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KröniK | The Wandering Midget - The Serpent Coven (2008)


Sur la bonne voie ! Oui, ces Finlandais amateurs de doom (quel pléonasme !) sont effectivement sur la bonne voie, et leur première véritable offrande en atteste. On les avait découvert avec ce qui n’était en fait que la réunion de leurs deux démos, Brief Encounter et I Am The Gate et aussitôt, le spectre du défunt Reverend Bizarre avait surgit des limbes pour décrire cet agrégat sans doute un peu trop marqué par l’influence de son aîné.
The Serpent Coven ne corrige pas le tire à ce niveau, The Wandering Midget donnant toujours l’impression d’avoir un peu trop biberonné l’œuvre du groupe de Peter Vicar (le chant de Samuel Wormius notamment, pour excellent qu’il soit, demeure toujours cette photocopie de celui d’Albert Witchfinder), mais il témoigne d’incontestables progrès en terme de composition. Alors certes, il est évident que ce jeune trio (tiens donc !) n’atteindra jamais la dimension mythologique du Reverend ni son aura et encore moins son génie, il s’en rapproche pourtant néanmoins. Il suffit d’écouter le grandiose "Taynia", aussi envoûtant que pachydermique, pour s’en rendre compte, bien qu’il s’agisse sans doute du titre qui évoque le plus qui vous savez. Plus personnel est "Family Curse", étouffante descente dans les abîmes, moins monolithique qu’il n’y paraît car traversée par diverses ambiances. Au menu de cet album donc, six morceaux, six longues échappées dans les méandres d’un doom séculaire et intégriste d’une pureté quasi-virginale, qui renvoie à une époque lointaine où le genre n’avait pas (encore) copulé avec d’autres. The Wandering Midget est le porte-étendard d’une musique noble, minée par une gravité souterraine. Son doom, à la production très sèche, se déploie sous la forme de pistes (forcément) lancinantes qui ne passent que très rarement la seconde (ça arrive cependant) et d’une pesanteur digne d’un porte-avions. Les intros prennent leur temps, comme il se doit, et l'on entre souvent dans le vif du sujet qu’après de longs instants d’agonie, quand survient le chant empreint d’une solennité presque religieuse, à l’image du terrible "Bring Forth The Accused". Les Finlandais ne cherchent donc pas à révolutionner le culte. Au contraire, ils l’honorent avec respect et sincérité. A ce titre, le superbe "The Serpent Coven" est une leçon. Pourtant, même si c’est encore timide, on sent chez eux un désir d’émancipation vis-à-vis de leur modèle, comme l’illustrent les miettes qu’ils picorent auprès des années 70 ("Bring Forth The Acussed", encore lui). De fait, si Reverend Bizarre se nourrissait de la NWOBHM, The Wandering Midget semble davantage enclin à aller s’abreuver dans la source de la décennie précédent ce mouvement. Dans tous les cas, le groupe vient d’offrir avec The Serpent Coven, un très grand disque de doom-metal qui laisse entrevoir un avenir passionnant, et annonciateur de plus grandes choses encore pour ses géniteurs. Un futur grand ? C’est ce qu’on leur souhaite. 3.5/5 (2008) | Facebook




KröniK | The Wandering Midget - I Am The Gate (2007)


Il fallait s’y attendre: il n’y aura pas fallu longtemps avant que Reverend Bizarre, bien que désormais mort et enterré, n’essaime ses rejetons à travers la planète entière. Du reste, on n’a pas eu à forer bien loin pour en repérer un, puisque The Wandering Midget a son état-major basé en Finlande… comme son modèle.
Parler de modèle dans le cas des jeunes finnois est carrément un euphémisme, tant ils arborent les contours d’une photocopie granuleuse de son révéré aîné et forcément, de moins bonne qualité. Même origine géographique, même formule du trio, même tendance à faire passer un album pour un simple EP – on se souvient encore de l’hallucinant Harbringer Of Metal et sa durée avoisinant les 70 minutes ! - et surtout une voix copiée sur celle de Albert Witchfinder ainsi qu’un doom dépouillé à l’identique. Toutefois, il manque encore à The Wandering Midget le caractère occulte et la dimension mythologique du 'Bizarre Reverend'… et tout simplement cette trace de génie qui distingue les Grands de la kyrielle de suiveurs, dont le jeune puceau fait assurément partie. Moins tellurique, son doom des familles ne se repaît pas de cet humus heavy-metal dont a pu se nourrir le défunt ; il est plus rustre, plus simple. Ses membres ne sont finalement que des hommes comme les autres, tout simplement, contrairement à Peter Vicar et ses deux compagnons qui eux, étaient auréolés d’une aura quasi-divine. Ces remarques ne doivent toutefois pas vous faire bouder I Am The Gate qui n’est en réalité que l’agglomération de deux démos, et qui se révèlera annonciateur de grandes choses à venir. Si les premiers titres, issus de First Encounter (2006), sont convaincants (surtout "The Wandering Midget" qui donne l’impression d’entendre le fantôme de Jim Morrison), nous leur préférerons cependant ceux extraits de la démo éponyme : le sentencieux "I Am The Gate", que rehausse un final très NWOBHM et qui voit le rythme s’emballer, puis la descente spéléologique de "Wasteland Shrine" d’une lenteur étouffante, soit 18 minutes viciées où le mimétisme avec l’auguste modèle atteint son paroxysme. Avec en corollaire, cette question : où s’arrête l’hommage et où débute la pompe éhontée. Gageons néanmoins que la maturité aidant, The Wandering Midget saura gagner peu à peu en personnalité et qui sait, peut-être succéder à Reverend Bizarre sur le trône du True-Doom laissé vacant depuis son sabordage ? La route est encore longue mais ne devrait pas aboutir à un cul-de-sac… 3.5/5 (2008)



Apostle Of Solitude | Sincerest Misery (2008)



















Voué corps et âme au doom dans sa définition première, le jeune label Eyes Like Snow - en fait une des sous divisions du vénérable Northern Silence Productions - ne pouvait trouver meilleure carte de visite que cette séminale cuvée longue durée de Apostle Of Solitude que les Allemands publient en 2008 avec d’autres groupes en devenir et tout aussi prometteurs (The Wandering Midget, The Lamp Of Thoth, Darkest Era).