En 1938, les meilleurs films du couple Fred Astaire / Ginger Rogers sont déjà derrière lui et chacun commence à voler de ses propres ailes (Pension d'artistes pour elle, Une demoiselle en détresse pour lui) au point que la séparation du couple est quasiment officialisée après L'entreprenant Mr Petrov. La situation financière critique que connait alors RKO pousse le tandem a remettre le couvert le temps de deux films, Amanda puis La grande farandole, qui rencontreront un succès bien moindre que leurs devanciers. On comprend pourquoi en visionnant ce Carefree où les deux vedettes semblent s'exécuter sans s'investir réellement. Le film est d'ailleurs très court (83 minutes), signe que l'inspiration n'est pas au rendez-vous. Et seuls quatre numéros dansés sont proposés. Mais la magie opère pourtant toujours et il y a cette séquence féerique brillant d'un éclat onirique. Et puis voir Ginger Rogers en train de faire du vélo en short, cela n'a pas de prix ! (vu le 01/11/2018)
AU PIF
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Irving Cummings | Les Dolly Sisters (1945)
Si on retient surtout de son oeuvre, La reine des rebelles (1941), western avec Randolph Scott et Gene Tierney, Irvin Cummings reste associé aux comédies musicales de la Fox des années 40. Les Dolly Sisters est son avant-dernier film. Il retrace la véritable histoire de deux soeurs juives hongroises qui vont s'imposer comme danseuses entre la France et les Etats-Unis dans les années 10. Plus que pour ses numéros musicaux, cette production aux couleurs chamarrées doit tout à la romance constamment contrariée entre Jenny et Harry Fox, laquelle lui sert de colonne vertébrale. Si la beauté généreuse de Betty Grable lui a assuré son succès, c'est clairement John Payne qui rehausse le film de sa présence virile et tranquille. Figure rugueuse du western et du polar des années 50, il prouve ici qu'il est aussi à l'aise en poussant la chansonnette qu'avec un flingue à la main.
Allan Arkush | Get Crazy (1983)
Bordélique et lassant à force d'être hystérique, Get Crazy est surtout une curiosité (imaginez Malcolm McDowell, Lou Reed et l'ancien batteur des Doors, John Densmore, sur une même affiche !) qui vaut avant tout pour ces numéros musicaux. Contempler ainsi le Alex Delarge de Kubrick parodier Mick Jagger avec force cabotinage, mérite franchement le détour. Le reste est souvent de mauvais goût, lourdingue et ne possède pas la force des comédies ravageuses de Joe Dante dont Allan Arkush fut un proche collaborateur.
Clint Eastwood | Jersey Boys (2014)
Clint Eastwood poursuit sa carrière hors des modes et du temps. Alors âgé de 84 ans (!), l'année 2014 le voit offrir deux films, Jersey Boys et American Sniper, deux biopics aussi différents que réussis qui illustrent si besoin en était encore, la large palette de son inspiration et surtout sa verve cinématographique quand tant d'autres réalisateurs ont été mis à la retraite depuis longtemps. Après les funèbres Lettres d'Iwo Jima et ou Au-delà et les pesants Invictus ou J.Edgar, cette adaptation d'une comédie musicale, retraçant la carrière d'un groupe de rock fameux aux Etats-Unis, les Four Seasons, semble presque être l'oeuvre d'un jeune metteur en scène. Classique dans le fond, sa forme swingue, emportée par un tempo enlevé cependant que les comédiens n'hésitent pas à s'adresser directement à la caméra.
Après Une nouvelle chance, sur un mode mineur néanmoins, quel plaisir de voir Eastwood revenir à un cinéma simple, s'appuyant sur des acteurs peu connus, hormis Christopher Walken bien entendu (l'apercevoir en trait d'exécuter quelques pas de danse lors d'un générique final d'anthologie, est des plus savoureux), mais tous parfaits de naturel et liés par une belle et évidente complicité. Toujours à l'aise avec les sujets musicaux, Clint parait s'amuser, plus décontracté que jamais, ce qui ne l'empêche pas de livrer selon son habitude, une mise en scène tout du long impeccable et sans la moindre faute de goût. En dépit de bonnes critiques et d'une bande-son irrésistible, Jersey Boys n'a pourtant pas rencontré le succès qu'il méritait, nouvel échec (relatif) pour le maître dont le dernier triomphe remonte alors à Gran Torino en 2008. American Sniper, en atteignant quelques mois plus tard les sommets du box-office, démontrera que son auteur peut encore attirer les foules.
Après Une nouvelle chance, sur un mode mineur néanmoins, quel plaisir de voir Eastwood revenir à un cinéma simple, s'appuyant sur des acteurs peu connus, hormis Christopher Walken bien entendu (l'apercevoir en trait d'exécuter quelques pas de danse lors d'un générique final d'anthologie, est des plus savoureux), mais tous parfaits de naturel et liés par une belle et évidente complicité. Toujours à l'aise avec les sujets musicaux, Clint parait s'amuser, plus décontracté que jamais, ce qui ne l'empêche pas de livrer selon son habitude, une mise en scène tout du long impeccable et sans la moindre faute de goût. En dépit de bonnes critiques et d'une bande-son irrésistible, Jersey Boys n'a pourtant pas rencontré le succès qu'il méritait, nouvel échec (relatif) pour le maître dont le dernier triomphe remonte alors à Gran Torino en 2008. American Sniper, en atteignant quelques mois plus tard les sommets du box-office, démontrera que son auteur peut encore attirer les foules.
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