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KröniK | Aeterna Hystoria - Legends Of Ausphaal (2009)
La présence du batteur Julien Ginez (aka Necrosis), actif également chez le très bon groupe de black metal Aorlhac, ne doit pas vous tromper : Aeterna Hystoria n'arpente pas le même caveau, quand bien même quelques grognements de bête en rut viennent par moments pimenter la recette qu'il concocte. Non, les Auvergnats cuisinent une sauce qu'ils souhaitent originale, à base de metal progressif et de touches symphoniques. A l'origine simple démo gravée en 2008, Legends Of Ausphaal a droit aujourd'hui à une seconde peau : réenregistrement, mastering confié à Brett Caldas-Lima (To-Mera), adjonction de deux pistes supplémentaires et une sortie officielle via le jeune et éclectique label M & O Music (Gokan).
Si l'album souffre encore de certaines maladresses que l'âge gommera avec le temps, il aurait été cependant dommage qu'il demeure derrière les barbelés de la confidentialité. Alors certes, tout n'y est pas parfait, à commencer par le chant de Liliane Bos qui, s'il n'a rien à se reprocher en lui-même, pourra paraître pénible à cause d'une prononciation anglaise parfois hésitante. Mais le groupe tente, à sa modeste mesure, de rénover, de dépoussiérer un genre fourre-tout, le metal à chanteuse, désormais aussi embouteillé que le périph' parisien à l'heure de pointe. Précédé d'une intro narrative qui contribue à conférer à Legends of Ausphaal des allures de récits épiques, "Valdor's Plain" déroule son modelé apaisant avec ses lignes de guitares claires, ballade doucereuse rehaussée par l'ombre d'un violon élégant. Puis, brusquement, le titre empreinte une autre direction, plus grave où les voix caverneuses s'accouplent avec des vocalises théâtrales sur fond de socle progressif. Enfin, des notes de piano annonce une dernière partie où les six-cordes tricotent de jolis phrasés néo-classiques. Voilà donc un morceau très (trop ?) riche qui témoigne à la fois de la générosité de ses géniteurs mais aussi de leur volonté, pas encore totalement maîtrisée, d'empiler plusieurs strates en quelques minutes. De la même manière, "The Flight" affiche une densité intéressante mais une fois de plus, la fluidité qui aurait permis d'atteindre sa cible lui fait défaut. Bref, Aeterna Hystoria pèche par excès d'ambition. Plus sobre, "Dream Or Magic", drainant des riffs incisifs, se veut plus réussi car son inspiration est davantage canalisée. Agrégeant un chapelet d'influences (prog, sympho, gothic...), "Struggle For Love " est enrichi de roulements de batterie militaire et d'une mélopée de flute discrète. L'ambiance est sombre, tragique même, bien véhiculée par la voix de Liliane que souligne le mur mélancolique dressé par les guitares et le violon. L'accélération finale, presque black, renoue avec les atmosphères ténébreuses du dark des années 90. Assurément un des meilleurs titres du lot malgré une entame maladroite. "Lord Of War", pour sa part, flirte avec le metal progressif tavelé de tâches orchestrales pour un ensemble pas toujours très digeste. On lui préférera l'épique "Larnoch Valley", long de huit minutes, où dialoguent la belle et la bête tandis que derrière, les musiciens creusent une topographie aux multiples couches, récit aux allures de BO riche en aventures. Le disque prend fin avec le triste "Aelia's Despair" suivi d'un épilogue acoustique aux couleurs médiévales, conclusion cependant pleine d'espoir de ces légendes mouvementées dont chaque titre forme un épisode. Un album prometteur, un groupe qui ne l'est pas moins... Une très bonne découverte en définitive... 3.5/5 (14/12/2009)
Si l'album souffre encore de certaines maladresses que l'âge gommera avec le temps, il aurait été cependant dommage qu'il demeure derrière les barbelés de la confidentialité. Alors certes, tout n'y est pas parfait, à commencer par le chant de Liliane Bos qui, s'il n'a rien à se reprocher en lui-même, pourra paraître pénible à cause d'une prononciation anglaise parfois hésitante. Mais le groupe tente, à sa modeste mesure, de rénover, de dépoussiérer un genre fourre-tout, le metal à chanteuse, désormais aussi embouteillé que le périph' parisien à l'heure de pointe. Précédé d'une intro narrative qui contribue à conférer à Legends of Ausphaal des allures de récits épiques, "Valdor's Plain" déroule son modelé apaisant avec ses lignes de guitares claires, ballade doucereuse rehaussée par l'ombre d'un violon élégant. Puis, brusquement, le titre empreinte une autre direction, plus grave où les voix caverneuses s'accouplent avec des vocalises théâtrales sur fond de socle progressif. Enfin, des notes de piano annonce une dernière partie où les six-cordes tricotent de jolis phrasés néo-classiques. Voilà donc un morceau très (trop ?) riche qui témoigne à la fois de la générosité de ses géniteurs mais aussi de leur volonté, pas encore totalement maîtrisée, d'empiler plusieurs strates en quelques minutes. De la même manière, "The Flight" affiche une densité intéressante mais une fois de plus, la fluidité qui aurait permis d'atteindre sa cible lui fait défaut. Bref, Aeterna Hystoria pèche par excès d'ambition. Plus sobre, "Dream Or Magic", drainant des riffs incisifs, se veut plus réussi car son inspiration est davantage canalisée. Agrégeant un chapelet d'influences (prog, sympho, gothic...), "Struggle For Love " est enrichi de roulements de batterie militaire et d'une mélopée de flute discrète. L'ambiance est sombre, tragique même, bien véhiculée par la voix de Liliane que souligne le mur mélancolique dressé par les guitares et le violon. L'accélération finale, presque black, renoue avec les atmosphères ténébreuses du dark des années 90. Assurément un des meilleurs titres du lot malgré une entame maladroite. "Lord Of War", pour sa part, flirte avec le metal progressif tavelé de tâches orchestrales pour un ensemble pas toujours très digeste. On lui préférera l'épique "Larnoch Valley", long de huit minutes, où dialoguent la belle et la bête tandis que derrière, les musiciens creusent une topographie aux multiples couches, récit aux allures de BO riche en aventures. Le disque prend fin avec le triste "Aelia's Despair" suivi d'un épilogue acoustique aux couleurs médiévales, conclusion cependant pleine d'espoir de ces légendes mouvementées dont chaque titre forme un épisode. Un album prometteur, un groupe qui ne l'est pas moins... Une très bonne découverte en définitive... 3.5/5 (14/12/2009)
KröniK | Gokan - Modes de pensée (2009)
De bruit et de fureur. C'est le titre d'un film de Jean-Claude Brisseau (oeuvre sévère avec Bruno Cremer, pour ceux que cela intéresse). Cela pourrait être aussi le sous-titre de cette première déclaration de Gokan, que précédait toutefois une démo éponyme il y a trois ans. "Modes de pensée" est un concentré de fureur, de violence épidermique.
Avec beaucoup de maîtrise les Français parviennent déjà à libérer une tension palpable qui court tout du long de ces douze salves dont on sort exsangue et ce, en dépit des rares éclairs salvateurs qui viennent par moment marquer une pause dans cette décharge d'adrénaline, lesquels prennent le plus souvent la forme d'une voix claire, comme sur "Douce victoire" notamment. Lorsqu'on introduit cette rondelle, on ne s'attend pas à grand chose de plus qu'à une attaque en règle de death/metalcore sale et méchant. Mais ces mecs se foutent des étiquettes comme de leur premier glaviot ; ils font la musique qu'ils ont dans leurs tripes, c'est tout. Qu'importe en définitive dans quelle case on veut l'enfermer car le groupe a des idées à revendre, qu'il distribue avec largesse au détour de chacun des morceaux composant le menu de ce "Modes de pensée" aux allures de brûlot, de diatribe taillée à vif. Le break lancinant qui déchire en deux "Un Immense pouvoir", le riff grésillant et pollué franchement black metal achevant "Animosité directe", le visage technoïde (?) affiché par le remix final" ou "Délétère", tentative surprenante mais réussie, de marier metal et rap (avec en invité le groupe Akalmy) suffisent par exemple à comprendre que l'on tient là un collectif dont le potentiel est ici à peine défloré. Inutile dans ce cas-là de poursuivre plus avant l'inventaire car tous les titres mériteraient d'être cités. La richesse du chant, tour à tour vindicatif ou plus posé, n'a d'égal que celle de paroles, vomies en français, connectées à la réalité, à l'ordinaire, qui redonnent sa vraie valeur de rébellion à un genre, le rock en général, qui oublie trop souvent qu'il doit (aussi) être un cri de révolte. Ajoutez à cela une assise instrumentale qu'aucune faiblesse particulière ne vient jamais entacher (L'impressionnant "L'illusion") et une capacité à poisser des riffs d'une couche épaisse de désespoir ("Pas de défis") et vous prendrez conscience de l'impact digne d'un uppercut que cet album explosif dégage, véritable matière brute qui transpire l'urgence. Ces jeunes gens en colère ont de l'énergie et de la rage, qu'ils associent à une écriture qui a du relief et à une prise de son très professionnelle garantie sans OGM, réalisée il est vrai au studio Drudenhaus (Anoxeria Nervosa). De fait, on ne voit pas ce qui pourrait les empêcher de monter encore en puissance dans les années à venir. Une bonne découverte qui démontre, une fois encore, la vitalité de la scène hexagonale, extrême ou pas. Un concentré de metal urbain en quelque sorte... 3/5 (2009) | Facebook
Avec beaucoup de maîtrise les Français parviennent déjà à libérer une tension palpable qui court tout du long de ces douze salves dont on sort exsangue et ce, en dépit des rares éclairs salvateurs qui viennent par moment marquer une pause dans cette décharge d'adrénaline, lesquels prennent le plus souvent la forme d'une voix claire, comme sur "Douce victoire" notamment. Lorsqu'on introduit cette rondelle, on ne s'attend pas à grand chose de plus qu'à une attaque en règle de death/metalcore sale et méchant. Mais ces mecs se foutent des étiquettes comme de leur premier glaviot ; ils font la musique qu'ils ont dans leurs tripes, c'est tout. Qu'importe en définitive dans quelle case on veut l'enfermer car le groupe a des idées à revendre, qu'il distribue avec largesse au détour de chacun des morceaux composant le menu de ce "Modes de pensée" aux allures de brûlot, de diatribe taillée à vif. Le break lancinant qui déchire en deux "Un Immense pouvoir", le riff grésillant et pollué franchement black metal achevant "Animosité directe", le visage technoïde (?) affiché par le remix final" ou "Délétère", tentative surprenante mais réussie, de marier metal et rap (avec en invité le groupe Akalmy) suffisent par exemple à comprendre que l'on tient là un collectif dont le potentiel est ici à peine défloré. Inutile dans ce cas-là de poursuivre plus avant l'inventaire car tous les titres mériteraient d'être cités. La richesse du chant, tour à tour vindicatif ou plus posé, n'a d'égal que celle de paroles, vomies en français, connectées à la réalité, à l'ordinaire, qui redonnent sa vraie valeur de rébellion à un genre, le rock en général, qui oublie trop souvent qu'il doit (aussi) être un cri de révolte. Ajoutez à cela une assise instrumentale qu'aucune faiblesse particulière ne vient jamais entacher (L'impressionnant "L'illusion") et une capacité à poisser des riffs d'une couche épaisse de désespoir ("Pas de défis") et vous prendrez conscience de l'impact digne d'un uppercut que cet album explosif dégage, véritable matière brute qui transpire l'urgence. Ces jeunes gens en colère ont de l'énergie et de la rage, qu'ils associent à une écriture qui a du relief et à une prise de son très professionnelle garantie sans OGM, réalisée il est vrai au studio Drudenhaus (Anoxeria Nervosa). De fait, on ne voit pas ce qui pourrait les empêcher de monter encore en puissance dans les années à venir. Une bonne découverte qui démontre, une fois encore, la vitalité de la scène hexagonale, extrême ou pas. Un concentré de metal urbain en quelque sorte... 3/5 (2009) | Facebook
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