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KröniK | Hooded Menace - Ossuarium Silhouettes Unhallowed (2018)


Au départ, modeste projet d'un obscur musicien, Lasse Pyykkö, lui-même issu d'un groupe de death metal sans saveur (Phlegethon), il n'a pourtant fallu à Hooded Menace qu'un seul album, l'inaugural "Fulfill The Curse", il y a dix ans, pour jouir très vite d'une aura culte, faisant de lui une sorte de messie d'outre-tombe. Son succès est alors fulgurant, grâce auquel il quitte les petits labels marécageux (Razorback, Doomantia Records) pour rejoindre de puissantes écuries, Relapse tout d'abord, Season Of Mist aujourd'hui.  Surestimé peut-être, Hooded Menace a au moins le mérite d'avoir réveillé des armées de zombies et redonner des couleurs (rouges) à tout un pan du metal de la mort à la finlandaise, grumeleux et morbide, qui puise son origine dans le matriciel "Children Of The Scorn" de Funebre.

Entre deux splits au tirage rapidement épuisé, partagé successivement avec Anima Morte, Coffins ou Asphyx (entre autres), ses galettes longue durée sont à chaque fois attendues comme des Graal croûteux. Néanmoins, Hooded Menace a changé au fil du temps et au gré d'incessants mouvements de personnel, passant du trio au tandem pour se présenter désormais sous la forme d'un quintet. Le détail pourrait être anodin mais le fait qu'il ait vu ses rangs grossir n'est pas étranger au polissage discret mais bien réel de son art. Quoique toujours aussi grumeleux, son death doom a perdu cette saleté croûteuse qui était la sienne à ses débuts, évolution perceptible dès "Never Cross The Dead" et que "Ossuarium Silhouettes Unhallowed" rend plus nette encore en chassant sur les terres du UK doom à la Paradise Lost ('Charnel Reflections'). Reste que si cette sève underground les a désertés, les Finlandais demeurent les maîtres incontestés du riff cendreux, de la rythmique baveuse, des secousses tuberculeuses qui arrachent le papier-peint des murs, fissurés par les coups de boutoir de ces goules vigoureuses. Ce qu'ils ont perdu en feeling cradingue, ils le compensent par une habileté renforcée, à l'image des parties de batterie de Pekka Kostelo, telluriques et mangeuses d'espace ('Cascade Of Ashes'). Il est d'ailleurs évident que cet apport de sang neuf a été bénéfique à la musique du groupe, qui trouve dans le chant abyssal de Harri Kuokkanen (Horse Latitudes) la foreuse idoine pour creuser la croûte terrestre jusqu'à l'os. Son vît glaireux nous attire dans les profondeurs nauséeuses d'une fosse commune, participant de cette proximité avec la bande de Nick Holmes avec lequel il partage cette noirceur vocale spéléologique. Ce dont témoignent les grandioses cénotaphes que sont 'Sempiternal Grotesqueries' et 'Cathedral Of Labyrinthine Darkness', deux remparts massifs qui justifient à eux seuls l'écoute de "Ossuarium Silhouettes Unhallowed" dont ils résument parfaitement à la fois la sinistre et pesante érection et les atours presque mélodiques. En définitive, les Finlandais accouchent avec ce cinquième opus d'une perle de death doom qui ne nous enlèvera pourtant pas de la tête l'impression que Hooded Menace, c'était quand même mieux avant car plus visqueux et underground ! (09/02/2018)


Soon | Hooded Menace - Ossuarium Silhouettes Unhallowed


"Ossuarium Silhouettes Unhallowed", le nouvel opus de Hooded Menace (finnish death doom), sera disponible le 26 janvier 2018 via Season Of Mist !




Hooded Menace - Effigies Of Evil

KröniK | Hooded Menace - Never Cross The Dead (2010)


Il n’en demandait sans doute pas tant. Non, Lasse Pyykkö, jusqu’alors perçu comme un artisan modeste mais passionné, ne pensait certainement pas lorsqu’il a mis sur pied Hooded Menace, hommage au bon vieux Death Doom baveux du début des années 90, celui des Autopsy et autre Asphyx, que celui-ci deviendrait un objet culte en l’espace seulement d’une démo et d’un premier jet. C’est néanmoins ce qui est arrivé. Bien qu’occupé par d’autres projets par palettes entières, un peu à la manière de son pote suédois Rogga Johansson avec lequel il vient d’ailleurs de monter The Swarming, le Finlandais a parfaitement compris le potentiel de sa bête.
Après un petit split avec Anima Morte encore tout chaud, il offre donc assez rapidement à Fulfill the Curse un successeur attendu comme le messie par tous les nostalgiques qui voient en lui le héraut qu’ils n’espéraient plus trouver. Peut-être plus soigné que son aîné, Never Cross the Dead régurgite ce que les fans attendaient donc de lui, ce Doom primitif corseté par une croûte sonore aussi sale qu'une plaie purulente et biberonné aux films d’horreur de série Z avec plein de zombies dedans (« Theme of the return of the evil dead », forcément). Au programme, huit longs bourbiers au tempo digne d’une limace ayant avalé du Valium par boîte de douze. Si le groupe ne rechigne pas parfois à passer la seconde et à plaquer une petite accélération de derrière les fagots (« Night of the Deathcult » par exemple), c’est donc plutôt dans une flaque de bave qu’il patauge avec un savoir-faire étudié, à l’image de l’agonisant « Rituals Of Mortal Cremation ». Pendant que le chant d’outre-tombe bien granuleux se charge d’attirer les jeunes vierges sur l’autel pour la cérémonie, les guitares pleurent une misère infinie, atours mélodiques qui confèrent au cadavre des allures plus accessibles qui l'empêche d'attirer à lui autant que cela les mouches. « Never Cross the Dead », « From Their Coffined Slumber » ou « The House of Hammer » sont ainsi pilotés par ces lignes gonflées d’une mélancolie boueuse mais finalement belle. Du coup, Hooded Menace semble avoir perdu en saleté (le son est moins cradingue) ainsi que cet espèce de feeling obscur et underground ce qu’il a gagné en efficacité et en clarté. Mais on ne s’en plaindra pas car sa capacité à nous donner des frissons partout demeure intacte... Enfin, sachez que, l'inspiration toujours dressée fièrement, le groupe, qui accueille désormais en son sein un chanteur à part entière, a déjà vidangé dans les bacs un nouveau split avec les Japonais de Coffins tandis qu'une rondelle partagée avec Asphyx est dans les tuyaux ! Culte. 3.5/5 (2010) | Facebook