final très NWOBHM et qui voit le rythme s’emballer, puis la descente spéléologique de "Wasteland Shrine" d’une lenteur étouffante, soit 18 minutes viciées où le mimétisme avec l’auguste modèle atteint son paroxysme. Avec en corollaire, cette question : où s’arrête l’hommage et où débute la pompe éhontée. Gageons néanmoins que la maturité aidant, The Wandering Midget saura gagner peu à peu en personnalité et qui sait, peut-être succéder à Reverend Bizarre sur le trône du True-Doom laissé vacant depuis son sabordage ? La route est encore longue mais ne devrait pas aboutir à un cul-de-sac… 3.5/5 (2008)
KröniK | Häive - Saimaata ei Sanoilla Selitä (2010)
Le fait que Saimaata ei Sanoilla Selitä ne soit qu’un petit EP de 20 minutes seulement alors que nous étions nombreux à espérer un menu plus conséquent, ne doit pas, surtout pas, vous faire passer à côté de cette petite merveille qui réunit tous les ingrédients qui font que l’on aime Häive. Hommage à la nature et en particulier aux lacs finlandais, ces trois compositions instrumentales, il est bon de le préciser, résonnent d’arpèges acoustiques beaux comme un chat qui dort en boule (« I »).
Inspirées de musiques traditionnelles, elles combinent touches folkloriques nordiques (« II ») et atours métalliques pour un résultat sublime, plein de majesté et de poésie. Festif et chargé d’un sentiment de plénitude contemplative, cet album, que Varjosielu a réalisé seul, s’occupant de tous les instruments, fait tout simplement du bien. Il suffit de fermer les yeux pour être transporté dans cette Europe septentrionale tant vénérée. Malgré les oripeaux folk, Häive ne sombre jamais dans le ridicule contrairement à tous ces guignols en peau de bête qui mêlent accordéons et voix d’outre-chiotte. Non, le Finlandais conserve toujours une noblesse du trait et une dureté dans les attaques des guitares, comme en témoigne le très beau « III », le titre le plus black metal de la triplette. Le plus long également, ce qui lui offre tout le loisir de galoper à travers de vastes étendues pastorales. Unique bémol à Saimaata ei Sanoilla Selitä réside finalement dans sa (trop) courte durée. On comprend que le format instrumental l’est sans doute déterminée mais on aurait aimé que cette parenthèse n’en soit pas une. Un opus entier de cette inspiration élégiaque n’aurait donc pas été pour nous déplaire, bien au contraire… 3/5 (2010) | Facebook
Inspirées de musiques traditionnelles, elles combinent touches folkloriques nordiques (« II ») et atours métalliques pour un résultat sublime, plein de majesté et de poésie. Festif et chargé d’un sentiment de plénitude contemplative, cet album, que Varjosielu a réalisé seul, s’occupant de tous les instruments, fait tout simplement du bien. Il suffit de fermer les yeux pour être transporté dans cette Europe septentrionale tant vénérée. Malgré les oripeaux folk, Häive ne sombre jamais dans le ridicule contrairement à tous ces guignols en peau de bête qui mêlent accordéons et voix d’outre-chiotte. Non, le Finlandais conserve toujours une noblesse du trait et une dureté dans les attaques des guitares, comme en témoigne le très beau « III », le titre le plus black metal de la triplette. Le plus long également, ce qui lui offre tout le loisir de galoper à travers de vastes étendues pastorales. Unique bémol à Saimaata ei Sanoilla Selitä réside finalement dans sa (trop) courte durée. On comprend que le format instrumental l’est sans doute déterminée mais on aurait aimé que cette parenthèse n’en soit pas une. Un opus entier de cette inspiration élégiaque n’aurait donc pas été pour nous déplaire, bien au contraire… 3/5 (2010) | Facebook
KröniK | Elffor - Son Of The Shades (2002 / 2008)
D’origine ibérique, Elffor est un obscur projet mené par le non moins obscur Eöl, qui telle une pieuvre, se charge d’à peu près tous les instruments, surtout des claviers, lesquels sont le moteur d’une musique essentiellement instrumentale, mixture hybride dont les ingrédients ont à la fois été piqués à la chapelle True, au black atmosphérique et emphatique façon Summoning (la dimension quasi cinématographique en moins toutefois) et à la dark médiévale aux confins de l’ambient. Les guitares, fort discrètes (sauf par exemple sur “ Long Winter Day ”), ce que l’on ne peut que déplorer, sont tenues par un certain Jabo.
Voici donc un one-man-band déguisé, mais one-man-band quand même, comme il en pullule tant dans ce créneau propice à la fabrication artisanale au fond d’une cave et éclairée à la bougie autour d’un pentagramme. Avec sa fa(r)ce de gargouille grimée à la truelle chez Leroy-Merlin, le visuel de Son Of The Shades n’est pas forcément de bon aloi. Pourtant, originellement gravé en 2002 et réenregistré en 2008 avec deux titres supplémentaires et publié par Northern Silence, ce qui devrait lui permettre de bénéficier de davantage de promotion qu’il n’en a eu lors de sa première sortie, ce second méfait mérite quand même un peu mieux que son écrin qui collecte fièrement tous les clichés inhérents au genre (noir et blanc, logo illisible comme il se doit…). Certes, on a vécu sans lui depuis six ans et ce serait donc exagéré que de prétendre que l’on tient avec cet opus un trésor gardé secret et seulement (re)découvert aujourd’hui. Bâties sur des nappes de synthétiseurs que d’aucuns jugeront bien kitsch (“ Hidden In The Nebular Landscapes ”), ces longues plages aux allures de bande originale de film s’étirent souvent bien inutilement. Reste que Elffor, s’il aurait bien besoin de prendre du viagra par boîte de douze et de se montrer un peu plus méchant, maîtrise son sujet à défaut de le transcender. Son Of The Shades est donc à prendre pour ce qu’il est : de la série B, honnête et agréable. En espérant que la gargouille de service n’a pas la prétention de croire qu’il vaut plus que cela… Car le Eöl a alors encore bien du chemin à parcourir s’il veut pouvoir narguer sur son trône un Summoning inaccessible dans le genre. 2.5/5 (2008)
Voici donc un one-man-band déguisé, mais one-man-band quand même, comme il en pullule tant dans ce créneau propice à la fabrication artisanale au fond d’une cave et éclairée à la bougie autour d’un pentagramme. Avec sa fa(r)ce de gargouille grimée à la truelle chez Leroy-Merlin, le visuel de Son Of The Shades n’est pas forcément de bon aloi. Pourtant, originellement gravé en 2002 et réenregistré en 2008 avec deux titres supplémentaires et publié par Northern Silence, ce qui devrait lui permettre de bénéficier de davantage de promotion qu’il n’en a eu lors de sa première sortie, ce second méfait mérite quand même un peu mieux que son écrin qui collecte fièrement tous les clichés inhérents au genre (noir et blanc, logo illisible comme il se doit…). Certes, on a vécu sans lui depuis six ans et ce serait donc exagéré que de prétendre que l’on tient avec cet opus un trésor gardé secret et seulement (re)découvert aujourd’hui. Bâties sur des nappes de synthétiseurs que d’aucuns jugeront bien kitsch (“ Hidden In The Nebular Landscapes ”), ces longues plages aux allures de bande originale de film s’étirent souvent bien inutilement. Reste que Elffor, s’il aurait bien besoin de prendre du viagra par boîte de douze et de se montrer un peu plus méchant, maîtrise son sujet à défaut de le transcender. Son Of The Shades est donc à prendre pour ce qu’il est : de la série B, honnête et agréable. En espérant que la gargouille de service n’a pas la prétention de croire qu’il vaut plus que cela… Car le Eöl a alors encore bien du chemin à parcourir s’il veut pouvoir narguer sur son trône un Summoning inaccessible dans le genre. 2.5/5 (2008)
KröniK | Brocken Moon - Das Märchen Vom Schnee (2008)
Décidément, on finit toujours par se faire avoir. Prenez par exemple Das Märchen Vom Schnee, second méfait de Brocken Moon, avec sa pochette des bois en noir et gris (stylisée toute de même), la forêt, les loups, les thèmes de la nature, de la solitude, du désespoir comme combustible : encore un de ses médiocres groupuscules polluant le true-black, voilà ce que l’on se dit au moment d’introduire dans la fente béante la rondelle en question. Encore une fois, on s’est donc trompé. Cet obscur groupe germanique mérite bien mieux que les clichés qu’il semble collectionner. Déjà, le fait qu’il soit signé chez Northern Silence (Haïve, Belenos…) aurait dû nous mettre la puce à l’oreille. Intègre, ce label n’a pas pour habitude de soutenir des suiveurs sans intérêt.
Subdivisé en six plages dépourvues de nom qui s’enchaînent les unes aux autres, l’album impose donc d’être appréhendé dans sa globalité. Souvent instrumental, bien que parfois accompagné d’un chant en allemand écorché, Das Märchen Vom Schnee arpente le caveau du true-black, dont le groupe possède tous les apparats, sans néanmoins oublier de lui injecter une touche plus personnelle. Loin de patauger dans une fange répétitive stérile et facile qui forme bien souvent le substrat de nombre de hordes du même genre, ce qui d’ailleurs leur permet de camoufler leur médiocrité, Brocken Moon propose une musique plus élaborée qui maîtrise la science des cassures rythmiques. Les accélérations typiquement black-métal n’hésitent pas à copuler avec des pans acoustiques à la Ulver, tandis que des rythmes lancinants et hypnotiques viennent régulièrement perturber cette dynamique. De même, le groupe n’a pas peur d’achever son périple par une (très) longue piste instrumentale, laquelle s’enchaîne en un superbe fondu au titre précédent, et qui repose sur la répétition infinie de quelques accords de guitare que drapent des nappes de claviers atmosphériques durant plus de 20 minutes, exercice casse-gueule au possible qui voit les Allemands jouer aux équilibristes sur une ligne ténue séparant le génie de la fumisterie. A vous de voir. Mais heureux sont ceux qui se laisseront prendre au piège de cette complainte au mysticisme puissant, introspective et minimaliste, belle à en pleurer. Durant ces interminables minutes égrenées avec un sens de la tristesse et de la souffrance profond, le groupe touche à l’absolu. Fort depuis 1999 d’une poignée de démos et d’un premier jet, Mondfinsternis, Brocken Moon vient de démontrer que la chapelle à laquelle il appartient n’a pas encore tout dit, que le true-black, en dépit d’invariants aux allures de boulet n’est pas un genre si figé qu’il n’y paraît, à condition d’être honoré par des musiciens inspirés, comme c’est le cas des Germaniques. Une bonne pioche dans le genre ! (19/07/2009)
Subdivisé en six plages dépourvues de nom qui s’enchaînent les unes aux autres, l’album impose donc d’être appréhendé dans sa globalité. Souvent instrumental, bien que parfois accompagné d’un chant en allemand écorché, Das Märchen Vom Schnee arpente le caveau du true-black, dont le groupe possède tous les apparats, sans néanmoins oublier de lui injecter une touche plus personnelle. Loin de patauger dans une fange répétitive stérile et facile qui forme bien souvent le substrat de nombre de hordes du même genre, ce qui d’ailleurs leur permet de camoufler leur médiocrité, Brocken Moon propose une musique plus élaborée qui maîtrise la science des cassures rythmiques. Les accélérations typiquement black-métal n’hésitent pas à copuler avec des pans acoustiques à la Ulver, tandis que des rythmes lancinants et hypnotiques viennent régulièrement perturber cette dynamique. De même, le groupe n’a pas peur d’achever son périple par une (très) longue piste instrumentale, laquelle s’enchaîne en un superbe fondu au titre précédent, et qui repose sur la répétition infinie de quelques accords de guitare que drapent des nappes de claviers atmosphériques durant plus de 20 minutes, exercice casse-gueule au possible qui voit les Allemands jouer aux équilibristes sur une ligne ténue séparant le génie de la fumisterie. A vous de voir. Mais heureux sont ceux qui se laisseront prendre au piège de cette complainte au mysticisme puissant, introspective et minimaliste, belle à en pleurer. Durant ces interminables minutes égrenées avec un sens de la tristesse et de la souffrance profond, le groupe touche à l’absolu. Fort depuis 1999 d’une poignée de démos et d’un premier jet, Mondfinsternis, Brocken Moon vient de démontrer que la chapelle à laquelle il appartient n’a pas encore tout dit, que le true-black, en dépit d’invariants aux allures de boulet n’est pas un genre si figé qu’il n’y paraît, à condition d’être honoré par des musiciens inspirés, comme c’est le cas des Germaniques. Une bonne pioche dans le genre ! (19/07/2009)
3.5/5 | Music Waves
Apostle Of Solitude | Sincerest Misery (2008)
Voué corps et âme au doom dans sa définition première, le jeune label Eyes Like Snow - en fait une des sous divisions du vénérable Northern Silence Productions - ne pouvait trouver meilleure carte de visite que cette séminale cuvée longue durée de Apostle Of Solitude que les Allemands publient en 2008 avec d’autres groupes en devenir et tout aussi prometteurs (The Wandering Midget, The Lamp Of Thoth, Darkest Era).
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