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Nathan Juran | Terre de violence (1958)


Si la collection "western de légende" de Sidonis ne propose pas que des classiques, loin s'en faut, au moins a-t-elle le mérite de nous faire (re)découvrir des cartouches oubliées car inédites en France. C'est le cas de la doublette Terre de violence (1958) et Le salaire de la haine (1959) qui partagent un même cadre urbain, une même vedette (Fred MacMurray), tous les deux étant produits par Charles Schneer et écrits par Daniel B. Ullman. Mais autant le second cherche à s'extraire du moule de la série B, grâce au travail audacieux de Paul Wendkos et de son opérateur Wilfred M. Cline, autant celui-ci ne parvient jamais vraiment à s'échapper d'une certaine routine ni à transcender les conventions et les archétypes.
Faute de budget, la photo est terne, les décors quelconques et on ne sent qu'à de très rares moments (le règlement de compte final), cette ambition qui permet parfois à des séries B de s'élever  au-dessus de leur modeste condition. Heureusement et même s'il n'a pas marqué le genre (Quand la poudre parle avec Ronald Reagan est néanmoins sympathique), Nathan Juran connaît son métier et certains personnages sont bien caractérisés, défendus par Fred MacMurray, plus figé que jamais, une Maggie Hayes vieillie et un Robert Vaughn au jeu fiévreux. 



Nathan Juran | Le 7ème voyage de Sinbad (1958)


Pourquoi regarder "Le 7ème voyage de Sinbad" ?
Parce que, premier des trois films mettant en scène le célèbre héros produits par la Colombia, avant Le voyage fantastique de Sinbad (1974) et Sinbad et l'oeil du tigre (1977), il est surtout le plus réussi d'entre eux, le plus magique aussi.
Parce que les monstres animés par Ray Harryhausen ont depuis rejoint le bestiaire de l'imaginaire, effets spéciaux qui n'ont rien perdu de leur charme, bien au contraire car laissant d'inoubliables résidus dans la mémoire. L'homme y crée un univers fantastique et coloré.
Parce que la bataille entre Sinbad et un squelette est le brouillon de la légendaire séquence de Jason et les Argonautes (1963)
Parce que Bernard Hermann en a composé la musique.
Parce que Torin Tatcher, en magicien roublard, n'a aucun mal à voler la vedette au pale, quoique sympathique, Kerwin Mathews.
Parce que Nathan Juran connaît son métier, auteur d'une oeuvre qui se partage entre (petits) westerns (Quand la poudre parle), SF (Les premiers hommes sur la lune) et aventures fantastiques (La légende de l'épée magique).
Parce que ce merveilleux livre d'images possédera toujours plus de poésie que tous les gros machins que Hollywood débite aujourd'hui par palette entière ! 

Chez l'UFSF


Nathan Juran | A des millions de kilomètres de la terre (1957)


En quelques mots : Première collaboration entre le metteur en scène Nathan Juran et Ray Harryhausen, A des millions de kilomètres de la terre possède le charme délicieusement désuet des années 50 et semble avant tout être un prétexte pour filmer le monstre venu de l'espace semer la terreur dans les rues de Rome. S'ils feront certainement sourire les jeunes générations, les trucages sont habiles et conservent cette poésie typique des créations du spécialistes des effets spéciaux dont le travail a tant nourri l'imaginaire des cinéphiles. Mais, faute notamment à des acteurs inexistants, le tandem fera (bien) mieux par la suite, signant dès l'année suivante le célèbre Septième voyage de Sinbad...