Tout a déjà été écrit sur Cult Of Luna, sur son exigence, sur la difficulté d'aborder ses offrandes généralement conceptuelles conçues comme des œuvres d'art total aussi bien sonores que visuelles, qui se méritent, périples puissants et introspectifs faits de couches qui s'empilent en une stratigraphie compliquée et pourtant limpide.
AU PIF
Affichage des articles dont le libellé est Metal Blade. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Metal Blade. Afficher tous les articles
Batushka | Hospodi (2019)
Malgré le poids des valeurs qui le cimente et l'intégrité affichée, le black metal n'est pourtant pas imperméable aux querelles intestines, aux divorces fracassants.
Downfall Of Gaia | Ethic Of Radical Finitude (2019)
KröniK | Primordial - Exile AmongstThe Ruins (2018)
Primordial est un groupe dont l'identité, rude et minérale, se révèle aussi personnelle qu'indélébile, et repose à la fois sur le chant empreint d'une expressivité tragique de Alan Nemtheanga, le jeu de guitares de la paire Ciáran MacUiliam / Micheál O'Floinn, qui taille dans les falaises battues par les vents des lignes obsédantes et les rouleaux de batterie de Simon O'Laoghaire qu'appuie la basse épaisse de Pól MacAmlaigh. La difficulté pour les Irlandais réside désormais dans la façon de faire évoluer cette identité sans la dénaturer en évitant par conséquent de se répéter. Après le quintessentiel "To The Nameless Dead" (2007), "Redemption At The Puritan's Hand" (2011) puis "Where Greater Men Have Fallen" (2014) ont entamé cette délicate entreprise, éloignant toujours un peu plus leurs auteurs du black metal dont ils n'ont d'ailleurs jamais réellement respecté les invariants. Mais cette évolution ne rime pas pour autant avec polissage, bien au contraire.
Et c'est un art toujours aussi douloureux, marqué dans sa chair, qui dresse ses puissants remparts, chargés d'une histoire au goût de sang et de larmes. Cénotaphe aux couleurs âpres, "Exile Amongst The Ruins" poursuit ce travail à l'œuvre depuis sept ans, opus à la fois différent de ses récents aînés et néanmoins profondément enraciné dans cette terre reconnaissable entre mille. Pourtant, même si son décor est connu, ce neuvième effort n'est pas le plus aisé à dompter. Car à l'exception du lent 'To Hell Or The Hangman' qui rejoint ces hymnes grandioses dont le groupe a le secret, digne héritier en cela des 'To Empire Falls' et autre 'Tragedy's Birth', pulsation meurtrie et obsédante tout ensemble avec ses lignes de guitares belles comme un chat qui dort, le reste du menu chasse à travers un sol mouvant et marécageux. A commencer par le curieux 'Stolen Years', premier extrait à avoir atteint nos oreilles qui étonne par le climat (faussement) apaisé qu'il prodigue et dont on attend un réveil qui ne se produira pas. En réalité, la tension, le drame, couvent sous la surface de cette plainte minée par les regrets, à l'image de tous les titres qu'une langueur funèbre cloue au sol. De fait, si 'Sunken Lungs’ part au galop, ce qui n'empêche pas les Irlandais de tricoter en son centre des instants comme suspendus au-dessus d'un gouffre hypnotique, si 'Nail Their Tongues' se voit traversé par des accélérations fulgurantes que noircissent un chant très black et des six-cordes grésillantes, "Exile Amongst The Ruins" privilégie les mid-tempos sévères et engourdis qui, loin d'en altérer la force charbonneuse, font brûler dans ses entrailles un feu intense et crépusculaire. Il faut donc creuser jusqu'à l'os, dans les arcanes de leur intimité, pour goûter le suc de ces longues pièces qui, telles 'Where Lie The Gods' ou 'Last Call', ne livrent pas immédiatement leurs trésors. Pour sa part, 'Upon The Spiritual Deathbed' rénove le canevas épique cher au groupe en misant lui aussi sur une tension rentrée et un final majestueux des plus mélodiques. De fait, en serrant plus que jamais le frein à main, Primordial s'enfonce dans les rivages d'une musique pétrifiée où les atmosphères désespérées se drapent dans le suaire d'un doom granitique, témoin le morceau éponyme qui pleure tout du long une douleur venue du fond des âges, celle d'un peuple fier portant les stigmates d'une histoire ensanglantée. Avec "Exile Amongst The Ruins", les Irlandais continuent de travailler leur art, épique et tragique, qu'ils renouvellent avec intelligence, sans l'affadir, la douleur chevillée au corps. (03/02/2018)
Et c'est un art toujours aussi douloureux, marqué dans sa chair, qui dresse ses puissants remparts, chargés d'une histoire au goût de sang et de larmes. Cénotaphe aux couleurs âpres, "Exile Amongst The Ruins" poursuit ce travail à l'œuvre depuis sept ans, opus à la fois différent de ses récents aînés et néanmoins profondément enraciné dans cette terre reconnaissable entre mille. Pourtant, même si son décor est connu, ce neuvième effort n'est pas le plus aisé à dompter. Car à l'exception du lent 'To Hell Or The Hangman' qui rejoint ces hymnes grandioses dont le groupe a le secret, digne héritier en cela des 'To Empire Falls' et autre 'Tragedy's Birth', pulsation meurtrie et obsédante tout ensemble avec ses lignes de guitares belles comme un chat qui dort, le reste du menu chasse à travers un sol mouvant et marécageux. A commencer par le curieux 'Stolen Years', premier extrait à avoir atteint nos oreilles qui étonne par le climat (faussement) apaisé qu'il prodigue et dont on attend un réveil qui ne se produira pas. En réalité, la tension, le drame, couvent sous la surface de cette plainte minée par les regrets, à l'image de tous les titres qu'une langueur funèbre cloue au sol. De fait, si 'Sunken Lungs’ part au galop, ce qui n'empêche pas les Irlandais de tricoter en son centre des instants comme suspendus au-dessus d'un gouffre hypnotique, si 'Nail Their Tongues' se voit traversé par des accélérations fulgurantes que noircissent un chant très black et des six-cordes grésillantes, "Exile Amongst The Ruins" privilégie les mid-tempos sévères et engourdis qui, loin d'en altérer la force charbonneuse, font brûler dans ses entrailles un feu intense et crépusculaire. Il faut donc creuser jusqu'à l'os, dans les arcanes de leur intimité, pour goûter le suc de ces longues pièces qui, telles 'Where Lie The Gods' ou 'Last Call', ne livrent pas immédiatement leurs trésors. Pour sa part, 'Upon The Spiritual Deathbed' rénove le canevas épique cher au groupe en misant lui aussi sur une tension rentrée et un final majestueux des plus mélodiques. De fait, en serrant plus que jamais le frein à main, Primordial s'enfonce dans les rivages d'une musique pétrifiée où les atmosphères désespérées se drapent dans le suaire d'un doom granitique, témoin le morceau éponyme qui pleure tout du long une douleur venue du fond des âges, celle d'un peuple fier portant les stigmates d'une histoire ensanglantée. Avec "Exile Amongst The Ruins", les Irlandais continuent de travailler leur art, épique et tragique, qu'ils renouvellent avec intelligence, sans l'affadir, la douleur chevillée au corps. (03/02/2018)
4/5 | Music Waves
Soon | Primordial - Exile Amongst The Ruins
KröniK | Cannibal Corpse - Red Before Black (2017)
Que reste-t-il presque trente ans plus tard de toute cette génération de groupes venus du nouveau continent qui, à partir de la fin des années 80, ont repoussé les limites de l'audible, dernière étape avant que l'Homme ne se transforme en bête ? Peu de choses finalement. Death est mort avec son génial créateur, Chuck Schuldiner, Morbid Angel n'est plus que l'ombre de lui-même et Deicide ne fait plus peur à personne depuis bien longtemps. On peut cependant toujours compter sur Cannibal Corpse pour assouvir notre soif de gros death metal qui tache, même s'il a considérablement ralenti la cadence, ne régurgitant désormais un nouvel album que tous les trois ou quatre ans.
Reconnaissons également que ni "Evisceration Plague" ni "Torture" et encore moins "A Skeletal Domain" n'ont su creuser de profondes cicatrices dans la mémoire, saillies au demeurant hyper efficaces, à même de déclencher de furieux mosh pits dans les fosses du monde entier. Nous en étions donc là, avec la bande de l'inoxydable bassiste Alex Webster, seul membre historique avec le batteur Paul Mazurkiewicz, jusqu'à ce que déboule 'Code Of The Slashers', premier extrait de "Red Before Black". Livré avec un clip digne d'une bonne vieille série Z, avec plein de zombies dedans, ce titre alterne modelés robustes et brutales éruptions de pus, nous laissant imaginer que les Américains ont absorbé de l'EPO par boîte de douze. Apparemment peu pressés de s'enfermer dans une maison de retraite, ces derniers affolent les compteurs Geiger en dégueulant un de leurs titres les plus jubilatoires entendus depuis des lustres, destiné à devenir un indispensable de leurs concerts. Résultat d'une puissance de frappe égale à celle de gamins vigoureux conjuguée à un savoir-faire éprouvé, le reste est taillé dans le même boyau, qui martèle un metal de la mort d'une énergie testiculeuse mais dont le cuir de la peau, avec l'âge, s'est épaissi et de laquelle se détachent de lourds lambeaux jonchant le sol comme un automne sanguinolent, ce qu'illustre un 'Remained' que lacèrent de lourds crochets aux allures d'excavatrices. Loin de s'être assagi avec le temps, le quintet de Buffalo est à l'unisson d'une brutalité caverneuse – mention spéciale d'ailleurs à George "Corpsegrinder" Fisher et ses rocailleuses gorges profondes - qui rend ses agressions certes moins radicales, plus mélodiques peut-être (pour des oreilles habituées s'entend !) mais certainement pas moins meurtrières. Il suffit de se prendre en pleine face des uppercuts de l'acabit de 'Red Before Black', 'Scavenger Consuming Death' ou 'Only One Will Die' qui moissonnent un champ de cadavres pour constater que Cannibal Corpse, plus que jamais saigneur du phrasé sismique, demeure toujours une redoutable machine de guerre que rien ne vient jamais enrayer. Construites sur une stratigraphie serrée, ces compos d'une compacte densité ont quelque chose de chars d'assaut qui font trembler le sol ('Firestorm Vengeance'), lancés à vive allure mais embourbés au fond d'un charnier. Affichant une forme insolente, le dinosaure du death metal prouve avec "Red Before Black" qu'il peut encore nous surprendre, crachant son effort le plus heavy depuis quinze ans ! 3.5/5 (02/10/2017)
Reconnaissons également que ni "Evisceration Plague" ni "Torture" et encore moins "A Skeletal Domain" n'ont su creuser de profondes cicatrices dans la mémoire, saillies au demeurant hyper efficaces, à même de déclencher de furieux mosh pits dans les fosses du monde entier. Nous en étions donc là, avec la bande de l'inoxydable bassiste Alex Webster, seul membre historique avec le batteur Paul Mazurkiewicz, jusqu'à ce que déboule 'Code Of The Slashers', premier extrait de "Red Before Black". Livré avec un clip digne d'une bonne vieille série Z, avec plein de zombies dedans, ce titre alterne modelés robustes et brutales éruptions de pus, nous laissant imaginer que les Américains ont absorbé de l'EPO par boîte de douze. Apparemment peu pressés de s'enfermer dans une maison de retraite, ces derniers affolent les compteurs Geiger en dégueulant un de leurs titres les plus jubilatoires entendus depuis des lustres, destiné à devenir un indispensable de leurs concerts. Résultat d'une puissance de frappe égale à celle de gamins vigoureux conjuguée à un savoir-faire éprouvé, le reste est taillé dans le même boyau, qui martèle un metal de la mort d'une énergie testiculeuse mais dont le cuir de la peau, avec l'âge, s'est épaissi et de laquelle se détachent de lourds lambeaux jonchant le sol comme un automne sanguinolent, ce qu'illustre un 'Remained' que lacèrent de lourds crochets aux allures d'excavatrices. Loin de s'être assagi avec le temps, le quintet de Buffalo est à l'unisson d'une brutalité caverneuse – mention spéciale d'ailleurs à George "Corpsegrinder" Fisher et ses rocailleuses gorges profondes - qui rend ses agressions certes moins radicales, plus mélodiques peut-être (pour des oreilles habituées s'entend !) mais certainement pas moins meurtrières. Il suffit de se prendre en pleine face des uppercuts de l'acabit de 'Red Before Black', 'Scavenger Consuming Death' ou 'Only One Will Die' qui moissonnent un champ de cadavres pour constater que Cannibal Corpse, plus que jamais saigneur du phrasé sismique, demeure toujours une redoutable machine de guerre que rien ne vient jamais enrayer. Construites sur une stratigraphie serrée, ces compos d'une compacte densité ont quelque chose de chars d'assaut qui font trembler le sol ('Firestorm Vengeance'), lancés à vive allure mais embourbés au fond d'un charnier. Affichant une forme insolente, le dinosaure du death metal prouve avec "Red Before Black" qu'il peut encore nous surprendre, crachant son effort le plus heavy depuis quinze ans ! 3.5/5 (02/10/2017)
KröniK | Anaal Nathrakh - The Whore Of The Law (2016)
Le nombre d'années au compteur – presque une vingtaine – n'a pas entamé la légendaire brutalité de Anaal Nathrakh, comme vient l'illustrer "The Whole Of The Law", neuvième méfait (déjà !) dont l'intensité n'a rien à envier à celle de ses aînés.
Les Anglais ont toujours su cultiver leur différence au sein d'une scène black sclérosée par les stéréotypes, en faisant fi des codes visuels de celles-ci (pas de ripolin sur la figure et des jeans et baskets en guise de tenue) et n'hésitant pas à passer à la moulinette indus voire electro un style qu'ils violentent avec l'agressivité effrénée du groupe de death metal qu'ils ont en fait peut-être toujours été. Que V.I.T.R.I.O.L. (David Hunt pour les impôts) gueule également dans le micro des vétérans de Benediction, participe d'ailleurs de cette filiation qui n'exonère en rien le magma organique que le duo martèle de sa dimension apocalyptique. Durant plus de cinquante minutes, bonus compris et sur lesquels nous reviendrons, ce nouvel opus imprime une violence hallucinée en une bouillie supersonique crachée par des blasts syncopés et un rempart de guitares. D'une densité extrême, ce maillage tendu comme un string grouille de toutes parts, répandant une négativité aussi démentielle que corrosive ('And You Will Beg For Our Secrets'). Pourtant, alors qu'il est à l'unisson d'une radicalité dévastatrice qui emporte tout sur son sillage comme une machine de guerre lancée à vive allure, le duo prend soin d'aérer ses agressions par de fugaces fissures atmosphériques ('Depravity Favours The Bold'), quelques kystes électroniques ('The Great Spectator') et soli étonnamment mélodiques ('We Will Fucking Kill You') ou un chant clair qui surgit comme une salvatrice oasis de vie ('In Flagrante Delicto', 'On Being A Slave'), toutefois vite annihilée par ces battoirs dont la tranchante férocité confine à une forme de folie que décuple une maîtrise technique affolante dans la lignée d'un Strapping Yound Lad. Une beauté sourde parvient même à suinter d'un 'Of Horror, And The Black Shawls' qui achève ce menu terrassant qui peut alors enfin respirer, avant que ne déboule, en guise de bonus, une reprise toute personnelle et en cela tout d'abord assez méconnaissable du 'Powerslave' de Iron Maiden, puis celle de 'Man At C&A' du groupe de new wave The Specials. Avec "The Whole Of The Law", Anaal Nathrakh demeure fidèle à lui-même, démiurge d'un black death qui ne ressemble à nul autre, vibrant d'une intensité organique digne d'une centrale nucléaire en surchauffe. 3/5 (2016)
Les Anglais ont toujours su cultiver leur différence au sein d'une scène black sclérosée par les stéréotypes, en faisant fi des codes visuels de celles-ci (pas de ripolin sur la figure et des jeans et baskets en guise de tenue) et n'hésitant pas à passer à la moulinette indus voire electro un style qu'ils violentent avec l'agressivité effrénée du groupe de death metal qu'ils ont en fait peut-être toujours été. Que V.I.T.R.I.O.L. (David Hunt pour les impôts) gueule également dans le micro des vétérans de Benediction, participe d'ailleurs de cette filiation qui n'exonère en rien le magma organique que le duo martèle de sa dimension apocalyptique. Durant plus de cinquante minutes, bonus compris et sur lesquels nous reviendrons, ce nouvel opus imprime une violence hallucinée en une bouillie supersonique crachée par des blasts syncopés et un rempart de guitares. D'une densité extrême, ce maillage tendu comme un string grouille de toutes parts, répandant une négativité aussi démentielle que corrosive ('And You Will Beg For Our Secrets'). Pourtant, alors qu'il est à l'unisson d'une radicalité dévastatrice qui emporte tout sur son sillage comme une machine de guerre lancée à vive allure, le duo prend soin d'aérer ses agressions par de fugaces fissures atmosphériques ('Depravity Favours The Bold'), quelques kystes électroniques ('The Great Spectator') et soli étonnamment mélodiques ('We Will Fucking Kill You') ou un chant clair qui surgit comme une salvatrice oasis de vie ('In Flagrante Delicto', 'On Being A Slave'), toutefois vite annihilée par ces battoirs dont la tranchante férocité confine à une forme de folie que décuple une maîtrise technique affolante dans la lignée d'un Strapping Yound Lad. Une beauté sourde parvient même à suinter d'un 'Of Horror, And The Black Shawls' qui achève ce menu terrassant qui peut alors enfin respirer, avant que ne déboule, en guise de bonus, une reprise toute personnelle et en cela tout d'abord assez méconnaissable du 'Powerslave' de Iron Maiden, puis celle de 'Man At C&A' du groupe de new wave The Specials. Avec "The Whole Of The Law", Anaal Nathrakh demeure fidèle à lui-même, démiurge d'un black death qui ne ressemble à nul autre, vibrant d'une intensité organique digne d'une centrale nucléaire en surchauffe. 3/5 (2016)
Grave Pleasures | Dreamcash (2015)
S'il fut autrefois un des chanteurs les plus charismatiques de la chapelle black metal, grâce à deux albums référentiels, "Nouveau Gloaming" de Code et "Supervillain Outcast" de Dødheimsgard, publiés respectivement en 2005 et 2007, Mathew McNerney, plus connu sous le nom de Kvohst, a depuis longtemps largué les amarres vers d'autres cieux, moins extrêmes bien que toujours sombres, prenant ses distances avec l'art noir. On peut le regretter, mais il est également permis de s'en réjouir car les différents projets qui l'occupent désormais et dans lesquels sa voix claire et théâtrale fait des merveilles se révèlent aussi divers que passionnants. Quel rapport en effet entre le dark folk boisé de Hexvessel et le post punk de Grave Pleasures ? Peu de choses à priori, hormis ce chant puissamment émotionnel et ces ambiances gorgées d'une encre noire, celle du désespoir. Sujet de ces quelques lignes, penchons-nous un peu sur ce dernier. D'abord appelé Beastmilk et auteur il y a deux ans d'un opus remarqué, "Climax", le groupe change d'identité en début d'année, suite au départ du guitariste Goatspeed, ce qui scelle à la fois la fin d'une ère et le début d'une autre. Si le style reste identique, les musiciens, parmi lesquels figure notamment la blonde Linnéa Olsson (The Oath) à la six-cordes, sont bien décidés à franchir une étape supplémentaire vers un succès plus grand encore que sa signature, rock et apocalyptique, semble lui promettre. Le groupe a donc mis les petits plats dans les grands. Hébergé chez Sony et produit sous la houlette de Tom Dalgety, connu pour son travail avec Killing Joke, "Dreamcash" réunit toutes les qualités pour imposer ces géniteurs au-delà du simple public metal. Bien que courts, fignolés avec précision comme des pièces d'orfèvre et dotés de lignes mémorables ('Utopian Scream'), les titres sont pourtant loin d'être calibrés pour cartonner sur les ondes, pulsations au contraire souvent déglinguées et extrêmement personnelles dans leur expression à la fois très rock, mais néanmoins désenchantées, témoin ce 'New Hip Moon', sorte de tube rock mélancolique et pulsatif. Il y a constamment un détail qui vient finalement perturber une écoute moins confortable qu'il n'y parait. Ici des guitares vicieuses ('Crooked Vein'), là une mélodie qui ne file jamais droit (le percussif 'Crying Wolves'). Et toujours cette voix à nulle autre pareil, expressive et singulière qui confère nécessairement à l'art de Grave Pleasures une tonalité bien à part, à des années-lumière de la musique de grande consommation. En troquant un nom pour un autre, le groupe n'a pas seulement changé d'identité, il a atteint une maturité et tout simplement une autre dimension, réussissant en cela son pari. (2015)
Lightning Swords Of Death | The Extra Dimensional Wound (2010)
Si la Norvège ou le Québec par exemple, possèdent l’artillerie tant géographique qu’historique, propice à l’érection d’une chapelle impie, on ne peut pas en dire autant de la Californie, temple du soleil et des apparences. Les cohortes démoniaques y ont pourtant trouvé l’humus pour proliférer. Coincé, pour faire dans le raccourci, entre la veine dépressive et abyssale des Leviathan et autre Xasthur et la tendance plus évolutive développée par des formations telles que Ludicra ou Saros, Lightning Swords Of Death ne tisse que peu de liens avec ces artisans du son noir si ce n’est une froideur identique. Non, ces Américains ont davantage le regard rivé vers l’Europe du Nord. Leur musique, d’obédience norvégienne, l’empreinte granuleuse en moins, brûle d’un bois rapide et tranchant. Après un premier méfait, The Golden Plague et un split bien troussé avec Valdur, ils vomissent avec The Extra Dimensional Wound, le verset satanique qui pourrait peut-être les placer sous les feux de la rampe. Pour cela, ils peuvent compter sur l’appui de Métal Blade, même si ce label a parfois tendance à signer des produits bas gamme. Sur la qualité honnête de ce second blasphème longue durée, également. Avec leurs mines cloutées et patibulaires et une pochette malfaisante plus proche des canons du Death métal, on se doute que les mecs ne vont pas nous convier à un cours sur le point de croix. En guise d’aiguille, c’est plutôt une lame froide baignant dans le jus souillé par la vermine, qui leur sert à graver un black métal qui n’est jamais aussi percutant que lorsque les Californiens serrent le frein à main afin de dresser un bunker lourd et implacable sur cette plage délavée par la mort. Le reptilien "Venter Of The Black Beast", "Damnation Pentastrike" ou certaines décélérations mortifères (sur "The Extra Dimensional Wound" par exemple) illustrent ainsi que Lightning Swords Of Death atteint le point G en misant sur les atmosphères, comme il le fait aussi lors du long et terminal "Path To Chaos". Autant d'exemples d'un travail sur les ambiances malsaines qui n’atténue en rien la glaciale brutalité de ses géniteurs. Tout ça n’est pas très original, plus proche en terme de qualité de jeu des Verts que de l’OL mais suffisamment carré et solide pour plaire à ceux qui aiment quand le black se fait chauffer par le métal de la mort. L'esprit et l'âme qui guidaient les Grands Anciens paraissent tout de même bien loin... 3/5 (2010)
Pentagram | Last Rites (2011)
Last Rites, qu'habille un très bel artwork, est une confirmation. Quand bien même on le savait déjà, on mesure à son écoute, et nonobstant la valeur de ses trois précédents aînés, combien Pentagram a besoin du jeu goudronneux de Victor Griffin, dont la dernière participation remontait à 1994 et Be Forwarned, pour dresser fièrement le mât de l'inspiration la plus éclatante. Fort de la réunion du duo structuré autour du chanteur (et unique membre originel) Bobby Liebling et du guitariste, Last Rites, premier album du groupe depuis 2004 est à la hauteur de l'attente et des espoirs que les fans ont placé en lui et que le retour de Griffin a forcément réjoui. S'il était sans doute plus à sa place chez le plus modeste Black Widow, Pentagram devrait, grâce à l'appui de poids de Metal Blade, bénéficier désormais d'une exposition qui lui a sans doute toujours un peu manqué mais qui a toutefois contribué à en faire une formation culte chez les amateurs du riff velus 'sabbathien'. Last Rites le mérite car il est un album exemplaire, que d'aucuns affilieront au Doom traditionnel à l'américaine, mais qui reste avant toute chose du pur Hard-Rock coulé dans le plomb des aciéries de la côte Est. Mieux, les racines blues (on pense même parfois à Hendrix le temps de "Windmills And Chimes") font parfois plus qu'affleurer à la surface de cette terre charriant une mélancolie toujours pesante que distillent les lignes de guitare graisseuses de Victor Griffin, lequel, démontre quel grand musicien bourré de feeling jusqu'à la gueule, il demeure ("American Dream"). L'opus rassemble onze brûlots nerveux, efficaces et immédiats, qui ne perdent jamais de temps pour envoyer leur semence ultra heavy. Aidé par une prise de son à la fois puissante et roots, le groupe se montre impérial tout du long, de l'accrocheur "Treat Me Right" à l'ultra plombé "Nothing Left" qui referme ce livre riche en morceaux de bravoure. Citons le lent "8" à l'entame feutrée du plus bel effet et sans doute l'apogée de l'album, "Call The Man", "Walk In Blue Light" et "Into The Ground". Que dire de plus, si ce n'est que Pentagram vient d'enfanter d'une de ses hosties les plus jouissives. Souhaitons que cette bonne santé annonce une régularité retrouvée et que nous n'ayons donc plus à patienter encore sept ans avant de pouvoir s'enfoncer son successeur dans les cages à miel ! (2011)
KröniK | YOB - The Unreal Never Lived (2005)
Il faut battre le fer tant qu’il est chaud. En crachant le petit frère de son troisième méfait, The Illusion Of Motion, à peine un an après avoir publié ce dernier, YOB a, en n’a pas douter, fait sien cet adage. Encore une fois, les ricains nous gratifient de seulement quatre titres en 50 minutes environ ! Y a pas besoin de s’armer d’une calculette pour comprendre qu’il s’agit de pavés d’une durée conséquente. Deux genres en particulier aiment rien moins qu’étirer ses chansons jusqu’à la rupture : le progressif et le doom. YOB n’ayant rien à voir avec Yes, il pratique donc du doom ; un doom cosmique comme lui seul est capable actuellement d’en torcher. Et étant américain, le trio vomit une musique qui, sans être aussi roots que celle de Saint Vitus par exemple, ou aussi extrême que celle de Khanate ou de Sunn O))), possède ce son si caractéristique ; ces guitares au goût prononcé de ferraille ; et cette rythmique granitique, propres au doom de son pays d’origine. Cosmique car ces quatre morceaux s’envolent très haut vers des sphères célestes qu’aucun autre groupe auparavant n’a oser explorer. Cosmique enfin, pour ses paroles versant dans le mystique, une des marques de fabrique du trio. Proche parfois de Sons Of Otis, YOB s’en éloigne malgré tout par une approche plus structurée de ses compositions qui sont tout sauf des jams improvisées et ce, en dépit de leur longueur parfois exagérée (plus de 20 minutes pour l’infernal “ The Mental Tyrant ”) ; ainsi que par le désespoir qui enveloppe sa musique (comme sur l’énorme “ Quantom Mystic ” ou “ Grasping Air ”). En tout cas, le groupe nous offre encore une fois un album de doom monstrueux et tout bonnement remarquable, à conseiller aux amoureux des divagations acides d’Electric Wizard, en plus accessible toutefois. 3.5/5 (2006)
KröniK | YOB - The Illusion Of Motion (2004)
YOB est encore un jeune groupe et The Illusion Of Motion n’est que son troisième album. Mais il s’agit du premier à bénéficier d’une large exposition car produit par le puissant label indépendant Metal Blade. Cette signature devrait permettre aux Américains de mieux faire connaître leur musique. Et Dieu sait qu’elle le mérite ! En dépit d’un patronyme ridicule, le groupe lui, ne rigole pas et délivre un doom gigantesque à la fois aussi tellurique que les abîmes de l’enfer (“ Exorcism Of The Host ”) et aussi cosmique qu’un Pink Floyd ayant absorbé du LSD par boîte de 12, même si l’ensemble a la légèreté d’un porte-avion. On pense parfois à Electric Wizard, les délires acides en moins. L’analogie ne s’arrête pas là car les deux groupes s’articulent autour d’un trio (ce n’est toutefois plus le cas pour les rosbifs). De fait YOB, quand bien même il régurgite des morceaux très longs (plus de 26 minutes pour le dernier des quatre titres qui composent The Illusion Of Motion), a cette capacité à aller à l’essentiel. La guitare, la basse et la batterie n’ont pas besoin de nappes de claviers pour tricoter les atmosphères mélancoliques chères au doom. Cependant, répandre le désespoir ne constitue pas la priorité des Américains qui préfère voir copuler leurs instruments afin de cracher la musique la plus pachydermique possible. Malgré leur longueur qui les entraîne parfois au bord de la rupture, les chansons ne sombrent pas dans une lenteur pétrifiée et mortifère (bien que le morceau–titre, déjà cité, soit un pavé monstrueux qui n’est pas si aisé à savourer jusqu’au bout) . Elles ne nous invitent pas non plus à contempler des paysages désolés ou gangrenés par une urbanité suppliciée. Elles sont davantage un plongeon dans un labyrinthe sonore, certes plutôt extrême, mais où la mélodie n’est jamais bien loin, grâce à un chant qui donne l’impression d’entendre Ozzy avec un gros rhume, et à des riffs de toute beauté. Vu l’excellence de cet album et un potentiel qu’on devine énorme, YOB est un groupe à suivre de très très près, et qui possède déjà une identité forte au sein de la scène doom américaine. 3,5/5 (2006)
KröniK | Bison B.C. - Dark Ages (2010)
Soit: ils ne sont pas Américains mais Canadiens C’est tout comme pourtant ! En effet, il n’y a que les enfants de la bannière étoilée pour vidanger un tel stoner doom lourd et graisseux, et qui sent sous les bras. Avec leur gueule de barbus buveurs de bière, sorte de cousins éloignés des Mastodon, on se doute bien d’ailleurs que les mecs de Bison B.C. ne font pas dans la ballade sirupeuse ou le metalcore pour puceaux à la recherche de sensations fortes ! Deux ans après un premier essai longue durée, "Quiet Earth", de bonne mémoire, les Canadiens remettent donc le couvert pour un festin encore plus imposant, à base de heavy doom épique braillé par une gorge profonde plus sludge/hardcore que façon « je me suis coincé les glaouis dans ma braguette ». "Dark Ages" reprend les choses où les a laissé son prédécesseur tout en lui insufflant plus de profondeur. A la croisée de plusieurs (sous) genres, lesquels ont tous en commun une lourdeur pachydermique identique, Bison B.C. sculpte dans la roche de Monument Valley des compositions dont la durée ne leur fait jamais perdre en vigueur. Propulsées par une rythmique du feu de Dieu, ces sept enclumes semblent n’être guidées que par un seul but : scotcher l’auditeur à la tapisserie. Parfois à la limite du doom mazouté ("Fear Cave", "Wendigo Pt. 3", descente abyssale dans une mine de charbon en dépit de ses premières minutes acoustiques), menées par des harmonies très heavy-métal ("Stressed Elephant") et des soli parfois beau à en pleurer, elles érigent un mur que fissure une mélancolie certaine. Le groupe aime prendre son temps et tricoter de longues introductions (les accents orientaux du grandiose "Melody, This Is For You" qui ne démarre en réalité qu'après plusieurs minutes instrumentales de toute beauté, ou l‘énorme "Die Of Devotion", contre lequel vient se fracasser une tornade de riffs biberonnés au grand hard rock seventies). Ceux qui préfèrent du heavy plus classique et mélodique pourront être rebutés, aussi bien par la pesanteur constante de l’ensemble, malgré quelques titres plus rapides ("Two-Day Boose" et son final très maidenien un peu maladroit du reste) que par le chant hurlé de James Gnarwell. De fait, "Dark Ages" s’adresse davantage aux mangeurs de viande grasse et velue à la High On Fire, en moins stoner et en plus doom, qui eux, trouveront matière à se décrocher le cou avec cet album en tout point supérieur à son aîné. Ce n’est pas encore parfait mais Bison B.C. est sur la bonne voie. Vivement la suite par conséquent, notamment sur scène où ce métal de mammouth doit carrément prendre toute sa démesure. 3/5 (2010)
KröniK | Brainstorm - Just Highs No Lows (2009)
Certaines (mauvaises) habitudes ont la vie dure. Par exemple, celle qui consiste pour un label à automatiquement se délester d'une compilation lorsqu'un de ses poulains quitte l'écurie pour aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte. C'est le cas de Metal Blade avec Brainstorm dont le nouvel opus, Memorial Roots, est d'ailleurs sorti il y a peu chez AFM. Le temps de deux disques remplis jusqu'à la gueule - ce qui est peut-être même un peu trop pour un groupe certes sympathique et qui n'a jamais vraiment déçu mais détenteur d'une aura somme toute modeste - Just Highs No Lows se veut une synthèse qui fait le tour du propriétaire avec une certaine exhaustivité.
Ainsi, si ce best of se concentre en toute logique sur les années Metal Blade, soit de 2000 à 2008, il n'en oublie pas pour autant les premiers albums, Hungry (1997) et Unholy (1998), chacun ayant droit à un titre en version live (respectivement "Liar's Edge" et "Voices"). Rapidement visités, ils forment deux opus un peu oubliés aujourd'hui car ils n'étaient alors pas propulsés par le chant puissant de Andy B. Frank (Symphorce), frontman injustement méconnu. Ce n'est pas pour rien que son arrivée au sein de l'équipe pour Ambiguity (2000) a coïncidé avec une phase ascendante en terme de popularité. Ni fun comme Edguy, ni speed comme Gamma Ray, ni traditionnel comme Grave Digger et encore moins alimenté par l'école Blackmore/Malmsteen à l'instar de Silent Force, Brainstorm, bien qu'arborant une cuirasse assez classique, diffère quelque peu du heavy habituellement usiné par les aciéries d'outre-Rhin, notamment par ces détours vers le power metal que le groupe sait injecter à une plastique aussi mélodique que redoutable. Les lignes vocales sont inspirées et mises au service d'une écriture toujours efficacement ciselée. Habile flasback, Just Highs No Lows déroule un menu à rebours, débutant par quatre extraits (dont "Fire Walk With Me") de Downburst, dernier album studio publié chez Metal Blade. Puis Liquid Monster est évoqué à part égale, cependant que le merveilleux Soul Temptation, sans doute l'apogée tant commerciale qu'artistique de ses auteurs, se voit représenté par pas moins de six morceaux, dont la trilogie "Trinity And Lust". Le second disque poursuit la remontée dans le temps en honorant Metus Mortis et Ambiguity. Sinon, aucun inédits à l'horizon, si ce n'est quelques miettes (des bonus présents sur des versions japonaises) un peu rares afin d'attirer le chaland, telles que "Breathe", "Face Down" ou "Drowning", bonnes compositions au demeurant et en tout point conformes au style des Allemands. Citons enfin une reprise de Judas Priest, "Before The Dawn", figurant sur le EP All Those Words (2005). Beaucoup de bonnes choses donc pour cette visite assez complète du répertoire d'une formation dont on se rend compte qu'elle mérite mieux que sa place d'éternel Poulidor du heavy teuton. 3/5 (2009)
Ainsi, si ce best of se concentre en toute logique sur les années Metal Blade, soit de 2000 à 2008, il n'en oublie pas pour autant les premiers albums, Hungry (1997) et Unholy (1998), chacun ayant droit à un titre en version live (respectivement "Liar's Edge" et "Voices"). Rapidement visités, ils forment deux opus un peu oubliés aujourd'hui car ils n'étaient alors pas propulsés par le chant puissant de Andy B. Frank (Symphorce), frontman injustement méconnu. Ce n'est pas pour rien que son arrivée au sein de l'équipe pour Ambiguity (2000) a coïncidé avec une phase ascendante en terme de popularité. Ni fun comme Edguy, ni speed comme Gamma Ray, ni traditionnel comme Grave Digger et encore moins alimenté par l'école Blackmore/Malmsteen à l'instar de Silent Force, Brainstorm, bien qu'arborant une cuirasse assez classique, diffère quelque peu du heavy habituellement usiné par les aciéries d'outre-Rhin, notamment par ces détours vers le power metal que le groupe sait injecter à une plastique aussi mélodique que redoutable. Les lignes vocales sont inspirées et mises au service d'une écriture toujours efficacement ciselée. Habile flasback, Just Highs No Lows déroule un menu à rebours, débutant par quatre extraits (dont "Fire Walk With Me") de Downburst, dernier album studio publié chez Metal Blade. Puis Liquid Monster est évoqué à part égale, cependant que le merveilleux Soul Temptation, sans doute l'apogée tant commerciale qu'artistique de ses auteurs, se voit représenté par pas moins de six morceaux, dont la trilogie "Trinity And Lust". Le second disque poursuit la remontée dans le temps en honorant Metus Mortis et Ambiguity. Sinon, aucun inédits à l'horizon, si ce n'est quelques miettes (des bonus présents sur des versions japonaises) un peu rares afin d'attirer le chaland, telles que "Breathe", "Face Down" ou "Drowning", bonnes compositions au demeurant et en tout point conformes au style des Allemands. Citons enfin une reprise de Judas Priest, "Before The Dawn", figurant sur le EP All Those Words (2005). Beaucoup de bonnes choses donc pour cette visite assez complète du répertoire d'une formation dont on se rend compte qu'elle mérite mieux que sa place d'éternel Poulidor du heavy teuton. 3/5 (2009)
KröniK | Ravage - The End Of Tomorrow (2009)
Cette seconde rafale de ces Américains, en près de quinze ans d'existence tout de même, ne fait pas tout à fait mentir l'adage "l'habit ne fait pas le moine". En effet, avec sa pochette, plutôt réussie soit dit en passant, dessinée par le maître Ed Repka, on pense tout d'abord aisément deviner le contenu de The End Of Tomorrow : du thrash à l'ancienne donc. Mais ce n'est pas tout à fait le cas.
Alors certes, tout y est, des cavalcades de guitares en passant par les saillies bien speed dans la grande tradition du genre. On pense à Exodus, à Megadeth, bref à toute cette époque glorieuse des années 80. Passéiste peut-être, sans originalité particulière, sans doute mais Ravage sait se distinguer des palettes entières de prépubères qui ne cessent actuellement de téter avec gourmandise les sein généreux des ancêtres de la Bay Area en injectant une bonne dose de heavy metal à son speed/thrash des familles. Chant façon "je me suis coincé les couilles dans la braguette de mon jean moule-bite" ("The Shredder") et harmonies de six-cordes à la Maiden ("Into The Shakles" par exemple) procèdent ainsi de cette influence bienvenue, particulièrement évidente sur un morceau tel que "Damn Nation" et ses choeurs très Vierge de Fer. Dégommant douze missiles en moins d'une heure, cet album fonce à toute allure et devrait de fait permettre à tous les amoureux et nostalgiques du genre de se taper des pignoles en headbanguant à l'écoute des frénétiques "Reign Fall" (probablement le meilleur titre du lot en ouverture qui plus est), "The Nightmare"s Hold", "Freedom Fighter"... Et quand on croit que Ravage va se reposer un moment, calmer le jeu, cela ne dure en réalité guère plus qu'un instant, à l'image des premières mesures de "Nightcrawler", reprise survitaminée et bandante de Judas Priest. Bien entendu, ces Américains n'inventent rien mais ils connaissent leur leçon par coeur qu'ils récitent sans prétention aucune : c'est bien là le plus important. Gageons qu'en bénéficiant de l'appui désormais de Metal Blade, Ravage pourra enfin goûter au succès ce que les labels obscurs après desquels il végétaient depuis lui a empêcher de concrétiser... Voilà donc un album pas prise de tête et qui remplit très honnêtement son cahier des charges. 3/5 (2009) | Facebook
Alors certes, tout y est, des cavalcades de guitares en passant par les saillies bien speed dans la grande tradition du genre. On pense à Exodus, à Megadeth, bref à toute cette époque glorieuse des années 80. Passéiste peut-être, sans originalité particulière, sans doute mais Ravage sait se distinguer des palettes entières de prépubères qui ne cessent actuellement de téter avec gourmandise les sein généreux des ancêtres de la Bay Area en injectant une bonne dose de heavy metal à son speed/thrash des familles. Chant façon "je me suis coincé les couilles dans la braguette de mon jean moule-bite" ("The Shredder") et harmonies de six-cordes à la Maiden ("Into The Shakles" par exemple) procèdent ainsi de cette influence bienvenue, particulièrement évidente sur un morceau tel que "Damn Nation" et ses choeurs très Vierge de Fer. Dégommant douze missiles en moins d'une heure, cet album fonce à toute allure et devrait de fait permettre à tous les amoureux et nostalgiques du genre de se taper des pignoles en headbanguant à l'écoute des frénétiques "Reign Fall" (probablement le meilleur titre du lot en ouverture qui plus est), "The Nightmare"s Hold", "Freedom Fighter"... Et quand on croit que Ravage va se reposer un moment, calmer le jeu, cela ne dure en réalité guère plus qu'un instant, à l'image des premières mesures de "Nightcrawler", reprise survitaminée et bandante de Judas Priest. Bien entendu, ces Américains n'inventent rien mais ils connaissent leur leçon par coeur qu'ils récitent sans prétention aucune : c'est bien là le plus important. Gageons qu'en bénéficiant de l'appui désormais de Metal Blade, Ravage pourra enfin goûter au succès ce que les labels obscurs après desquels il végétaient depuis lui a empêcher de concrétiser... Voilà donc un album pas prise de tête et qui remplit très honnêtement son cahier des charges. 3/5 (2009) | Facebook
KröniK | Gwar - Lust In Space (2009)
Les plus vieux d'entre vous se souviennent certainement de l'arrivée sur terre des affreux jojos de Gwar. C'était en 1988 et leur premier vol hors de leur planète s'intitulait "Hell-O". Avec leurs têtes de gargouilles de l'espace et leur accoutrement improbable, sans doute piqué à la production de San Ku Kai, peu à l'époque les ont réellement pris au sérieux et ce, en dépit d'une musique plutôt solide, fruit de la copulation entre heavy-metal, thrash et punk. Près de vingt-cinq ans après sa naissance, le vaisseau spatial est pourtant toujours en orbite, fermement piloté par le capitaine et chanteur Orderus Urungus. La preuve, "Lust In Space" est déjà sa onzième croisière. La raison de cette étonnante longévité est simple. A des années-lumière d'un Lordi, Kiss du pauvre pour fête foraine dont on n'entendra certainement plus parler très bientôt, les Américains, s'ils font encore sourire avec leur maquillage et leurs déclarations tapageuses, eux, ne rigolent pas musicalement. D'ailleurs, n'oublions pas que John Cobbett, guitariste des superbes Hammers Of Misfortune, Ludicra et Slough Feg, a un temps fait partie de l'équipage. Un signe qui ne trompe pas... Moins bordélique, moins sale, plus sage aussi que certaines de ses devancières, "Lust In Space", habillée d'une pochette d'un très bon goût, poursuit l'évolution entamée depuis quelques albums vers une plastique plus foncièrement mélodique, bien qu'elle n'appartienne toujours qu'à ses géniteurs. Témoin, le fabuleux titre (assurément le meilleur du lot) qui donne son nom à cette nouvelle cuvée, longue échappée catchy aux riffs qui vrillent le cerveau. On peut être masqué mais pas manchots ; les vilains clowns savent écrire de vraies chansons, parfaitement charpentées, courtes et ramassées. Parfois énervées ("Let Us Slay"), plus pesantes (le thrashy "Damnation Under God" ou "Release The Flies", assez sophistiqué car plus porté sur les ambiances et un autre temps fort de ce menu), voire presque rock 'n' roll ("The Uberklaw" et sa cadence effrénée que transpercent des chœurs déjantés), elles foncent à toute allure, négocient les virages avec habileté (l'excellent "Where Is Zog ?", reposant sur un modelé rythmique tortueux) et finissent par creuser des sillons profonds dans la mémoire ("Parting Shot", zébré par des soli bien troussés et cassé par de nombreuses fractures), preuve de la maîtrise demeurée intacte de nos lascars qui ne se prennent jamais la tête. Si on est souvent proche de la parodie ("Metal Metal Land"), Gwar n'est pas non plus Manowar et sait éviter le piège du ridicule. "Lust In Space" se veut sans prétention. Et comme souvent lorsque c'est le cas, on ne saurait s'attendre à un chef-d'œuvre. Les Américains n'en ont de toute façon jamais réellement pondu et s'en moquent probablement. Eux, ce qui les intéressent c'est de convier l'auditeur à une espèce de partouze fun et intersidérale. Le cahier des charges est donc respecté. Les amateurs ne seront pas dépaysés par un album ni pire ni meilleur que ses aînés. Du Gwar, quoi, inclassable et intemporel. 3/5 (2009)
God Dethroned | Passiondale (2009)
En dépit de ses presque deux décennies d'existence et un parcours qu'aucun mauvais disque n'est venu entacher (certains, tel The Grand Grimoire, peuvent même être considéré comme des petits classiques du genre), God Dethroned n'est parvenu à s'extraire des marécages de la série B.
KröniK | Hail Of Bullets - Warsaw Rising (2009)
Planning chargé pour Martin van Drunen en ce milieu d'année 2009 : entre Death... The Brutal Way, chargé de sceller le retour aux affaires d'Asphyx, et ce Warsaw Rising de Hail Of Bullets, le chanteur ne chôme pas.
Inscription à :
Articles (Atom)






















