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Henri-Georges Clouzot | Les diaboliques (1954)


Tiré d'un roman de Boileau et Narcejac, auxquels Alfred Hitchcock demandera d'écrire Sueurs froides après avoir vu cette adaptation, Les diaboliques est une oeuvre fascinante qui permet à Henri-Georges Clouzot de continuer à explorer les recoins les plus sombres et tourmentés de l'âme humaine. Il s'agit d'un film d'ambiance qui joue autant sur les décors pesamment sinistres que sur des personnages tous plus négatifs et veules les uns que les autres. De fait, à la cruauté d'un Paul Meurisse antipathique à souhait répondent la lâcheté de sa femme (Vera Clouzot) et la froideur calculatrice de sa maîtresse (Simone Signoret). Autour de ce trio diabolique gravitent des êtres pathétiques dont on ne retient que les travers. Seul, peut-être, l'ancien commissaire de police, campé par Charles Vanel, échappe à cette noirceur de trait.
Le suspense est habile, le coup de théâtre pour le moins surprenant et il ne manque aux Diaboliques qu'une interprète féminine plus convaincante que l'épouse du réalisateur. Meurisse et Signoret forment en revanche un couple machiavélique et dénué de tout romantisme. Il n'y a aucune flamboyance ici mais seulement le pessimiste cher au metteur en scène qui livre un travail formel impeccable. A noter la présence d'une réjouissante galerie de seconds rôles, de Noël Roquevert à Michel Serrault, de Robert Dalban à Jean Lefebvre en passant même par un tout jeune Johnny Halliday ! (Vu le 22/04/2018 : Source : enregistré sur Ciné Classic en 2012)
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Jean-Pierre Melville | L'aîné des Ferchaux (1963)


Jean-Pierre Melville qui adapte Georges Simenon en réunissant Belmondo, Vanel et les beautés Michèle Mercier et Stefania Sandrelli, il y avait que quoi mettre l'eau à la bouche. Contre toute attente, L'aîné des Ferchaux déçoit terriblement. Mais d'où viennent les grumeaux ? De cette Amérique à laquelle on ne croit pas ? De ce récit dont l'intérêt se délite le long des routes pour s'enliser et tomber en panne sèche dans une dernière partie interminable ? De cette ambiance moite bien loin de la froideur coutumière du réalisateur ? De ce tournage à l'atmosphère détestable dont les conditions difficiles marqueront la fin de la collaboration entre Meville et Belmondo ? Pour toutes ces raisons en fait. Seules les scènes où s'affrontent, dans un mélange de respect et de rivalité, les deux principaux comédiens, méritent d'être louées. Décevant et ennuyeux, L'aîné des Ferchaux n'évoque que fugacement l'emphase glacée melvilienne...



















Julien Duvivier | L'affaire Maurizius (1954)


En quelques mots : L'affaire Maurizius aurait pu (dû) être une grande réussite. Basé sur un sujet juridico-policier, le film est habile, préférant à la progression linéaire un récit fragmenté où le crime nous n'est finalement dévoilé au terme de nombreux flashbacks. La mise en scène de Duvivier est irréprochable, en technicien chevronné qu'il est cependant que tous les protagonistes semblent cultiver des zones d'ombre. Mais d'où viennent les grumeaux alors ? Peut-être de l'interprétation, pourtant de premier choix, de Charles Vanel à Daniel Gélin en passant par Madeline Robinson mais aucun d'entre eux ne parvient à rendre attachant sinon vraiment crédible son personnage, à commencer par Anton Walbrook. Reste toutefois une histoire intéressante que sauve le pessimisme du réalisateur...


Henri Decoin | Abus de confiance (1937)
























Film mineur dans la carrière d'Henri Decoin, "Abus de confiance" serait sans doute oublié aujourd'hui, sans la présence déjà irradiante de Danielle Darrieux alors à ses débuts, laquelle porte le récit sur ses épaules, réussissant même à éclipser Charles Vanel !