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Clint Eastwood | Le retour de l'inspecteur Harry (1983)


En quelques mots : En 1983, Eastwood renoue avec le personnage qui l'a rendu célèbre dans les années 70 avec ce quatrième épisode que ses fans attendaient depuis sept ans. Après l'échec commercial de Honkytonk Man, pourtant un de ses meilleurs films, la star cherche à s'assurer un succès facile. Pour autant, Sudden Impact n'est pas un simple véhicule, ce que sera en revanche La dernière cible (1988). Egalement réalisateur, Clint impose sa griffe, sèche et nerveuse, au métrage beaucoup plus violent sinon malsain que les autres volets et où il prononce sa plus fameuse replique : "Make my day". Après un Inspecteur ne renonce jamais (1976), sympathique mais terne, ce retour de Dirty Harry se révèle donc bien plus personnel. La présence de Sondra Locke, autour de laquelle le récit se développe et l'ambiance hitchcockienne du premier meurtre participent de cette identité, marque d'un véritable auteur, quand même Eastwood n'a jamais écrit le moindre scénario. Les années ont passé, la société a évolué mais la violence demeure et Harry, considéré comme une relique, un dinosaure, est un héros fatigué et meurtri. Masochiste comme toujours, le comédien aime se montrer affaibli, blessé, au bord des limbes. Dans un final, aux confins du fantastique, il filme sa propre mort et c'est un fantôme qui revient se venger et punir en une figure de l'ange exterminateur. Oeuvre mortifère dont la noirceur contraste avec le calme de la petite ville balnéaire qui lui sert de cadre, Le retour de l'inspecteur Harry permettait ironiquement à Clint d'enterrer son personnage de la plus brutale des manières, au point de rendre inutile le film suivant, réalisé sans génie par Buddy Van Horn...

Ted Post | Magnum Force (1973)



                                   

En quelques motsDeuxième aventure de Dirty Harry, flic désabusé aux méthodes expéditives, "Magnum Force" est conçu, de la part de Clint Eastwood, comme une réponse aux violentes critiques suscitées par la sortie en 1971 de l’opus originel. Même si son fameux 44 Magnum est toujours de la partie (comme le montre d’entrée le générique), le discours de Harry Callahan a été quelque peu nuancé, ou du moins, a été débarrassé des ambiguïtés qui pouvaient faire passer l’acteur pour un réactionnaire fasciste dans le film de Don Siegel. Alors certes, Harry dézingue toujours à tout va mais il le fait cette fois en respectant une certaine légalité. Il n’aime pas le Système, mais tant qu’on ne lui en aura pas proposé de meilleur, il continuera à suivre celui-ci malgré ses défauts. Les dialogues sont à ce titre on ne peut plus explicites (« Je crains que vous n’ailliez une fausse opinion de moi » rétorque Clint à la fois aux trois flics exterminateurs, mais aussi à ses détracteurs). Bénéficiant d’un scénario particulièrement riche et travaillé de John Milius et Michael Cimino, "Magnum Force"rectifie également le tir par sa condamnation des exécutions sommaires, en illustrant les agissements de policiers se prenant pour les Escadrons de la mort brésiliens, à la fois flics, juges et bourreaux, et contre lesquels se bat Dirty Harry. De plus, le personnage se pare cette fois-ci d’une certaine humanité qui lui faisait peut-être défaut dans l’œuvre éponyme. Il semble moins froid et montre qu’il est capable d’éprouver des sentiments. Ainsi il n’est pas insensible au charme épicé de sa voisine eurasienne. Malgré tout, le film de Ted Post n’est pas parvenu à modifier l’image négative (et fausse) qui colle alors à la peau de Clint Eastwood. En dépit de ses nombreuses qualités, à savoir un scénario en béton armé, un climat violent bien entretenu, des scènes de meurtres sanglantes, "Magnum Force" se révèle un peu moins réussi que le film de Siegel. La mise en scène est moins efficace, moins nerveuse, le tissu urbain rendu de manière moins réaliste. Qui plus est, l’affrontement final avec les policiers semble plus conventionnel. Il lui manque la dimension obsessionnelle, quasi mystique du combat entre Harry et Scorpio. Reste donc un très bon polar, même s’il est dépourvu du génie de "L’inspecteur Harry", œuvre référentielle dans l’histoire du film policier.






Don Siegel | Un shérif à New York (1968)
























Second film tourné par Eastwood depuis son retour d'Italie, Un shérif à New York est une oeuvre importante dans la carrière du comédien et ce, au moins pour deux raisons. D'une part, il s'agit de son premier polar, genre qui le rendra célèbre (avec le western, bien entendu !), et qui lui permet de peaufiner son personnage de dur aux méthodes peu orthodoxes, déclinaison de l'Homme sans nom dans un contexte urbain.