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KröniK | On Thorns I Lay - Aegean Sorrow (2018)
Longtemps indissociable de l'écurie Holy Records, On Thorns I Lay nous rappelle cette époque, les années 90, où fleurissaient les VPCistes dont les catalogues fourmillaient de petites productions venues des quatre coins de l'Europe. Associé, aux côtés de Rotting Christ, Septic Flesh ou Nightfall, à l'émergence de la chapelle extrême hellénique, ce groupe a débuté dans une veine death doom dont "Sounds Of Beautiful Experience" puis "Orama", gravés respectivement en 1995 et 1997, furent les magnifiques écrins, avant de lever l'ancre pour naviguer sur des eaux plus electro ("Crystal Tears") ou expérimentales ("Future Narcotic"), pour un résultat surprenant mais tout aussi superbe. Mais en signant ensuite chez son compatriote Black Lotus, les Athéniens ont peu à peu entamé leur déclin pour plus ou moins disparaître lorsque ce label a mis la clé sous la porte.
On peut affirmer que On Thorns I Lay, sorti discrètement de son sommeil en 2015 grâce à "Eternal Silence", signe enfin avec "Aegean Sorrow" son véritable retour. L'appui de Alone Records devrait lui permettre de se rappeler aux bons souvenirs de ses nombreux fans qui l'avaient quelque peu oublié. Ces derniers seront (agréablement) surpris de voir la formation, déserter les rivages du (hard) rock atmosphérique à la Anathema période "A Fine Day To Exit" que "Egocentric" (2003) avait exploité sans grand bonheur, pour entamer un virage à 180° vers son glorieux passé. Bref, plutôt que de suivre la direction des frères Cavanagh, les Grecs ont préféré suivre l'exemple d'un autre groupe anglais de sa génération, celui de Paradise Lost, à un niveau plus modeste s'entend. Bien leur a pris, car cette huitième offrande s'impose d'emblée comme leur meilleur effort depuis l'époque bénie d'Holy Records. Il s'agit d'un pur album de doom death à l'ancienne, comme on en concevait il y a plus de vingt ans, sans pour autant être recouvert d'une épaisse couche de poussière. Qui mieux que Dan Swanö, qui l'a mixé et masterisé au sein des Unisound Studios, pouvait accompagner le groupe dans sa démarche, anachronique sans doute mais ô combien jubilatoire ! "Aegean Sorrow" abrite dans ses moindres recoins cette précieuse patine old school et ce feeling mélancolique qui tire toutes les larmes du corps. Il suffit d'écouter l'ombrageux 'The Final Truth', qui ne pourra d'ailleurs qu'évoquer le combo d'Halifax, pour avoir l'impression de faire un bond dans le temps avec cette longue pièce toute en clair-obscur où le chant clair dispute l'espace à une voix abyssale. Lignes de guitares obsédantes aux allures de vigie perçant la brume, silhouette osseuse d'un violon misérable ou notes grêles d'un piano spectral alimentent un menu dont le titre éponyme, 'In Emerald Eyes' ou 'Erevos' forment les gemmes les plus ensorcelantes. Plus lourd et agressif dans sa première partie, le diptyque 'Olethros' a quant à lui quelque chose d'un retable qui s'ouvre sur une beauté insoupçonnée. On Thorns I Lay signe un come-back réussi, qui se double d'une belle résurrection du doom death des années 90. (26/02/2018)
On peut affirmer que On Thorns I Lay, sorti discrètement de son sommeil en 2015 grâce à "Eternal Silence", signe enfin avec "Aegean Sorrow" son véritable retour. L'appui de Alone Records devrait lui permettre de se rappeler aux bons souvenirs de ses nombreux fans qui l'avaient quelque peu oublié. Ces derniers seront (agréablement) surpris de voir la formation, déserter les rivages du (hard) rock atmosphérique à la Anathema période "A Fine Day To Exit" que "Egocentric" (2003) avait exploité sans grand bonheur, pour entamer un virage à 180° vers son glorieux passé. Bref, plutôt que de suivre la direction des frères Cavanagh, les Grecs ont préféré suivre l'exemple d'un autre groupe anglais de sa génération, celui de Paradise Lost, à un niveau plus modeste s'entend. Bien leur a pris, car cette huitième offrande s'impose d'emblée comme leur meilleur effort depuis l'époque bénie d'Holy Records. Il s'agit d'un pur album de doom death à l'ancienne, comme on en concevait il y a plus de vingt ans, sans pour autant être recouvert d'une épaisse couche de poussière. Qui mieux que Dan Swanö, qui l'a mixé et masterisé au sein des Unisound Studios, pouvait accompagner le groupe dans sa démarche, anachronique sans doute mais ô combien jubilatoire ! "Aegean Sorrow" abrite dans ses moindres recoins cette précieuse patine old school et ce feeling mélancolique qui tire toutes les larmes du corps. Il suffit d'écouter l'ombrageux 'The Final Truth', qui ne pourra d'ailleurs qu'évoquer le combo d'Halifax, pour avoir l'impression de faire un bond dans le temps avec cette longue pièce toute en clair-obscur où le chant clair dispute l'espace à une voix abyssale. Lignes de guitares obsédantes aux allures de vigie perçant la brume, silhouette osseuse d'un violon misérable ou notes grêles d'un piano spectral alimentent un menu dont le titre éponyme, 'In Emerald Eyes' ou 'Erevos' forment les gemmes les plus ensorcelantes. Plus lourd et agressif dans sa première partie, le diptyque 'Olethros' a quant à lui quelque chose d'un retable qui s'ouvre sur une beauté insoupçonnée. On Thorns I Lay signe un come-back réussi, qui se double d'une belle résurrection du doom death des années 90. (26/02/2018)
3.5/5 | Music Waves
Soon | On Thorns I Lay - Aegan Sorrow
KröniK | Bëiruth - Horizonte De Sucesos (2009)
Vous aimez les (très) longues pistes de décollages vers les étoiles ? Alors Horizonte De Sucesos, première vol habité des espagnols de Bëiruth vous est clairement destiné ! Un visuel qui a quelque chose d'une invite à quitter la terre ferme et une musique à l'avenant pour quatre plages pour plus d'heure de dérives psychés et hallucinées.
Le trio se réclame, à raison, du rock progressif allemand des années 70 et notamment de Ash Ra Tempel, de Brian Eno ou bien de Ozric Tentacles. En plus cosmique encore. Sur un socle entièrement instrumental, Bëiruth semble vouloir repousser encore plus loin les limites du genre. Des titres d'une vingtaines de minutes forment le cadre idéal pour ce type d'expérience. Aucune barrière, aucun mur ne viennent jamais se dresser pour enfermer des compositions au développement sans fin. On a l'impression à leur écoute que celles-ci pourraient s'éterniser plus longtemps encore sans aucun problème. Atmosphérique et planant, Horizonte de Sucesos ouvre les portes du cosmos avec le démentiel "Penumbra Oifusa", que propulse une basse généreuse sur des nappes de claviers stratosphériques aux confins de l'ambient (parfois le Metanoia de Porcupine Tree n'est pas loin), longue montée en puissance qui semble par moment vouloir s'emballer sans jamais vraiment y parvenir. Après une pause au rythme chaloupé ("Alamut") et seul morceau d'une durée conventionnelle, comprendre moins de dix minutes, l'album s'installe peu à peur sur sa rampe de lancement, tout d'abord avec "C.C.C.P.", chef-d'oeuvre de space rock enfumé que pilote une guitare qui s'élève très haut vers le ciel puis enfin avec "Horizonte de Sucesos", dont le final, qui survient après une interminable respiration psychédélique, risque de vous filer des frissons. Bëiruth réussit la gageure de ne jamais lasser ni ennuyer (tout le monde ne partagera certainement pas cet avis) car il sait toujours injecter des mélodies grisante à une plastique faite de modelés versatiles. Exigeants, les musiciens ne se contentent pas d'étirer au petit bonheur la chance au maximum des morceaux qui du coup ne donnent jamais l'impression de tourner à vide. Au contraire, on sent, en dépit de leur caractère nébuleux, qu'ils se dirigent vers une destination précise. Il y a là un sens de l'architecture qui distingue les espagnols de quelconque fumistes croyant qu'il suffit de bidouiller un lit synthétique pour tutoyer les cieux et dessiner un rock stellaire. C'est pas si simple et seuls les meilleurs y parviennent, ceux qui développe une vision du genre. Bëiruth, qui navigue entre grâce et pureté, fait incontestablement partie de ceux-là... Immense, forcément ! 4/5 (2009)
Le trio se réclame, à raison, du rock progressif allemand des années 70 et notamment de Ash Ra Tempel, de Brian Eno ou bien de Ozric Tentacles. En plus cosmique encore. Sur un socle entièrement instrumental, Bëiruth semble vouloir repousser encore plus loin les limites du genre. Des titres d'une vingtaines de minutes forment le cadre idéal pour ce type d'expérience. Aucune barrière, aucun mur ne viennent jamais se dresser pour enfermer des compositions au développement sans fin. On a l'impression à leur écoute que celles-ci pourraient s'éterniser plus longtemps encore sans aucun problème. Atmosphérique et planant, Horizonte de Sucesos ouvre les portes du cosmos avec le démentiel "Penumbra Oifusa", que propulse une basse généreuse sur des nappes de claviers stratosphériques aux confins de l'ambient (parfois le Metanoia de Porcupine Tree n'est pas loin), longue montée en puissance qui semble par moment vouloir s'emballer sans jamais vraiment y parvenir. Après une pause au rythme chaloupé ("Alamut") et seul morceau d'une durée conventionnelle, comprendre moins de dix minutes, l'album s'installe peu à peur sur sa rampe de lancement, tout d'abord avec "C.C.C.P.", chef-d'oeuvre de space rock enfumé que pilote une guitare qui s'élève très haut vers le ciel puis enfin avec "Horizonte de Sucesos", dont le final, qui survient après une interminable respiration psychédélique, risque de vous filer des frissons. Bëiruth réussit la gageure de ne jamais lasser ni ennuyer (tout le monde ne partagera certainement pas cet avis) car il sait toujours injecter des mélodies grisante à une plastique faite de modelés versatiles. Exigeants, les musiciens ne se contentent pas d'étirer au petit bonheur la chance au maximum des morceaux qui du coup ne donnent jamais l'impression de tourner à vide. Au contraire, on sent, en dépit de leur caractère nébuleux, qu'ils se dirigent vers une destination précise. Il y a là un sens de l'architecture qui distingue les espagnols de quelconque fumistes croyant qu'il suffit de bidouiller un lit synthétique pour tutoyer les cieux et dessiner un rock stellaire. C'est pas si simple et seuls les meilleurs y parviennent, ceux qui développe une vision du genre. Bëiruth, qui navigue entre grâce et pureté, fait incontestablement partie de ceux-là... Immense, forcément ! 4/5 (2009)
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