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Goddess | Joanne Dru


Joseph Pevney | Le clown est roi (1954)


Après des débuts cinématographiques modestes, le duo que forment Dean Martin et Jerry Lewis prend peu à peu du galon. Sous la houlette du producteur Hal B. Wallis, leurs films gagnent en moyens, assuré par des metteurs en scène de plus en plus importants et bénéficiant de castings étoffés, comme en témoigne Le clown est roi, sorti en 1954. Si on n'en est pas encore aux réussites de Frank Tashlin (Un vrai cinglé de cinéma), le tandem peut compter sur l'efficacité de Joseph Pevney qui, à l'instar de George Marshall (Fais-moi peur, Un galop du diable) ou Norman Taurog (Amour, délices et golf, C'est pas une vie Jerry), leur offre son solide savoir-faire. Joanne Dru et Zsa Zsa Gabor incarnent l'inévitable quota féminin cependant que Wallace Ford et Sig Ruman complètent une affiche qui ne manque donc pas de sel.
Si le comique grimacier trouve naturellement dans le milieu du cirque matière à s'exprimer, Dean Martin pioche là un rôle (un peu) plus épais. Surtout, Lewis laisse percer sa tendresse, envers les enfants notamment, ce qui correspond en réalité à sa véritable nature. Les films qui tournera seul, tels que Le délinquant involontaire ou Cendrillon aux grands pieds, ne feront qu'accentuer ce caractère que certains qualifieront de sentimentalisme mais qui confère à l'homme et à son personnage une sympathie attachante. (Vu le 10/07/2018)











Jack Sher | Le bagarreur solitaire (1959)


En quelques mots : Héros de la Seconde Guerre mondiale, Audie Murphy a rapidement été récupéré par Hollywood, devenant une star dans les années 50. A part deux John Huston dont La charge victorieuse (1951), un Don Siegel (Duel sans merci) ou un Mankiewicz (Le vilain américain), il a essentiellement prêté son talent mineur quoique sympathique aux westerns de série B. Si aucun d'entre-eux peuvent passer pour des chefs-d'oeuvre, certains ne sont pas sans éclat ni réussite. Réalisé en 1959 par Jack Sher, Le Bagarreur solitaire compte parmi ses (très) bons films lequel, encore une fois, vaut mieux que son titre français sans finesse auquel on préférera l'orignal et beau The Wild and The Innocent, qui reflète plus justement son sujet. Ainsi et pour reprendre une expression chère à Patrick Brion, il s'agit d'une production très curieuse car plus proche de la comédie sentimentale que du western. Contrairement à d'autres séries B, les femmes y tiennent un rôle important, à commencer par la craquante Sandra Dee, dont la relation avec Murphy constitue tout le sel d'un scénario qui aurait mérité d'être plus étoffé. Joanne Dru et Gilbert Roland, toujours impeccable en méchant magnifique, complètent avantageusement ce casting plein de charme. Une bonne surprise.