"Nightfall's Lament", premier opus de Ocean Of Grief (Greek black metal), verra la nuit le 26 janvier 2018 chez Naturmacht Productions.
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KröniK | Winternacht - Rêveries hivernales (2010)
Cette chronique débutera par un avertissement, qui n’en est pas réellement un. Publiées aujourd’hui par Naturmacht Productions, jeune label qui lui sied d’ailleurs à merveille, ces rêveries hivernales ne constituent en fait que la première démo de Winternacht. Ceci étant, il s’agit là d’une vraie perle, cueillie dans la glace de montagnes séculaires et éternelles. Tout dans ce galop d’essai est propice à donner des frissons, à toucher le cœur. Le nom du projet déjà, œuvre d‘une seule âme, la jeune Nordstjärna. Winternacht. Il n’existe pas une langue qui, mieux que l’allemand, peut autant exprimer la beauté poétique de l’hiver et des longues nuits qui l’accompagnent. Son titre ensuite, promesse tenue d’une déambulation nocturne dans un monde irréel figé par le froid. Son livret enfin, écrin visuel parfait pour escorter ces cinq ballades instrumentales que seules des nappes de claviers frissonnantes conduisent. « Aurora Borealis », « Winds of Desolation », « Tears of Ice », « Longing For Winter « et « Evenfall » forment une danse hypnotique à travers les congères et les étendues blanches. On a du mal à croire que Winternacht vient de la ville ensoleillée de Toulouse tant la réussite dans ce genre, l’ambient minimaliste, où la frontière entre vraie beauté polaire et fausse contemplation est des plus fragiles, se révèle éclatante. En seulement vingt-cinq petites minutes, l’entité solitaire se hisse presque au niveau du grandiose Paysage d’hiver et égale sans aucun doute Vinterriket. Il suffit de se laisser bercer par les notes synthétiques empreintes d’une tristesse fantomatique de « Evenfall » pour le comprendre. C’est toute la majesté de ces contrées froides qui se manifeste, s’exprime en un voile bleuté évanescent. Rarement un artiste aura aussi bien su, avec une telle justesse de trait, matérialiser toute la poésie qu’elles recèlent. Conclusion banale et évidente : on attend désormais un véritable album dont ces Rêveries hivernales ne sont que le prélude ensorcelant. 4/5 (2010)
KröniK | Dazhbog - Sunset : Legacy Of Solitude And Love (2010)
On aimerait bien ne dire que du bien de Dazhbog et sa quatrième offrande, Sunset : Legacy Of Solitude And Love. Parce que les projets nous venant du Mexique ne sont pas si fréquents. Parce que par moment, Samael, son unique membre accède à une forme de grâce épurée tout à fait charmante. Parce que les hommages à la nature sont les bienvenus. Parce qu’on aime bien l’ambient médiéval. Parce que.
Seulement voilà, noyé sous les nappes de claviers façon Bontempi, cet album joue tout du long à un numéro d’équilibriste dangereux entre beauté (« The Dawn Bloomed Within Your Eyes », « It was Just A Dream »…) et ridicule qui fait sourire (« Nostalgia Haze », « Solar Essence », dont on aurait imaginé avoir plus d’ampleur et de puissance). Tout est joli mais plat et sans grandeur. Instrumental, cet essai s’écoute sans déplaisir, sans passion non plus. Malgré les arpèges feutrés ondulant pendant « Boreal Firmaments », et les quelques touches plus sombres de « The Sunset Bloomed Within Your Sights » l’ennui nous guète vite. Là où le bat blesse est que Dazhbog peine à envelopper sa musique d’une réelle majesté et de la poésie qui aurait été nécessaire pour la rendre envoûtante et belle ou romantique. Ce qu’elle n’est malheureusement pas. Dommage car le projet demeure sympathique et le label qui l’accueille, Naturmacht, tout autant. Les amateurs du genre me contrediront certainement. 2/5 (2010) | Facebook
Seulement voilà, noyé sous les nappes de claviers façon Bontempi, cet album joue tout du long à un numéro d’équilibriste dangereux entre beauté (« The Dawn Bloomed Within Your Eyes », « It was Just A Dream »…) et ridicule qui fait sourire (« Nostalgia Haze », « Solar Essence », dont on aurait imaginé avoir plus d’ampleur et de puissance). Tout est joli mais plat et sans grandeur. Instrumental, cet essai s’écoute sans déplaisir, sans passion non plus. Malgré les arpèges feutrés ondulant pendant « Boreal Firmaments », et les quelques touches plus sombres de « The Sunset Bloomed Within Your Sights » l’ennui nous guète vite. Là où le bat blesse est que Dazhbog peine à envelopper sa musique d’une réelle majesté et de la poésie qui aurait été nécessaire pour la rendre envoûtante et belle ou romantique. Ce qu’elle n’est malheureusement pas. Dommage car le projet demeure sympathique et le label qui l’accueille, Naturmacht, tout autant. Les amateurs du genre me contrediront certainement. 2/5 (2010) | Facebook
KröniK | Desecrated - ... Thus Begins The Suffering (2010)
Malgré un Xasthur en pilotage automatique ou un Leviathan plus ou moins en sommeil, le black dépressif américain n’a pas encore totalement refermé ses plaies chargées d’un pue suicidaire. En effet, la nouvelle génération commence à s’extraire des caveaux tel ce Desecrated qui éjacule un premier méfait déjà diablement convaincant. Le problème est toujours le même avec ces misanthropes : ce n’est pas l’originalité qui prime ici mais la capacité à exprimer un mal être infini et à dépeindre des territoires décrépis. Profanés.
Le dénommé Spectre (sic) lui, a tout compris et … Thus Begins The Suffering se présente comme un concentré de haine et d’ondes négatives. Son pollué, chant noyé dans une couche dégueulasse et tempo minimaliste alimentent un art noir sinistre comme on l’aime. Il y a quand même quelque chose de masochiste à apprécier de telles bandes sons mortifères. Pourtant, les poils se dressent à l’écoute de l’agonisante complainte éponyme qui nous fait comprendre en l’espace de 10 minutes pourquoi il est si délectable de s’abîmer dans les méandres du black suicidaire. Parfois plus rapide (les plus ramassés « Such Sorrow As To Eliminate Life », «His Holy Empire Redcued To Ashes » ), Descrated atteint l’orgasme morbide lorsqu’il serre le frein à main, témoins les délicieux « Drowning In Morose Solitude », pustule rempli d’atmosphères de désolation infinie, « Dirge Of Despair » qui n’avance jamais droit ou bien encore « Chanting Incantations Bringing An End To Existence ». Les longues durées déployées offrent le cadre parfait pour faire durer, étirer au maximum ce sentiment de solitude absolu, le sommet de désespoir étant incarné par l’instrumental final « Darkness Descends », basé sur une structure décharnée comme la peau d’un prisonnier d’un camp de concentration. Honnêtement, cela faisait longtemps que je n’avais entendu une telle réussite de la part d’un genre désormais aussi encombré qu’un wagon en partance pour Auchwitz. Excellent ! 3.5/5 (2010)
Le dénommé Spectre (sic) lui, a tout compris et … Thus Begins The Suffering se présente comme un concentré de haine et d’ondes négatives. Son pollué, chant noyé dans une couche dégueulasse et tempo minimaliste alimentent un art noir sinistre comme on l’aime. Il y a quand même quelque chose de masochiste à apprécier de telles bandes sons mortifères. Pourtant, les poils se dressent à l’écoute de l’agonisante complainte éponyme qui nous fait comprendre en l’espace de 10 minutes pourquoi il est si délectable de s’abîmer dans les méandres du black suicidaire. Parfois plus rapide (les plus ramassés « Such Sorrow As To Eliminate Life », «His Holy Empire Redcued To Ashes » ), Descrated atteint l’orgasme morbide lorsqu’il serre le frein à main, témoins les délicieux « Drowning In Morose Solitude », pustule rempli d’atmosphères de désolation infinie, « Dirge Of Despair » qui n’avance jamais droit ou bien encore « Chanting Incantations Bringing An End To Existence ». Les longues durées déployées offrent le cadre parfait pour faire durer, étirer au maximum ce sentiment de solitude absolu, le sommet de désespoir étant incarné par l’instrumental final « Darkness Descends », basé sur une structure décharnée comme la peau d’un prisonnier d’un camp de concentration. Honnêtement, cela faisait longtemps que je n’avais entendu une telle réussite de la part d’un genre désormais aussi encombré qu’un wagon en partance pour Auchwitz. Excellent ! 3.5/5 (2010)
KröniK | Streben - Wild Enchanted Garden (2010)
A l’heure où je noircis de quelques lignes cette page, Streben aura déjà mis la clé sous le paillasson . Il serait exagéré que d’affirmer que le projet italien nous manquera mais il n’en demeure pas moins que son âme pensante, la belle Cristina Hagalaz, à défaut d’avoir un immense talent, possède, en plus d’un physique à faire bander un eunuque, une personnalité réelle. Artiste complète, elle apportait à son groupe la musique, le concept, les textes, sans compter le chant, la basse et les claviers. Respect.
Streben était son jardin secret, dont elle nous ouvert la porte deux fois, le temps d’une première démo maladroite, … Of Melancholic Elegies And Wanderlust et de ce qui restera comme son seul album, Wild Enchanted Garden. Par rapport à sa modeste devancière, celui-ci témoigne de grands progrès. La production y est nettement plus professionnelle et les compositions, mieux structurées. Streben y affirmait une signature singulière en écrivant un black metal atmosphérique où les claviers règnent en maître (« Wild Enchanted garden »), écrin bicéphale d’un univers personnel à la fois sombre et romantique à la façon des artistes allemands du mouvement Strum und drang. Les six titres agglomérés sont friands de longues durées, architecture qui leur hôte une bonne part de fluidité. Les Italiens auraient sans doute gagné à donner quelques coups de ciseaux de temps à autre, comme avec « Painfully Seduced ». Plus courts, « Aesthetic Faintness » et « Delyrium Lies At The Core, Of Wisdom » démontrent qu’un format plus ramassé leur convenait davantage. Bref, la jeune femme pêche par excès d’ambition. Sympathique, Streben manquait tout de même d’une dose d’inspiration et d’idées. L’écoute est agréable sans pour autant laisser de profonds résidus dans la mémoire. Reste maintenant à savoir ce que va devenir Cristina Hagalaz, dont on espère avoir des nouvelles assez vite… ne serait-ce déjà que pour pouvoir admirer sa si séduisante plastique. 3/5 (2010)
Streben était son jardin secret, dont elle nous ouvert la porte deux fois, le temps d’une première démo maladroite, … Of Melancholic Elegies And Wanderlust et de ce qui restera comme son seul album, Wild Enchanted Garden. Par rapport à sa modeste devancière, celui-ci témoigne de grands progrès. La production y est nettement plus professionnelle et les compositions, mieux structurées. Streben y affirmait une signature singulière en écrivant un black metal atmosphérique où les claviers règnent en maître (« Wild Enchanted garden »), écrin bicéphale d’un univers personnel à la fois sombre et romantique à la façon des artistes allemands du mouvement Strum und drang. Les six titres agglomérés sont friands de longues durées, architecture qui leur hôte une bonne part de fluidité. Les Italiens auraient sans doute gagné à donner quelques coups de ciseaux de temps à autre, comme avec « Painfully Seduced ». Plus courts, « Aesthetic Faintness » et « Delyrium Lies At The Core, Of Wisdom » démontrent qu’un format plus ramassé leur convenait davantage. Bref, la jeune femme pêche par excès d’ambition. Sympathique, Streben manquait tout de même d’une dose d’inspiration et d’idées. L’écoute est agréable sans pour autant laisser de profonds résidus dans la mémoire. Reste maintenant à savoir ce que va devenir Cristina Hagalaz, dont on espère avoir des nouvelles assez vite… ne serait-ce déjà que pour pouvoir admirer sa si séduisante plastique. 3/5 (2010)
KröniK | Beliar - Far Beyond... (2010)
Commençons par les choses qui fâchent. Après quasiment cinq années d’absence, long silence seulement brisé par un single, HarbgoaB et un split, Pentagram, on aurait aimé que Beliar se montre un peu plus généreux pour son second méfait. Trente minutes, c’est un peu comme une journée sans sexe. Pataugeant dans les, miasmes d’un ésotérisme qui ne devrait faire peur qu’à une poignée de pucelles, Far Beyond... compense heureusement la faible taille de sa verge par la vigueur sinistre d’un black metal cradingue et primitif.
Pollués par un son sale comme le sang menstruel, ces huit étrons sont chiés dans une urgence quasi punk, sans grande ambition peut-être mais avec une capacité réelle à instaurer un climat cryptique agréablement dégueulasse ("HabergoaB"). Le corps écartelé entre saillies rapides et humides comme un vagin (« Malefizschnoin », « Rising Hate ») et reptations plus portées sur les atmosphères car plus lentes et placées en fin de parcours, Far Beyond…, tel Janus, arbore deux faces distinctes. Il va sans dire que l’on préfère la seconde, quand l’Allemand serre le frein à main pour tendre une érection lancinante et plus lugubre encore. « Melancholic Night Of Rising Sorrow » se pare même ainsi d’un petit côté à la Austere, pour cette manière de faire surgir des vocalises hurlées, tout à fait sympathique. De fait, après des préliminaires quelconques, la messe (pas si ) noire gagne en intérêt à partir de ses trois derniers versets sataniques. Ceux-ci sont certes aussi vierges en originalité qu’un boutonneux binoclard pré pubère, néanmoins on s’en fout car Beliar y fait montre d’un sens des ambiances qui rachète la banalité de l’ensemble. Pas de quoi de relever la nuit tel un zombi donc mais une offrande non dénuée du charme de la série Z et qui sent bon l’artisanat et le bricolé à la maison. (2010)
Pollués par un son sale comme le sang menstruel, ces huit étrons sont chiés dans une urgence quasi punk, sans grande ambition peut-être mais avec une capacité réelle à instaurer un climat cryptique agréablement dégueulasse ("HabergoaB"). Le corps écartelé entre saillies rapides et humides comme un vagin (« Malefizschnoin », « Rising Hate ») et reptations plus portées sur les atmosphères car plus lentes et placées en fin de parcours, Far Beyond…, tel Janus, arbore deux faces distinctes. Il va sans dire que l’on préfère la seconde, quand l’Allemand serre le frein à main pour tendre une érection lancinante et plus lugubre encore. « Melancholic Night Of Rising Sorrow » se pare même ainsi d’un petit côté à la Austere, pour cette manière de faire surgir des vocalises hurlées, tout à fait sympathique. De fait, après des préliminaires quelconques, la messe (pas si ) noire gagne en intérêt à partir de ses trois derniers versets sataniques. Ceux-ci sont certes aussi vierges en originalité qu’un boutonneux binoclard pré pubère, néanmoins on s’en fout car Beliar y fait montre d’un sens des ambiances qui rachète la banalité de l’ensemble. Pas de quoi de relever la nuit tel un zombi donc mais une offrande non dénuée du charme de la série Z et qui sent bon l’artisanat et le bricolé à la maison. (2010)
KröniK | Agael - Hybris (2009)
Excellente découverte que ce Hybris, première rumination d’Agael. D’origine allemande (un gage de qualité donc), celui-ci adopte la physionomie d’un one-man band éponyme. Sortie de nulle part, la face de goule régurgite un black metal tavelé de touches ambient, à la fois dépressif et beau. Bien que les claviers forment la clé de voûte d’un édifice aux allures instrumentales tant le chant se positionne en constant retrait, ceux-ci ne siphonnent pourtant jamais la portée hautement nocive de ce méfait que rehausse une partition soignée et riches d’aplats divers (« Inanity »). Les nappes synthétiques sont majestueuses et s’envolent parfois très haut, contribuant à donner à Hybris un caractère presque contemplatif.
L’écoute débute par un très bel instrumental de dark ambient dans la droite lignée d‘un Vinterriket (« Black Human Snow »). Symphonique mais pas pompeux. Suit « Legend » et donc « Inanity », rares compositions à afficher des lignes vocales, avec enfin le grandiose « Have You Seen The Others », où les claviers dressent un tapi sonore envoûtant et certaines parties du terminal « Die Gestohlenen Flüsse ». De fait, toutes les autres pistes arpentent les terres ténébreuses de la musique ambient. Du médiéval « Lambs Of The Rain », sombre épopée chargée d’un mysticisme pastorale au poétique « Garden Of Detritus », qui a quelque chose d’un hommage au romantisme allemand du XIXè siècle sans oublier la pièce maîtresse de l’opuscule, les vingt trois minutes de « Die Gestaohlenen Flüsse », étendue noire orchestrale dont la dimension épique la rapproche d’une bande originale de film, elles constituent un ensemble inspiré qui évite le piège de la mièvrerie et ce faisant, place leur auteur parmi les meilleurs représentant du genre. Pour un coup d’essai, cette symbiose habile entre dark ambient et black metal suicidaire est donc un coup de maître de la part d’un projet dont on espère qu’il ne sera pas éphémère. Une des sorties les plus intéressante du label Naturmacht au catalogue de plus en plus passionnant. 3/5 (2010)
L’écoute débute par un très bel instrumental de dark ambient dans la droite lignée d‘un Vinterriket (« Black Human Snow »). Symphonique mais pas pompeux. Suit « Legend » et donc « Inanity », rares compositions à afficher des lignes vocales, avec enfin le grandiose « Have You Seen The Others », où les claviers dressent un tapi sonore envoûtant et certaines parties du terminal « Die Gestohlenen Flüsse ». De fait, toutes les autres pistes arpentent les terres ténébreuses de la musique ambient. Du médiéval « Lambs Of The Rain », sombre épopée chargée d’un mysticisme pastorale au poétique « Garden Of Detritus », qui a quelque chose d’un hommage au romantisme allemand du XIXè siècle sans oublier la pièce maîtresse de l’opuscule, les vingt trois minutes de « Die Gestaohlenen Flüsse », étendue noire orchestrale dont la dimension épique la rapproche d’une bande originale de film, elles constituent un ensemble inspiré qui évite le piège de la mièvrerie et ce faisant, place leur auteur parmi les meilleurs représentant du genre. Pour un coup d’essai, cette symbiose habile entre dark ambient et black metal suicidaire est donc un coup de maître de la part d’un projet dont on espère qu’il ne sera pas éphémère. Une des sorties les plus intéressante du label Naturmacht au catalogue de plus en plus passionnant. 3/5 (2010)
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