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Allan Dwan | Quatre étranges cavaliers (1954)


Sous couvert d'une série B, Quatre étranges cavaliers est un western extrêmement intéressant, qui prouve qu 'un "petit" film par son budget et sa durée (moins d'une 1h20) peut être grand. Il ouvre pour Allan Dwan le dernier et meilleur chapitre de sa carrière où, associé au producteur Benedict Bogeaus, il enfile westerns (Tornade), polar (Deux rouquines dans la bagarre) et aventures (Les rubis du prince Birman), passés inaperçus à l'époque mais que les cinéphiles chérissent à raison. Malgré ses belles qualités visuelles (nombreux plans séquences, travellings à travers cette petite ville que l'on sent vivre et cette façon de montrer les extérieurs par des fenêtres), Silver Lode séduit avant tout pour son scénario, à la fois classique de par son thème cher au cinéma américain, celui du lynchage (on pense à Furie de Fritz Lang) et son récit "attentiste" basé sur une unité de temps et de lieu (comme dans Le train sifflera trois fois) et pourtant courageux dans sa charge absolument pas voilée du Maccarthysme.
Ainsi, le scénariste ne s'embarrasse pas de pincettes ni de prudence, allant jusqu'à donner au méchant le nom du tristement célèbre sénateur, lequel sera d'ailleurs tué par une balle de son propre revolver ayant ricoché sur la cloche de la liberté ! Campé par un Dan Duryea grandiose, on sent pourtant que Mc Carthy n'est que l'allumette capable d'embraser une petite bourgade minée par les préjugés et de réveiller les bas instincts de ses habitants. Ce n'est pas pour rien que Dan Ballard (John Payne, parfait) trouvera de l'aide en une fille de saloon, elle aussi considérée comme le rebut d'une société bien pensante... (Vu le 09/03/2018 / Source : enregistré sur Ciné+ Classic en 2007)
















Douglas Sirk | Les ailes de l'espérance (1957)


Si Douglas a réalisé de grands et flamboyants mélodrames (Ecrit sur du vent, la ronde de l'aube, Le temps d'aimer, le temps de mourir), force est de reconnaître que Les ailes de l'espérance n'en fait pas partie. Situé pendant la guerre de Corée, c'est un drame larmoyant qui prouve encore une fois que les bons sentiments ne font pas les bons films. La photo de Russell Mety est belle comme toujours mais ce qui se passe à l'écran est plat malgré un beau sujet fourni par le colonel Hess lui-même. Il faut dire que Sirk est cette fois-ci handicapé par un Rock Hudson bien incapable d'exprimer tous les regrets et le désarroi de son personnage. Restent le plaisir de voir Dan Duryea dans un rôle sympathique (ce qui est rare) et la beauté furtive de Martha Hyer...










R.G. Springsteen | 5000 dollars mort ou vif (1965)


En quelques mots : Stakhanoviste du western fauché des années 50 et 60, R.G Springsteen pâtit d'une réputation exécrable, tâcheron plus qu'artisan habile qui n'aura jamais réussi à s'élever même au niveau d'un Jesse Hibbs, même si certaines de ses pellicules, telles que Le Desperado des Plaines (1958) et surtout La patrouille de la violence (1964) avec Audie Murphy, se laissent regarder sans déplaisir. S'il leur est inférieur, 5000 dollars mort ou vif n'est pas non plus ce qu'il a fait de pire. De maigres qualités le sauvent - à peine - de l'ennui : une certaine brutalité, le décor (relativement insolite) d'une ville abandonnée, quoique mal exploité mais n'est pas Gordon Douglas qui veut, dont le Rio Conchos est contemporain, une présence féminine accrue (avec la belle Elsa Cardenas) et surtout un Dan Duryea qui, bien qu'en roue libre, n'a aucun mal à dominer une distribution assez terne. David Carradine, dont il s'agit de la première expérience cinématographique, y est ainsi inexistant, tandis que Tony Young, constipé comme une huitre et infâme comédien de surcroît, coince le film dans l'ornière de la (toute) petite série B, dans à laquelle l'ajout (trop visible) de nombreux stock-shots et un je-m'en-foutisme certain, le condamnent de toute façon...