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Heilung | Futha (2019)



















Ceux pour qui le metal folklorique rime avec gigue champêtre ou élan héroïque peuvent passer leur chemin car Heilung ne noue en réalité aucun lien (ou si peu) avec les Finntroll, Eluveitie, Korpiklani et consorts.

KröniK | Darkher - Realms (2016)


Jayn Hanna aura su se faire désirer avec Darkher, son jardin secret. Un premier EP éponyme en 2014 qui lui a ouvert les portes du label Prophecy Productions, écurie avec laquelle il était écrit qu'elle lierait un jour son nom, puis un an plus tard, "The Lost Kingdom", seconde petite offrande qui scellait donc cette alliance, ont su éveiller notre intérêt, (forcément) toujours séduits par les sirènes lorsqu'elles coulent leurs formes dans un moule d'une noirceur prometteuse.
De fait nous attendions beaucoup de cet album longue durée, alors même que la chanteuse nous est pourtant relativement inconnue, seul "Static Kingdom" qu'elle a enregistré avec The Steals ayant pu caresser nos cages à miel, il y a sept ans déjà. Presque une éternité. Par conséquent, nombreux sont ceux qui découvriront cette ravissante Anglaise avec "Realms", création miraculeuse qui, osons l'affirmer d'emblée, se révèle à la hauteur de ses deux mises en bouche avec lesquelles elle partage le titre 'Foregone', ce dont nous ne lui tiendrons pas rigueur tant cette composition, sombrement pulsative, longue de plus de sept minutes, gronde d'une force souterraine qui la propulse vers un orgasme émotionnel.Avec ses lourds aplats, elle ne reflète cependant pas tout à fait la teneur d'un menu plus intimiste et contemplatif, écrin idéal pour les envoûtantes mélopées de la belle laquelle, fidèle à une forme d'onanisme musical, se dispense (presque) de la présence d'autres êtres humains, nature solitaire qui renforce encore la dimension personnelle et cathartique d'une œuvre qui peut s'appréhender comme le miroir de l'âme désenchantée de son auteure. Ceux qui n'ont jamais fait le deuil de la première période de The 3rd And The Mortal et de Skumring dont les albums respectifs, "Tears Laid In Earth" (1994) et "De Glemte Tider" (2005) incarnent à eux seuls ce qu'est le doom atmosphérique norvégien, un art dont l'absolue tristesse tient du recueillement plus que d'un simple spleen, retrouveront dans cet opus cette même beauté à la fois poétique et minérale, aux traits toutefois moins doom, plus dark et mâtiné d'un folklore ténébreux. Cette beauté doit beaucoup au chant spectral et aérien de la jeune femme dont la voix plane au-dessus d'un socle parfois pesant ('Wars'), le plus souvent éthéré ('Hollow Veil') ou squelettique ('Moths'), quand bien même le diptyque 'Buried' étend un suaire instrumental superbe. Funéraires, les ambiances priment tout du long, qui ferrent l'auditeur, l'engourdit doucement avant de l'entraîner dans les abîmes d'un gouffre sans fin. Brillant d'un éclat crépusculaire et désincarné, "Realms" accoste les rivages d'une terre désolée, nimbée d'une brume forestière et hivernale, qu'il balaie d'un souffle chamanique. 4/5 (2016)


KröniK | Völur - Disir (2016)


Non content d'avoir déjà cette année livré avec Blood Ceremony le très bon "Lord Of Misrule", le bassiste Lucas Gadke a trouvé le temps de graver le premier album de son propre projet, baptisé Völur. Ceux qui, sans doute trompés par la présence à ses côtés d'une jeune femme, espèrent de lui le même proto doom aux accents forestiers et occultes comme au sein de son principal port d'attache, en seront bien entendu pour leur frais, cette seconde entité ne partageant guère avec son aîné que de très lointaines racines progressives. Mais si la flûte boisée de Alia O'Brien peut par moment évoquer un Jethro Tull biberonné aux films d'horreur de série Z, les notes tordues égrenées par le violon désaccordé de Laura Bates convoquent quant à elles le fantôme du King Crimson époque "Lark's Tongue In Aspic". Le caractère (presque) instrumental de "Disir" - seuls quelques growls et choeurs féminins viennent percer sa trame osseuse - participe d'ailleurs de cette filiation qui séduira autant qu'elle risque de faire fuir les moins courageux. La dimension chamanique d'une partition finalement plus proche d'un ambient rituel que du metal achève de faire de ce galop d'essai une expérience sonore hermétique sinon austère à réserver en priorité à ceux que n'effraient ni l'étrange ni les longues pièces contemplatives. Basse, violon et percussions tribales forment l'ossature épurée de ces quatre compositions que l'absence de guitare contribue à rendre décharnées. Ceux qui ont eu la chance d'écouter la démo du même nom dont "Disir" reprend quatre des cinq pistes, menu "seulement" amputé de 'Idisemorgen' et ses quasi 17 minutes au compteur, s'ils ne seront donc pas dépaysés par son contenu, n'en céderont pas moins encore une fois à son étrange pouvoir de fascination et ce, quand bien même les limites de l'exercice affleurent lors d'un 'Heiemo' terminal et (presque) interminable malgré une première partie envoûtante. Mais 'Es Wächst aus Seinem Grab', qui gravite au bord de la folie et plus encore 'The Deep-Minded', où la copulation des trois instruments sur fond de mélopées sacrificielles aboutissent à un orgasme païen et crépusculaire, suffisent à ferrer les sens et rendre l'écoute de cet album indispensable. Il sera passionnant de voir comment le groupe réussira - ou non - à façonner cet art pour le moins singulier, sans se répéter et tourner à vide. Le potentiel est là, ainsi qu'une beauté séculaire qui suinte de cet autel niché au milieu d'une forêt ténébreuse... 3.5/5 (2016)


KröniK | Hercynia Silva - Dyeus Pater (2016)


Heureusement, à l'heure de la musique standardisée, qui ne fait que vomir des produits lesquels, bien souvent ne sont qu'un agrégat de chansons mises bout à bout, il existe encore des artistes qui conçoivent leur travail comme un tout cohérent. Plus que dans la lumière, c'est dans la pénombre qu'il faut généralement chercher ces résistants qui semblent ne pouvoir s'épanouir qu'à la marge, connus et vénérés par une poignée de fidèles veillant sur des offrandes aux allures d'inestimables trésors. Hercynia Silva fait partie de ces projets rares, duo enraciné dans une terre Lorraine riche en pouvoir d'évocation qu'animent Fabrice Bernardin (batterie) et Alban Blaising (tout le reste). Plus encore peut-être que son devancier éponyme, offert il y a deux ans, Dyeus Pater se présente comme une oeuvre d'art total où artwork, composé de photographies animalières, réalisées par le multi-instrumentiste, textes et musiques sont connectés à la nature, dont se nourrissent nombre de mythes séculaires et de poèmes dont le tandem s'inspire. La porte d'entrée de cet univers est incarnée par ces images d'animaux sauvages (renard, sangliers...) capturées dans la campagne et forêts de Lorraine, visuel qui fait de l'auditeur le témoin privilégiés d'une nature précieuse et le prépare  à un voyage intime, comme suspendu dans le temps entre gothic rock et post-punk, auquel le chant en français confère une identité étrange. Par rapport à son prédécesseur, parfois maladroit, ce deuxième album n'est pas seulement plus maîtrisé, il sonne plus rock, ancré dans un substrat des plus personnels, metal et synthétique, qui n'est pas sans évoquer Paradise Lost, comme l'illustre E Quindi Unscimmo a Riverder Le Stelle. L'opus impressionne aussi par sa richesse instrumentale, témoin ce Dyeus Pater, sombrement envoûtant avec ses accords osseux, ses percussions pulsatives. Depuis Les fantômes de la forêt aux Convulsionnaires, l'ensemble a quelque chose d'un long et tranquille passage de l'obscurité à la lumière, baignant dans une ambiance douce-amère. Mieux que d'autres et avec une économie de moyens admirable, Hercynia Silva parvient à capter cette dimension païenne et solaire, à l'origine de nos civilisations. Composé de quatorze pistes, nous pourrions disséquer l'intégralité de Dyeus Pater, ce que nous ne ferons pas, afin de ne pas violer la magie de ce sanctuaire dont la part de mystère contribue à son charme unique, à sa beauté mythique. 3.5/5 (2016)


KröniK | Wöljager - Van't Liëwen Un Stiäwen (2016)


Que "Van't Liëwen Un Stiäwen", première offrande de Wöljager, voit aujourd'hui le jour par l'entremise de Auerbach Tonträger, sous-division de Prophecy Productions, devrait déjà suffire à vous inciter à l'écouter car, outre le fait que le label germanique n'a jamais eu pour habitude de se complaire dans la médiocrité, guidé depuis ses débuts au milieu des années 90 par un souci d'exigence et d'identité, ce détail contractuel en dit plus long sur la nature de cette œuvre précieuse que de grandes phrases. Dédié au neofolk et aux musiques sombres acoustiques, l'écurie allemande accueille des artistes aussi divers que Sol Invictus, The Moon And The Nightspirit, Neun Welten ou Tenhi, pour ne citer qu'une poignée d'entre eux, qui tous partagent une expression sonore à la fois émotionnelle et boisée, ancrée dans le substrat tant géographique que culturel du pays qui les a vus naître. C'est aussi une histoire de famille, celle de musiciens dont les projets parallèles ne quittent jamais le giron maternel. Jardin secret de Marcel Dreckmann, chanteur et âme d'Helrunar, Wöljager rejoint donc ces entités qui gravitent à la périphérie des arts noirs alors que leur forme acoustique devrait pourtant les en éloigner. Gageons cependant que les tamiseurs toujours à la recherche de noirceur, même vierge de saturation, trouveront dans cet opus matière à cultiver leurs ténébreux tourments cependant que les fidèles d'Helrunar ne seront pas dépaysés par les ambiances d'une absolue tristesse distillée par des complaintes telles que 'Dat Glass Löp  Rask' et 'Aomdniewel', respirations  déchirantes belles à pleurer. Avec une épure aussi admirable que douloureuse, le groupe plonge l'auditeur dans une Allemagne lointaine et rurale où la tragédie couve sous les notes osseuses d'arpèges forestiers que soulignent une voix profonde plus parlée que chantée et des cordes squelettiques. Basé sur une histoire se déroulant dans la région de Münster à la fin du XIXème siècle, "Van't Liëwen Un Stiäwen" aurait dû être une pièce de théâtre. Le projet ne pouvant aboutir, celui que l'on connaît davantage sous le nom de Skald Draugir n'en conserve que la bande-son, retravaillée avec l'aide de Stefan Drechsler et Árni Bergur Zoëga, ses compagnons au sein de Árstí∂ir Lífsins. Grâce à la beauté crépusculaire des ses arrangements, l'album aux fortes teintes instrumentales ne souffre à aucun moment de l'absence de guitares électriques ou de rythmes appuyés, voyage mystique et contemplatif à travers des paysages séculaires, à la fois terreux et chargés de mystères. Nulle trace de magie pourtant ne vient colorer ce récit qu'on devine au contraire enraciné dans une réalité sévère sinon misérable. Si le ton se fait parfois plus léger, à l'image de 'Summer' ou de 'Kuem To Me', cette peinture trempe dans les couleurs automnales d'une mélancolie tranquille, presque bucolique et néanmoins empreinte d'une gravité funeste. Plus il progresse et plus l'album s'abîme dans la nuit jusqu'aux ultimes mesures qui sonnent comme un dernier souffle de vie. Wöljager signe un premier opus d'une rare beauté, empreint d'un mysticisme sombre et forestier. (2016)


Soon | Moriah Woods - The Road To Some Strange Forest


Date | 01/10/2016
Genre | Acoustic Dark Folk


Soon | Darkher - Realms


Date : 19/08/2016
Label : Prophecy Productions
Genre : Dark atmospheric sounds


                                    

Hexvessel | When We Are Death (2016)


Alors qu'il lui était fidèle depuis ses débuts, Hexvessel a quitté Svart Records, label au sein duquel il était pourtant parfaitement à sa place, entre Sammal, Seremonia et Uhrijuhla, pour rejoindre le giron du plus puissant Century Media. Si, après le succès de Grave Pleasures (ex Beastmilk), l'autre groupe du chanteur Matt McNerney, plus connu sous le sobriquet de Kvohst, ce choix peut sembler naturel, il est tout de même permis de se demander s'il est vraiment opportun sinon judicieux pour un projet aussi singulier de sceller une alliance avec une écurie d'une telle dimension alors que l'art des Finlandais de part sa nature aussi précieuse qu'intimiste  parait devoir conserver une aura de mystère, de trésor connu d'une poignée. Pour autant, devions-nous réellement craindre une perte d'identité voire d'inspiration, possible corollaire de ce changement contractuel ? Cette troupe bigarrée est trop intelligente pour cela. Est-ce à dire toutefois que sa signature n'a pas évolué depuis le EP "Iron March", publié en 2013 ? Non plus. De fait, malgré l'étiquette psychedelic Forest Folk  accolée "When We Are Death", cette seconde offrande se révèle bien différente de sa devancière, "No Holier Temple", voyage à la fois progressif et quasi chamanique à travers la sente contemplative d'une forêt mystique. L'absence au menu de ce nouvel opus de longues échappées résume bien un glissement vers une musique moins évolutive, d'un abord plus direct et tout simplement plus rock quoique elle se pare toujours de teintes étranges et bucoliques. Bien sûr, à elle seule, la voix puissamment émotionnelle de Kvohst suffit à arrimer l'album à ses deux aînés, tant celle-ci demeure reconnaissable entre mille. Mais, aux atmosphères forestières, "When We Are Death" préfère répandre un tapi soyeux d'effluves seventies voire même sixties, à l'image de 'Mushroom Spirit Doors' par exemple. Hantée par un orgue volubile, véritable clé de voûte de l'édifice au même titre que les lignes vocales, l'oeuvre déroule une variété de traits comme de touches qui peut de prime abord surprendre sinon décontenancer. Rien que les trois premiers titres renvoient une impression dépareillée, morcelée, entre l'étonnant et pulsatif 'Transparent Eyeball' dont les notes de claviers nous basculent d'emblée plus de quarante ans en arrière, le curieux 'Earth Over Us', qui mêle ambiance feutrée, trémolo façon crooner à la Chris Isaak et guitare nourrie au psychédélisme antédiluvien ou 'Cosmic Truth', respiration déchirante de beauté d'une touchante sobriété en dépit d'arrangements superbes, que hantent des notes de piano grêles. Clairement, l'opus a quelque chose d'un puzzle dont les diverses pièces s'imbriquent peu à peu et non sans difficulté. Eclatée, ce n'est qu'une fois achevée que l'image d'un ensemble finalement harmonieux quoique déglingué, prend forme et vie, une vie teintée d'un douloureux désespoir, à l'image du poignant 'Teeth Of The Mountain'. Plus l'écoute avance, progresse vers une fin qu'on devine funèbre ('Hunter's Prayer'), plus cette tristesse envahit l'espace, parfois légère ('Drugged Up On The Universe' aux claviers magnifiques), parfois plus anesthésiante ('Green Gold'). Et bien qu'il ait évolué, mu(t)é, Hexvessel conserve toute sa singularité. (2016) 


                                     

KröniK | Wardruna - Runaljod – Gap Var Ginnunga (2009)


Contrairement aux apparences, Wardruna n’est pas le projet solo de Gaahl, grand prêtre de l’Eglise de Gorgoroth, dont la renommée sulfureuse est forcément mise en avant afin de faciliter la visibilité de ce Runaljod qui est en fait le fruit d’un très long travail composé pendant près de six ans par Einar « Kvitrafn » Selvik, plus connu pour son implication au sein de Gorgoroth (en tant que batteur entre 2000 et 2004) et surtout de Jotunspor. 
Loin de leurs terres habituelles, les deux musiciens auront donc mis six années pour parvenir au bout de ce projet ambitieux : honorer le folklore norvégien, la nature, les légendes de ce pays par le biais d’une musique ritualiste, ésotérique aux confins de l’ambient folk, aidé par l’utilisation d’instruments traditionnels (Harpe de bouche, corde de chèvre…), de sons inédits (bruits d’arbres, de feu, d’eau, d’oiseaux…) et de chœurs féminins. Il n’est pas si facile d’enfanter ce genre d’album. Entre les mains de médiocres, Wardruna aurait très certainement sombrer dans la fange d’un folk metal de bas étage. Au contraire, entre les mains d’artistes sincères et talentueux, comme c’est le cas de Kvitrafn et Gaahl, l’entreprise se pare d’une dimension transcendantale absolument énorme. Runaljod – Gap Var Ginnunga nous convie à un voyage spirituel envoûtant, sombre et magique, dont le guide est un Gaahl qui se fait chaman. Homme de conviction, sa présence n’a rien d’étonnant. Son attirance pour le satanisme et le paganisme n’est pas feinte, contrairement à toutes ces faces  gargouilles qui pensent qu’il suffit de poser dans la neige en faisant la gueule pour se faire passer pour des adorateurs du Grand Bouc. A des années-lumière des ritournelles pour troubadours qui chantent les temps anciens, Wardruna incarne la fusion des éléments où la nature, l’Homme, les esprits et les Dieux se fondent en un tout. Hypnotique et mystérieux, Runaljod s’impose comme le plus bel hommage à la Norvège séculaire jamais écrit, cette terre, l’une des rares où demeurent encore des espaces vierges de souillures humaines, une terre où survie une forme de magie presque palpable. Divisé en douze chapitres, cet album est pourtant de ceux qui ne peuvent se charcuter ; il doit être abordé dans sa globalité si l’on veut être transporté par les sonorités tribales qui s’en libèrent. Ce n’est peut-être pas du black metal, ni du metal tout court d’ailleurs, mais la beauté profonde qui s’en dégage dépasse ce genre de cadre pour toucher tous les amoureux de la nature et tous ceux qui restent fascinés par la culture et la mythologie nordiques. Je ne peux donc que vous inviter à tenter le voyage car Wardruna possède cette capacité rare à faire oublier, ne serait-ce qu’un temps, la réalité du quotidien pour vous emmener vers l’imaginaire. Unique et précieux, une œuvre qui sait faire grandir l’âme et fera date dans l’histoire. 4/5 (2009)




Interview | The Moon And The Nightspirit (Février 2009)




Entretien en anglais avec Mihaly Szabo (chant, guitare, percussions), réalisé par mail en février 2009.

Can you introduice The Moon And The Nightspirit ? Why did you give this name to the group ?

Mihaly : The Moon and the Nightspirit was formed in 2003 by Agnes and me, Mihaly. In the beginning it was only a side-project, a musical experiment of ours, not a full-time band, due to the fact that we were members of a hungarian gothic metal band (Evensong) at the time. We’ve always been interested in the pagan culture and wisdom, the spiritual and musical heritage of our ancestors, the long-forgotten tales of the old, and after writing a few songs for The Moon and the Nightspirit we realized that this was the music we always wanted to play, the path we’ve been searching for all the time, the world where we truly belong.


So we decided to quit our former band in order to pull all our efforts and emotions into The Moon and the Nightspirit. In 2004 we recorded a promotional EP, which gave us the record deal with Portuguese Equilibrium Music. In the summer of 2005, after a short song-writing period, we entered hungarian Elysion studio again to record our debut album Of Dreams Forgotten And Fables Untold. After playing several concerts/festivals both in our homecountry and abroad we started to write new songs and around mid 2006 the recording for our second album Regö Rejtem began. This album came out in April 2007 under the wings of Equilibrium Music in a DVD-size Digipack, with a full-colour booklet complete with Agnes’s 19 paintings.

The Moon and the Nightspirit is a pagan-folk band, a band playing music that feeds from the ancient fables/tales from times bygone. The world of The Moon and the Nightspirit is strongly connected to Nature, the Spirits of the Earth and the spiritual side of the world, the realm beyond the Veil of Isis.
As for the bandname we wanted a name full of expression, something that is symbolical. For us “Moon” symbolizes the feminine and “Nightspirit”, the masculine side of nature. Moon is the muse, the guardian of ancient wisdom, who knows all secrets one alone, the Mother; Nightspirit is, the seeker, the wanderer of dreams, the Child. Moon is the Master, Nightspirit is the Disciple.



In december, The Moon And The Nighspirit has appeared at the Cernunnos Pagan Fest. For me, you concert was magic. Do you agree ? What did you think of this concert ?

Mihaly : Thanks for the compliments. We enjoyed playing at the Cernunnos Fest a lot. It was a very well-organized event with very good bands. And the audience was great as well. It was an honour for us to play there.

Who were the musicians who play with you ?
 
Mihaly : Gabor Vegh played on percussions, and Gergely Cseh on bass guitar. They are old friends of us and they play with us on all of our live shows.

For you, do concerts is it important ?

Mihaly : Yes, absolutely. Playing live is a very important part of our music. Our music belongs to an era whitout cds, vinyls, hi-fi… just human beings playing their insturments for other human beings. Though we enjoy working in studio, It is a music meant to be played live.

Your music is very emotional. What are the feelings that you give with your art ?

Mihaly : We, just like our ancestors believe in the everlasting, light-begotten bond between Nature and Man, between Mother Earth and her seed-children, humanity; between the Sun-antlered Father of All and our fiery-winged soul; between the spiritual and material world. We believe in the Light eternal, hidden deep inside, the unquenchable, inner flame, the living fire of the soul. This bond, this burning flame drives and guide us on the path. This is what inspire us and this is what the massage of our music is about.

Is the hungarian folklore inspire you ?

Mihaly : Musically our main influences are minstrel songs, shamanistic/ritual music. We use concrete melodies/verses from these, but their mood and athmosphere inspire us greatly.



  
I love the drawnings of Agnes. What are her influences ?

Mihaly : The illustrations are her reflections to the lyrics and music. They are, just like our music is inspired by Nature itself in her form that cannot be perceived by earthly organs of sense, but with the opening of the third and spiritual eye.




Ösforras, your third album will be early available. What can you tell about it ?

Mihaly : Well, we both think that Ősforrás is a big step forward musically. We worked a lot on this album, and we think the final outcome of our labour is a quite interesting album. This time we invites the listener to the star-woven realm of the wise elders, the ones who knew the secrets of the nature and walked the path of light eternal. This is an album that feeds from the “Ősforrás”, the “Source Pristine”, the primordial womb, from which all have sprung, a sacred place where all is one. Ősforrás is a collection of songs, rituals dedicated to the old and eternal tradition. An offering to the slumbering gods of the old forests, streams and stones. We hope you”ll like it as much as we liked to create it.
Thank you very much for this interview.



KröniK | Neun Welten - Destrunken (2009)


Sa carrière n'aura duré peut-être que quelques années, ne lui permettant d'offrir que quatre albums aussi beaux que précieux, il n'empêche qu'Empyrium demeure une influence majeure pour bon nombre de formations, que celles-ci arpentent les terres d'un black metal atmosphérique et pastorale ou les chemins délavés du mouvement Neofolk. Chantre d'une partition feutrée et désenchantée, Neun Welten fait partie des secondes. Et si vous estimez, à raison, que Where At Night The Wood Groose Plays est un chef-d'œuvre, alors Destrunken saura s'aménager sans difficulté une place dans votre cœur, quand bien même la comparaison tend forcément vers le raccourci. Essentiellement instrumentale (hormis "Frosthauch", "Dämmerung" et "Schein"), cette seconde offrande des Germaniques renoue en effet avec l'épure acoustique de mise sur les deux dernières créations d'Empyrium. A l'aide d'instruments aux teintes grisâtres, tels que guitare sèche, violon austère, flute et quelques claviers dépouillés ("Destrunken II") ou notes de piano sombres ("Tauan") , Neun Welten dessine des paysages d'une jolie poésie, ce qui ne les empêchent pas de se draper dans un feuillage de tristesse à travers lequel perce avec peine chaleur et lumière ("Weites End"). Par rapport à ses premiers essais, le groupe a su réaliser de grands progrès en terme d'écriture. Plus travaillées, fortes d'arrangements plus riches, plus longues aussi dans l'ensemble, ses compositions ont gagné en profondeur. Destrunken a quelque chose d'une ballade automnale d'une pureté saisissante à l'intérieur d'une forêt peu à peu avalée par la nuit. Vierge d'aplats rythmiques ou presque ("Weites End", "Dämmerung"), il pourra ennuyer les amateurs de musique un peu plus musclée qui le jugeront soporifique. C'est dommage car cet album irradie une beauté immense, pleine de désespoir sans doute mais touchante et sincère. Avec une économie d'effets admirable, les Allemands esquissent une toile émotionnelle comme échappée d'un passé lointain qui confine à l'introspection. Avec ses mélopées squelettiques, elle est une invite à un voyage mystique posé et contemplatif auquel il est peu aisé de résister. Destrunken est un hommage à la nature 100 fois plus noble et sincère que bien des balades en sandales usinés par tous ces groupes de folk metal pour fête de la bière. Il est aussi d'une mélancolie bien plus sobre que le misérabilisme dans lequel se complaisent trop de médiocres habillés de noir. Une belle réussite. Mais ceux qui ont découvert Neun Welten avec Vergessene Pfade il y a trois ans, le savaient déjà... Un bijou à l'écrin noir. 4/5 (2009)