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Slow Order | Eternal Fire (2019)
Italien de sol certes, Slow Order se révèle par contre clairement américain de cœur et de sang. Le rock instrumental qu'il forge allie la tonicité rugueuse d'un Karma To Burn et la force atmosphérique des Russian Circles et autre Pelican.
Monkey3 | Sphere (2019)
Larguant au fil du temps les amarres du stoner pour accoster les rivages d'un (post) metal plus évolutif quoique toujours aussi dynamique et instrumental, Monkey3 a su façonner une identité aussi affirmée qu'attachante qui finalement n'appartient qu'à lui.
The Lumberjack Feedback | Mere Mortals (2019)
Que semble loin désormais l'époque où Roadrunner imposait à Karma To Burn de recruter un chanteur le temps d'un premier album au demeurant culte, le label jugeant le format instrumental alors trop risqué commercialement ! Si depuis l'exercice ne surprend plus, il demeure difficile car grand est le danger de ne trouver au final que des musiciens ivres de leur technique, bien incapables d'émouvoir, sans compter l'ennui qui guette des compos à l'électro-encéphalogramme souvent désespérément plat.
Nyos | Now. (2019)
Les trois minutes et trente-huit secondes que dure le bien nommé ‘Urgence’ suffisent à ferrer l’auditeur tombé par hasard sur « Now. ». Une batterie qui imprime un mouvement à la fois endiablé et hypnotique et une guitare bourrée jusqu’à la gueule d’une énergie robuste emportent tout sur leur passage, faisant souffler un vent revigorant. Le tout est nimbé d’une légère brume électronique.
ÖfÖ Am | Tales From Outerspace : An Octaman's Odyssey (2018)
Ils sont trois, Antoine (guitare), Geraud (basse) et Nicolas (batterie) et sont réunis sous la bannière énigmatique d'Öfö Am. Ils aiment le rock, le vrai, celui qui sent sous les bras et fait trembler des murs d'amplis Marshall.
KröniK | Dying Giants - Tales Of Giants (2017)
Que Dying Giants ait choisi son nom en référence à Conan, non pas le personnage de Howard ou le film de John Milius mais le groupe anglais, pourrait être un détail anecdotique mais révèle pourtant deux choses. D'une part que ces Toulousains sont des hommes de goût. D'autre part que le doom qui coule dans leurs veines est massif, granitique, charriant une semence épaisse et abrasive. Bref, Dying Giants, c'est du lourd, du minéral, du méchant qui pulvérise tout sur son passage façon Karcher. Tout est dans la taille, les mecs le savent bien, fascinés qu'ils sont par ce qui est gigantesque. Il y a chez eux, comme chez leur mentor de la Perfide Albion, une démesure robuste, une manière de dresser puissamment des riffs rocailleux en une pesante érection alors même que les compositions qu'ils sculptent au burin dans une roche dure, sont trapues, gonflées d'une tension venue des profondeurs de la terre.
Pas de long palabres à attendre ici mais une énergie souterraine que ce power trio guitare/basse/batterie (auquel se greffe, dans l'ombre, un graphiste au rôle déterminant), cherche à dompter. Le caractère instrumental de la bête, qui participe de cette force quasi sismique, achève de rendre la musique gravée par ce groupe, hautement jubilatoire. Ce que démontre Tales Of Giants dont les quatre pistes suffisent à affoler le compteur Geiger et à exciter les sens. Quatre titres aux allures de blocs tendus dans la nuit, érodés par les vents et des musiciens à l'unisson d'une force sourde prête à exploser en une éruption cendreuse. Vierge de chant peut-être, ce stoner doom n'en palpite pas moins d'une sève tonitruante, secoué par des coups de boutoir cataclysmiques (Etna Volcano). Tout en progression (23rd Nebula), ces morceaux ne cachent toutefois pas une spontanéité qui leur donne quelque chose d'une rampe de lancement pour de fiévreuses et diaboliques jams, à l'image du tellurique Atlas Month. On devine un art qui doit prendre toute son ampleur en live, sous les voûtes d'une petite scène enfumée. Si chaque instrument jouit de l'espace nécessaire pour s'exprimer en une logorrhée mazoutée, guitare pachydermique, basse volcanique et batterie solidement rivée au sol, copulent avec une énergie furieuse pour accoucher d'une masse compacte ultra heavy que de fugaces fissures viennent aérer. En à peine plus de vingt minutes, Dying Giants donne déjà envie d'en entendre davantage. Dans le genre doom sludge, il est une découverte indispensable ! (24/02/2018)
Pas de long palabres à attendre ici mais une énergie souterraine que ce power trio guitare/basse/batterie (auquel se greffe, dans l'ombre, un graphiste au rôle déterminant), cherche à dompter. Le caractère instrumental de la bête, qui participe de cette force quasi sismique, achève de rendre la musique gravée par ce groupe, hautement jubilatoire. Ce que démontre Tales Of Giants dont les quatre pistes suffisent à affoler le compteur Geiger et à exciter les sens. Quatre titres aux allures de blocs tendus dans la nuit, érodés par les vents et des musiciens à l'unisson d'une force sourde prête à exploser en une éruption cendreuse. Vierge de chant peut-être, ce stoner doom n'en palpite pas moins d'une sève tonitruante, secoué par des coups de boutoir cataclysmiques (Etna Volcano). Tout en progression (23rd Nebula), ces morceaux ne cachent toutefois pas une spontanéité qui leur donne quelque chose d'une rampe de lancement pour de fiévreuses et diaboliques jams, à l'image du tellurique Atlas Month. On devine un art qui doit prendre toute son ampleur en live, sous les voûtes d'une petite scène enfumée. Si chaque instrument jouit de l'espace nécessaire pour s'exprimer en une logorrhée mazoutée, guitare pachydermique, basse volcanique et batterie solidement rivée au sol, copulent avec une énergie furieuse pour accoucher d'une masse compacte ultra heavy que de fugaces fissures viennent aérer. En à peine plus de vingt minutes, Dying Giants donne déjà envie d'en entendre davantage. Dans le genre doom sludge, il est une découverte indispensable ! (24/02/2018)
3.5/5 | La Horde Noire
KröniK | Tuesday The Sky - Drift (2017)
En dépit de ses plus de trente-cinq ans de carrière au compteur, Jim Matheos est un musicien qui continue de nous fasciner, pionnier du metal progressif avec Fates Warning dont les escapades aventureuses hors du giron familial et hors des sentiers battus se révèlent tout autant - voire plus - passionnantes encore que les mètres-étalons qui jalonnent l'œuvre de son principal port d'attache.
Les quatre albums gravés avec le tout aussi fascinant ancien claviériste de Dream Theater, Kevin Moore, sous la bannière d'un O.S.I. pour le moment en sommeil, le "Sympathetic Resonance" qui lui permet de retravailler avec John Arch, premier chanteur de Fates Warning, sans oublier sa contribution au "Emergent" de Gordian Knot, incarnent le versant parallèle d'une carrière imprévisible où le genre auquel il est arrimé semble devenir secondaire au détriment d'une démarche artistique de plus en plus expérimentale. De fait, s'il ne se départira jamais d'une signature aisément identifiable, tant dans l'écriture que dans le son à la fois lourd et furieusement déglingué de sa guitare travaillée de l'intérieur par des forces noires, on ne sait jamais à l'avance où son inspiration va nous entraîner. "Dirt" en constitue l'exemple parfait, acte de naissance de Tuesday The Sky, son nouveau projet solitaire. Son point de départ est un titre bonus dans une veine ambient composé pour enrichir le menu de "Theories Of Flight", dernier opus en date de Fates Warning. Trop éloignée du registre progressif, cette piste a été laissée de côté mais a donné envie au guitariste de s'aventurer dans cette voie. Pour cela, il s'entoure du batteur de God is An Astronaut, Lloyd Hanney, du fidèle Kevin Moore, qui n'est jamais bien loin et de la chanteuse Anna-Lynne Williams. La présence de cette dernière ne doit pas vous tromper, sa collaboration se limite à quelques lignes éthérées le temps de deux titres au sein d'un ensemble instrumental que hantent de fugaces voix parlées et non chantées. Si la six-cordes vrombit avec les traits appuyés dont le maître des lieux a le secret, témoin le puissant 'It Comes In Waves', "Drift" pourra surprendre sinon décevoir par sa tessiture atmosphérique et ses modelés plus vaporeux que heavy. Point de metal à l'horizon ni même de progressif mais à la place une bande-son ambient et hypnotique qui n'est parfois pas sans rappeler Chroma Key, le jardin secret de Kevin Moore ('Roger Gordo'), voire les travaux de Brian Eno ou de Robert Fripp, en (bien) plus accessible cependant. Lumineux et contemplatif, l'album écoule sa mélancolie tranquille qui culmine lors de ce 'Westerlies' laiteux et nimbé de la voix spectrale de la chanteuse, qui irradie également 'Vortex Street', caresse épurée et aérienne. Sans se laisser aller à un étalage stérile qu'il n'a d'ailleurs jamais affectionné, Jim Matheos abat pourtant un boulot d'une belle richesse, tissant des ambiances à la fois sophistiquées et pulsatives dont les pinceaux sont cette guitare pointilliste et des effluves synthétiques dont le pouls entêtant fait vibrer des compositions ramassées, certes ciselées avec la minutie d'un horloger mais néanmoins habitées par un souffle émotionnel aussi froid que magnétique, à l'image de l'opener 'Today The Sky' et plus encore de l'énorme 'Dyatlov Pass', qui résument la teneur ambivalente de cet opus dont la densité ne l'empêche pas d'être intime. Avec "Drift", le guitariste de Fates Warning s'empare du post-rock et de la musique ambient auxquels il imprime sa griffe très personnelle, accouchant d'un essai à la fois intense et désincarné. 3.5/5 (2017) | Facebock
Les quatre albums gravés avec le tout aussi fascinant ancien claviériste de Dream Theater, Kevin Moore, sous la bannière d'un O.S.I. pour le moment en sommeil, le "Sympathetic Resonance" qui lui permet de retravailler avec John Arch, premier chanteur de Fates Warning, sans oublier sa contribution au "Emergent" de Gordian Knot, incarnent le versant parallèle d'une carrière imprévisible où le genre auquel il est arrimé semble devenir secondaire au détriment d'une démarche artistique de plus en plus expérimentale. De fait, s'il ne se départira jamais d'une signature aisément identifiable, tant dans l'écriture que dans le son à la fois lourd et furieusement déglingué de sa guitare travaillée de l'intérieur par des forces noires, on ne sait jamais à l'avance où son inspiration va nous entraîner. "Dirt" en constitue l'exemple parfait, acte de naissance de Tuesday The Sky, son nouveau projet solitaire. Son point de départ est un titre bonus dans une veine ambient composé pour enrichir le menu de "Theories Of Flight", dernier opus en date de Fates Warning. Trop éloignée du registre progressif, cette piste a été laissée de côté mais a donné envie au guitariste de s'aventurer dans cette voie. Pour cela, il s'entoure du batteur de God is An Astronaut, Lloyd Hanney, du fidèle Kevin Moore, qui n'est jamais bien loin et de la chanteuse Anna-Lynne Williams. La présence de cette dernière ne doit pas vous tromper, sa collaboration se limite à quelques lignes éthérées le temps de deux titres au sein d'un ensemble instrumental que hantent de fugaces voix parlées et non chantées. Si la six-cordes vrombit avec les traits appuyés dont le maître des lieux a le secret, témoin le puissant 'It Comes In Waves', "Drift" pourra surprendre sinon décevoir par sa tessiture atmosphérique et ses modelés plus vaporeux que heavy. Point de metal à l'horizon ni même de progressif mais à la place une bande-son ambient et hypnotique qui n'est parfois pas sans rappeler Chroma Key, le jardin secret de Kevin Moore ('Roger Gordo'), voire les travaux de Brian Eno ou de Robert Fripp, en (bien) plus accessible cependant. Lumineux et contemplatif, l'album écoule sa mélancolie tranquille qui culmine lors de ce 'Westerlies' laiteux et nimbé de la voix spectrale de la chanteuse, qui irradie également 'Vortex Street', caresse épurée et aérienne. Sans se laisser aller à un étalage stérile qu'il n'a d'ailleurs jamais affectionné, Jim Matheos abat pourtant un boulot d'une belle richesse, tissant des ambiances à la fois sophistiquées et pulsatives dont les pinceaux sont cette guitare pointilliste et des effluves synthétiques dont le pouls entêtant fait vibrer des compositions ramassées, certes ciselées avec la minutie d'un horloger mais néanmoins habitées par un souffle émotionnel aussi froid que magnétique, à l'image de l'opener 'Today The Sky' et plus encore de l'énorme 'Dyatlov Pass', qui résument la teneur ambivalente de cet opus dont la densité ne l'empêche pas d'être intime. Avec "Drift", le guitariste de Fates Warning s'empare du post-rock et de la musique ambient auxquels il imprime sa griffe très personnelle, accouchant d'un essai à la fois intense et désincarné. 3.5/5 (2017) | Facebock
KröniK | Galactic Travellers - Live - 1975 (2014)
Si la présence dans ses rangs de l'ex Reverend Bizarre, Kimo Karki, lui a conféré une exposition dont il n'aurait peut-être pas bénéficié sans lui, le fait est qu'on aurait tort de ne réduire E-Musikgruppe Lux Ohr qu'au seul guitariste. En effet le groupe, bien que collégial, reste avant tout le jouet de Jaakko Penttinen et Ismo Virta, qui n'ont de cesse de rendre hommage à la kosmische musik allemande des années 70 y compris en dehors du giron maternel, comme le démontre Galactic Travellers, leur projet parallèle.
Avec ce dernier, ils osent même aller encore plus loin dans l'exploration de cet art cosmique. Ce "Live – 1975", uniquement édité en format digital, porte ainsi bien son nom, non parce qu'il a été capté cette année-là (son enregistrement date en réalité de février 2014 !) mais parce que son écoute donne l'impression d'avoir affaire à une quelconque relique déterrée par des archéologues du Krautock. Découvrir l'objet sans aucune information pourrait laisser croire qu'il s'agit en fait d'un concert que Klaus Schulze aurait donné au milieu des années 70, à l'époque de "Moondawn", "Body Love" et "Mirage" soit la période la plus spatiale de l'ex Ash Ra Tempel. Il suffit de fermer les yeux pour être transporté quarante ans en arrière. Même feeling, même patine sonore soyeuse et cosmique. Orgue Farfisa, Moog... La simple évocation des claviers utilisés suffit à donner des frissons, à évoquer la toile bourgeonnante que tricotent les deux Finlandais, démiurges d'une trame qui semble s'étirer à l'infini, tapissant l'espace d'une myriade de sons électroniques dont le caractère répétitif lui confère des allures de transe hypnotique. Que ce live ne soit composé que d'une seule et unique piste d'une demi-heure n'étonne pas, cadre idéal pour ce type d'exploration, de voyage dans les étoiles, au fin fond du cosmos, longue plainte quasi immobile qui déploie sa toile grouillante. Cela pourrait être lassant et tourner à vide mais il réussit pourtant à captiver tout du long car, avec un brio rare, Penttinen et Virta parviennent à capter l'essence même de cette musique belle et inquiétante à la fois, envoûtante et hantée. Happening sonore, cet enregistrement nous entraîne loin, très loin, vers des sphères célestes, vers l'Absolu. Le temps paraît suspendu, presque figé. Capturé lors d'une soirée à Turku, ce live ne peut que séduire les amoureux de cette musique électronique allemande finalement intemporelle... 4/5 (2014)
Avec ce dernier, ils osent même aller encore plus loin dans l'exploration de cet art cosmique. Ce "Live – 1975", uniquement édité en format digital, porte ainsi bien son nom, non parce qu'il a été capté cette année-là (son enregistrement date en réalité de février 2014 !) mais parce que son écoute donne l'impression d'avoir affaire à une quelconque relique déterrée par des archéologues du Krautock. Découvrir l'objet sans aucune information pourrait laisser croire qu'il s'agit en fait d'un concert que Klaus Schulze aurait donné au milieu des années 70, à l'époque de "Moondawn", "Body Love" et "Mirage" soit la période la plus spatiale de l'ex Ash Ra Tempel. Il suffit de fermer les yeux pour être transporté quarante ans en arrière. Même feeling, même patine sonore soyeuse et cosmique. Orgue Farfisa, Moog... La simple évocation des claviers utilisés suffit à donner des frissons, à évoquer la toile bourgeonnante que tricotent les deux Finlandais, démiurges d'une trame qui semble s'étirer à l'infini, tapissant l'espace d'une myriade de sons électroniques dont le caractère répétitif lui confère des allures de transe hypnotique. Que ce live ne soit composé que d'une seule et unique piste d'une demi-heure n'étonne pas, cadre idéal pour ce type d'exploration, de voyage dans les étoiles, au fin fond du cosmos, longue plainte quasi immobile qui déploie sa toile grouillante. Cela pourrait être lassant et tourner à vide mais il réussit pourtant à captiver tout du long car, avec un brio rare, Penttinen et Virta parviennent à capter l'essence même de cette musique belle et inquiétante à la fois, envoûtante et hantée. Happening sonore, cet enregistrement nous entraîne loin, très loin, vers des sphères célestes, vers l'Absolu. Le temps paraît suspendu, presque figé. Capturé lors d'une soirée à Turku, ce live ne peut que séduire les amoureux de cette musique électronique allemande finalement intemporelle... 4/5 (2014)
KröniK | The Spacelords - Synapse (2014)
Si vous êtes un familier d'Electric Moon, alors le nom de The Spacelords ne doit pas vous être inconnu. Signé chez Sulatron Records, le propre label de Sula Bassana et notamment animé par le batteur Marcus, qui partage désormais ses baguettes avec son aîné, le trio intègre donc cette famille de musiciens allemands nourris aux grains généreux du rock psyché, instrumental de surcroît.
Dans ce genre actuellement en vogue, ce dont on ne se plaindra pas, ces Teutons ne sont ni les meilleurs ni les plus novateurs mais ils ont pour eux, outre une peu contestable maîtrise du style, une décontraction ainsi qu'une sincérité qui les rendent franchement sympathiques à défaut d'être incontournables. Artisans d'un Rock cosmique et tranquille, il leur manque en fait une espèce de niaque, davantage de personnalité aussi ou tout simplement ce génie qui explique l'écart qui les sépare d'un Electric Moon (notamment). S'il témoigne de ces (relatives) faiblesses, ce quatrième opus reste tout à fait agréable à écouter. Sans surprise, "Synapse" déroule un menu aux compositions déliées avoisinant toutes avec les dix minutes, cadre idéal permettant de tricoter des ambiances duveteuses. Dont acte. Basse mangeuse d'espace ('Pyroclastic Monster', que polluent quelques voix trafiquées un peu inutiles), percussions soyeuses, nappes de sonorités spatiales et guitare strastosphérique qui décolle parfois très haut, tressent un maillage aussi évanescent qu'onduleux que colorent des teintes orientales, à l'image du très beau 'Sitarguitar' (ça ne s'invente pas). Pépère, le groupe prend son temps, trop peut-être, pour totalement emporter l'adhésion. L'ensemble est très bien fait mais il ne réussit jamais à franchir le stade supérieur. Du coup, l'ennui n'est parfois pas loin de guetter, piège que les Allemands évitent heureusement de peu, auteurs de longues pièces des plus plaisantes, telle que le lent 'N°2' qui n'est d'ailleurs pas sans évoquer Electric Moon, ceci expliquant sans doute cela. A l'arrivée, on tient là un bon album de Rock psyché et instrumental qui demanderait seulement à être tenu plus fermement pour être la réussite espérée. L'amateur, toujours gourmand de ces effluves cosmiques, ne fera toutefois pas la fine bouche et il aura bien raison ! 3/5 (2015) | Facebook
Dans ce genre actuellement en vogue, ce dont on ne se plaindra pas, ces Teutons ne sont ni les meilleurs ni les plus novateurs mais ils ont pour eux, outre une peu contestable maîtrise du style, une décontraction ainsi qu'une sincérité qui les rendent franchement sympathiques à défaut d'être incontournables. Artisans d'un Rock cosmique et tranquille, il leur manque en fait une espèce de niaque, davantage de personnalité aussi ou tout simplement ce génie qui explique l'écart qui les sépare d'un Electric Moon (notamment). S'il témoigne de ces (relatives) faiblesses, ce quatrième opus reste tout à fait agréable à écouter. Sans surprise, "Synapse" déroule un menu aux compositions déliées avoisinant toutes avec les dix minutes, cadre idéal permettant de tricoter des ambiances duveteuses. Dont acte. Basse mangeuse d'espace ('Pyroclastic Monster', que polluent quelques voix trafiquées un peu inutiles), percussions soyeuses, nappes de sonorités spatiales et guitare strastosphérique qui décolle parfois très haut, tressent un maillage aussi évanescent qu'onduleux que colorent des teintes orientales, à l'image du très beau 'Sitarguitar' (ça ne s'invente pas). Pépère, le groupe prend son temps, trop peut-être, pour totalement emporter l'adhésion. L'ensemble est très bien fait mais il ne réussit jamais à franchir le stade supérieur. Du coup, l'ennui n'est parfois pas loin de guetter, piège que les Allemands évitent heureusement de peu, auteurs de longues pièces des plus plaisantes, telle que le lent 'N°2' qui n'est d'ailleurs pas sans évoquer Electric Moon, ceci expliquant sans doute cela. A l'arrivée, on tient là un bon album de Rock psyché et instrumental qui demanderait seulement à être tenu plus fermement pour être la réussite espérée. L'amateur, toujours gourmand de ces effluves cosmiques, ne fera toutefois pas la fine bouche et il aura bien raison ! 3/5 (2015) | Facebook
KröniK | Tiny Fingers - The Fall (2016)
Tiny Fingers est un nom qui n'évoquera sans doute rien à la majorité d'entre vous, le groupe possède pourtant déjà à son actif cinq albums, gravés depuis 2011. Son éloignement géographique - il nous vient d'Israël - explique peut-être pourquoi son rayonnement n'a que faiblement atteint le vieux continent et la France en particulier.
A l'écoute de sa dernière offrande, nous ne pouvons que regretter de ne pas l'avoir découvert plus tôt tant son art palpite d'une sève généreuse. Mais, Tiny Fingers, qu'est-ce que c'est ? De loin, ses atours instrumentaux semblent vouloir l'arrimer de facto au post-rock, genre qui peine de plus en plus à se renouveler, anesthésié qui plus est par une fâcheuse tendance à la langueur pesante. Mais de près, la réalité se révèle plus nuancée. Alors certes, les Israéliens épousent les lignes propres au style auquel il est tentant de les rattacher, de ces guitares stratosphériques à cette rythmique pulsative, vecteur d'une partition orageuse en forme de montée en puissance orgasmique. Mais en inoculant à ce substrat basique le venin hypnotique de l'electro couplée à des envolées dubstep, ils réussissent à ne jamais ennuyer et mieux, à atteindre les rivages de l'extase. Capté au Anova Studio en 2014 et publié l'année suivante, "The Fall" vibre ainsi d'un pouls aux confins d'une transe limpide et bourgeonnante de sonorités synthétiques, périple trippant qui nous emporte comme de puissantes vagues émotionnelles. Alternant courtes pulsations ('Eyes Of Gold', 'Traveller Soul') et respirations plus longues au souffle entêtant ('Music For The Sun'), l'opus déroule une trame torrentielle, tour à tour lumineuse et énergique ('The Fall'), teintée de discrètes couleurs psyché ('Nine Of Swords') ou bercée par un ressac percussif ('The Other') mais toujours secouée par les poussées massives d'une mélancolie souterraine. Guitares pointillistes, batterie mangeuse d'espace et effluves électroniques s'accouplent en un magma compact et pourtant aérien, enrichi par une voix féminine murmurée, voire par quelques notes de flûtes. Chaque titre est pensé comme un tableau, parsemé de détails que seules de multiples écoutes peuvent en dévoiler la richesse. Peu importe à quels courants il se rattache, Tiny Fingers n'est inféodé à aucun d'entre eux, égrenant une musique éprise de liberté et d'absolu qui entraîne l'auditeur dans les profondeurs d'un monde apaisant et néanmoins sombrement hypnotique. 4/5 (2016) | Facebook
A l'écoute de sa dernière offrande, nous ne pouvons que regretter de ne pas l'avoir découvert plus tôt tant son art palpite d'une sève généreuse. Mais, Tiny Fingers, qu'est-ce que c'est ? De loin, ses atours instrumentaux semblent vouloir l'arrimer de facto au post-rock, genre qui peine de plus en plus à se renouveler, anesthésié qui plus est par une fâcheuse tendance à la langueur pesante. Mais de près, la réalité se révèle plus nuancée. Alors certes, les Israéliens épousent les lignes propres au style auquel il est tentant de les rattacher, de ces guitares stratosphériques à cette rythmique pulsative, vecteur d'une partition orageuse en forme de montée en puissance orgasmique. Mais en inoculant à ce substrat basique le venin hypnotique de l'electro couplée à des envolées dubstep, ils réussissent à ne jamais ennuyer et mieux, à atteindre les rivages de l'extase. Capté au Anova Studio en 2014 et publié l'année suivante, "The Fall" vibre ainsi d'un pouls aux confins d'une transe limpide et bourgeonnante de sonorités synthétiques, périple trippant qui nous emporte comme de puissantes vagues émotionnelles. Alternant courtes pulsations ('Eyes Of Gold', 'Traveller Soul') et respirations plus longues au souffle entêtant ('Music For The Sun'), l'opus déroule une trame torrentielle, tour à tour lumineuse et énergique ('The Fall'), teintée de discrètes couleurs psyché ('Nine Of Swords') ou bercée par un ressac percussif ('The Other') mais toujours secouée par les poussées massives d'une mélancolie souterraine. Guitares pointillistes, batterie mangeuse d'espace et effluves électroniques s'accouplent en un magma compact et pourtant aérien, enrichi par une voix féminine murmurée, voire par quelques notes de flûtes. Chaque titre est pensé comme un tableau, parsemé de détails que seules de multiples écoutes peuvent en dévoiler la richesse. Peu importe à quels courants il se rattache, Tiny Fingers n'est inféodé à aucun d'entre eux, égrenant une musique éprise de liberté et d'absolu qui entraîne l'auditeur dans les profondeurs d'un monde apaisant et néanmoins sombrement hypnotique. 4/5 (2016) | Facebook
KröniK | Jakob - Sines (2015)
Finalement, il existe bien une magie dans le post rock instrumental, magie d’un genre qui parvient toujours à émouvoir, à toucher le coeur alors même qu’il semble avoir tout dit depuis longtemps. Prenez Jakob, par exemple. « Sines », son nouvel opus, le premier depuis « Solace » en 2006, aligne bien sagement tous les invariants propres à ce style très codifié fait de montées en puissance émotionnelles, pilotées par une guitare lourde et stratosphérique à la fois, alternance de respirations intimistes et d’explosions monumentales. Tout cela a été déjà entendu mille fois avant mais ça marche. La magie, quoi. A cela, plusieurs raisons. D’une part, les Néo-Zélandais sont loin d’une bande de puceaux du son, ayant au contraire une grande expérience au compteur, maturité qu’illustrent des compositions à l’architecture précise, à la construction à la fois fluide et incisive. Jamais l’ennui ou la lassitude ne viennent parasiter une écoute qui nous emporte souvent très haut, à l’image de ‘Magna Carta’ notamment. Bien que formant un ensemble cohérent et unitaire, tous les titres possèdent les qualités d’un bijou d’orfèvrerie dont il n’épousent toutefois pas l’aspect froidement mécanique, pulsant d’une énergie aussi belle que chaleureuse. La six-cordes de Jeff Boyle, tout en sustain déchirant, libère des vagues d’émotions qui se fracassent contre des falaises rythmiques au socle massif. L’énorme (à tout point de vue) ‘Resolve’ témoigne parfaitement de cette inspiration puissante et de cet art de l’élévation orgasmique. D’autre part, la nature même du groupe lui permet de se distinguer du tout-venant, trio guitare-basse-batterie qui assure à ce post rock une dynamique accrocheuse. Le résultat est donc là, dans ce « Sines » qui a quelque chose de montagnes russes où se succèdent érections fabuleuses aux éjaculations foudroyantes de beauté telle que ‘Blind Them With Silence’ qui ouvre la marche de la sublime des manières, et pauses plus squelettiques bien que non moins élaborées, représentées par les perles diaphanes que sont ‘Emergent’, ‘Harmonia’ ou bien encore ‘Darkness’. Vous l’aurez compris tout seul, Jakob vient ni plus ni moins d’enfanter un des plus beaux albums que le Post Rock nous ait offert depuis très longtemps, presque une manière de leçon où se trouve réuni tout ce qu’on aime dans le genre mais débarrassé de ce qu’on n’aime justement pas y trouver ! 4/5 (2015)
KröniK | Tangled Thoughts Of Leaving - Yield To Despair (2015)
L'étiquette "post-metal" qu'il est tentant de lui coller sur le coin de la figure ne doit pas vous tromper car Tangled Thoughts Of Leaving mérite mieux que cette appellation qui, osons l'affirmer, ne veut quand même pas dire grand-chose. Les Australiens méritent non seulement mieux que cela mais surtout, à son écoute, leur art ne peut se sentir qu'a l'étroit dans une case dont il a depuis longtemps explosé les limites. Car si son nom ne vous évoquera sans doute que peu de choses, si ce n'est peut-être un split partagé avec Sleepmakewaves en 2009, le groupe n'en est plus à son coup d'essai, ayant dans sa besace au moins six galettes, EP compris. Nombreux sont ainsi ceux qui le découvriront avec "Yield To Despair" : on ne saurait trouver meilleure porte d'entrée. Certes, de loin, le quatuor de Perth semble afficher les traits aisément reconnaissables du genre auquel il est volontiers rattaché. Durée étirée, instrumental, guitares pesantes et stratosphériques à la fois, progression bouleversante définissent ainsi une signature de prime abord éprouvée. De près, la vérité se veut toute autre, plus expérimentale, et donc bien moins confortable sinon accessible. Pour ce faire, Tangled Thoughts Of Leaving utilise une palette sensitive aussi sombre que nuancée l'entraînant aux confins d'un happening sonore où copulent progressif schizophrénique, Ambient étrange et Jazz déglingué. Le fruit de cette orgie est une espèce de monstre tentaculaire d'une densité telle que seules de multiples plongées dans les profondeurs de ses entrailles permettent d'en goûter le sens ainsi que l'obscure beauté. Rien n'est fait ici pour faciliter une pénétration ardue. Oscillant entre dix et dix-neuf minutes, ces pulsations percussives et organiques rampent à travers un espace meurtri au bord d'une folie contaminatrice, le point G de la démence étant atteint avec 'Downbeat', le titre le plus expressionniste du lot, où le groupe déconstruit la trame rassurante d'un post-rock cataclysmique. Ouvrant les hostilités avec la première partie du diptyque 'The Albanian Sleepover', plus classique dans ses traits et sa progression que ronge néanmoins déjà une rouille maladive, "Yield To Despair" largue peu à peu les amarres vers l'Inconnu. Si, une fois à mi-parcours, 'Shaking Off Futility' est une manière de pause, respiration hypnotique toutefois hantée par un piano fantomatique, le titre éponyme terminal s'abîme corps et (surtout) âme dans les arcanes de l'indicible pour un voyage sans retour qui gravite constamment au bord d'une rupture hallucinée. Plus proche en définitive d'un rock progressif crimsonien que du post-metal dont il ne conserve qu'un lointain substrat, Tangled Thoughts Of Leaving accouche d'un album extrêmement personnel dont l'hermétisme cache une forêt d'émotions. 3/5 (2015)
KröniK | Ozric Tentacles - Technicians Of The Sacred (2015)
Avec ses trente ans de carrière sous le bras, on ne présente plus Ozric Tentacles, groupe unique en son genre puisqu'il a su créer un style qui n'appartient qu'à lui, ensorcelante mixture instrumentale à base de progressif, de space rock, de jazz fusion et saupoudrée d'une pincée de Dub et de Psyché. Fidèles à cette signature dont ils ne se départiront jamais, les Anglais sont donc reconnaissables entre mille. Les mauvais langues ne manqueront pas d'affirmer que leurs galettes (quinze à ce jour) se ressemblent toutes un peu. Pas faux, mais au moins est-ce l'assurance de ne jamais être vraiment déçu. Pourtant, il serait inexact de prétendre qu'Ozric Tentacles n'a pas évolué depuis ses débuts en 1983 et que ses albums sont interchangeables. Preuve en est avec "Technicians Of The Sacred", offrande miraculeuse riche de subtiles nuances. De fait, si "The Yumyum Tree" puis "Paper Monkeys" n'apportaient rien de neuf, se contentant de creuser le sillon de "The Floor's Too Far Away" qui reste à ce jour un des mètres étalons de nos hippies britanniques, ce nouvel opus surprend très agréablement, comme si ses géniteurs avaient profité de ces quatre années de silence pour se régénérer et ce faisant, renouer avec une sève créatrice qui commençait donc quelque peu à se tarir. Plus inspirés que jamais donc, ceux-ci nous gratifient même, et pour la première fois depuis "Erpland", d'une double ration de musique, frôlant les quatre-vingt-dix minutes au jus ! Tout cela pourrait être roboratif, pudding difficile à digérer, mais conserve pourtant une incroyable fluidité, une légèreté cosmique. Comme toujours, l'œuvre s'envole très haut vers des sphères célestes. Certes, le terrain est connu, comme en témoigne 'The High Pass', amorce facile bien qu'enchanteresse, pleine de ces rondeurs si caractéristiques, de ces boucles répétitives et enveloppantes, toutefois, ce menu pantagruélique est émaillé de légères évolutions qui le rendent des plus rafraîchissants, toujours aussi limpide. Celles-ci sont à chercher du côté de ces chœurs qui semblent surgir de nulle part, tel une oasis de lumière, à l'image de 'Butterfly Garden' ou de 'Changa Masala'. Par ailleurs, si dans le passé, les Anglais ont régulièrement puisé dans cette palette, les couleurs orientales s'affirment cette fois-ci d'une manière plus nette encore, baignant l'album dans une forme de spiritualité chatoyante, laquelle explose durant 'Epiphlioy', sans doute le point d'orgue et le plus long titre d'une écoute qui invite à la transe chamanique. Sitar, flûte, volutes comme échappées d'une chicha sont convoqués pour un voyage aux confins d'un rêve aux teintes bigarrées. Décollage garanti, assuré par des musiciens à la virtuosité tranquille, parmi lesquels l'indéboulonnable Ed Wynne dont les lignes de guitare stratosphériques bourgeonnent de toute part, jaillissant en un geyser d'harmonie(s). Bref, les fans du groupe ne seront pas dépaysés, quant aux autres, ils passeront leur chemin, comme d'habitude, hermétiques à ce trip psyché hors du temps et des modes. Tant pis pour eux ! 4/5 (2015)
KröniK | Edgar Froese - Stuntman (1979)
Alors qu'Edgar Froese vient de nous quitter à l'âge de 70 ans, quoi de mieux pour rendre hommage à ce pionnier de la musique électronique que de se pencher sur un de ses plus fameux disques en solitaire. Car ne l'oublions pas, l'homme a su mener parallèlement à l'aventure Tangerine Dream, une carrière solo loin d'être négligeable, bien que surtout concentrée entre 1974 et 1979, le reste étant réparti entre albums ("Pinnacles"), Soundtrack ("Kamikaze 1989") et compilations diverses. On notera au passage que c'est durant la période la plus riche de son principal port d'attache que l'Allemand se montera aussi le plus actif en dehors du giron maternel, preuve en est de l'inspiration foisonnante qui l'habite alors. "Stuntman", puisque c'est de lui dont il s'agit, est le cinquième opus d'Edgar Froese seul, succédant au mémorable "Ages" et gravé entre "Cyclone" et "Force Majeure" de Tangerine Dream. Le menu s'arc-boute autour de six pistes qui voient leur auteur utiliser toute une palette de synthétiseurs et de sons analogiques et numériques. En résulte un disque aux froides ambiances quoique mélodiques et plutôt accessibles, à des années-lumière donc de "Aqua", son galop d'essai en solitaire, sans même parler des premières créations lugubres de TD, telles que "Zeit" et "Atem". De fait, "Stuntman" s'inscrit pleinement dans une évolution entamée à parti de "Ricochet" et "Stratosfear", sans pour autant être dénué d'une identité qui lui est propre, hypnotique, presque élégiaque. Passée une courte amorce éponyme légère que parasitent néanmoins des motifs répétitifs, l'album gagne en valeur ajoutée à partir de son second titre, 'It Would Be Like Samoa' qui voit le maître des lieux tricoter pendant plus de dix minutes, un maillage entêtant qui bourgeonnent d'effluves électroniques. Plus lent et immobile, 'Detroit Snakebar Dreamer' a quelque chose d'une déambulation rêveuse aux confins d'un fantastique contemplatif, tandis que l'autre point G de l'écoute, le lancinant 'Drunken Mozart In The Desert' égrène des atmosphères vaporeuses et quasi spectrales, distillant une espèce de climat surnaturel. Presque un mirage insaisissable durant lequel "Stuntman" atteint une forme de beauté épurée. Pureté est sans doute le terme qui sied le mieux à cette oeuvre d'une belle finesse de traits et de touches, laquelle a plutôt bien supporté les affres du temps, ayant au final assez peu vieillie, en dépit d'un son que d'aucuns jugeront certainement démodé alors qu'il lui confère au contraire un charme froid et pourtant étonnamment chaleureux. Vous l'aurez donc compris, "Stuntman" mérite amplement sa réputation et sa place sur le trône des meilleures offrandes d'Edgar Froese, tous projets confondus. 4/5 (2015)
KröniK | Three Trapped Tigers - Silent Earthling (2016)
Three Trapped Tigers est peut-être un nom qui ne vous dit (encore) rien mais il n'est pourtant pas inconnu de tous et notamment de Brian Eno, excusez du peu, qui ne tarit pas d'éloges à son sujet. Avoir ce pionnier de la musique ambient comme admirateur, aide forcément à attirer les oreilles sur soi. A raison. Né à Londres en 2007, le trio fabrique un rock instrumental auquel de nombreuses étiquettes sont accolées : electro, noise rock, math rock, autant d'appellations qui révèlent toutes les nuances d'un art aussi planant qu'hypnotique. Trois EP référentiels et un premier long, « Route One Or Die » en 2011 ont coulé sous les ponts, discographie encore en devenir que vient enfin enrichir « Silent Earthling » après cinq ans de silence, long tunnel durant lequel le groupe a écumé les scènes qu'il a partagé aussi bien avec The Dillinger Escape Plan que The Deftones. Cette expérience acquise a nourri une écriture qui a gagné en maturité, en épaisseur dont le résultat est cette seconde offrande, idéale porte d'entrée d'un univers dans les bras duquel il est aisé de tomber. Fortement addictive, la partition tissée par Three Trapped Tigers charme les sens dès ses premières mesures, maillage à la fois dense et aérien de sonorités synthétiques que soulignent des percussions massives ('Kraken'). C'est généreux et curatif, grouillant d'effluves qui se répandent à la manière d'ondes syncopées. Extrêmement dynamique, cette trame réussit à ne jamais ennuyer grâce à la force de ses mélodies et de ses arrangements qui bourgeonnent de toute part. A aucun moment, l'absence de chant ne se remarque ni se regrette. Le groupe n'a nul besoin de cet artifice pour envoûter, comme il le fait avec brio avec des perles telles que 'Silent Earthling' ou 'Strebek'. Parfois très lourd mais toujours émotionnel voire presque intim(ist)e, l'album balaie un vaste panels de teintes et de traits qui lui confère une belle richesse. Le menu balance entre canevas léger aux confins de la synthwave ('Engrams') et boucles obsédantes ('Hemisphere') sans jamais étouffer une énergie imparable qui se déhanche en une myriade de sons qui confine à la transe, ce qu'illustrent aussi bien 'Tekkers' que 'Rainbow Road'. D'une approche et d'une accroche toujours très rock et vigoureuses, l'electro ambient que tricotent ces Anglais est à découvrir d'urgence car elle fait souffler un vent de fraîcheur sur le genre. 3,5/5 (2016)
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