AU PIF

Affichage des articles dont le libellé est 1971. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 1971. Afficher tous les articles

Sam Peckinpah | Les chiens de paille (1971)
























Avec Les chiens de paille, Sam Peckipah déserte pour la première fois de sa carrière, à la fois le western et l'Amérique. On peut se demander au départ ce qu'il est venu faire dans la campagne anglaise, filmer une sorte de drame conjugal tant ce glacial cadre verdoyant  et ce sujet plutôt intimiste paraissent éloignés de son univers.

Jean Brismée | Au service du diable (1971)
























Exploité sous plusieurs titres (La plus longue nuit du diable, La nuit des pétrifiées etc...), Au service du diable témoigne de ces (rares) incursions du cinéma francophone (et belge au cas particulier) dans le domaine de l'horreur.

Etienne Périer | Commando pour un homme seul (1971)


Il semblerait que Commando pour un homme seul ait été conçu comme le premier épisode d'une possible série de films d'espionnage avec pour héros l'espion Philip Calvert, au moment où la décision prise par Sean Connery de ne plus camper James Bond après Les diamants sont éternels semble signer l'arrêt de la saga imaginée par Ian Fleming. Pourtant en le visionnant, on ne peut que constater que When Eight Bells Toll peine à soutenir la comparaison avec son illustre modèle en dépit des emprunts appuyés à la musique de John Barry. Il faut dire que les moyens ne sont pas les mêmes et que Etienne Périer (Zeppelin, Un meurtre est un meurtre) est un talent trop modeste, bien que sympathique, pour rivaliser avec les Terence Young, Guy Hamilton et autre Lewis Gilbert. Basé sur un scénario de Alistair MacLean (Les canons de Navarone) et produit par Elliott Kastner, soit la même équipe aux manettes de Quand les aigles attaquent (Brian G. Hutton - 1968), le film n'est pourtant pas intéressant.
Son ton très british, sa solide distribution que dominent un tout jeune Anthony Hopkins et un Robert Morley gourmand comme à l'accoutumée, ses vues en hélicoptères des côtés écossaises battues par les vents et une mer déchaînée ainsi que l'homosexualité latente entre Calvert et son compère Hunslett (malgré la présence de Nathalie Delon, peu convaincante du reste) permettent de passer un agréable moment. (Vu le 06/10/2018)














Pierre Chevalier | Orloff et l'homme invisible (1971)


Je me souviens que Orloff et l'homme invisble était vendu en kiosque avec La chute de la maison Usher dans un pack Franco / Eurociné. Sauf que, malgré le nom du bon professeur et la présence de l'impavide Howard Vernon, point de petit Jésus ici, la chose ayant été réalisée (?) par Pierre Chevalier (Pigalle carrefour des illusions). Exploité également sous le titre un peu porno La vie érotique de l'homme invisible, le film se veut pourtant radin en cul en dépit d'une interminable (comme le reste) scène de viol où une comédienne (??) frétille dans tous les sens pour faire croire au coït avec l'homme invisible. Mentionnons aussi une propension à dévoiler des pubis bien touffus mais à part ça, rien de très excitant.
Pourtant ce Orloff est un mystère. Alors qu'il est mal fichu avec un montage hasardeux et une absence totale de travail sur la lumière, rempli de zoom foireux, de plans sans intérêt et de scènes étirées au maximum (comme ce fiacre qui met une plombe pour atteindre le château) et qu'il ne raconte en définitive aucune histoire, il s'en dégage un charme, celui du bis pur jus, qui doit beaucoup aux décors sinistres fournis par une authentique bâtisse. Un vrai plaisir coupable ! (Vu le 28/02/2018 / Source : DVD)












Georges Lautner | Laisse aller... C'est une valse ! (1971)


En 1970, cela fait alors quelques années que Georges Lautner n'a pas connu un grand succès populaire. Il y a eu certes Le pacha mais ni Fleur d'oseille ni surtout La route de Salina n'ont vraiment rencontré leur public. Il cherche donc alors à revenir au cinéma qui a fait sa gloire, entre humour absurde et série noire. Le résultat sera Laisse aller... c'est une valse ! Sauf que Michel Audiard n'est plus au scénario et encore moins au dialogue, remplacé par un jeune Bertrand Blier. Aux côtés des habitués du réalisateur (Michel Constantin, Mireille Darc, plus boudeuse que jamais, Bernard Blier...), Jean Yanne succède à Lino Ventura. Enfin, l'histoire tient sur une feuille de papier à cigarette mais l'essentiel est ailleurs, dans la folie débridée qui emporte ce film, moins abouti que son modèle Ne nous fâchons pas mais tout aussi jouissif.
Le sommet du grand n'importe quoi est atteint lors du "siège" de la ferme, entre burlesque et non-sens. On nage alors en plein cartoon. C'est très drôle même si les faiblesses de Lautner commencent déjà à poindre, lesquelles aboutiront aux catastrophiques Pas de problème ! ou On aura tout vu... Mais en 1971, il n'en est pas encore là, toujours bien entouré, ce qui lui permet d'emballer avec une grande liberté cette comédie délicieusement délirante dont on ne se lasse pas !

Vu le 25/02/2018 / Source : enregistré sur TV Breizh en 2006. 



















Alan J. Pakula | Klute (1971)
























Une fois n'est pas coutume, je vais commencer en parlant de moi. Quand j'étais adolescent, dans la seconde moitié des années 80, la télé se réduisait à trois chaînes mais les (bons) films y étaient très nombreux.

Jean-Pierre Mocky | L'albatros (1971)


A force de tourner aujourd'hui un peu n'importe quoi, on en viendrait presque à oublier que Mocky a réalisé un paquet de (très) bons films. Dans une veine romantico-anarchiste, L'albatros ne compte pourtant pas parmi les plus cités, il s'avère toutefois un des plus aboutis de son auteur lequel, sans se défaire de sa spontanéité coutumière, qui n'est alors pas encore synonyme de je m'en foutisme, signe une oeuvre désespérée. A la dénonciation contestataire de moeurs politiques dégueulasses se superpose un second récit, étonnamment tragique qui le rapproche du polar américain. Le réalisateur plonge son couple maudit, frappé du sceau de la fatalité, dans une Moselle lugubre et hivernale, qui participe d'un romantisme froid et terreux. Dans un rôle initialement envisagé pour Bourvil, Mocky incarne un héros aussi magnifique que fatigué qui semble tout du long hanté par la mort. En se sacrifiant pour une femme pour laquelle il ne ressent même pas de l'amour, il trouve le salut, cherchant à capter un bonheur envolé.