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Philippe Labro | L'alpagueur (1976)
























Bien sûr, il y a Jean-Paul Belmondo au faîte de sa gloire, plus mutique et moins gouailleur toutefois que de coutume. Moins cascadeur aussi.

Raoul Coutard | La légion saute sur Kolwezi (1979)


Plus que le directeur de la photo de la Nouvelle vague (pour Godard et Truffaut surtout), c'est surtout le collaborateur de Pierre Schoendoerffer (La 317e section et Le crabe-tambour) et le photographe de guerre (en Indochine) qui dirige La légion saute sur Kolwezi. Sauf que, grand opérateur, Raoul Coutard ne possède pas un égal talent de réalisateur. De fait, en dépit de son minutieux réalisme documentaire, son film tend davantage vers la série B d'action que vers l'analyse politique. Si le contexte qui a présidé à la prises d'otage par des rebelles katangais, est bien esquissé, l'oeuvre se perd ensuite dans les méandres de l'opération militaire, sacrifiant les personnages principaux (interprétés par Bruno Cremer ou Mimsy Farmer) que nous sommes tout étonné retrouver lors des dernières minutes. Tourné en 1979, il s'agit d'un film de guerre anachronique dans le fond comme dans la forme, vestige de la décolonisation. (vu le 11/12/18)






André Farwagi | Le temps de mourir (1970)


Le temps de mourir fait partie de ces rares incursions du cinéma français dans le fantastique voire la SF, aboutissant toujours à de singulières curiosités, à ranger aux côtés de L'alliance, Malevil ou Les soleils de l'île de Pâques, dans des styles certes très différents. Si la présence solaire et énigmatique de Anna Karina parait vouloir le rattacher à la Nouvelle Vague, ce film ne noue en réalité aucun lien avec les quelques tentatives science-fictionesques de Godard (Alphaville) ou Truffaut (Farenheit 451). En revanche, on pourrait l'arrimer à un certain cinéma suisse pour son approche froide et cérébrale du genre et son ambiance abstraite. Sur des biens points, il se révèle étonnant. Etonnant déjà par sa maîtrise alors qu'il ne s'agit que de la première expérience de réalisateur de André Farwagi (après le court métrage L'ombre dans la glace) qui, s'il ne transformera pas l'essai par la suite, se retrouvera aux commandes d'une rares adaptations de Serge Brussolo, Les lutteurs immobiles, ce qui, pour le coup, ne surprend pas.
Etonnant de part son sujet qui montre un homme qui découvre sa mort dans un film que détient une femme amnésique. L'ayant identifié, il invite son futur meurtrier dans son domicile où il vit en reclus. Tout se met alors en place, non pas pour que sa mort soit évitée mais pour qu'elle se produise réellement. Avec une épure dans les moyens utilisés et un rythme lent, Le temps de mourir envoûte peu à peu avec ce récit qui donne le vertige par sa dimension cyclique. Une réussite méconnue où Crémer, Rochefort et Karina forment un trio mystérieux. (vu le 14/10/2018)















Pierre Schoendoerffer | La 317ème section (1965)


En quelques mots : La 317ème section n'est pas seulement un des rares témoignages cinématographiques de l'Indochine masis un des meilleurs films de guerre français, quatrième long métrage de Pierre Schoendoerffer, qui fut correspondant durant ce conflit. Avec un réalisme documentaire, il film la guerre à hauteur d'hommes, dans un style épuré et précis, psychologique et presque intime, dénué de pathos et de sentimentalisme mais pas d'émotion, à l'image de la mort du sous-lieutenant Torrens. La photo en noir et blanc - on ne l'imagine pas en couleurs - de Raoul Coutard est très belle, les deux acteurs principaux, Jacques Perrin et Brunon Cremer, qui retrouveront tous les deux réalisateur, respectivement pour Le crabe-tambour (1977) et Objectif 500 millions (1966), sont magnifiques, égarés au milieu de cette géographie hostile où l'ennemi, silencieux, se montre féroce.