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Stanley Donen | Ailleurs l'herbe est plus verte (1960)


Passé un amusant générique peuplé de bébés, Ailleurs l'herbe est plus verte commence assez mal. On se dit alors que nous allons avoir droit à une heure et demi de théâtre filmé poussiéreux et désuet, qui donnera raison à ceux qui estiment que, privé de Gene Kelly avec lequel il a (co)réalisé ses meilleurs films, Stanley Donen n'a que peu de talent. Pourtant, peu à peu, le charme opère et on se prend au jeu de cet époux trompé qui ourdit un plan pour reconquérir sa femme. Car derrière le masque de la comédie pointet le drame et la solitude de celui qui est trahi par sa moitié. Il va sans dire que ce n'est pas grâce à la mise en scène de Donen, élégante au demeurant, que The Grass Is Greener reste agréable à regarder mais à sa délicieuse distribution, derrière laquelle s'efface le réalisateur.
Cary Grant est parfait en époux rusé, tout comme Mitchum qui selon son habitude, n'en fait pas de trop. Deborah Kerr, qui avait déjà partagé l'affiche avec ses deux partenaires masculins (Elle et lui pour le premier, Dieu seul le sait pour le second), trouve le ton juste dans la peau de cette épouse tentée par l'infidélité tandis que Jean Simmons apporte un peu de folie à un ensemble toutefois bien statique....

















Guy Hamilton | L'affaire Winstone (1964)


En quelques mots : Présent dans la mémoire des cinéphiles avant tout pour ses quatre James Bond (Goldfinger, Les diamants sont éternels, Vivre et laisser mourir et L'homme au pistolet d'or) et son Harry Palmer (Mes funérailles à Berlin), Guy Hamilton a par ailleurs donné au film de guerre plusieurs productions, auxquelles peut vaguement se rattacher L'affaire Winstone. Réalisé en 1964, celui-ci témoigne surtout de cet immuable savoir-faire britannique, sauvant un scénario aussi mince que le dossier du militaire accusé de meurtre que doit défendre Robert Mitchum. De fait, s'il faut attendre la dernière heure et les scènes du tribunal pour que la tension s'emballe, cette oeuvre mineure n'en demeure moins pas captivante, illustrant la haine qui lie alors Anglais et Américains loin de l'entente de façade. Comme toujours Mitchum semble ne rien faire et en quelques apparitions Trevor Howard rehausse à lui seul ce Man In The Middle curieux qui s'inscrit à sa manière, inattendue car sans vrai suspense mais non sans intérêt, dans cette tradition du film de procès militaire dont participent aussi bien Condamné au silence (1955) de Preminger que Ouragan sur la Caine (1954) de Dymtryk. 


Dick Richards | Adieu ma jolie (1975)


En quelques mots : Seconde adaptation du roman de Raymond Chandler, cette version fidèlement embrouillée, réalisée, par Dick Richards, dont on avait aimé "La poussière, la sueur et la poudre" (1972) ne vaut pas celle livrée par Edwards Dmytryk en 1944. Si, plus charismatique de Dick Powell, Robert Mitchum, pourtant franchement vieillissant campe un bon Marlowe, le film possède moins de charme. Le fait d'être en couleur n'est peut-être pas étranger à cette (relative) déception. Bien que soigné, "Adieu ma jolie" semble totalement anachronique au milieu du cinéma des années 70 et il faut alors tout le talent d'un Robert Altman ("Le privé") pour adapter le personnage quitte à s'en éloigner. Reste, comme pour "Le grand sommeil" mis en scène en 1978 par Michael Winner et toujours avec Mitchum, une oeuvre plaisante mais académique sauvée par un séduisant casting. Aux côtés d'un autre vétéran, John Ireland, Charlotte Rampling brûle la pellicule tandis que Stallone et son pote Joe Spinell jouent les gros bras.