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Henri-Georges Clouzot | Les diaboliques (1954)


Tiré d'un roman de Boileau et Narcejac, auxquels Alfred Hitchcock demandera d'écrire Sueurs froides après avoir vu cette adaptation, Les diaboliques est une oeuvre fascinante qui permet à Henri-Georges Clouzot de continuer à explorer les recoins les plus sombres et tourmentés de l'âme humaine. Il s'agit d'un film d'ambiance qui joue autant sur les décors pesamment sinistres que sur des personnages tous plus négatifs et veules les uns que les autres. De fait, à la cruauté d'un Paul Meurisse antipathique à souhait répondent la lâcheté de sa femme (Vera Clouzot) et la froideur calculatrice de sa maîtresse (Simone Signoret). Autour de ce trio diabolique gravitent des êtres pathétiques dont on ne retient que les travers. Seul, peut-être, l'ancien commissaire de police, campé par Charles Vanel, échappe à cette noirceur de trait.
Le suspense est habile, le coup de théâtre pour le moins surprenant et il ne manque aux Diaboliques qu'une interprète féminine plus convaincante que l'épouse du réalisateur. Meurisse et Signoret forment en revanche un couple machiavélique et dénué de tout romantisme. Il n'y a aucune flamboyance ici mais seulement le pessimiste cher au metteur en scène qui livre un travail formel impeccable. A noter la présence d'une réjouissante galerie de seconds rôles, de Noël Roquevert à Michel Serrault, de Robert Dalban à Jean Lefebvre en passant même par un tout jeune Johnny Halliday ! (Vu le 22/04/2018 : Source : enregistré sur Ciné Classic en 2012)
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Jeanne Moreau | L'adolescente (1979)


Poussée par son ami Orson Welles, Jeanne Moreau s'essaye à la mise en scène le temps de deux films, Lumière en 1976 puis L'adolescente trois ans plus tard. Elle dépeint dans ce dernier, non sans pudeur et justesse, l'éveil à la sexualité d'une jeune fille en vacances avec ses parents dans un village d'Auvergne dont elle capte la vie, loin de cette Seconde Guerre mondiale qui vient alors d'éclater mais qui peu à peu s'immisce dans un récit où le temps parait suspendu. Narratrice, la réalisatrice s'efface derrière ses personnages que campe une troupe de comédiens tous parfaits, du monstre Signoret aux jeunes Jacques Weber, Francis Huster ou Jean-François Balmer. On peut regretter que l'actrice n'est pas poursuivie cette expérience où s'exprime son esprit de liberté. | IMDb | Chez l'UFSF







Pierre Granier-Deferre | Le chat (1971)
























Film désenchanté sur la solitude et l'agonie d'un couple, Le chat reste un des meilleurs que Jean Gabin ait tourné à la fin de sa vie, prouvant qu'il méritait mieux que le "cinéma de papa" dans lequel ses détracteurs ont tenu à l'enfermer.