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Drudkh | A Few Lines In Archaic Ukrainian (2019)



















Bel exemple de stakhanovisme ! Déjà impliqué dans quatre projets parallèles (Rattenfanger,  Necrom, Precambrian et Windswept qui vient de sortir du four son deuxième album "The Outlocker"), Roman Saenko nous livre sous le nom de Drudkh "A Few Lines In Archaic Ukrainian", après un "They Often See Dreams About The Spring" publié en mars 2018.

KröniK | Luna - Swallow Me Leaden Sky (2018)


Nous nous souvenons encore de cette vague funéraire qui s'est abattue, il y a plus de quinze ans, se répandant comme une lèpre blafarde depuis l'Europe de Nord et essaimant au quatre coins du globe. S'il puise ses racines dans les années 90 et les travaux de Cathedral ("Forest Of Equilibirum"), Winter et surtout du diptyque finlandais Thergothon et Unholy, c'est au début de la décennie suivante que le funeral doom s'impose comme un  (sous) genre à part entière dont les caractéristiques sont fixées par Shape Of Despair, Tyranny, Comatose Vigil, Until Death Overtakes Me et tous les flagellants du défunt label Firebox. Depuis, malheureusement, les (bonnes) surprises se font rares, expliquant pourquoi "Swallow Me Leaden Sky" trouve un écho aussi funèbre que précieux chez tous les dépressifs que nous sommes.
Luna, son auteur, n'invente pourtant rien, fidèle à ce credo mortuaire dont il utilise toutes les cordes, du tempo englué dans une éternelle nuit hivernale jusqu'à ces nappes brumeuses qui répandent à l'infini un suaire fantomatique. Mais c'est justement par son orthodoxie que l'Ukrainien nous séduit accouchant d'une offrande de pur doom funéraire dans les bras de laquelle il est tellement bon de s'endormir... Pour ne plus jamais se réveiller. Ceci étant, si elle cherche nullement à le rénover, l'âme solitaire qui se cache derrière ce projet,  n'hésite cependant pas à offrir au style une expression plus démesurée encore, repoussant à l'extrême les limites d'une lancinance cafardeuse. Le format dilaté des deux monumentales pistes qui remplissent ce troisième album, lesquelles franchissent généreusement la barre des vingt minutes au garrot, témoigne déjà de ce jusqu'auboutisme aussi admirable qu'absolu. Enfin, sa dimension intégralement instrumentale nourrit l'emphase symphonique de ce "Swallow Me Leaden Sky" dont la majestueuse beauté évoque une nature sombre et romantique à la fois. Corollaire de cette absence de chant d'outre-tombe pourtant consubstantiel au funeral doom death et du primat des claviers sur la guitare, l'ensemble arbore finalement des traits plus mélancoliques que vraiment suicidaires. Ce qui n'enlève rien, ni à sa valeur et encore moins à sa puissance émotionnelle. Entre deux coups de caisse claire qui s'apparentent à d'ultimes battements de coeur, 'Everything Becomes Dust' perce dans le brouillard un grandiose paysage forestier que nimbe l'aube de son voile spectral. C'est long, c'est lent, c'est répétitif mais vibre néanmoins d'une splendeur transie et laiteuse. Après quelques arpèges boisés, la plainte éponyme étire un voile funèbre en s'enfonçant inexorablement dans un éther liturgique. Le temps parait suspendu autour de la toile que tissent des synthés vaporeux figés dans les eaux gelées d'un lac nocturne. Si le tempo s'emballe parfois, ces tentatives d'accélération sont vite avortées, prisonnières d'une gangue éthérée. Vous l'aurez donc compris, "Swallow Me Leaden Sky" est le gemme le plus étincelant que le funeral doom nous ait livré depuis très longtemps. (13/02/2018)

4/5

KröniK | Ulvegr - Vargkult (2018)


Après avoir enfanté trois méfaits fulgurants, qui l'ont placé parmi les ténors du black metal ukrainien aux côtés de Khors ou Nokturnal Mortum, Ulvegr a déçu l'an passé avec "Titahion Kaos Manifest", certes toujours bouillonnant de haine mais vierge de cette froideur sinistre qui drapait "Where The Icecold Blood Storms", "Arctogaia" et "The Call of Glacial Emptiness". En délaissant les rudes montagnes transylvaniennes pour un concept basé sur la mythologie orientale, c'est un peu comme si Odalv (batterie) et Helg (tout le reste) avaient perdu la part hivernale et si précieuse de leur identité malgré l'évidente qualité technique de ce quatrième méfait. 



Même si le tandem nous a toujours habitués à une régularité quasi métronomique, le fait qu'il soit déjà de retour avec un nouvel opus n'était pas pour nous rassurer, pouvant laisser craindre l'accouchement précipité d'un œuvre bâclée ou dans une veine identique à celle de sa devancière. En réalité, il n'en est rien, bien au contraire. S'il reste pourtant, dans sa noirceur brute et sans afféterie, quelque chose de "Titahion Kaos Manifest", "Vargkult" renoue avec la réussite glaciale des premiers albums. Mieux, par sa radicalité et son absence de compromis, il semble répondre au "Sorrow" de Hate Forest avec lequel il partage, outre cette brutalité froide, une même intensité fielleuse qui jamais ne débande tout du long de cette (petite) demi-heure d'agression en règle. Dressant une hampe lourde que sillonnent des nervures desquelles suinte un fluide venimeux, Ulvegr martèle à la vitesse d'un cheval au galop un art noir dont la vicieuse vélocité se conjugue à des ambiances gelées et nocturnes. Emportées par le flot d'une batterie torrentueuse, ces saillies sont vrillées par des guitares aux allures de scalpel labourant la peau, reléguant presque le chant écorché et grumeleux au rang d'accessoire, même si celui-ci procède également de cette bestialité neigeuse. Acérés et entêtants, ces riffs font souffler un blizzard aussi lugubre qu'implacable, évoquant des images de mort et de ruines. Enchaînant sept titres en à peine vingt-huit minutes, "Vargkult" va très vite, ne laissant pas le temps à l'auditeur de se reposer. Poussé par un tempo digne d'un Panzer moissonnant les cadavres, l'ensemble paraît ne former qu'un seul bloc tant ces morceaux finissent par se confondre les uns les autres en un magma fielleux qui a quelque chose d'une semence funèbre et turbulente. Jamais les Ukrainiens n'ont fait preuve d'une telle agressivité primaire, qui culmine lors d'un 'Remember The Blood' déchaîné, manière de conclure le menu sur la note la plus radicale possible. Ce faisant, ils réussissent à capturer cette essence evil, cet esprit d'un mal séculaire, qui sont l'apanage du black metal lorsqu'il s'élance dans toute sa pureté mortifère. Les compositions les plus épiques, pourtant si puissamment évocatrices, qui clôturaient les premières offrandes, ont disparu, remplacées par des concentrés de haine froide. Si nous pouvions regretter cette absence dont témoignait déjà "Titahion Kaos Manifest", tel n'est pas le cas de "Vargkult" qui déborde d'une force obscure et créatrice telle qu'on n'en voudra pas aux Ukrainiens d'avoir déserté ces terres plus atmosphériques. (06/02/2018)


Soon | Raven Throne - I Miortvym Snicca Zolak


"I Miortvym Snicca Zolak", le nouvel opus de Raven Throne (Black Metal), serra disponible le 2 mai 2018 chez Non Serviam Records.





Soon | ProtoU - The Edge Of Architecture


"The Edge Of Architecure", le nouvel opus de ProtoU (Dark Ambient), verra la nuit le 6 février 2018 via Cryo Chamber.

 

Soon | Drudkh - They Often See Dreams About The Spring


"They Often See Dreams About The Spring", le nouvel opus de Drudkh (Ukrainian atmospheric black metal), verra la nuit le 9 mars 2018 chez Season Of Mist.





Soon | Ieschure - The Shadow


"The Shadow", premier opus du one-woman band Ieschure (Ukrainian black metal) sera disponible le 1er décembre 2017 chez Iron Bonehead Productions.

KröniK | Mørkt Tre - To The Graves Of The Smoldering Time (2017)


Première offrande de Mørkt Tre, To The Graves Of The Smoldering Time aura connu un chemin long et tortueux avant de pouvoir finalement atteindre nos oreilles. Conçu il y a sept ans par Sttng, puis gravé entre novembre 2010 et juin 2016, l'opus voit enfin la nuit en février 2017, sous l'égide du label brésilien Fimbulvinter Productions. Si on y croise l'actuel claviériste de Kroda (Clin), le groupe reste énigmatique, peu d'informations circulant à son sujet. Mais son origine géographique, l'Ukraine, permet d'ancrer son art noir dans cette terre slave et atmosphérique à l'identité forte, sculptée par Nokturnal Mortum et autre Drudkh.
De fait et sans surprises, Mørkt Tre creuse le sillon forestier d'un black metal à la fois rugueux et épique, tavelé d'ambiances automnales où le chant abrupt et les guitares grésillantes forment le socle dur et boisé qui n'est parfois pas sans évoquer Kladovest, témoin Opus III, un des meilleurs titres du lot qui alterne mid-tempo lancinants chargés d'atmosphères et échappées véloces  au goût de sombres conifères, cependant qu'un Opus II qui galope à travers de vastes steppes aux couleurs de feu et aux reliefs escarpés, nous rappellent les ancêtres de cette chapelle tels que Kroda justement ou Temnozor. Reste que le groupe n'est pas dénué de personnalité, laquelle est à chercher dans ces passages et intermèdes instrumentaux aux sonorités spatiales, respirations ambient qui viennent pourtant quelque peu casser le rythme d'un album avec une emphase synthétique vierge de la froideur réclamée (Opus IV). Plus intéressant se révèle être la construction d'un Opus V aux nombreuses cassures et tubulures évolutives que nimbent en fin de parcours des effluves cosmiques pendant que la guitare tisse des accords désespérés beau comme un chat qui dort. Loin des prises de son approximatives, To The Graves Of The Smoldering Time bénéficie d'une production claire qui laisse respirer chaque instrument, notamment cette basse toute en rondeur qui fait battre le coeur d'un Opus VI terminal, pulsation longue de plus de dix minutes que berce une douce et lente mélancolie, manière de clore l'écoute sur une note apaisée. Bien que parasité par des influences à la Darkspace, Mørkt Tre signe un premier album solide qui ne pourra que séduire les fidèles du black metal ukrainien, à la fois terreux et boisé, atmosphérique et cosmique. 3/5 (2017) | Facebock






Soon | Drudkh & Paysage d'Hiver - Somewhere Sadness Wanders


Date | 25/08/2017
Label | Season Of Mist
Genre | Black Metal

 

KröniK | Windswept - The Great Cold Steppe (2017)


Roman Saenko ne reste jamais absent bien longtemps, butinant tour à tour un des nombreux projets qu’il a sur le feu. A ce titre, il est permis de s’interroger quant à l’utilité pour un musicien de multiplier ainsi les ports d’attache, éphémères le plus souvent, à l’exception du principal d’entre eux, Drudkh dont la section rythmique, Vlad (batterie) et Kretchet (basse), accompagne qui plus est l’Ukrainien à travers toutes ses pérégrinations, de Blood Of Kingu à Precambrian.
Si la volonté de s’éloigner des rivages du pur black metal pour accoster ceux d’un post rock shoegazien avec un Old Silver Key incompris ou ceux du death metal old school avec un Rattenfänger déjà oublié peut alors justifier cet éparpillement, cela ne garantit cependant pas la pérennité de formations finalement disparues au bout d’un seul essai. Voir le bonhomme, toujours flanqué de ses fidèles comparses, ressurgir sous la bannière d’un énième groupe nous laissait donc quelque peu dubitatifs. Mais, occupant la place laissée vacante suite au sabordage de Blood Of Kingu, celle d’un art noir au sang chargé de fiel, Windswept devrait pourtant affoler les nostalgiques d’un Hate Forest néanmoins inégalé. Aux côté d’un Drudkh qui mise depuis ses débuts sur les atmosphères mélancoliques et boisées plus que sur la froide brutalité, Saenko cherche toujours à épancher sa soif d’agressivité primitive par le biais de créatures de la nuit rongées par la haine. Tel est ainsi le cas de ce nouveau groupe qui le voit vomir dans le micro à la place du pourtant indéboulonnable Thurios (Astrofaes, Kladovest) qui ne prend pas part, cette fois-ci, à l’aventure. Enraciné dans la glaciale géographie mythologique et cosmique de cette Europe de l’Est qui l’a vu naître, "The Great Cold Steppe" martèle durant trente-six petites minutes une violence primaire et viscérale dont aucune interruption ni lancinantes échappées épiques ne viennent en briser le torrent. Bien qu’il s’enfonce parfois dans des mid tempos reptiliens, témoins ‘Black Horizon In The Gates Of A Blizzard ‘, amorce grandiose qui emporte tout dans son ténébreux sillage ou bien encore l’obsédant ‘The Stars Are Cold And Indifferent’ dont on croit qu’il est instrumental jusqu’à ce que le chant n’éructe lors d’une véloce dernière partie, ce menu se rapproche davantage du radical "Sorrow" que du fascinant "Purity", sans pour autant renouer tout à fait avec cette intensité atrabilaire et ce feeling abrupt qui était celui du mal originel. Quoique brute, la prise de son n’est plus la même et Saenko ne sera de toute façon plus jamais vraiment capable de capturer cette essence evil unique, ce que nous avons compris depuis longtemps. Reste que la sève qui coule dans les veines de "The Great Cold Steppe" bouillonne d’une négativité hivernale et tourbillonnante qui fait de lui l’héritier terrifiant de Hate Forest. Construit sur une architecture cyclique, ce méfait s’ouvre et se ferme sur les mêmes notes osseuses aux accents sombrement folkloriques, qui suintent le long des parois de ces sentinelles que sont ‘Black Horizon In The Gates Of A Blizzard’ et à l’autre bout ‘A Spiteful Wind Buries All The Lonely Whispers’. Entre les deux s’enchaînent quatre pulsations tranchantes et pesantes en un défilé haineux. S’il y aura bien quelques grincheux pour pester contre l’Ukrainien lui reprochant une inspiration qu’ils jugeront – à tort – anémique, force est pourtant de reconnaître que ‘The Great Shepherd Rides His Storms’, ‘Shrouded In Pale Shining’ et surtout ‘Blinding And Bottomless Abyss Is Howling’, qu’irrigue une guitare aux allures d’artère glaciale et sinistre, vibrent d’une noirceur vicieuse, confirmant en cela que Saenko reste détenteur de cette bestialité crépusculaire qui n’appartient qu’à lui, sachant toujours faire souffler un blizzard funèbre. L’incontestable réussite de "The Great Cold Steppe" n’échappe toutefois pas à une question : quel sera en définitive l’avenir de Windswept ? Survivra-t-il au-delà de ce galop d’essai ou bien sera-t-il lui aussi condamné à rejoindre très vite ses aînés dans la tombe ? Souhaitons que ce soit la première voie que le groupe décide d’emprunter… 4/5 (2017) | Facebook


Soon | Dronny Darko - Abduction


Date | 02/05/2017
Label | Cryo Chamber
Genre | Dark Ambient

 

Soon | SiJ - The Time Machine


Date | 21/02/2017
Label | Cryo Chamber
Genre | Dark Ambient

Soon | Alphaxone / ProtoU - Stardust


Date | 27/01/2017
Label | Cryo Chamber
Genre | Dark Ambient