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KröniK | Akitsa - Auprès de la mort, triomphant ! (2011)


Petite chose de douze minutes à peine, Auprès de la mort, triomphant ! n'en demeure pas moins une pièce historique dans la - déjà - longue carrière d'Akitsa tout comme dans celle d'Eric Syre en cela qu'elle couche sur bande l'union entre les deux parties dont il était écrit qu'elle finirait un jour ou l'autre par s'associer. Akitsa et Eric Syre, c'est en réalité une longue histoire, débutée (au moins) en 2005 avec le split Contre-courant que le premier partageait avec Thesyre. Ce fut ensuite l'embauche du second au sein d'Akitsa en tant que batteur Live à partir de 2008, sans pour autant donc participer à la mise en boîte de Au crépuscule de l'espérance.

Gravés il y a trois ans, les trois titres querassemble Auprès de la mort, triomphant ! sont de fait les premiers enregistrements officiels où Eric Syre apparaît. Leader de la formation qui se confond avec lui, l'homme s'efface néanmoins au profit de celui qui reste l'unique maître des lieux d'Akitsa. Au programme de ce 7'EP d'ors-et-déjà culte, deux crachats de pur Black Metal nordique, tout d'abord "La grotte des anges déchus", rapide, fielleux, véritable boule de haine dont la brutalité épidermique ne l'empêche pas d'étirer des atmosphères lugubres guidé par un chant possédé, puis "Notre avant-guerre", saillie cradingue plus malsaine que tous les derniers Darkthrone réunis, tandis que "Auprès de la mort, triomphant !" achève l'écoute de cette rondelle, instrumental Ambient d'une froideur sinistre qui aurait pu être écrite par Varg Vikernes lorsqu'il était encore derrière les barreaux. Tout Akitsa se trouve parfaitement résumé en trois excellents morceaux qui font honneur au black Metal québécois, art à la dimension identaire bien souvent se nourrissant de la sève norvégienne tout en gravant dans la terre gelée une signature personnelle. (22.11.2011) ⍖⍖⍖





KröniK | Akitsa - Au crépuscule de l'espérance (2010)


Alors qu’à ses débuts, il s’est montré particulièrement productif, multipliant les splits et autres saillies assez courtes, depuis quatre ans en revanche, Akitsa se fait plus discret. Un album en 2006, La grande infamie, un split avec Total Genocide deux ans plus tard. C’est maigre et c’est pourquoi l’annonce d’un (enfin !) quatrième méfait a été accueilli avec exaltation par tous ceux qui estiment, à raison, que ce groupe, tout d’abord simple tandem et aujourd’hui trio depuis l’embauche comme batteur de Eric Syre, s’avère être un des hérauts les plus intéressants du black metal québécois. Plus haineux et nihiliste que jamais, Akista, artisan d’un art noir cru et viscéral, livre avec Au crépuscule de l’espérance un crachat digne de sa légende noire.

Il place même la barre très haut avec les deux titres d’ouverture, « Crematorium », prologue mortifère d’une beauté suicidaire dégueulasse et plus encore le burzumien « Les sentinelles », sommet de vermine malsaine tricoté par des riffs venimeux et des nappes de claviers maladifs. Le chant écorché y régurgite plus de misanthropie que bien des étrons inondant les bacs des disquaires. En cinq minutes, c’est une vraie leçon que nous assènent les Québécois. Et cette manière de stopper l’écoute brutalement participe également d’une attitude très black metal, ce que confirme le quasi punk « Morsure ». Au rampant « Loyauté », qui résume à lui seul toutes les valeurs identitaires du groupe et à l’étrange « Cercueil national », on préférera le bruitiste « Au crépuscule de l’espérance », abîme de négativité démentiel et assurément l’Everest de l’album. Entièrement instrumental, il n’est bâti que sur une décharge de riffs pollués qui se répète pendant plus de sept minutes au bord de la rupture. Encore une fois, faire plus noir et dépressif paraît impossible. Du coup, les agressions suivantes sont moins marquantes, malgré le reptilien « Le dernier putsch », corps froid que secouent des vibration chargées d’une décrépitude infinie ou « Vers la mort », douloureux cri de désespoir. Drapé dans une croûte sonore dont la pourriture est savamment étudiée (soyez-en sûr, cuisiner un son crado sans être une infâme bouillie, n’est pas si simple), Au crépuscule de l’espérance est comme la peinture brûlée d’une société en plein naufrage. C'est une œuvre crépusculaire, comme son nom l'indique, d'un pessimisme aussi poisseux que définitif. (2010) ⍖⍖⍖⍖







KröniK | Akitsa / Thesyre - Contre-courant (2005)


Il était écrit que ces deux-là se rencontreraient un jour. Oui, au-delà d'une origine géographique commune, le Québec, Akitsa et Thesyre possèdent une couche de ciment qui les lie trop épaisse, quelle soit musicale ou idéologique, pour qu’ils ne collaborent pas un jour. Cette union fraternelle a pris la forme (forcément) d’un split, exercice qui se prête bien à ce genre de proximité, avant de se manifester par le recrutement depuis 2009 de Éric Syre au sein du premier en tant que musicien de sessions live. Contre-courant agrège quatre titres. Les deux premiers sont l'œuvre d'Akitsa. « Révolution » trace un black métal ramassé et primitif mid tempo tandis que « Régression » arbore des atours à la fois plus mélodiques et doomy bien que toujours assez malsain.

Thesyre quant a lui se montre sous son jour le plus fielleux avec tout d'abord « A contre-courant » sauvage et vrillé par des riffs saignants comme un vagin pendant les menstrues. Quel break mon dieu, qui écartèle le titre en deux. C'est ensuite "Nous, nous sommes", sinistre à souhait et lui aussi sectionné par une fracture vicieuse. Un split très homogène, œuvre de deux entités unies par une même vision du black métal. Quasiment une déclaration de foi. (2010) ⍖⍖