Si In This Moment doit une bonne part de son succès à sa plantureuse front-woman, la généreusement carrossée Maria Brink aussi à l'aise dans le registre angélique que lorsqu'elle gueule dans le micro, reconnaissons toutefois que la recette concoctée par les Américains depuis deux albums, mix habile et énergique de Metalcore à la mode riche en riffs testostéronés et de vocalises féminines, n'est pas sans charme, bien au contraire.
AU PIF
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Mayhem | Daemon (2019)
Après le définitif "Ordo Ad Chao" (2006), œuvre d'une noirceur grouillante et radicale, on se demandait comment les Norvégiens de Mayhem pourraient être en mesure de lui donner un successeur, cet album puant la mort sonnant comme l'achèvement d'une carrière aussi culte que tumultueuse.
GosT | Valediction (2019)
Au fil du temps, nous avons vu le black metal s'accoupler avec de nombreux autres genres, proches (le death bien sûr mais aussi le doom) ou plus éloignés (le progressif). Mais nous ne pensions pas un jour assister aux ébats entre l'art noir et la synthwave. GosT a pourtant tenté cette assemblage a priori contre nature. Avec quelle réussite ?
Borknagar | True North (2019)
Si son titre et le visuel qui l'habille, très beau au demeurant, ne respirent pas l'originalité, au moins permettent-ils de planter le décor de "True North", celui d'un black metal alimenté aux eaux glaciales de fjords majestueux.
GosT | Skull (2019)
Ceux qui pensent que la synthwave, dernier genre à la mode, biberonné aux années 80, sent la poussière et baigne dans le sirop, seraient étonnés par la puissance dont sont capables ces nouveaux maîtres du gros son.
Martyrdöd | Hexhammaren (2019)
Associé un temps à Southern Lord Records, ce qui a contribué en partie à cultiver son aura culte, Martyrdöd a finalement succombé aux sirènes qu'un label plus costaud encore pouvait lui promettre, en l'occurrence le puissant Century Media.
Belzebubs | Pantheon Of The Nightside Gods (2019)
Belzebubs, voilà un nom à faire hurler tous les Ayatollahs de l'art noir ! Car un groupe qui, pour son esthétique et ses clips, s'inspire d'une bande dessinée (que signe JP Ahonen) ne peut être que voué aux gémonies par tous ceux pour qui le black metal reste avant tout une question de valeur sinon d'authenticité voire de pureté.
New Years Day | Unbreakable (2019)
Publié en janvier 2018, "Diary Of A Creep" voyait New Years Day se frotter à l'exercice de la reprise, revisitant aussi bien Panthera que Garbage ou Linkin Park. Si le résultat, quoique sympathique et rafraîchissant, n'a qu'à moitié convaincu, il aura au moins donné au groupe l'envie de soigner une écriture qu'il souhaite désormais plus mordante encore et taillée pour laisser une épaisse couche de sédiments dans la mémoire.
The Picturebooks | The Hands Of Time (2019)
The Picturebooks est le plus américain des groupes allemands. Son (blues) rock garage évoque de vastes étendues caillouteuses que l'on sillonne en chevauchant une puissante mécanique à deux roues, les cheveux au vent et la liberté dans les yeux. Cela pourrait être la bande-son d'un remake d'"Easy Rider". Ce sont deux bonshommes à la pilosité sauvage, duo décontracté guitare/batterie. Pas de basse mais un chant trempé dans les bayous.
Deserted Fear | Drowned By Humanity (2019)
Alors que le death metal old school qu'il besognait à ses débuts a plus que jamais le vent en poupe aujourd'hui, Deserted Fear a pourtant très vite décidé de remplacer le sang poisseux qui lui servait de combustible par un sirop étonnamment plus mélodique - quitte à décevoir ceux (dont votre serviteur) qui estiment que les remugles baveux lui siéent davantage que les cavalcades policées.
Ultha | The Inextricable Wandering (2018)
Après avoir écumé les labels plus ou moins undergrounds (Tartatus Records, Vendetta, Distant Voices...) qui ont publié avec passion ses opus qu'ils soient petits ("Dismal Ruins" etc...) ou grands ("Plain Cleanses Every Doubt" puis "Convergins Sins") - par la taille s'entend -, c'est en toute logique que Ultha est cueilli par le puissant Century Media.
Deathrite | Nightmares Reign (2018)
Cela fait longtemps que les Allemands ont largué les amarres du grindcore auquel leur premier rot éponyme les rattachait, pour accoster le rivage d'un death metal aussi puissant que sinistre, bien qu'il reste encore de diffus oripeaux de ce passé (pas si) lointain, à travers quelques furieuses et brutales accélérations dont ils ont le secret.
Deicide | Overtures Of Blasphemy (2018)
Quand bien même il ne fait plus aussi peur qu'avant, moins en tout cas qu'à ses débuts il y a presque trente ans lorsque nous le découvrions en pleine explosion du mouvement death metal, coincé entre Morbid Angel, Obituary, Cannibal Corpse et Death bien entendu, le fait est que chaque nouvelle hostie de Deicide est fortement attendue.
Motorowl | Atlas (2018)
Auteur il y a deux ans d’un galop d’essai du feu de dieu, Motorowl n’avait pas le droit de décevoir en offrant à "Om Generator" un successeur que nous étions nombreux à attendre comme un Graal heavy et moelleux tout ensemble. Dont acte.
Lucifer | II (2018)
En embarquant à son bord Nicke Andersson, Lucifer offre avec ce deuxième opus une perle de doom rock hypnotique et terreux où copulent vocalises de prêtresse et guitares rougeoyantes.
Si Lucifer, qu'elle a fondé en 2014 suite au split de The Oath, est avant tout la créature de Johanna Sadonis, chanteuse aussi séduisante que charismatique, il n'en demeure pas moins que la présence à ses côtés de l'ancien guitariste de Cathedral, Gaz Jennings, ne fut pas étrangère à l'exposition dont le groupe bénéficia d'entrée de jeu. Fruit de cette copulation entre le fils spirituel de Tony Iommi et la vestale d'un doom nimbé d'occultisme victorien, le premier album de cette alliance anglo-allemande fait partie de ces offrandes qui ont le mieux réussi cette hybridation entre lourdeur sabbathienne et féminité ténébreuse.
Le départ, amical, de Jennings et du reste des musiciens dont le batteur Andrew Prestridge, qui avait suivi la teutonne après le sabordage de The Oath, n'augurait malheureusement rien de bon pour Lucifer dont on pouvait craindre qu'il ne subisse une fin (trop) prématurée. Mais c'était oublier que Johanna possède un goût très sûr en matière de compagnons de route (et un beau carnet d'adresse). Qui mieux que Nicke Andersson pouvait prendre la place du Britannique et être derrière les fûts ? C'est bien entendu moins le batteur d'Entombed que l'ex Hellacopters (entre beaucoup d'autres) que la chanteuse a recruté, quand bien même ce deuxième opus ne se montre jamais avare en lourdeur, moins toutefois qu'avec Jennings à la guitare. Complété par le six-cordiste Robin Tidebrink (Saturn), c'est un line-up resserré qui a enfanté ce "Lucifer II" dont le mixage a été confié au Suédois Ola Ersfjord (Primordial). Eu égard au talent au mètre carré, la qualité des nouvelles chansons ne saurait être contestée. Mises bout à bout, celles-ci forment une procession à la fois sombre et furieusement rock'n'roll, vintage sans être poussiéreuse. La rythmique est gourmande et porte le sceau groovy d'Andersson, les riffs nourris au hard rock brillent aussi d'un éclat tellurique, témoin le final de 'Faux Pharaoh' sur lequel plane l'ombre de Cathedral (et donc de Black Sabbath). Et puis, il y a cette voix, trempée dans une magie noire sucrée, qui confère à l'ensemble une bonne part de son mystère et de sa force ensorcelante, à l'image de 'Phoenix', saillie racée aux portes du fantastique. Sirène échappée d'un film de la Hammer des années 70, Johanna nous guide à travers un voyage dans le temps riche de mille couleurs. Nerveux le temps de l'inaugural 'California Son', le menu fait ensuite la part belle aux ambiances veloutées ou plus pesantes ('Before The Sun'), même si la brusque et jouissive accélération qui sabre 'Eyes In The Sky' illustre qu'il ne s'interdit pas quelques changements de ton. Le superbe 'Dreamer', qui étire sur presque six minutes une toile entêtante, 'Dancing With Mr. D', tavelé de teintes soul ou 'Aton' constituent l'écrin précieux d'un doom rock hypnotique et terreux, chaudron où se mélangent vocalises habitées de prêtresse nocturne, lignes de guitares rougeoyantes mais coulées dans l'acier et tempo aussi accrocheur que plombé. Moins lourd que son devancier, "Lucifer II" se veut en revanche plus nuancé, signe de vie d'un groupe rénové et transcendé. (09/06/2018)
Si Lucifer, qu'elle a fondé en 2014 suite au split de The Oath, est avant tout la créature de Johanna Sadonis, chanteuse aussi séduisante que charismatique, il n'en demeure pas moins que la présence à ses côtés de l'ancien guitariste de Cathedral, Gaz Jennings, ne fut pas étrangère à l'exposition dont le groupe bénéficia d'entrée de jeu. Fruit de cette copulation entre le fils spirituel de Tony Iommi et la vestale d'un doom nimbé d'occultisme victorien, le premier album de cette alliance anglo-allemande fait partie de ces offrandes qui ont le mieux réussi cette hybridation entre lourdeur sabbathienne et féminité ténébreuse.
Le départ, amical, de Jennings et du reste des musiciens dont le batteur Andrew Prestridge, qui avait suivi la teutonne après le sabordage de The Oath, n'augurait malheureusement rien de bon pour Lucifer dont on pouvait craindre qu'il ne subisse une fin (trop) prématurée. Mais c'était oublier que Johanna possède un goût très sûr en matière de compagnons de route (et un beau carnet d'adresse). Qui mieux que Nicke Andersson pouvait prendre la place du Britannique et être derrière les fûts ? C'est bien entendu moins le batteur d'Entombed que l'ex Hellacopters (entre beaucoup d'autres) que la chanteuse a recruté, quand bien même ce deuxième opus ne se montre jamais avare en lourdeur, moins toutefois qu'avec Jennings à la guitare. Complété par le six-cordiste Robin Tidebrink (Saturn), c'est un line-up resserré qui a enfanté ce "Lucifer II" dont le mixage a été confié au Suédois Ola Ersfjord (Primordial). Eu égard au talent au mètre carré, la qualité des nouvelles chansons ne saurait être contestée. Mises bout à bout, celles-ci forment une procession à la fois sombre et furieusement rock'n'roll, vintage sans être poussiéreuse. La rythmique est gourmande et porte le sceau groovy d'Andersson, les riffs nourris au hard rock brillent aussi d'un éclat tellurique, témoin le final de 'Faux Pharaoh' sur lequel plane l'ombre de Cathedral (et donc de Black Sabbath). Et puis, il y a cette voix, trempée dans une magie noire sucrée, qui confère à l'ensemble une bonne part de son mystère et de sa force ensorcelante, à l'image de 'Phoenix', saillie racée aux portes du fantastique. Sirène échappée d'un film de la Hammer des années 70, Johanna nous guide à travers un voyage dans le temps riche de mille couleurs. Nerveux le temps de l'inaugural 'California Son', le menu fait ensuite la part belle aux ambiances veloutées ou plus pesantes ('Before The Sun'), même si la brusque et jouissive accélération qui sabre 'Eyes In The Sky' illustre qu'il ne s'interdit pas quelques changements de ton. Le superbe 'Dreamer', qui étire sur presque six minutes une toile entêtante, 'Dancing With Mr. D', tavelé de teintes soul ou 'Aton' constituent l'écrin précieux d'un doom rock hypnotique et terreux, chaudron où se mélangent vocalises habitées de prêtresse nocturne, lignes de guitares rougeoyantes mais coulées dans l'acier et tempo aussi accrocheur que plombé. Moins lourd que son devancier, "Lucifer II" se veut en revanche plus nuancé, signe de vie d'un groupe rénové et transcendé. (09/06/2018)
KröniK | Wiegedood - De Doden Hebben Het Goed III (2018)
Enraciné dans la froide terre qui l'a vu naître, " De Doden Hebben Het Goed III" est une gemme noire qui tranche dans la peau et dans l'âme des stigmates qui ne sont pas prêts de se refermer.
Au rythme d'un album tous les ans (ou presque) qui se répondent en formant une litanie âpre et hiératique, Wiegedood érige peu à peu une œuvre sévère aux allures de blockhaus d'une admirable cohérence et d'une pureté qui l'est tout autant. En 2015, "De Doden Hebben Het Goed" a établi les fondations de cet édifice crépusculaire, basées sur de longues pistes au nombre de quatre, aussi survoltées que torrentueuses. Depuis, le trio n'a de cesse de pétrir et de marteler ce black metal d'une froideur minérale sans jamais chercher à s'échapper de ce cadre qui, loin d'être un carcan, dresse les remparts d'une forteresse conceptuelle, tant dans la forme que dans le fond.
A chaque reprise, le groupe parvient à ne pas se répéter alors même qu'il s'impose un patron bien défini qu'il transcende avec puissance et beauté, comme l'illustre "De Doden Hebben Het Goed III", magistral de bout en bout. Que ses auteurs soient issus de Amenra (Levy Seynaeve) ou de Oathbreaker (Wim Sreppoc et Gilles Demolder), eux-mêmes membres du collectif Church Of Ra, ne surprend pas, en ce sens que ces groupes partagent tous une sève furieuse et une expression abrupte identiques mises au service d'un art autoritaire dont la noirceur ne l'exonère pas d'une force atmosphérique. D'une implacable dureté, ce troisième segment a quelque chose d'un bloc de matière brute, tendu comme une hampe prête à exploser. 'Prowl', qui lance l'écoute, s'impose ainsi comme une des compositions les plus brutales enfantées par les Belges qui ouvrent les veines d'une brutalité glaciale, imprimant une cadence démentielle qui jamais ne faiblit jusqu'à un final comme suspendu au-dessus d'un cratère béant. Mais de ce déchaînement de violence naît pourtant une beauté souterraine à l'image de 'Doodskalm' à l'intérieur duquel les musiciens galopent à travers une terre ravagée que perforent des instants de lumière pétrifiée, beaux comme un chat qui dort. Lancinante, la seconde partie atteint des sommets d'émotions, sculptés par ces lignes de guitares aussi envoûtantes que rocailleuses, contre lesquelles s''écrase un chant écorché que poisse un inexorable désespoir. Lui succède la piste éponyme qui écoule sur plus de douze minutes son flot charbonneux que rien ne semble pouvoir briser. Wiegedood y abat un travail de sape millimétré en érigeant un mur aux dimensions cyclopéennes. Propulsées par une batterie rapide comme le lapin Duracell, les dernières mesures touchent au sublime, point G d'une écoute en même temps belle et douloureuse. A eux deux, ces morceaux constituent l'épicentre de ce tsunami aussi sauvage qu'émotionnel. L'opus s'achève ensuite comme il a démarré, avec un 'Parool' rageur, réceptacle d'un black metal tumultueux. Enraciné dans la froide terre qui l'a vu naître, " De Doden Hebben Het Goed III" est une gemme noire qui tranche dans la peau et dans l'âme des stigmates qui ne sont pas prêts de se refermer. (08/04/2018)
Au rythme d'un album tous les ans (ou presque) qui se répondent en formant une litanie âpre et hiératique, Wiegedood érige peu à peu une œuvre sévère aux allures de blockhaus d'une admirable cohérence et d'une pureté qui l'est tout autant. En 2015, "De Doden Hebben Het Goed" a établi les fondations de cet édifice crépusculaire, basées sur de longues pistes au nombre de quatre, aussi survoltées que torrentueuses. Depuis, le trio n'a de cesse de pétrir et de marteler ce black metal d'une froideur minérale sans jamais chercher à s'échapper de ce cadre qui, loin d'être un carcan, dresse les remparts d'une forteresse conceptuelle, tant dans la forme que dans le fond.
A chaque reprise, le groupe parvient à ne pas se répéter alors même qu'il s'impose un patron bien défini qu'il transcende avec puissance et beauté, comme l'illustre "De Doden Hebben Het Goed III", magistral de bout en bout. Que ses auteurs soient issus de Amenra (Levy Seynaeve) ou de Oathbreaker (Wim Sreppoc et Gilles Demolder), eux-mêmes membres du collectif Church Of Ra, ne surprend pas, en ce sens que ces groupes partagent tous une sève furieuse et une expression abrupte identiques mises au service d'un art autoritaire dont la noirceur ne l'exonère pas d'une force atmosphérique. D'une implacable dureté, ce troisième segment a quelque chose d'un bloc de matière brute, tendu comme une hampe prête à exploser. 'Prowl', qui lance l'écoute, s'impose ainsi comme une des compositions les plus brutales enfantées par les Belges qui ouvrent les veines d'une brutalité glaciale, imprimant une cadence démentielle qui jamais ne faiblit jusqu'à un final comme suspendu au-dessus d'un cratère béant. Mais de ce déchaînement de violence naît pourtant une beauté souterraine à l'image de 'Doodskalm' à l'intérieur duquel les musiciens galopent à travers une terre ravagée que perforent des instants de lumière pétrifiée, beaux comme un chat qui dort. Lancinante, la seconde partie atteint des sommets d'émotions, sculptés par ces lignes de guitares aussi envoûtantes que rocailleuses, contre lesquelles s''écrase un chant écorché que poisse un inexorable désespoir. Lui succède la piste éponyme qui écoule sur plus de douze minutes son flot charbonneux que rien ne semble pouvoir briser. Wiegedood y abat un travail de sape millimétré en érigeant un mur aux dimensions cyclopéennes. Propulsées par une batterie rapide comme le lapin Duracell, les dernières mesures touchent au sublime, point G d'une écoute en même temps belle et douloureuse. A eux deux, ces morceaux constituent l'épicentre de ce tsunami aussi sauvage qu'émotionnel. L'opus s'achève ensuite comme il a démarré, avec un 'Parool' rageur, réceptacle d'un black metal tumultueux. Enraciné dans la froide terre qui l'a vu naître, " De Doden Hebben Het Goed III" est une gemme noire qui tranche dans la peau et dans l'âme des stigmates qui ne sont pas prêts de se refermer. (08/04/2018)
4/5 | Music Waves
KröniK | Death Alley - Superbia (2018)
Fort d'une carrière fulgurante, qui l'a vu enfanter trois albums (entre autres) en l'espace de six ans à peine, The Devil's Blood n'a pas été remplacé, même pas par ses anciens membres. Soit parce que la mort est passée par là (rappelons que celui qui était son âme, Selim Lemouchi, s'est suicidé en 2014), soit parce que le style qu'ils ont décidé d'explorer s'en éloigne. C'est le cas de Dool que le batteur Micha Haring et le bassiste Job van de Zande ont fondé par la suite. Cela pourrait être également celui de Death Alley mis en branle par le guitariste Oeds Beydals qui, de prime abord, ne noue aucun lien musical avec la défunte formation. Déjà, les racines ne sont pas les mêmes.
Alors que son aîné tétait avec avidité les mamelles d'un proto heavy satanique (Black Sabbath, Coven), sans refuser une lampée de Purple ou de rock progressif, son rejeton puise certes dans les années 70 mais plutôt celles de Blüe Öyster Cult, MC5 voire Motörhead, quoique l'esthétique occulte ne soit pas pour lui déplaire, témoin son premier opus baptisé "Black Magick Boogieland". Il n'y a pas davantage d'organe féminin chez ce dernier qui confie le micro à Douwe Truijens dans une veine plus rock'n'roll, loin de la flamboyance noire et quasi incantatoire de Farida Lemouchi. Pourtant, s'il serait très exagéré de faire de lui son héritier, il y a chez Death Alley quelque chose de The Devil's Blood, moins dans la lettre que dans l'esprit. Les deux groupes partagent en effet une vitalité crasseuse identique, une espèce d'urgence obscure ainsi qu'un goût similaire pour les saillies guitaristiques gorgées de mélodies et les formats dilatés. "Superbia" en est l'illustration, n'hésitant pas à écarter ses cuisses avec un titre long de plus de neuf minutes, l'énorme 'Daemon' sur lequel plane l'ombre cryptique de l'ancien port d'attache de Oeds Beydals. Les Hollandais nous convient à un pandémonium orgiaque où la lumière d'aplats chatoyants se conjugue à la force dure et souterraine de guitares féroces. Tout en progression, cette amorce foudroyante voit son pouls s'accélérer lors d'ultimes mesures au bord du chaos. A l'autre bout lui répond le colossal 'The Sewage', pulsation furieusement accrocheuse et plus étirée encore, révélatrice en cela de la signature des Bataves capable de fondre une énergie brute dans le creuset ténébreux d'une musique progressive et néanmoins remuante. Il en résulte un art évolutif plein d'une ambivalence troublante, tantôt nerveux tantôt velouté mais toujours crépusculaire, à l'image de ces lignes de guitares vibrantes d'une beauté sombre qui décollent vers les étoiles. Entre ces deux sentinelles s'enchaînent en un défilé imparable des pistes plus courtes, plus rapides parfois ('The Chain', 'Shake The Coil', 'Murder Your Dreams') bien que toujours enivrées d'ambiances soyeuses ('Feeding The Lions') et toutes dotées d'une accroche mordante. Entre traits abrupts et arabesques feutrées, Death Alley trouve constamment l'équilibre. Et c'est dans cet habile dosage que la parenté avec The Devil's Blood se révèle peut-être la plus prégnante, comme en témoignent les 'Headlights In The Dark' et 'The Pilgrim', compos épiques dont l'écume rugueuse s'engouffre dans les artères d'un heavy occulte et aérien. En rendant leur art plus alambiqué, plus nuancé également, les Hollandais ont incontestablement gagné en maturité. Si on peut penser qu'il était davantage à sa place chez Tee Pee Records qui a publié son galop d'essai, le fait qu'il ait maintenant rejoint l'écurie du puissant Century Media devrait permettre à Death Alley de prêcher la bonne parole à un public plus large qui ne pourra que succomber à sa recette dont les touches old school n'entament en rien sa force de frappe. (28/02/2018)
Alors que son aîné tétait avec avidité les mamelles d'un proto heavy satanique (Black Sabbath, Coven), sans refuser une lampée de Purple ou de rock progressif, son rejeton puise certes dans les années 70 mais plutôt celles de Blüe Öyster Cult, MC5 voire Motörhead, quoique l'esthétique occulte ne soit pas pour lui déplaire, témoin son premier opus baptisé "Black Magick Boogieland". Il n'y a pas davantage d'organe féminin chez ce dernier qui confie le micro à Douwe Truijens dans une veine plus rock'n'roll, loin de la flamboyance noire et quasi incantatoire de Farida Lemouchi. Pourtant, s'il serait très exagéré de faire de lui son héritier, il y a chez Death Alley quelque chose de The Devil's Blood, moins dans la lettre que dans l'esprit. Les deux groupes partagent en effet une vitalité crasseuse identique, une espèce d'urgence obscure ainsi qu'un goût similaire pour les saillies guitaristiques gorgées de mélodies et les formats dilatés. "Superbia" en est l'illustration, n'hésitant pas à écarter ses cuisses avec un titre long de plus de neuf minutes, l'énorme 'Daemon' sur lequel plane l'ombre cryptique de l'ancien port d'attache de Oeds Beydals. Les Hollandais nous convient à un pandémonium orgiaque où la lumière d'aplats chatoyants se conjugue à la force dure et souterraine de guitares féroces. Tout en progression, cette amorce foudroyante voit son pouls s'accélérer lors d'ultimes mesures au bord du chaos. A l'autre bout lui répond le colossal 'The Sewage', pulsation furieusement accrocheuse et plus étirée encore, révélatrice en cela de la signature des Bataves capable de fondre une énergie brute dans le creuset ténébreux d'une musique progressive et néanmoins remuante. Il en résulte un art évolutif plein d'une ambivalence troublante, tantôt nerveux tantôt velouté mais toujours crépusculaire, à l'image de ces lignes de guitares vibrantes d'une beauté sombre qui décollent vers les étoiles. Entre ces deux sentinelles s'enchaînent en un défilé imparable des pistes plus courtes, plus rapides parfois ('The Chain', 'Shake The Coil', 'Murder Your Dreams') bien que toujours enivrées d'ambiances soyeuses ('Feeding The Lions') et toutes dotées d'une accroche mordante. Entre traits abrupts et arabesques feutrées, Death Alley trouve constamment l'équilibre. Et c'est dans cet habile dosage que la parenté avec The Devil's Blood se révèle peut-être la plus prégnante, comme en témoignent les 'Headlights In The Dark' et 'The Pilgrim', compos épiques dont l'écume rugueuse s'engouffre dans les artères d'un heavy occulte et aérien. En rendant leur art plus alambiqué, plus nuancé également, les Hollandais ont incontestablement gagné en maturité. Si on peut penser qu'il était davantage à sa place chez Tee Pee Records qui a publié son galop d'essai, le fait qu'il ait maintenant rejoint l'écurie du puissant Century Media devrait permettre à Death Alley de prêcher la bonne parole à un public plus large qui ne pourra que succomber à sa recette dont les touches old school n'entament en rien sa force de frappe. (28/02/2018)
3.5/5 | Music Waves
KröniK | New Years Day - Diary Of A Creep (2018)
Il suffit de survoler une fois "Diary Of A Creep" pour que celui-ci s'accroche d'emblée à la mémoire comme une moule à un rocher, en distillant un air tenace de déjà-entendu. A cela, rien de surprenant puisque cette courte rondelle se veut en réalité une simple collection de reprises, agrémentée d'un seul titre original et inédit. Les bien connus 'Fucking Hostile' (Panthera), 'Bizarre Love Triangle' (New Order), 'Don't Speak' (No Doubt), 'Crawling' (Linkin Park) et 'Only Happy When It Rains' (Garbage) se voient ainsi revisités à la sauce d'un nu metal sexy et plombé. Tétant les mamelles du gothic metal et de l'electro, les Californiens se montrent plutôt fidèles aux pièces d'origine, qu'ils adaptent toutefois à leurs propres standards de noirceur et de puissance.
De fait, ils ont compris qu'il était vain de chercher à rivaliser avec la bande de Phil Anselmo dont ils ne peuvent égaler la brutalité épidermique, préférant miser sur une féminité féline et néanmoins agressive. A contrario et à l'exception de la cover de Linkin Park, à laquelle ils n'apportent (malheureusement) rien car naviguant dans un style trop proche du leur, les trois autres relectures ont la bonne idée de forcer le trait, gainées de grosses guitares ('Don't Speak') ou d'un chant testiculeux ('Only Happy When It Rains' sur lequel figure Lzzy Hale de Halestorm). L'inédit 'Disgust', quant à lui, reste dans la droite lignée de "Malevolence", composition dont le bustier, chargé de touches electro, de riffs d'airain et d'un refrain imparable est taillé pour les oreilles des ados américains. Si New Years Day se fait visiblement plaisir, manière de rendre hommage aux artistes qui l'ont influencé et d'envoyer une petite carte postale à ses fans, il n'en demeure pas moins que nous étions en droit d'attendre plus et mieux, après quasiment trois ans d'abstinence discographique, que cette maigre brochette de reprises, longue d'à peine plus de vingt minutes, qui plus est de la part d'un groupe encore vert. Exercice facile et sans prétention que porte la belle Ash Costello, "Diary Of A Creep" se rapproche davantage de l'inoffensive récréation que d'une audacieuse re-création. (15/02/2018)
De fait, ils ont compris qu'il était vain de chercher à rivaliser avec la bande de Phil Anselmo dont ils ne peuvent égaler la brutalité épidermique, préférant miser sur une féminité féline et néanmoins agressive. A contrario et à l'exception de la cover de Linkin Park, à laquelle ils n'apportent (malheureusement) rien car naviguant dans un style trop proche du leur, les trois autres relectures ont la bonne idée de forcer le trait, gainées de grosses guitares ('Don't Speak') ou d'un chant testiculeux ('Only Happy When It Rains' sur lequel figure Lzzy Hale de Halestorm). L'inédit 'Disgust', quant à lui, reste dans la droite lignée de "Malevolence", composition dont le bustier, chargé de touches electro, de riffs d'airain et d'un refrain imparable est taillé pour les oreilles des ados américains. Si New Years Day se fait visiblement plaisir, manière de rendre hommage aux artistes qui l'ont influencé et d'envoyer une petite carte postale à ses fans, il n'en demeure pas moins que nous étions en droit d'attendre plus et mieux, après quasiment trois ans d'abstinence discographique, que cette maigre brochette de reprises, longue d'à peine plus de vingt minutes, qui plus est de la part d'un groupe encore vert. Exercice facile et sans prétention que porte la belle Ash Costello, "Diary Of A Creep" se rapproche davantage de l'inoffensive récréation que d'une audacieuse re-création. (15/02/2018)
3/5 | Music Waves
KröniK | Necrophobic - Mark Of The Necrogram (2018)
Malgré ses (quasi) trente ans au compteur, Necrophobic est toujours là, au gré d'incessants changements de personnel autour de son dernier membre historique, l'inamovible batteur Joakim Sterner. Alors que le recrutement en 2011 de la paire de bretteurs Robert Sennebäck et Fredrik Folkare, tous les deux issus des rangs du vétéran Unleashed (entre autres), avait injecté un peu de sang neuf à cette mécanique bien huilée, cette incarnation n'aura contre toute attente duré le temps que d'un seul album, le controversé "Womb Of Lilithu". Pourtant pilier de la formation, d'abord en tant que bassiste avant d'occuper le poste de chanteur à partir de 1994, Tobias Sidegård a lui aussi quitté le groupe après l'enregistrement de ce septième méfait. Amputé de ses deux-tiers, ce vieux mercenaire de la scène extrême scandinave aurait pu jeter l'éponge mais c'est mal connaître le capitaine au long cours Sterner, qui n'a pas eu besoin de fouiner bien loin pour pallier ces départs successifs.
En rappelant dans le giron maternel les guitaristes Sebastian Ramstedt et Johan Bergebäck et, plus surprenant, le chanteur Anders Strokirk qui enregistra en 1993 le matriciel "The Nocturnal Silence", que d'aucuns considèrent comme son meilleur album à ce jour, le combo adresse un signal rassurant aux fans inquiets de ces bouleversements. Mais il envoie aussi l'image d'une formation bloquée dans un passé glorieux. Signée par le célèbre Kristian Wåhlin (Necrolord), la pochette de "Mark Of The Necrogram" s'avère à ce titre pour le moins éloquente, louchant sans imagination sur celle du "Far Away From The Sun" de Sacramentum et donnant du coup l'impression qu'une relique des années 90 vient d'être exhumée. Sentiment qui plus est confirmé par une entame éponyme qu'on croirait s'être échappée de "Storm Of The Light's Bane" de Dissection ! Après un "Womb Of Lilithu" plus death que black, Necrophobic renoue très franchement avec cet art noir aussi bouillonnant que nocturne tel qu'il était pratiqué il y a vingt ans par les Suédois (au sens large) avec dedans une bonne dose de mélodies acérées. Est-ce que cela fait pour autant de cette huitième offrande un bon album ? Si l'habileté de musiciens extrêmement affûtés n'est plus à démontrer, on ne peut en revanche que regretter ce fâcheux manque d'audace qui leur dicte une partition certes ultra efficace, qui devrait ravir les nostalgiques des nineties, mais dépouillée de la plus petite trace d'originalité. Il n'y a par conséquent aucune surprise à espérer de "Mark Of The Necrogram", dont les dix hosties martèlent un black death anachronique qu'il n'est cependant pas interdit d'apprécier. Riffs incisifs, soli gorgés de mélodies ténébreuses ('Pesta') et ambiances qui répandent une nuit éternelle ('Tsar Bomba') constituent l'arsenal crépusculaire d'un groupe dont la science de l'attaque millimétrée demeure inoxydable, même si l'ensemble sonne presque gentillet ('Requiem For A Dying Sun'), théâtre de saillies guitaristiques plus belles que menaçantes ('Odium Caecum'). S'ils ont un goût tenace de déjà-entendu, des titres tels que 'Mark Of The Necrogram' ou 'Sacrosanct', reposent sur une écriture imparable réglée comme une machine, marque de vieux briscards, qui les rend aussi nerveux qu'ensorcelants. Reste que, de ses textes stéréotypés à sa pochette d'un autre âge, sans oublier ces motifs usés jusqu'à la corde et cette conclusion instrumentale quelconque, cette cuvée ne brille pas par son originalité et ne devrait pas permettre à ses géniteurs de relancer une carrière en demi-teinte d'éternels second couteaux. Malgré tout, Necrophobic demeure un nom qui fait vendre. Century Media ne s'y est pas trompé en le signant après un court passage chez Season Of Mist... (18/01/2018)
3/5 | Music Waves
KröniK | Tribulation - Down Below (2018)
Le fait qu'il soit suédois et forge du death metal ne doit pas vous tromper. Tribulation n'est plus, depuis longtemps, le simple héritier d'un metal de la mort sinistre et grumeleux où pataugeaient l'EP "Putrid Rebirth" et l'originel "The Horror". A partir de "The Formulas Of Death", le groupe a brutalement entamé sa mue, délaissant le bestiaire morbide pour un art plus audacieux, nourri aux effluves progressives. Ceux qui, après un "Children Of The Night" qui enfonçait encore un peu plus le clou dans cette peau évolutive, espéraient un (vain) retour aux sources au moment de déflorer "Down Below", en seront encore une fois pour leur frais.
Oubliez définitivement leurs premiers rots qui sentaient la charogne et attiraient un nuage bleuté de mouches, les Suédois ne franchiront plus jamais le Styx. Ce dont on ne peut que se féliciter puisque ce glissement vers une musique plus sophistiquée quoique toujours tranchante s'est accompagné d'une créativité en ébullition. Si, par rapport à ses devanciers, l'effet de surprise ne joue plus, ce quatrième album n'en reste pas moins impressionnant. Basé sur le même patron que "The Children Of The Night", il propose un ensemble relativement concis, dont la courte durée (trois quarts d'heure) lui confère une grande densité. Ainsi, plus les années passent et plus Tribulation apprend à resserrer son canevas sans pour autant tarir sa source créatrice. Loin d'un appauvrissement, il en résulte des compositions aux allures de pièces d'orfèvrerie dont le mécanisme fonctionne avec une admirable fluidité, témoignage éloquent de la maîtrise à laquelle leurs auteurs sont parvenus. Du passé extrême, il ne reste plus guère que le chant écorché du bassiste Johannes Andersson, lequel hachure ces paysages que percent des guitares souvent lumineuses ('Nightbound'). Malgré tout, la joie de vivre a été comme toujours éconduite d'une partition écrite à l'encre noire. Les claviers brumeux qui ont l'air de s'être échappés d'un giallo ('Subterranea' et son intro à la Goblin) tapissent de tentures ténébreuses les parois de cet édifice aux multiples travées. Chaque titre qui jonche "Down Below" conjugue à la fois reliefs abrupts et richesse instrumentale, accroches incisives et ambiances délicates. 'Cries From The Underworld', strié de lignes de guitares aériennes, 'The World' et ses accords entêtants que ne renierait pas Paradise Lost ou 'The Lament', implacable et atmosphérique tout ensemble, pour ne citer que trois exemples, illustrent toutes les nuances de cette palette d'une ébouriffante richesse. Au bout de l'album, 'Here be Dragons', du haut de ses sept minutes au garrot, symbolise pour sa part toute l'ambition des Suédois désireux de couler dans un substrat extrême et affûté un jus progressif assombri d'émanations horrifiques. "Down Below" reprend les choses où les a laissées son prédécesseur dont il polit les formes tourmentées d'un death black de plus en plus évolutif. 3.5/5 (10/12/2017)
Oubliez définitivement leurs premiers rots qui sentaient la charogne et attiraient un nuage bleuté de mouches, les Suédois ne franchiront plus jamais le Styx. Ce dont on ne peut que se féliciter puisque ce glissement vers une musique plus sophistiquée quoique toujours tranchante s'est accompagné d'une créativité en ébullition. Si, par rapport à ses devanciers, l'effet de surprise ne joue plus, ce quatrième album n'en reste pas moins impressionnant. Basé sur le même patron que "The Children Of The Night", il propose un ensemble relativement concis, dont la courte durée (trois quarts d'heure) lui confère une grande densité. Ainsi, plus les années passent et plus Tribulation apprend à resserrer son canevas sans pour autant tarir sa source créatrice. Loin d'un appauvrissement, il en résulte des compositions aux allures de pièces d'orfèvrerie dont le mécanisme fonctionne avec une admirable fluidité, témoignage éloquent de la maîtrise à laquelle leurs auteurs sont parvenus. Du passé extrême, il ne reste plus guère que le chant écorché du bassiste Johannes Andersson, lequel hachure ces paysages que percent des guitares souvent lumineuses ('Nightbound'). Malgré tout, la joie de vivre a été comme toujours éconduite d'une partition écrite à l'encre noire. Les claviers brumeux qui ont l'air de s'être échappés d'un giallo ('Subterranea' et son intro à la Goblin) tapissent de tentures ténébreuses les parois de cet édifice aux multiples travées. Chaque titre qui jonche "Down Below" conjugue à la fois reliefs abrupts et richesse instrumentale, accroches incisives et ambiances délicates. 'Cries From The Underworld', strié de lignes de guitares aériennes, 'The World' et ses accords entêtants que ne renierait pas Paradise Lost ou 'The Lament', implacable et atmosphérique tout ensemble, pour ne citer que trois exemples, illustrent toutes les nuances de cette palette d'une ébouriffante richesse. Au bout de l'album, 'Here be Dragons', du haut de ses sept minutes au garrot, symbolise pour sa part toute l'ambition des Suédois désireux de couler dans un substrat extrême et affûté un jus progressif assombri d'émanations horrifiques. "Down Below" reprend les choses où les a laissées son prédécesseur dont il polit les formes tourmentées d'un death black de plus en plus évolutif. 3.5/5 (10/12/2017)
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