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Imperia | Flames Of Eternity (2019)
On ne peut s'empêcher de ressentir de la tendresse pour Helena Iren Michaelsen, chanteuse à la beauté plantureuse un peu vulgaire et aux vocalises idoines, d'abord cantatrice chez Trail Of Tears avec lequel elle a gravé à l'aube des années 2000 "Disclosure In Red" puis "Profoundemonium" avant de rejoindre, le temps d'une unique démo ("Cry For The Moon"), Epica quand le groupe ne s'appelait pas encore ainsi mais Sahara Dust.
Trillium | Tectonic (2018)
Si tous les amoureux du metal symphonique gainé de chant féminin la connaissent bien, il n'en demeure pas moins qu'Amanda Somerville pouvait rêver mieux qu'une carrière qui lui a certes permis de se frotter à la crème du power metal européen (de Avantasia à After Forever, de Edguy à Epica, la liste de ses aventures donne le vertige) mais l'a trop limitée à un rôle de guest de luxe, elle qui reste pourtant une influence majeure pour toutes les Castafiore du genre.
Soon | Whyzdom - As Time Turns To Dust
KröniK | Leaves' Eyes - Sign Of The Dragonhead (2018)
En avril 2016, Liv Kristine annonçait quitter Leaves' Eyes. Autant on pouvait concevoir que Theatre Of Tragedy ait pu avoir une vie après qu'elle ait été virée sans ménagement en 2003, ce qui au final ne fut d'ailleurs pas le cas, autant on a du mal à imaginer le groupe qu'elle a fondé dans la foulée de cette éviction sans la Norvégienne à la barre, tant celui-ci se confond forcément avec sa personne. Même si les musiciens assurent que cette séparation s'est faite à l'amiable (ce que la principale intéressée dément), conséquence logique du divorce entre la belle et Alexander Krull, voir le drakkar poursuivre sa route avec une nouvelle figure de proue laisse un sentiment étrange sinon amer.
Très attachés à la petite sirène blonde, c'est donc avec une certaine méfiance que nous accueillons aujourd'hui "Sign Of The Dragonhead", album qui scelle l'alliance entre les Vikings et la chanteuse finlandaise Elina Siirala (Angel Nation). Produite par le guitariste et chanteur dans l'antre des inévitables Mastersound Studios, l'offrande assoie l'hégémonie de Alexander Krull au sein de cette formation dont il a peu à peu pris les commandes. Sans surprise, Leaves' Eyes poursuit l'évolution entamée depuis "Meredead" et amplifiée par "King Of Kings", délaissant les rivages folk intimes et doucereux des débuts pour aller fendre une mer épique et surtout de plus en plus symphonique, quitte à perdre en chemin une part de son identité. Propulsé par un ensemble classique dirigé par Victor Smolski (Rage), "Sign Of The Dragonhead" va encore plus loin dans l'approche cinématique et grandiloquente. S'il est permis de regretter la simplicité de "Lovelorn" et de "Vinland Saga", il faut reconnaître au groupe l'ampleur acquise dans cette expression orchestrale d'un gothic metal gainé de touches celtiques. Que les fans (du dernier rang) soient rassurés, le bouleversement humain qu'il a connu n'a pas entamé la sève créatrice du combo et de nombreux hymnes instantanés jonchent un menu aux atours orageux. De fait, cette septième épopée ne saurait susciter la moindre réserve tant sur le plan d'une écriture millimétrée qu'en termes d'arrangements qui se parent d'une puissance emphatique. Bien qu'irrigué de mélodies parfois un peu faciles ('Jombsborg'), l'ensemble fait très vite son œuvre, dosant avec un équilibre éprouvé les sentiments et les ambiances, tour à tour émotionnels ('Fairer Than The Sun') ou sombres ('Shadows In The Night') mais toujours valeureux à l'image de 'Like The Mountain' et du dansant 'Riders On The Wind', gigue endiablée qui emporte tout. Le paganisme dicte à Leaves' Eyes une partition aux accents rituels et chamaniques, témoin 'Völva' et un Rulers Of Wind And Waves', empreint d'une majesté crépusculaire comme échappé d'une superproduction hollywoodienne. "Sign Of The Dragonhead" peut d'ailleurs se percevoir comme la bande son d'une vaste épopée cinématographique dont 'Waves Of Euphoria' serait le dénouement, long de plus huit minutes guerrières et tragiques. Déjà perceptible sur le disque précédent, l'influence de Nightwish imprègne une entame éponyme à laquelle participe le chant de soprano de la ravissante Elina Siirala qui semble être la pièce qui manquait au groupe pour parachever sa mue symphonique. Nouvelle clé de voûte de l'édifice, c'est naturellement vers elle que les regards et les oreilles se braquent. Et, nonobstant une performance digne d'éloges, elle se montre encore loin de faire oublier sa prestigieuse devancière. Si on peut reconnaître à ses employeurs le (bon) choix d'avoir fait appel à une diva au registre très différent, la délicatesse laiteuse de Liv Kristine faisait justement tout le sel de ce pagan metal sans laquelle il devient du coup plus quelconque. Au final, même si "Sign Of The Dragonhead" ne démérite jamais, force est de constater que le principal tort des musiciens est de l'avoir publié sous la bannière d'un Leaves' Eyes amputé de celle qui en était l'âme. On peut certes comprendre que le groupe n'ait pas voulu repartir de zéro sous un nouveau nom mais le fait est que le drakkar n'est désormais plus vraiment le même… 3/5 (07/12/2017)
Très attachés à la petite sirène blonde, c'est donc avec une certaine méfiance que nous accueillons aujourd'hui "Sign Of The Dragonhead", album qui scelle l'alliance entre les Vikings et la chanteuse finlandaise Elina Siirala (Angel Nation). Produite par le guitariste et chanteur dans l'antre des inévitables Mastersound Studios, l'offrande assoie l'hégémonie de Alexander Krull au sein de cette formation dont il a peu à peu pris les commandes. Sans surprise, Leaves' Eyes poursuit l'évolution entamée depuis "Meredead" et amplifiée par "King Of Kings", délaissant les rivages folk intimes et doucereux des débuts pour aller fendre une mer épique et surtout de plus en plus symphonique, quitte à perdre en chemin une part de son identité. Propulsé par un ensemble classique dirigé par Victor Smolski (Rage), "Sign Of The Dragonhead" va encore plus loin dans l'approche cinématique et grandiloquente. S'il est permis de regretter la simplicité de "Lovelorn" et de "Vinland Saga", il faut reconnaître au groupe l'ampleur acquise dans cette expression orchestrale d'un gothic metal gainé de touches celtiques. Que les fans (du dernier rang) soient rassurés, le bouleversement humain qu'il a connu n'a pas entamé la sève créatrice du combo et de nombreux hymnes instantanés jonchent un menu aux atours orageux. De fait, cette septième épopée ne saurait susciter la moindre réserve tant sur le plan d'une écriture millimétrée qu'en termes d'arrangements qui se parent d'une puissance emphatique. Bien qu'irrigué de mélodies parfois un peu faciles ('Jombsborg'), l'ensemble fait très vite son œuvre, dosant avec un équilibre éprouvé les sentiments et les ambiances, tour à tour émotionnels ('Fairer Than The Sun') ou sombres ('Shadows In The Night') mais toujours valeureux à l'image de 'Like The Mountain' et du dansant 'Riders On The Wind', gigue endiablée qui emporte tout. Le paganisme dicte à Leaves' Eyes une partition aux accents rituels et chamaniques, témoin 'Völva' et un Rulers Of Wind And Waves', empreint d'une majesté crépusculaire comme échappé d'une superproduction hollywoodienne. "Sign Of The Dragonhead" peut d'ailleurs se percevoir comme la bande son d'une vaste épopée cinématographique dont 'Waves Of Euphoria' serait le dénouement, long de plus huit minutes guerrières et tragiques. Déjà perceptible sur le disque précédent, l'influence de Nightwish imprègne une entame éponyme à laquelle participe le chant de soprano de la ravissante Elina Siirala qui semble être la pièce qui manquait au groupe pour parachever sa mue symphonique. Nouvelle clé de voûte de l'édifice, c'est naturellement vers elle que les regards et les oreilles se braquent. Et, nonobstant une performance digne d'éloges, elle se montre encore loin de faire oublier sa prestigieuse devancière. Si on peut reconnaître à ses employeurs le (bon) choix d'avoir fait appel à une diva au registre très différent, la délicatesse laiteuse de Liv Kristine faisait justement tout le sel de ce pagan metal sans laquelle il devient du coup plus quelconque. Au final, même si "Sign Of The Dragonhead" ne démérite jamais, force est de constater que le principal tort des musiciens est de l'avoir publié sous la bannière d'un Leaves' Eyes amputé de celle qui en était l'âme. On peut certes comprendre que le groupe n'ait pas voulu repartir de zéro sous un nouveau nom mais le fait est que le drakkar n'est désormais plus vraiment le même… 3/5 (07/12/2017)
KröniK | Epica - The Solace System (2017)
Un an après "The Holographic Principle", Epica est déjà de retour non pas avec un véritable nouvel album mais avec un EP, le premier de sa carrière. Habitués aux créations pantagruéliques, il peut paraître surprenant que les Hollandais se frottent à cet exercice dans lequel on l'imagine à l'étroit. Ceci dit, fidèles à leurs standards, les Bataves se délestent toutefois d'une offrande longue d'une bonne demi-heure, ce dont se contenteraient nombre de formations.
Par ailleurs, composé de titres issus des sessions d'enregistrement de son septième opus, que le groupe avait dû laisser de côté faute de place, nous aurions pu craindre que "The Solace System" ne soit qu'un objet bouche-trou livré pour de basses raisons mercantiles. Il n'en est rien car les six pistes qui l'animent n'ont rien de fonds de tiroir ni de chutes de studio honteuses. Celles-ci se seraient ainsi glissées dans le menu de "The Holographic Principle" sans dénoter. C'est dire leur qualité. On mesure à ce titre combien l'inspiration de Mark Jansen et sa bande semble intarissable, donnant naissance tous les deux ans à des pavés longs de plus d'une heure sans jamais souffrir d'une baisse de régime. Mieux, ce format étriqué, en l'obligeant à contenir son bourgeonnement symphonique, voit le groupe renouer à cette occasion avec une simplicité bienvenue quoique relative. L'éponyme porte d'entrée et 'Fight Your Demons' témoignent que les Hollandais peuvent parfaitement s'exprimer en quatre minutes sans pour autant déborder de toute part. En toute logique, cet opuscule s'inscrit dans le sillage de son prédécesseur dont il ferme le chapitre, en le complétant de ses pièces délaissées pour aboutir à un ensemble qui impressionne par son ampleur et sa cohérence. Ceux qui ont aimé ce dernier ne peuvent donc être déçus. Plus que jamais maîtres d'un art au sein duquel ils n'ont (plus) aucuns rivaux, les musiciens proposent des compositions certes sans surprise ('Decoded Poetry') mais qui n'en demeurent pas moins de véritables bijoux d'écriture et d'arrangements ('Architect Of Light'), symbiose qui n'appartient qu'à eux, entre majesté orchestrale et dureté furieuse qui puise sa férocité dans les guitares tranchantes et les saillies caverneuses de Mark Jansen ('Wheel Of Destiny'). Bien évidemment, l'attraction qu'exerce la voix ensorcelante de Simone Simons n'est plus à démontrer mais l'acoustique 'Immortal Melancholy' confirme que c'est bien lorsqu'elle s'accouple à l'organe d'outre-tombe de son acolyte sur fond d'orages déchaînés que la belle prend toute son envergure. Pour Epica, "The Solace System" est une manière de solder l'ère ouverte par "The Holographic Principle" tout en faisant un don à ses nombreux fans ravis de pouvoir savourer ce qui est davantage un demi album qu'un simple agrégat de faces B. Ceux qu'agacent son caractère pompeux, (re)découvriront même un groupe encore capable d'une certaine sobriété. 3.5/5 (18/09/2017)
Par ailleurs, composé de titres issus des sessions d'enregistrement de son septième opus, que le groupe avait dû laisser de côté faute de place, nous aurions pu craindre que "The Solace System" ne soit qu'un objet bouche-trou livré pour de basses raisons mercantiles. Il n'en est rien car les six pistes qui l'animent n'ont rien de fonds de tiroir ni de chutes de studio honteuses. Celles-ci se seraient ainsi glissées dans le menu de "The Holographic Principle" sans dénoter. C'est dire leur qualité. On mesure à ce titre combien l'inspiration de Mark Jansen et sa bande semble intarissable, donnant naissance tous les deux ans à des pavés longs de plus d'une heure sans jamais souffrir d'une baisse de régime. Mieux, ce format étriqué, en l'obligeant à contenir son bourgeonnement symphonique, voit le groupe renouer à cette occasion avec une simplicité bienvenue quoique relative. L'éponyme porte d'entrée et 'Fight Your Demons' témoignent que les Hollandais peuvent parfaitement s'exprimer en quatre minutes sans pour autant déborder de toute part. En toute logique, cet opuscule s'inscrit dans le sillage de son prédécesseur dont il ferme le chapitre, en le complétant de ses pièces délaissées pour aboutir à un ensemble qui impressionne par son ampleur et sa cohérence. Ceux qui ont aimé ce dernier ne peuvent donc être déçus. Plus que jamais maîtres d'un art au sein duquel ils n'ont (plus) aucuns rivaux, les musiciens proposent des compositions certes sans surprise ('Decoded Poetry') mais qui n'en demeurent pas moins de véritables bijoux d'écriture et d'arrangements ('Architect Of Light'), symbiose qui n'appartient qu'à eux, entre majesté orchestrale et dureté furieuse qui puise sa férocité dans les guitares tranchantes et les saillies caverneuses de Mark Jansen ('Wheel Of Destiny'). Bien évidemment, l'attraction qu'exerce la voix ensorcelante de Simone Simons n'est plus à démontrer mais l'acoustique 'Immortal Melancholy' confirme que c'est bien lorsqu'elle s'accouple à l'organe d'outre-tombe de son acolyte sur fond d'orages déchaînés que la belle prend toute son envergure. Pour Epica, "The Solace System" est une manière de solder l'ère ouverte par "The Holographic Principle" tout en faisant un don à ses nombreux fans ravis de pouvoir savourer ce qui est davantage un demi album qu'un simple agrégat de faces B. Ceux qu'agacent son caractère pompeux, (re)découvriront même un groupe encore capable d'une certaine sobriété. 3.5/5 (18/09/2017)
KröniK | Midnight Sorrow - Pick A Tale (2017)
Le metal gainé d'une soie symphonique s'avère être un genre plus difficile à honorer qu'on ne le croit, dominé par quelques ténors indétrônables. La concurrence y est rude et les approximations couplées à un manque de moyens souvent fatals. Grand est alors le risque de s'embourber dans le ridicule et le pompeux de bas étage. Tel aurait pu être le cas de Midnight Sorrow aux atours peu accrocheurs. Son origine géographique n'était pas non plus pour nous rassurer, l'hexagone ne pouvant être considéré comme une terre fertile en la matière, à l'exception d'un Whyzdom.
La (bonne) surprise n'en est donc que plus belle. Non pas que les Français puissent se targuer de révolutionner ce style aussi codifié qu'encombré par des Castafiore de fête foraine ou de se hisser à la hauteur des Nightwish, Epica et autre Within Temptation, mais on devine tout du long de cette première véritable échappée une sincérité et une envie qui balaient les airs de déjà entendu que ne manqueront pas de réveiller chez certains esprits chagrins ces ritournelles à la fois heavy et enlevées. Si, toutefois, des grumeaux viennent quelque peu freiner notre enthousiasme, entre un chant en anglais parfois hésitant, une prise de son qui manque de l'ampleur nécessaire et une durée générale excessive (nous y reviendrons), l'actif l'emporte au final sur un passif que le temps et l'expérience corrigeront, n'en doutons pas. Les lignes vocales de la jolie Maureen, quoique dénuées d'une vraie personnalité, lesquelles s'accouplent avec des grognements de bêtes en rut, le sombre et liturgique tapis qu'étendent les claviers ('Number 6', 'A Last Ceremony') et la générosité de ces pièces aux appâts séduisants sont ainsi les charmes qui se logent dans le corset de Midnight Sorrow. S'étirant sur plus d'une heure, le menu de ce galop d'essai n'échappe donc pas à certaines longueurs, notamment en fin de parcours, faiblesse que cristallisent les onze minutes au compteur de 'Treasure Of Your Life', illustrant si besoin en était encore que n'est pas Nightwish qui veut. Reste que l'écoute déroule son canevas certes sans surprise mais non sans une certaine emphase et un sens de la mélodie efficace et aguichante qu'alimentent les hymnes en puissance que sont 'Glorious', 'Black Snow', 'Waterfall' ou la ballade 'At First' qui s'accrochent aisément à la mémoire. Mentionnons également pour faire bonne mesure 'Between Sun And Moon' qui, avec ses accents celtiques, n'échappera néanmoins pas, là aussi, à la comparaison avec les têtes de gondoles citées plus haut. Survenant – enfin – six ans après l'acte de naissance du groupe, souhaitons que "Pick A Tale" lui ouvre les portes du succès et d'une exposition plus grande. Gageons que, si les quelques faiblesses soulignées se voient gommées par le prochain album, le nom de Midnight Sorrow ne devrait plus demeurer longtemps méconnu... 3/5 (2017) | Facebook
La (bonne) surprise n'en est donc que plus belle. Non pas que les Français puissent se targuer de révolutionner ce style aussi codifié qu'encombré par des Castafiore de fête foraine ou de se hisser à la hauteur des Nightwish, Epica et autre Within Temptation, mais on devine tout du long de cette première véritable échappée une sincérité et une envie qui balaient les airs de déjà entendu que ne manqueront pas de réveiller chez certains esprits chagrins ces ritournelles à la fois heavy et enlevées. Si, toutefois, des grumeaux viennent quelque peu freiner notre enthousiasme, entre un chant en anglais parfois hésitant, une prise de son qui manque de l'ampleur nécessaire et une durée générale excessive (nous y reviendrons), l'actif l'emporte au final sur un passif que le temps et l'expérience corrigeront, n'en doutons pas. Les lignes vocales de la jolie Maureen, quoique dénuées d'une vraie personnalité, lesquelles s'accouplent avec des grognements de bêtes en rut, le sombre et liturgique tapis qu'étendent les claviers ('Number 6', 'A Last Ceremony') et la générosité de ces pièces aux appâts séduisants sont ainsi les charmes qui se logent dans le corset de Midnight Sorrow. S'étirant sur plus d'une heure, le menu de ce galop d'essai n'échappe donc pas à certaines longueurs, notamment en fin de parcours, faiblesse que cristallisent les onze minutes au compteur de 'Treasure Of Your Life', illustrant si besoin en était encore que n'est pas Nightwish qui veut. Reste que l'écoute déroule son canevas certes sans surprise mais non sans une certaine emphase et un sens de la mélodie efficace et aguichante qu'alimentent les hymnes en puissance que sont 'Glorious', 'Black Snow', 'Waterfall' ou la ballade 'At First' qui s'accrochent aisément à la mémoire. Mentionnons également pour faire bonne mesure 'Between Sun And Moon' qui, avec ses accents celtiques, n'échappera néanmoins pas, là aussi, à la comparaison avec les têtes de gondoles citées plus haut. Survenant – enfin – six ans après l'acte de naissance du groupe, souhaitons que "Pick A Tale" lui ouvre les portes du succès et d'une exposition plus grande. Gageons que, si les quelques faiblesses soulignées se voient gommées par le prochain album, le nom de Midnight Sorrow ne devrait plus demeurer longtemps méconnu... 3/5 (2017) | Facebook
KröniK | Unseelie - Urban Fantasy (2014)
Ceux qui regrettent - à raison - le temps où brillait ce qu'on appelle, faute de mieux, le Gothic Metal à chanteuse, sympho ou pas, seraient bien inspirés de jeter plus qu'une oreille sur ce "Urban Fantasy", galop d'essai de Unseelie que les plus attentifs avaient peut-être repéré il y a trois ans grâce à "Unholy Light" Les raisons de s'intéresser à cette jeune formation sont nombreuses. Parce qu'elle est française tout d'abord.
Parce qu'elle accueille en son sein une chanteuse aussi talentueuse que charmante (nous en reparlerons). Parce que, éprise de liberté, elle essaye de tout faire par elle-même, livrant un disque autoproduit qui a pu voir le jour grâce à une dynamique campagne de crowdfunding. Parce que, et c'est le plus important, ce premier opus repose sur un concept ambitieux, ce qui est tout à l'honneur de ses auteurs. Conçu comme une oeuvre d'art total, tant sonore que visuelle, "Urban Fantasy" épouse la forme d'un périple de l'ombre à la lumière, voyage salvateur et généreux évoquant le désenchantement du monde puis son ré-enchantement. Divisé en trois parties distinctes, ce récit aux allures de quête, de recherche, s'ouvre sur le lourd 'Strangers' pour se refermer sur le lumineux 'Beauty Is Our Only Saviour', en une conclusion pleine d'espoir. Ce thème détermine les teintes modernes d'une musique délicatement ciselée, où tout est esquissé avec beaucoup de retenue, sans vulgarité ni faute de goût, tour à tour electro ('Of Water And Dreams'), pulsative mais toujours puissamment émotionnelle ('Prometheus's Pain'). Soignés et à aucun moment maladroits ou approximatifs, les arrangements impressionnent, démontrant le formidable travail réalisé par le duo que composent le guitariste Marc et la chanteuse Anne-Emmanuelle (The Forsaken Creation). Si le tandem ne saurait nier ses influences, notamment celle de Within Temptation ('Closer To Apotheosis'), la versatilité de son inspiration les fait vite oublier. Et au final, la richesse des atmosphères et la belle performance vocale de la jeune femme emportent tout, berçant l'auditeur vite happé par cet album qu'on aurait bien du mal à critiquer. A son écoute, on sent que chacune de ces compositions a été élaborée longuement et avec minutie. Bien que certaines d'entre elles laissent de durables stigmates dans la mémoire, à l'image de 'Hunter's Game', il convient de les aborder dans leur doucereuse globalité, comme un tout indivisible et élégant dont elle forme les différentes parties, s'emboitant les unes aux autres, ce qui aboutit à une oeuvre d'une grande unité. Osons l'affirmer, Unseelie délivre avec "Urban Fantasy" un des plus réjouissants albums que le genre nous ait offert depuis longtemps car il a pour lui non seulement une louable ambition mais aussi une intelligence éclairée, une vision de sa propre musique qui fait souvent défaut dans ce type de Metal et qui va bien au-delà du style auquel il se rattache. Si on peut souhaiter que le groupe quitte les méandres de l'auto-production, ce format lui confère une indépendance finalement plus précieuse qu'une exposition accrue... 3/5 (2014) | Facebook
Parce qu'elle accueille en son sein une chanteuse aussi talentueuse que charmante (nous en reparlerons). Parce que, éprise de liberté, elle essaye de tout faire par elle-même, livrant un disque autoproduit qui a pu voir le jour grâce à une dynamique campagne de crowdfunding. Parce que, et c'est le plus important, ce premier opus repose sur un concept ambitieux, ce qui est tout à l'honneur de ses auteurs. Conçu comme une oeuvre d'art total, tant sonore que visuelle, "Urban Fantasy" épouse la forme d'un périple de l'ombre à la lumière, voyage salvateur et généreux évoquant le désenchantement du monde puis son ré-enchantement. Divisé en trois parties distinctes, ce récit aux allures de quête, de recherche, s'ouvre sur le lourd 'Strangers' pour se refermer sur le lumineux 'Beauty Is Our Only Saviour', en une conclusion pleine d'espoir. Ce thème détermine les teintes modernes d'une musique délicatement ciselée, où tout est esquissé avec beaucoup de retenue, sans vulgarité ni faute de goût, tour à tour electro ('Of Water And Dreams'), pulsative mais toujours puissamment émotionnelle ('Prometheus's Pain'). Soignés et à aucun moment maladroits ou approximatifs, les arrangements impressionnent, démontrant le formidable travail réalisé par le duo que composent le guitariste Marc et la chanteuse Anne-Emmanuelle (The Forsaken Creation). Si le tandem ne saurait nier ses influences, notamment celle de Within Temptation ('Closer To Apotheosis'), la versatilité de son inspiration les fait vite oublier. Et au final, la richesse des atmosphères et la belle performance vocale de la jeune femme emportent tout, berçant l'auditeur vite happé par cet album qu'on aurait bien du mal à critiquer. A son écoute, on sent que chacune de ces compositions a été élaborée longuement et avec minutie. Bien que certaines d'entre elles laissent de durables stigmates dans la mémoire, à l'image de 'Hunter's Game', il convient de les aborder dans leur doucereuse globalité, comme un tout indivisible et élégant dont elle forme les différentes parties, s'emboitant les unes aux autres, ce qui aboutit à une oeuvre d'une grande unité. Osons l'affirmer, Unseelie délivre avec "Urban Fantasy" un des plus réjouissants albums que le genre nous ait offert depuis longtemps car il a pour lui non seulement une louable ambition mais aussi une intelligence éclairée, une vision de sa propre musique qui fait souvent défaut dans ce type de Metal et qui va bien au-delà du style auquel il se rattache. Si on peut souhaiter que le groupe quitte les méandres de l'auto-production, ce format lui confère une indépendance finalement plus précieuse qu'une exposition accrue... 3/5 (2014) | Facebook
KröniK | Within Temptation - Mother Earth (2000)
Si aujourd’hui, Within Temptation trône, avec Nightwish et The Gathering, au firmament du metal à chanteuse comme on l’appelle dorénavant, grâce à cet album, le second de sa carrière, il faut bien comprendre qu’à l’époque, lorsqu’il est sorti, personne n’en attendait grand chose, ou du moins, pas plus que ce l’on attend d’habitude d’un groupe de seconde zone. Et pourtant, quelle surprise ! Après des débuts intéressants sans pour autant être exceptionnels, avec un premier opus, Enter, honorable mais sans plus, et un EP, The Dance, du même acabit, les Hollandais se sont totalement métamorphosés avec ce Mother Earth d’anthologie. Il débute par deux titres imparables, véritables hymnes instantanés, « Mother Earth » et surtout « Ice Queen ». Leur succèdent une somptueuse ballade, « Our Farewell » et l’énergique « Caged » et ses accents celtiques. Pivot du disque, le grandiose et épique « The Promise » nous emporte très haut, vers des sphères inaccessibles. « Never–Ending Story » marque une nouvelle pose ; une seconde ballade, empreinte de ce bon goût cher au groupe, et sur laquelle Sharon Den Adel sait nous émouvoir. L’album s’achève sur le superbe « Deceiver Of Fools », l’enlevé « Dark Wings », que précède une courte intro et une dernière ballade, « In Perfect Harmony », une fois de plus très réussie. Tous des hits en puissance donc. Alors certes, la musique se fait désormais plus doucereuse, exit donc les voix de gargouilles du guitariste, mais elle a gagné en finesse et en beauté ce qu’elle a perdu en brutalité. Surtout, en privilégiant sa remarquable chanteuse, la savoureuse Sharon, tour à tour puissante ou émouvante, plutôt que l’alternance voix féminine / voix masculine aujourd’hui totalement stéréotypée, Within Temptation a su trouver une identité propre au sein d’une scène qui n’allait pas tarder à être encombrer d’opportunistes de bas étage et sans imagination comme de bien entendu. 4/5 (2006)
KröniK | Within Temptation - The Silent Force (2004)
Suite à la réussite tant artistique que commerciale de Mother Earth, Within Temptation était attendu au tournant. Serait-il capable de surpasser ce dernier ? Cet album lui ayant ouvert les portes du succès, allait-il encore un peu plus adoucir sa musique ? La princesse Sharon va-t-elle enfin poser nue dans le livret ? La réponse à ces questions est non. Non, The Silent Force n’atteint pas le niveau d’excellence de son prédécesseur (la barre était de toute façon placée très haut) sans pour autant être décevant. Non, les Hollandais n’ont pas non plus ramolli leurs chansons. En revanche, celles-ci, bien que portant toujours la griffe du groupe, se révèlent sensiblement plus commerciales : plus courtes (aucune ne dépasse les 5 minutes), elles sont aussi davantage calibrées, et lorgnent même parfois du côté d’Evanescence, comme sur le superbe « Stand My Ground » où on croirait entendre Amy Lee et non pas Sharon Den Adel. Pourtant reconnaissons, que ce nouvel opus est encore une fois imparable. Enrobés d’une production énorme et d’orchestrations riches et soignées qui soulignent harmonieusement leur mélodie les rendant encore plus impressionnants, les 11 titres qui le composent ne peuvent susciter la moindre remarque négative. Le groupe s’y entend toujours pour emballer des hymnes imparables : citons les puissants et enchanteurs « See Who I Am », « Jilliam », « Stand My Ground », « Forsaken » ou « It’s The Fear », dans la droite lignée des « Mother Earth » et autres « Ice Queen », sans oublier les ballades qui font mouche, telle que « Pale » notamment. Certains d’entre eux sont toutefois plus faibles (« Memories », « Aquarius »), même s’ils se laissent écouter avec plaisir. Cependant, devenu en l’espace de 4 ans une machine à tubes, le groupe n’a-t-il pas perdu en route l’innocence qui lui conférait une bonne partie de son charme ? 3.5/5 (2006)
KröniK | Within Temptation - The Heart Of Everything (2007)
Alors que Mother Earth demeurera très certainement son chef-d’œuvre, il n’en demeure pas moins que c’est bien son successeur, The Silent Force qui s’impose comme le pivot, en terme artistique, de la carrière des Hollandais (pas si violent) ; il est bien celui qui a fixé durablement leur style, ce sympho gothic metal à chanteuse qui lorgne de plus en plus vers la frange US de cette chapelle (on pense bien entendu à Evanescence, en mieux). Le fait d’avoir fait appel au chanteur de Life Of Agony, Keith Caputo, le temps d’un duo avec la belle Sharon dont la réussite éclatante fait de « What Have You Done » un des sommets de l’album, témoigne de cet attirance pour les Etats-Unis et son marché. The Heart Of Eveything s’inscrit donc la continuité de son aîné. Il semble même de prime abord le surpasser, ce que confirment le retour à un format d’écriture parfois moins calibré (l’inutilement long « The Thruth Beneath The Rose ») et des chansons qui, pour la plupart, dépassent les cinq minutes. Et puis, il y a ce sombre et puissant « The Howling » en ouverture qui nous fait espérer de l’excellent de la part de Within Temptation et qui donne dans un premier temps l’illusion que celui-ci a trouvé le bon équilibre entre ses deux précédentes livraisons. Hélas tout ne se révèle pas du même tonneau. Si « Frozen » est une ballade plaisante, bien que dépourvue d’émotions, contrairement à ce que les Bataves nous avaient habitué autrefois ; si « Our Solemn Hour » est une pièce noire, orchestrale sans sombrer dans la surenchère des caniveaux ; enfin si le titre éponyme, propulsé par un refrain qui une fois prononcé ne lâche plus sa proie, voit la chanteuse durcir le ton, ce dont elle ne nous avait pas habitué ; que dire en revanche du banal « Hand Of Sorrow », du néanmoins intéressant « The Cross », de cette tentative maladroite de sonner plus moderne qu’est « Final Destination », du mielleux « All I Need » ou soporifique « Forgiven » ? Autant de morceaux sympathiques qui s’écoutent une fois avec plaisir mais dont on ne retient pas grand chose au final. Certes Within Temptation sait écrire de bonnes chansons, a recours avec intelligence et discrétion à l’apparat symphonique tandis que Sharon Den Adel chante aussi divinement bien, même si sa voix a perdu en chemin une bonne part de son charme. Certes, The Heart Of Everything est un album de qualité. Certes, le groupe tente de colorer sa musique à l’encre noire mais sa démarche, bien que louable ne se solde pas encore par un franc succès. Reconnaissons-lui au moins la volonté de continuer à travailler un art qui, du reste, ne devrait plus connaître de profonds bouleversements. 3/5 (2008)
KröniK | Whyzdom - Symphony For A Hopeless God (2015)
Troisième album pour Whyzdom et quatrième chanteuse, sans compter l'ex-Xandria, Lisa Middlehauve qui l'a dépannée sur scène en 2010. Espérons que la stabilité qu'on croyait acquise avec l'arrivée de Elvyne Lorient deux ans plus tard, le soit enfin désormais. L'avenir nous le dira. Ces problèmes récurrents en terme de ressources humaines pourraient être fâcheux et grever l'inspiration du groupe. Or il n'en est rien, celui-ci poursuivant sa route à son rythme. De fait, en l'espace de quelques années, les Français ont imposé leur nom parmi les valeurs sûres du Metal symphonique. Et s'ils ne font pas encore de l'ombre aux ténors du genre, Nigthwish et Within Temptation en tête, force est de reconnaître qu'ils sont maintenant aux portes de la cour des grands. "Symphony For A Hopeless God" sera-t-il leur Sésame ? Encore une fois, tout a été mis en œuvre pour cela. Production énorme, arrangements soignés, interprétation hors-pair ... On ne saurait émettre la moindre réserve à l'encontre d'un menu dont la teneur à nouveau pantagruélique (plus d'une heure de musique au compteur quand même) ne rime pourtant jamais avec ennui ni longueurs ou pompeuses boursouflures. Le sens de la mélodie accrocheuse intact, Whyzdom nous gratifie encore une fois d'excellentes compositions qui d'emblée font mouche. Là réside d'ailleurs une de ses grandes forces, dans cette faculté à privilégier une écriture d'orfèvre aux enluminures symphoniques certes généreuses quoique toujours mises au service de chansons solidement charpentées, lesquelles déroulent une trame souvent étirée sans heureusement l'être trop. "Symphony For A Hopeless God" enchaîne les hymnes, les morceaux de bravoure. Onze titres, onze joyaux qui tous mériteraient d'être cités, de 'Theory Of Life' à 'Tears Of A Hopeless God', sombrement orchestral, de 'Don't Try To Blind Me' à 'Asylum Of Eden'. Le groupe puise dans une palette souvent lourde ('Let's Play With Fire'), toujours noire et grave. Le recours à des growls participe en outre de cette dimension tragique. Ce qui nous amène à évoquer les lignes vocales de cet album et donc l'autre grande force de Whyzdom, sa capacité à découvrir à chaque fois des chanteuses aussi puissantes que talentueuses. Avec Marie Rouyer, dont on souhaite qu'elle ne la quittera pas de sitôt, la formation ne déroge pas à la règle, ayant déniché la perle rare, la pièce maîtresse qui manquait à son univers. La belle ne cesse d'impressionner tout du long, brillant d'un éclat envoûtant et dans tous les registres, n'ayant absolument rien à envier aux Castafiore plus renommées. Sans elle, ces compositions n'auraient tout simplement pas le même charme. Maîtrisant parfaitement son propos, Whyzdom franchit avec "Symphony For A Hopeless God", une étape supplémentaire vers la perfection d'un art qui ne pardonne pas la médiocrité. Et toujours avec ce désenchantement plus personnel qu'il n'y paraît et qui le distingue des simples suiveurs. 3/5 (2015)
KröniK | Trail Of Tears - Bloodstained Endurance (2009)
Que reste-t-il aujourd'hui, près de quinze ans après son explosion, du gothic dark metal à la norvégienne ? La réponse fait peur. Entre un Tristania qui cherche ses marques suite au départ de sa charismatique chanteuse Vibeke Stenne, un Theatre Of Tragedy relégué en seconde division, un Sirenia qui tend à se confondre avec un Within Temptation du pauvre ou un The Sins Of Thy Beloved dont on attend toujours depuis 9 ans un troisième essai : pas grand chose donc. Alors qu'on le croyait perdu au fin fond des égouts, Trail Of Tears est quant à lui encore là pour permettre à la flamme de briller encore un peu. Mais pour lui aussi, l'âge d'or semble bien loin. Pourtant, à sa décharge, reconnaissons que le groupe a tenté, certes avec une réussite mitigée, de s'extraire des invariants du genre en faisant appel à un second chanteur, en la personne du talentueux Kjetil Nordhus (ex-Green Of Carnation) en lieu et place d'une Castafiore de bas étage. Las, les deux albums défendus par cette combinaison inédite, Free Fall Into Fear (2005) et Existentia (2007), faute d'excellentes compositions, ont en fait contribué à précipiter ses auteurs dans l'ornière de l'indifférence générale. Sans doute Ronny Thorsen, l'homme qui tient fermement la barre du navire, a-t-il compris la leçon et a-t-il donc décidé de revenir à la formule qui fit jadis son succès. Qui plus est face à la déroute de ses anciens compagnons de genre, quoi de mieux que de proposer le disque que les fans - il en reste apparemment encore quelques uns - attendent ! Aucune prise de risque, aucune surprise à espérer de cette nouvelle galette Bloodstained Endurance, depuis la production made in Soundsuite Studios de Terje Refsnes en passant par le retour de la soprano Catherine Paulsen qui avait remplacé, d'une manière plutôt convaincante du reste, Helena Iren Michaelsen sur le très bon A New Dimension Of Might en 2002. Ceci étant, cette sixième offrande se pose certainement comme ce que Trail Of Tears a malgré tout offert de meilleur depuis des lustres. Les dialogues entre chant masculin dark et vocalises féminines haut perchées sont certes téléphonés mais la revenante possède une voix suffisamment puissante et personnelle pour emporter l'adhésion. Plus important encore, le groupe semble avoir retrouvé la clé de l'inspiration, comme en témoignent ces onze titres, assez courts (guère plus de quatre minutes en moyenne), denses et sombres. "The Feverish Alliance", "Once Kissed By The Serpent (Twice Bitten By Truth)" ou bien "The Desesperation Corridors" balisent ainsi le menu de quelques flamboyances que l'on croyait perdues. Ni trop pompeux ni vulgaire, les Norvégiens s'en sortent avec les honneurs. Ils ne recevront certainement pas une palme d'or mais un prix spécial pour service rendu à la cause gothique n'est pas exclu. Les amateurs seront heureux de ce retour inespéré... 3/5 (2010)
KröniK | Leaves' Eyes - We Came with the Northern Winds / En Saga I Belgia (2009)
Le triomphe de la volonté. Quand bien même on peut juger - à raison - que cette somme pantagruélique rassemblant séparément un double DVD et deux cds peut paraître précoce pour un groupe qui n'a pour l'instant publié que deux albums, We Came With The Northern Winds est une manière de victoire pour la charmante Liv Kristine, petit bout de femme douce mais déterminée, jetée comme un tampax usagé par ses anciens partenaires de Theatre Of Tragedy et qui aujourd'hui leur fait la nique. En l'espace d'une poignée d'années, la Norvégienne a sû s'imposer comme une artiste à part entière, avec l'aide de son mari Alex Krull d'Atrocity, tandis que son ancien navire n'est quant à lui pas très loin du naufrage et ce, en dépit d'un Storm agréable et d'une nouvelle front woman de talent. Annoncée depuis longtemps, cette plongée dans l'univers de Leaves' Eyes saura combler les fans car les petits plats ont été mis dans les grands, c'est le moins que l'on puisse dire. Le premier dvd subdivisé en 16 chapitres représente pour les amoureux de la chanteuse un véritable trésor, porte d'entrée dans le jardin secret en même temps que dans l'âme de la jolie blonde. Ce film est comme un livre que l'on feuillette retraçant la vie de Liv, depuis ses premiers pas dans le chant jusqu'au succès de Leaves' Eyes, en passant bien entendu sur "l'affaire" Theatre Of Tragedy. On y découvre aussi son amour pour la Norvège, ses mythes, sa nature... sans oublier en bonus des clips, du live.... Bref, très (trop ?) ambitieux, le groupe en donne pour leur argent à ses admirateurs, ce que l'on ne saurait lui reprocher. Après lecture de la chose, il n'aura plus aucun secret pour vous. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur... Le second volet, pendant video du double live publié à côté, est basé sur la prestation que la belle et son équipe ont exécuté lors du Metal Female Voices Fest en 2007. Au programme, vingt titres (!), dont le son trop propre peut sembler un brin suspect. Ceci dit, il s'agit là d'une habile synthèse de la (maigre) discographie du groupe. Encore que synthèse ne soit sans doute pas le terme qui convient le mieux car peut de titres sont finalement restés sur le bord de la route. Mais comme Lovelorn et Vinland Saga sont d'incontestables réussites, on ne se plaindra d'en retrouver ici la quasi intégralité. Même le EP Legend Land a droit de cité ("Lyset"...). Avec brio et bonne humeur, Leaves' Eyes interprète ses classiques : "Vinland Saga", "For Amelie", "Tales Of The Seamaid", "New Found Land", "Elegy"... pour n'en citer que quelque uns. Alors certes, We Came With The Northern Winds manque d'un peu de sel (de mer), de folie également, mais comme ce n'est pas vraiment le genre de la maison, on ne lui en tiendra pas rigueur. De la belle ouvrage donc et un groupe qui force la sympathie. 3.5/5 (2009)
KröniK | Sons Of Seasons - Gods Of Vermin (2009)
L'argument de vente "avec Simone Simons" accolé à cette carte de visite de Sons Of Seasons, ne doit pas vous tromper : bien qu'elle illumine les (rares) chansons sur lesquelles elle apparaît, la collaboration de la chanteuse d'Epica à ce projet reste somme toute des plus anecdotiques.
Non, ce nouveau groupe se présente avant tout comme le repère d'une poignée de mercenaires de la scène heavy metal (il y a dix ans, on aurait parler de true metal) ayant promené leurs guêtres dans des formations telles que Doro, Kamelot, Circle II Circle (pour Oliver Palotai, claviériste, accessoirement guitariste et principal artisan de la chose), Brainstorm, Metallium (le chanteur Henning Basse), Silent Force (l'excellent bassiste Jürgen Steinmetz qui démontre encore une fois toute sa maîtrise) ou bien encore Blaze (le batteur Daniel Schild ainsi que Palotai). Bref, une brochette de musiciens au talent sinon au savoir-faire éprouvé. Gods Of Vermin a donc l'assurance de musiciens qui connaissent toutes les ficelles d'un heavy classique, bien que par moment assez sombre ("Gods Of Vermin" ou "Belial's Tower", notamment) qui n'hésite pas aller s'abreuver à la source du metal symphonique. Ces douze morceaux sont fidèles à ce que l'on pouvait légitimement attendre d'une telle équipe : accrocheurs et efficaces mais un peu trop propres sur eux et surtout malheureusement sans grande personnalité ("Fall Of Byzanz"). De plus Gods Of Vermin, dont la diversité confine à une trop grande hétérogénéité aurait mérité quelques coups de ciseaux bienvenus. Trop long, il finit sur la durée par lasser. C'est regrettable car il n'est pas dépourvu de quelques bonnes surprises. On découvre par exemple un Henning Basse plus charismatique que prévu tandis que les deux apparitions de la belle Simone (dont on dit qu'elle serait la petite amie de Oliver Palotai, pour ceux que cela intéresse !), "Fallen Family" et plus encore "Wintersmith" où son duo avec le chanteur est tout à fait charmant, s'imposent parmi les moments les plus forts d'un disque qui en comprend d'autres. Citons le baroque "Gods Of Vermin", "The Piper", une espèce de power-ballad écrite à l'encre noire, le très progressif "Wheel Of Guilt", longue épopée de près de huit minutes et "Third Moon Rising" qui annonce la fin de l'écoute en beauté avec son tempo lourd, ses lignes de six-cordes émotionnelles et que rehausse le jeu de basse de Jürgen Steinmetz. Les amateurs y trouveront sans doute leur compte, gageons toutefois que Gods Of Vermin ne marquera certainement pas les annales du genre et que Sons Of Seasons aura besoin d'une identité plus affirmée pour devenir un projet pérenne. En l'état, il s'agit surtout de la cour de récréation de quelques "noms" du heavy européen, rassemblés autour d'un musicien en mal d'indépendance et de contrôle. A suivre... ou pas. 3/5 (2009) | Facebook
Non, ce nouveau groupe se présente avant tout comme le repère d'une poignée de mercenaires de la scène heavy metal (il y a dix ans, on aurait parler de true metal) ayant promené leurs guêtres dans des formations telles que Doro, Kamelot, Circle II Circle (pour Oliver Palotai, claviériste, accessoirement guitariste et principal artisan de la chose), Brainstorm, Metallium (le chanteur Henning Basse), Silent Force (l'excellent bassiste Jürgen Steinmetz qui démontre encore une fois toute sa maîtrise) ou bien encore Blaze (le batteur Daniel Schild ainsi que Palotai). Bref, une brochette de musiciens au talent sinon au savoir-faire éprouvé. Gods Of Vermin a donc l'assurance de musiciens qui connaissent toutes les ficelles d'un heavy classique, bien que par moment assez sombre ("Gods Of Vermin" ou "Belial's Tower", notamment) qui n'hésite pas aller s'abreuver à la source du metal symphonique. Ces douze morceaux sont fidèles à ce que l'on pouvait légitimement attendre d'une telle équipe : accrocheurs et efficaces mais un peu trop propres sur eux et surtout malheureusement sans grande personnalité ("Fall Of Byzanz"). De plus Gods Of Vermin, dont la diversité confine à une trop grande hétérogénéité aurait mérité quelques coups de ciseaux bienvenus. Trop long, il finit sur la durée par lasser. C'est regrettable car il n'est pas dépourvu de quelques bonnes surprises. On découvre par exemple un Henning Basse plus charismatique que prévu tandis que les deux apparitions de la belle Simone (dont on dit qu'elle serait la petite amie de Oliver Palotai, pour ceux que cela intéresse !), "Fallen Family" et plus encore "Wintersmith" où son duo avec le chanteur est tout à fait charmant, s'imposent parmi les moments les plus forts d'un disque qui en comprend d'autres. Citons le baroque "Gods Of Vermin", "The Piper", une espèce de power-ballad écrite à l'encre noire, le très progressif "Wheel Of Guilt", longue épopée de près de huit minutes et "Third Moon Rising" qui annonce la fin de l'écoute en beauté avec son tempo lourd, ses lignes de six-cordes émotionnelles et que rehausse le jeu de basse de Jürgen Steinmetz. Les amateurs y trouveront sans doute leur compte, gageons toutefois que Gods Of Vermin ne marquera certainement pas les annales du genre et que Sons Of Seasons aura besoin d'une identité plus affirmée pour devenir un projet pérenne. En l'état, il s'agit surtout de la cour de récréation de quelques "noms" du heavy européen, rassemblés autour d'un musicien en mal d'indépendance et de contrôle. A suivre... ou pas. 3/5 (2009) | Facebook
KröniK | Leaves' Eyes - Njord (2009)
Et si Liv Kristine par l'entremise de son propre drakkar qu'elle a mis à la mer en 2003 suite à son limogeage de Theatre Of Tragedy, avait inventé un nouveau genre, le gothic pagan, qu'elle est d'ailleurs la seule, avec sa soeur Carmen (Midnattsol) à honorer ? Pourquoi pas en effet car plus les années passent et plus la jeune femme semble désireuse de replonger dans ses racines nordiques, de glorifier sa terre natale, ses paysages majestueux et ses légendes. Vinland Saga fut la première étape de cette évolution, le EP Legend Land, la seconde. Troisième album de Leaves' Eyes, Njord, qui conclut une année bien remplie pour ses auteurs, enfonce encore le clou, véritable déclaration d'amour pour les territoires nordiques. Toujours accompagnée par les musiciens du groupe de son mari, Atrocity et lui-même, également du voyage, Liv y confirme aussi sa place, parmi les premières, du metal à chanteuse grâce à un sens de l'écriture et des arrangements indéniables ("The Holy Bond"). Les Norvégiens s'y entendent pour composer de vrais hymnes ("My Destiny") à la fois intimistes ("Emerald Island", "Morgen Land") et valeureux ("Through Our Veins") sans la moindre baisse de régime ou d'inspiration. S'ouvrant sur des teintes celtiques charmantes bien que téléphonées ("Scarborough Fair", l'excellent "Irish Rain"), Njord enrichi encore la palette avec laquelle le groupe peint des tableaux recouvert de givre et sentant bon les forêts éternelles. Plus épique que ses aînés, plus grandiose ("Njord", "Ragnarok" malgré son intro par trop pompeuse), louchant parfois vers la musique cinématique (le très beau "Froya's Theme"), il couvre de vastes étendues sur lesquels souffle la voix puissante et fragile à la fois de Liv, dont on regrettera qu'elle soit parfois (ce qui est encore trop) soulignée par celle, caverneuse, de son Alex Krull de mari qui n'apporte pas grand chose si ce n'est une impression de déjà-entendu. Dommage car, aérien et épuré, le chant de la belle se suffit largement à lui-même et n'a pas besoin de grognements masculins pour gagner en relief ! Les compositions non plus d'ailleurs, théâtre sophistiqué d'un metal gothique racé et gracieux finalement assez personnel. Encore une jolie réussite à mettre à l'actif de Leave's Eyes et surtout de sa maîtresse des lieux. Et, encore une fois, on voit mal comment ses anciens employeurs, le malchanceux (ils l'ont bien cherché) Theatre Of Tragedy pourrait lui faire de l'ombre et ce, pourtant en dépit d'un nouvel opus, Forever Is The World, aussi bon que Njord, bien que très différent. 3/5 (2009)
KröniK | Epica - Design Your Universe (2009)
Quelques mois à peine après avoir livré un live orchestral (quelle originalité !) dispensable, "The Classical Conspiracy", Epica peuple de nouveau les bacs avec sa quatrième offrande. Malgré un capital sympathie jamais remis en question et un charme que les Hollandais doivent (forcément) beaucoup à leur sculpturale chanteuse, la flamboyante Simone Simons, on a un peu l'impression que depuis "The Divine Conspiracy", le groupe peine à se renouveler et à transcender une signature qui l'a néanmoins imposée parmi les ténors du métal symphonique et gothique à chant féminin (pléonasme).
Pourtant, le recrutement en 2007 de l'ex-batteur de God Dethroned, Ariën Van Weesenbeek, a su lui conférer une dureté, une patte plus brutale qui lui faisait défaut. Alors "Design Your Universe" n'est-il qu'un album de plus pour Epica ? Oui et non en fait. Non, car ce dernier commence de la plus belle des manières avec une poignée de compositions de haute volée. Après une intro grandiloquente aux accents symphoniques, déboule le furieux "Resign To Surrender" où dialoguent avec beaucoup de réussite la voie d'outre-tombe de Mark Jensen et celle plus angélique de la rouquine. Avec ses choeurs majestueux et son rempart rythmique implacable, tout est dit en un peu plus de six minutes conjuguant profondeur orchestrale, métal gothique et puissance. "Unleashed", durant lequel la jeune femme, bouleversante, libère toute l'émotion dont elle est capable, et "Martyr Of The Free World", se révèlent être du même tonneau. Jamais sans doute depuis l'inaugural "The Phantom Agony", le groupe n'avait atteint un tel degré de perfection, une telle maîtrise de son style. Succédant à une ballade, "Our Destiny", "Kingdom Of Heaven" s'impose enfin, du haut de ses treize minutes, comme le morceau de bravoure de l'ensemble. Il témoigne en outre de l'influence de la musique de film qui alimente l'inspiration des Hollandais et surtout du guitariste Mark Jensen. Grandiose, épique et riche en arabesques, il permet à Epica de donner la pleine mesure de son talent et se présente de fait comme une forme d'aboutissement pour ses auteurs. Jusque là donc, rien à dire, "Design Your Universe" n'est grevé d'aucun faux pas. On se dit alors que le miracle va encore durer... Las, la suite s'avère ne pas être totalement à la hauteur de cette première partie qui se serait presque suffit à elle-même. Ainsi, les morceaux qui suivent semblent moins marquants ("Burn To A Cinder", la roucoulade "Tides Of Time"...) et le long final constitué de la pièce éponyme n'apporte pas grand chose que l'on ne sache déjà. Même le duo unissant, sur "White Waters", Simone au chanteur de Sonata Arctica, Toni Kakko, déçoit quelque peu par sa mièvrerie. Seuls "Deconstruct" et "Semblance Of Liberty", deux chansons au relief lourd et aux multiples aplats symphoniques, sauvent cette seconde moitié du ronron sinon de la banalité. Dommage que le groupe ne se soit pas souvenu que la durée idéale d'un disque reste celle des deux faces d'un vinyle. Il aurait ainsi été bien inspiré de se délester de quelques pistes. 73 minutes, c'est un peu trop long. Bien entendu, ses admirateurs contrediront certainement cette affirmation. Il n'en demeure pas moins que "Design Your Universe", aurait, avec quelques coups de ciseaux bien placés, irradié une intensité, un sentiment d'achevé qui, en l'état, lui manquent. Reste que l'on tient là probablement le meilleur album depuis son galop d'essai, d'une entité qui continue à surnager bien au-dessus de la mêlée du métal à voix féminine. 3.5/5 (2009) | Facebook
Pourtant, le recrutement en 2007 de l'ex-batteur de God Dethroned, Ariën Van Weesenbeek, a su lui conférer une dureté, une patte plus brutale qui lui faisait défaut. Alors "Design Your Universe" n'est-il qu'un album de plus pour Epica ? Oui et non en fait. Non, car ce dernier commence de la plus belle des manières avec une poignée de compositions de haute volée. Après une intro grandiloquente aux accents symphoniques, déboule le furieux "Resign To Surrender" où dialoguent avec beaucoup de réussite la voie d'outre-tombe de Mark Jensen et celle plus angélique de la rouquine. Avec ses choeurs majestueux et son rempart rythmique implacable, tout est dit en un peu plus de six minutes conjuguant profondeur orchestrale, métal gothique et puissance. "Unleashed", durant lequel la jeune femme, bouleversante, libère toute l'émotion dont elle est capable, et "Martyr Of The Free World", se révèlent être du même tonneau. Jamais sans doute depuis l'inaugural "The Phantom Agony", le groupe n'avait atteint un tel degré de perfection, une telle maîtrise de son style. Succédant à une ballade, "Our Destiny", "Kingdom Of Heaven" s'impose enfin, du haut de ses treize minutes, comme le morceau de bravoure de l'ensemble. Il témoigne en outre de l'influence de la musique de film qui alimente l'inspiration des Hollandais et surtout du guitariste Mark Jensen. Grandiose, épique et riche en arabesques, il permet à Epica de donner la pleine mesure de son talent et se présente de fait comme une forme d'aboutissement pour ses auteurs. Jusque là donc, rien à dire, "Design Your Universe" n'est grevé d'aucun faux pas. On se dit alors que le miracle va encore durer... Las, la suite s'avère ne pas être totalement à la hauteur de cette première partie qui se serait presque suffit à elle-même. Ainsi, les morceaux qui suivent semblent moins marquants ("Burn To A Cinder", la roucoulade "Tides Of Time"...) et le long final constitué de la pièce éponyme n'apporte pas grand chose que l'on ne sache déjà. Même le duo unissant, sur "White Waters", Simone au chanteur de Sonata Arctica, Toni Kakko, déçoit quelque peu par sa mièvrerie. Seuls "Deconstruct" et "Semblance Of Liberty", deux chansons au relief lourd et aux multiples aplats symphoniques, sauvent cette seconde moitié du ronron sinon de la banalité. Dommage que le groupe ne se soit pas souvenu que la durée idéale d'un disque reste celle des deux faces d'un vinyle. Il aurait ainsi été bien inspiré de se délester de quelques pistes. 73 minutes, c'est un peu trop long. Bien entendu, ses admirateurs contrediront certainement cette affirmation. Il n'en demeure pas moins que "Design Your Universe", aurait, avec quelques coups de ciseaux bien placés, irradié une intensité, un sentiment d'achevé qui, en l'état, lui manquent. Reste que l'on tient là probablement le meilleur album depuis son galop d'essai, d'une entité qui continue à surnager bien au-dessus de la mêlée du métal à voix féminine. 3.5/5 (2009) | Facebook
KröniK | Darzamat - Solfernus' Path (2009)
Le problème avec Darzamat demeure inchangé depuis ses débuts au milieu des années 90. Outre leur éternelle position de bataillon de seconde division, les Polonais, naviguant d'une genre à l'autre, un peu au grès des modes, peinent toujours à a affirmer une réelle identité. Black Sympho à l'époque de In The Flames Of Black Art, sous-Therion avec In The Opium Of Black Veil, mou du riffs lors du virage atmosphérique d'Oniriad, le groupe semble pourtant avoir trouvé une forme de stabilité qui lui faisait y jusqu'alors défaut, aussi bien en terme de personnel que de voie artistique, depuis l'enrôlement en 2003 de la sombre Nera pour dialoguer avec Flauros au chant.
Solfernus' Path constitue même son troisième opus avec Darzamat : un exploit ! Ceci explique peut-être pourquoi celui-ci se pose comme la réussite la plus notable à mettre au compte de ses géniteurs. Théâtre d'un gothic metal torturé enténébré par quelques touches death ("Vote For Heresy" où Flauros singe presque martin Van drunen) mais aussi plombé, comme souvent, par des aplats symphoniques dont le groupe serait bien inspiré de se passer. La production a de la puissance et une texture assez dure, les titres, un peu trop nombreux (ce que le format conceptuel explique), sont solides dans l'ensemble quand bien même ils leur manquent encore cette profondeur, ce relief dont Darzamat reste vierge. De bonnes choses toutefois, telles que "King Of The Burning Anthems", qu'illumine un solo bienvenu, "Lunar Silhouette" où Nera envoûte l'auditeur, le burné "Vote For Heresy" ou encore "Chimera". Mais il est permis de douter que Solfernus' Path draine de nouveaux fans aux Polonais dont on voit mal, malgré un capital sympathie certain, comment ils pourraient un jour s'extraire de l'ornière de la série B. Un disque honnête mais dépourvu, comme ses aînés, même s'il se situe un cran au-dessus, de ce quelque chose que l'on appelle l'inspiration ou le talent. Agréable à tout le moins et plutôt bien fait. 2.5/5 (2009) | Facebook
Solfernus' Path constitue même son troisième opus avec Darzamat : un exploit ! Ceci explique peut-être pourquoi celui-ci se pose comme la réussite la plus notable à mettre au compte de ses géniteurs. Théâtre d'un gothic metal torturé enténébré par quelques touches death ("Vote For Heresy" où Flauros singe presque martin Van drunen) mais aussi plombé, comme souvent, par des aplats symphoniques dont le groupe serait bien inspiré de se passer. La production a de la puissance et une texture assez dure, les titres, un peu trop nombreux (ce que le format conceptuel explique), sont solides dans l'ensemble quand bien même ils leur manquent encore cette profondeur, ce relief dont Darzamat reste vierge. De bonnes choses toutefois, telles que "King Of The Burning Anthems", qu'illumine un solo bienvenu, "Lunar Silhouette" où Nera envoûte l'auditeur, le burné "Vote For Heresy" ou encore "Chimera". Mais il est permis de douter que Solfernus' Path draine de nouveaux fans aux Polonais dont on voit mal, malgré un capital sympathie certain, comment ils pourraient un jour s'extraire de l'ornière de la série B. Un disque honnête mais dépourvu, comme ses aînés, même s'il se situe un cran au-dessus, de ce quelque chose que l'on appelle l'inspiration ou le talent. Agréable à tout le moins et plutôt bien fait. 2.5/5 (2009) | Facebook
KröniK | Battlelore - The Last Alliance (2008)
Les saltimbanques finlandais aux allures d’elfes du dimanche nous ont bien fait marrer à leurs débuts, surtout avec leur seconde épopée, Sword’s Song et son dragon-métal. Même la présence en son sein de l’ex Horna Jyri Vahvanen, n’y changeait rien : on n’avait bien du mal à prendre cette bande de clowns inspirés de Tolkien (quelle originalité !) au sérieux !
Mais voilà, tout a une fin et la blague s’est muée en un solide groupe, doté d’une vraie personnalité. Les très bons Third Age Of The Sun (2005), puis Evernight deux ans plus tard, nous avaient déjà alerté quant au potentiel, resté bien planqué au froid jusqu’à présent, de leurs géniteurs, mais The Last Alliance enfonce encore un peu plus le clou. Sans que l’on s’en rende compte, Battlelore est devenu grand. Le fait que Dan Swanö ait accepté de mixer et mastériser la galette en constitue une preuve supplémentaire. Moins sombre que son prédécesseur, ce (déjà) cinquième album est une redoutable collection de chansons, naviguant dans les eaux troubles de ce gothic-dark-metal, parfois coloré de teintes folkloriques qui n’appartiennent qu’au groupe, quand bien même l’alternance classique voix féminines / vociférations de gargouilles en rut, ainsi que le concept emprunté à l’auteur du "Seigneur des Anneaux" n’ont rien de singuliers. Beaucoup de claviers certes, des musiciens toujours maquillés pour un bal masqué, d’accord, mais la troupe maîtrise parfaitement son art et il est bien difficile de résister aux imparables "Third Immortal", "Exile The Daystar" ou "Guardians". Plus méchant que d’habitude, Battlelore se souvient même parfois que son fondateur a été membre d’une des plus implacables hordes black-metal (Horna, donc), le temps d’une poignées de titres assez agressifs ("The Great Gathering", "Voice Of The Fallen") durant lesquels rugit un chant black hargneux. Mais c’est bien quand il mise tout sur les atmosphères, aidé en cela par les lignes vocales aériennes de la sirène Kaisa, plus émotionnelle que jamais, que le groupe se fait le plus majestueux, à l’image de la superbe ballade dark "Daughter Of The Sun", de l’envoûtant "Awakening" introduit par une entame belle comme un chat qui dort, ou bien encore du terminal "The Star Of High Hope" au souffle épique flamboyant. Toujours en progression, Battlelore signe avec The Last Alliance sa meilleure œuvre à ce jour, équilibre admirable entre puissance et émotion, noirceur et beauté. Napalm ne s’y est pas trompé, lui qui publie ce disque dans un packaging soigné, digipack enrichi d’un DVD live enregistré lors de la messe en l’honneur des femmes dans le hard-rock qu’est le Metal Female Voice Festival, en 2007. 3.5/5 (2008) | Facebook
Mais voilà, tout a une fin et la blague s’est muée en un solide groupe, doté d’une vraie personnalité. Les très bons Third Age Of The Sun (2005), puis Evernight deux ans plus tard, nous avaient déjà alerté quant au potentiel, resté bien planqué au froid jusqu’à présent, de leurs géniteurs, mais The Last Alliance enfonce encore un peu plus le clou. Sans que l’on s’en rende compte, Battlelore est devenu grand. Le fait que Dan Swanö ait accepté de mixer et mastériser la galette en constitue une preuve supplémentaire. Moins sombre que son prédécesseur, ce (déjà) cinquième album est une redoutable collection de chansons, naviguant dans les eaux troubles de ce gothic-dark-metal, parfois coloré de teintes folkloriques qui n’appartiennent qu’au groupe, quand bien même l’alternance classique voix féminines / vociférations de gargouilles en rut, ainsi que le concept emprunté à l’auteur du "Seigneur des Anneaux" n’ont rien de singuliers. Beaucoup de claviers certes, des musiciens toujours maquillés pour un bal masqué, d’accord, mais la troupe maîtrise parfaitement son art et il est bien difficile de résister aux imparables "Third Immortal", "Exile The Daystar" ou "Guardians". Plus méchant que d’habitude, Battlelore se souvient même parfois que son fondateur a été membre d’une des plus implacables hordes black-metal (Horna, donc), le temps d’une poignées de titres assez agressifs ("The Great Gathering", "Voice Of The Fallen") durant lesquels rugit un chant black hargneux. Mais c’est bien quand il mise tout sur les atmosphères, aidé en cela par les lignes vocales aériennes de la sirène Kaisa, plus émotionnelle que jamais, que le groupe se fait le plus majestueux, à l’image de la superbe ballade dark "Daughter Of The Sun", de l’envoûtant "Awakening" introduit par une entame belle comme un chat qui dort, ou bien encore du terminal "The Star Of High Hope" au souffle épique flamboyant. Toujours en progression, Battlelore signe avec The Last Alliance sa meilleure œuvre à ce jour, équilibre admirable entre puissance et émotion, noirceur et beauté. Napalm ne s’y est pas trompé, lui qui publie ce disque dans un packaging soigné, digipack enrichi d’un DVD live enregistré lors de la messe en l’honneur des femmes dans le hard-rock qu’est le Metal Female Voice Festival, en 2007. 3.5/5 (2008) | Facebook
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