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Ricky Diamond | Already Dead (2019)



















Ne vous fiez pas aux apparences, Ricky Diamond n'est pas le nom d'un musicien mais celui d'un groupe, power-trio espagnol avide de riffs bien gras, de courbes velues et de vocalises qui sentent la Gitane et le Bourbon.

Goddess | Mary Paz Pondal


Julio Buchs | Les 4 desperados (1969)
























Western réputé bien que relativement méconnu, Les 4 desperados mérite en effet le détour. Si son titre laisse augurer une petite pellicule de série comme l'Europe en usinait alors à la pelle, ce film réalisé par le modeste Julio Buchs a l'intelligence de se démarquer justement de la production courante.

Richard Blasco | Les 3 épées de Zorro (1963)
























A l'ombre du chef-d'oeuvre indépassable de Rouben Mamoulian, il existe une foultitude de petits Zorros, souvent européens. On pense bien entendu au film avec Alain Delon (pas son meilleur rôle soit dit en passant) ou au Signe de Zorro (1963) de Mario Caiano.

Onirophagus | Endarkenment (Illumination Through Putrefaction) (2019)



















L'habit ne fait pas (toujours) le moine. Ainsi, faute de sucer la moelle d'un death tout court que sa pochette et le logo de son auteur promettaient, "Endarkenment" épand le morbide brouet d'un death doom granitique. Paresseux comme la partition qu'ils sculptent, les Espagnols auront mis six ans pour accoucher d'un successeur à l’originel "Prehuman".

Jesus Franco | Les orgies indéfendables d'Emmanuelle (1982)
























Pour qui regardait l'émission La classe sur FR3 à la fin des années 80, découvrir que l'une de ses "élèves", Muriel Montossey, a débuté sa carrière chez Jesus Franco pour lequel elle s'est déshabillé peu farouchement dans sept films, est quand même un peu surréaliste et ce, malgré ce charme à l'eau de rose qu'elle a toujours affiché.

A lire | Funeral Sun - The Dragging (2018)


En 2015, après quatre enclumes et onze ans de bons et loyaux services rendus à la cause d'un doom aussi énervé que goudronneux, Horn Of The Rhino mettait la clé sous la porte. Deux ans plus tard, Javier Gálvez, son chanteur et guitariste, fonde (enfin) un nouveau groupe baptisé Funeral Sun. Ceux qui s'attendent à une resucée de son ancien port d'attache, à du très lourd et pachydermique donc, en seront (un peu) pour leur frais même si la bestiole affole tout autant le compteur Geiger. Quoique toujours fidèle à la formule du power trio, qui lui permet d'aller à l'essentiel, sans fioriture mais pas sans gras, l'Espagnol s'aventure cette fois davantage vers une expression nettement plus mélodique sinon lyrique. La principale différence entre Funeral Sun et Horn Of The Rhino réside avant tout dans le chant qui étonne par sa pureté sentencieuse loin du registre rocailleux que Javier usait jusqu'alors.

De fait, on n'a d'abord du mal à croire que les deux groupes sont issus du même fruit. Les riffs sabbathiens libérés par une guitare accordée plus bas que terre, viennent heureusement nous rappeler les talents de spéléologue du gaillard, témoin le long et tellurique final de 'Let Them Bleed', qui s'abat comme une surpuissante chape de plomb. Sur 'The Dragging', Gálvez allie de nouveau la clarté mélancolique d'un chant parfois haut perché avec des coulées de lave qui, en fin de parcours, débouche sur un solo éblouissant de Rob Barrett, échappé de Cannibal Corpse le temps de cette conclusion mordante. EP deux titres peut-être mais d'une bonne quinzaine de minutes quand même, cette carte de visite dévoile un groupe bigrement prometteur, certes moins bourru voire brutal que Horn Of The Rhino mais tout aussi capable de faire trembler la terre avec un doom d'une ambivalence épique à la fois pesant et lumineux.  (10.09.2018)


KröniK | Hela - Death May Die (2017)


Encore un groupe de doom à chanteuse, allez-vous vous écrier. Pourtant, outre le fait que les Espagnols ont déjà quelques années et trois rondelles au compteur, Hela mérite mieux que cette étiquette désormais à la mode. Sur ce terrain autrefois surprenant mais aujourd'hui lessivé par une cohorte de combos menés par d'obscures prêtresses, trois caractères sont nécessaires pour de se distinguer, s'extraire de la nasse.Le premier tient aux qualités vocales de la chanteuse. Serrant également le manche de la seconde guitare, Mireia Porto associe un timbre sombrement accrocheur à une beauté qui n'est bien entendu pas pour nous déplaire.
La belle succède avantageusement à Isabel Sierra sur tous les tableaux et redonne des couleurs (noires) à cet organe féminin de plus en plus dévoyé. Elle est incontestablement la grande découverte de cette offrande. Le deuxième  réside dans la qualité d'une écriture qui se doit d'être épaisse. "Death May Die" témoigne que les Ibériques n'ont aucun souci à se faire de ce côté là non plus. Ils maçonnent ainsi un édifice aux fondations pesantes que ce nouvel opus entraîne dans les arcanes menaçantes d'une musique moins stoner (même s'il en reste quelque chose sur 'Dark Passenger' notamment) que sur "Broken Cross" (2013) et tout simplement plus doom. Un doom râblé sillonnant une forêt nocturne qui abrite quelque cérémonie mystérieuse en l'honneur de divinités oubliées. Baignant toujours, comme leurs devancières, dans un climat occulte, ces pistes aux allures de pièces d'orfèvrerie, prennent le temps de distiller des atmosphères chargées en noirceur pétrifiée. On tient d'ailleurs là le troisième et dernier trait indispensable pour se détacher, à savoir la capacité à ouvrir les vannes d'un flot ténébreux, à creuser dans le sol des artères au fond desquelles macère un stupre corrosif. Prisonnier d'une gangue de plomb, "Death May Die" se dresse sur des guitares trapues dont la peau est cisaillée par les griffures de la vocaliste. De ces plaies béantes suintent des émotions tour à tour désespérées ou envoûtantes ('Repulsion'). Etonnamment, après avoir lentement étiré ses noueux tentacules, le menu s'achève avec un 'Bodies In Hell', sec comme un coup de trique, épilogue fiévreusement rapide qui voit Mireia se faire plus agressive, panthère noire déchiquetant sa proie sacrificielle sur un autel impur. Pour toutes ces raisons que synthétise ce recueil de psaumes lourds et volcaniques, Hela n'est pas un groupe de doom à chanteuse de plus mais bien un des prêtres les plus prometteurs de ce culte dédié à la déesse du sacro saint riff. 3.5/5 (02/11/2017)






KröniK | Aversio Humanitatis - Longing For The Untold (2017)


On peut toujours faire confiance à Sentient Ruins Laboratories pour dénicher de terrifiants fossoyeurs, peintres déments d'une expression abyssale dont la noirceur apocalyptique parait sans limites. Aversio Humanitatis vient nous en fournir l'illustration la plus effroyable. Nous étions pourtant passés à côté de ces Espagnols auteurs jusqu'à présent d'un seul album il y a six ans (Abandonment Ritual), suivi par deux splits dont Three Ways Of Consciousness que le groupe remplissait de trois pistes agglomérées aujourd'hui comme bonus à la réédition en cassette de ce Longing For The Untold, publié à l'origine en CD par son compatriote BlackSeed Productions.
Après avoir pénétrés l'intimité crépusculaire de cette offrande, on mesure vite combien nous avions eu tort d'ignorer cette horde noire qui érige un tertre à la fois cyclopéen et caverneux avec une puissance venimeuse. Dès le départ, il y a ce visuel qui tranche par rapport aux canons du genre, avec cette mer déchainée qui se fracassent contre des rochers. Bien qu'évoquant un quelconque black metal d'obédience post atmosphérique, celui-ci exerce néanmoins d'emblée une espèce de fascination, une sorte d'attraction magnétique, invite impérieuse à plonger dans des remous ténébreux. Et c'est en réalité un art noir aussi convulsif que tranchant, qui bouillonne d'une négativité tendue, qui s'ébranle avec l'éponyme Longing For The Untold. Implacables de maîtrise dans l'érection d'une forteresse tumultueuse, les Ibériques font couler dans ce metal ombrageux le jus d'un death aussi vicié que reptilien, aboutissant à un matériau étouffant qui s'abîme avec des soubresauts frénétiques dans les entrailles obscures de cavités glaciales comme la roche en hiver. Denses et gonflées d'une tension sismique, ces compos épousent la forme torrentielle de labyrinthes dont les tentaculaires ramifications se répandent sous la terre en un lacis compliqué. Sur un socle rythmique inhumain, Aversio Humanitis sculpte un édifice oppressant que percent des tunnels sinueux aux allures de corridors pétrifiés. Dans le sillage infernal des Abyssal et autre Deathspell Omega, les Espagnols participent de cette mutation fiévreuse où black et death metal s'accouplent en un rituel cérébral, gommant les frontières, les limites, vortex désincarné broyant toute trace de vie et de chaleur, voire d'émotions si ce n'est une mélancolie froide et nauséeuse. Dissonant, Longing For The Untold palpite d'une force incisive comme un couperet souillé de sang, béhémoth qui emporte tout sur son passage et creuse de profonds stigmates dans la peau et dans la mémoire. Une découverte ! 3.5/5 (13/08/2017)






KröniK | Evadne - A Mother Named Death (2017)


Plus que dans tout autre genre, à l’exception peut-être de l’art noir avec lequel il partage une même force émotionnelle et un pouvoir de fascination ad hoc, il existe dans le doom un véritable déterminisme géographique qui explique qu’un groupe du sud de l’Europe ne rivalisera jamais – ou si peu – en noirceur avec un confrère de misère venu du nord, d’Angleterre, des Pays- Bas et plus encore de Scandinavie. Si sa voisine lusitanienne, dont les prêtres doloristes sculptent souvent un matériau cryptique et ténébreux plus proche en cela du black metal que des héritiers de Black Sabbath , fait presque office d’exception, la chapelle espagnole confirme cette règle, souffrant généralement d’un déficit certain en mélancolie froide.
Il n’y a qu’à écouter Evadne pour mesurer la profondeur du gouffre qui existera toujours entre lui et les références finlandaises qui servent de combustible à son doom death malheureusement plus mélodique que funéraire. Proche du style façonné par Shape Of Despair depuis « Illusion’s Play », lui-même d’ailleurs déjà beaucoup moins blafard sinon suicidaire que celui, spectral et mortuaire, que dessinaient dans une brume sinistre « Shades Of… » puis « Angels Of Distress », « A Mother Named Death » sonne ainsi comme une copie ensoleillée bien qu’elle ne répande qu’une pale lumière, de ce doom éthéré du pays des mille lacs (‘Scars That Bleed Again’). Ceci étant, ce troisième album, après un hiatus de cinq ans, seulement interrompu par le EP « Dethroned By Light », confirme la maîtrise des Valenciens en matière de musique pétrifiée, engourdie par une douleur crépusculaire. Taillées dans le marbre, ces plaintes portent toute la tristesse du monde. Chant caverneux et nappes de claviers étirant un suaire brumeux (le funèbre instrumental ’88,6’), forment les arcs-boutants d’une cathédrale abandonnée à laquelle des chœurs fantomatiques confèrent un éclat envoûtant (‘Black Womb Of Light’). De trop rares mélopées féminines, comme sur ‘Morningstar Song’, sans doute le joyau de cet opus, ajoutent une touche délicate à un ensemble figé dans une inexpugnable contrition mais où toute trace d’une vraie personnalité est en jachère. Seul un chant clair masculin, double cristallin de grognements d’outre-tombe (‘Heirs Of Sorrow’, ‘Colossal’), vient ainsi parfois éclaircir une signature incolore quoique ensorcelante. Si on ne peut que regretter une monotonie à laquelle ces liquoreuses processions n’échappent pas toujours et des guitares trop avalées par le brouillard pour mener la danse (macabre) quand bien même elles tissent une toile au fil visqueux, force est de reconnaître que Evadne demeure le solide artisan d’un doom death sous influence finlandaise auquel il ne manque qu’une identité davantage affirmée ainsi qu’une écriture moins immobile, qui participe toutefois du caractère inexorable d’un art englué dans la mélancolie, pour accéder à l’étage du dessus. 3/5 (22/07/2017)






Alejandro Amenábar | Agora (2009)


Centré atour d'une femme philosophe dans le Alexandrie du IVème siècle, on pourrait croire que Agora est anachronique pourtant Hypatie a bien existé même si on ne sait pas grand chose de sa vie et de ses écrits. Bien qu'il prenne quelques libertés historiques, le film de Amenábar, en faisant revivre cette Egypte encore romaine sur fond de montée des antagonismes religieux et du fanatisme qui en découle, tranche avec la vision souvent romantique choisie d'ordinaire par Hollywood. Réaliste sans être être brutal, Agora est un péplum philosophique évoquant le conflit classique entre science et religion. Certains ont cru voir en lui une oeuvre anti-chrétienne.
Outre le fait que le christianisme y est dépeint sans manichéisme, incarné à la fois par des êtres inquiétants et d'autres plus modérés, le film dépeint en réalité l'obscurantisme sous toutes ses formes. Ce faisant il trouve dans le contexte actuel de (nouvelles) guerres de religion et de choc des civilisations, un écho terrifiant... | IMDb 









Jesus Franco | Agent 077 Opération Jamaïque (1964)


Son titre, français, ne doit pas vous tromper, Agent 077 Opération Jamaïque (La muerte Silba Un Blues) n'a rien à voir avec James Bond ni même avec les Eurospy qui fleurissent alors sur les écrans, film policier exotique, plus bavard que dynamique, comme il y en avait également beaucoup à l'époque. Malgré un récit aussi clair que du jus de chaussette, ce touche à tout parfois génial qu'est Jesus Franco, fait montre d'une réelle habileté. La photographie en noir et blanc et la musique jazzy dictant un rythme qui swingue, portent sa griffe, même si cette pellicule très courte n'est pas, loin de là, ce qu'il a fait de mieux...










Soon | Proscrito - El Calvario


Date | 18/08/2017
Label | Iron Bonehead
Genre | Death Doom





Live Report | The Moon And The Nightspirit + Trobar De Morte + Rastaban (Paris - 01/04/2017)


C'est une soirée au goût de Moyen-âge et d'orient à laquelle nous étions conviés, le 1er avril dans l'enceinte du Glazart. Les quelques échoppes où s'étalent tuniques et bijoux nous plongent d'emblée dans une atmosphère chamarrée.

Si TROBAR DE MORTE et bien entendu THE MOON AND THE NIGHTSPIRIT sont fortement attendus, RASTABAN, chargé de chauffer la salle, n'en est pas moins accueilli avec chaleur par un public qui tombera vite dans son escarcelle pleine de charme et d'énergie, deux qualités qu'affiche la belle Mariane Libert, maîtresse de cérémonie à laquelle il est bien difficile de résister, à peine éclipsée la présence du colosse Louis Aubri et son didgeridoo imposant. Les deux guitaristes ne sont toutefois pas en reste, surtout Stephan Késenne, principal compositeur du groupe belge, aussi à l'aise avec une six-corde qu'avec un violon cependant que le batteur imprime un tempo rapidement hypnotique. C'est d'ailleurs là toute la force du tribal folk, aussi pulsatif qu'accrocheur que la tribu brode avec une envie et un plaisir communicatifs, comme l'illustrent les entraînants Hore Dolom, Zora ou Moja Dusa. Une charmante découverte.



C'est ensuite au tour des Espagnols d'investir la scène devant laquelle le public, nombreux, s'amasse. Figure majeure de ce courant néoclassical, on peut s'étonner de sa position intermédiaire sur l'affiche mais, guidé par leur figure de proue, la sirène Lady Morte, les troubadours ont livré un set ensorcelant, mêlant volutes arabisantes et folklore ibérique en un tourbillon enchanteur. Bien sûr et nonobstant les qualités des autres musiciens, tous les regards sont braqués sur la chanteuse à la présence magnétique. Quand elle ne joue pas du hurdy gurdy, elle se lance dans une danse des sept voiles du plus bel effet. Les classiques du groupes émaillent une prestation solaire, de Summoning The Gods à The Sorceress, de Morgana à Yggdrasil. 


C'est enfin autour des Hongrois d'investir la scène. Quel plaisir de retrouver Agnes et Mihaly, aussi discrets que concentrés. Soutenu par une section rythmique qui dicte un tempo sombrement pulsatif, quasi chamanique, le couple tisse sa toile crépusculaire et médiévale, elle au chant et au violon, lui à la guitare et de temps à autre, derrière le micro. Armé du récent et superbe Metanoia, THE MOON AND THE NIGHTSPIRIT entraîne dans une sarabande magique un public tout acquis à sa cause. Les titres s'enchaînent (trop vite) dans une interprétation parfaite et envoûtante. Un très grand moment. 



Un grand merci aux groupes et à Ondes Noires pour cette très belle soirée !