Si, vingt ans après avoir craché à la face du monde le définitif "Let Them Eat Pussy'" et sa délicieuse pochette où deux bitches se font bouffer le minou, Nasvhille Pussy s'est (un peu) assagi et choque moins les pudibonds (encore que le titre de sa nouvelle rondelle est des plus équivoques), son rock'n'roll des familles demeure quant à lui inchangé.
AU PIF
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KröniK | Black Label Society - Grimmest Hits (2018)
Contrairement à ce que son titre pourrait laisser croire, "Grimmest Hits" n'est pas une compilation mais bel est bien la nouvelle enclume du père Wylde sous l'égide d'un Black Label Society qu'il trouve quand même le temps de besogner, à intervalles de plus en plus irréguliers il est vrai, entre la carrière qu'il mène aussi sous propre nom et des concerts avec son éternel père spirituel Ozzy Osbourne ou le cover band Zakk Sabbath (ça ne s'invente pas !). Quatre années se sont donc écoulées depuis un "Catacombs Of The Black Vatican", en demi-teinte, qui confirmait bien malgré lui que le jeu du bonhomme n'est jamais aussi excitant que lorsqu'il est (bien) accompagné par le chanteur du Sab'.
Guitariste brillant mais parfois outrancier, Zakk a besoin d'être tenu en laisse, condition pour qu'il donne toute la mesure d'un talent aussi généreux que bourru. Or, contre toute attente, ce dixième album studio dévoile un musicien plus posé, moins impétueux. S'il n'en fait toujours pas moins preuve de cette sauvage logorrhée guitaristique dont il a le secret, il semble s'être (enfin) assagi. La qualité de cette nouvelle poignée de chansons s'en ressent. Variées et nerveuses, celles-ci brillent de mille feux, certes riches en gras mais sans rien à jeter dedans. Secondé par le bassiste John DeServio, le batteur Jeff Fabb et Dario Lorina à la guitare rythmique, l'Américain surprend surtout par les nuances dont se pare sa performance et ce, à tous les postes qu'il occupe. Armé de sa fameuse Gibson Bullseye, il offre une palette allant du gros heavy qui tache ('Room Of Nightmares', 'Illusions Of Peace') au rock sudiste gorgé d'émotions ('Nothing Left To Say'), du blues imbibé de Jack Daniels ('The Only Words') au hard rock le plus flamboyant ('Disbelief'). Puissantes et vivifiantes, ses saillies sont un régal pour les cages à miel et devraient donner le gourdin aux astiqueurs de manche. Plus étonnant encore est son chant. Si l'ombre de son mentor recouvre souvent ses lignes vocales ('Trampled Down'), sa voix se fait plus profonde, plus veloutée lorsqu'elle se fond dans le décor tranquille de ballades et mid-tempos pleins de feeling, à l'image de 'The Day That Heaven Had Gone Away' qui le voit roucouler comme un bluesman. Par rapport à ses récents aînés, "Grimmest Hits" tire sa force à la fois dans sa façon d'assumer l'héritage sabbathien ('All That Once Shine') tout en soulignant les émotions et les atmosphères de compositions qui ont du corps. Ce faisant, cet opus possède ce qui faisait défaut à "Catacombs Of The Black Vatican" notamment, c'est-à-dire ce qu'on appelle une âme. S'il n'a plus rien à prouver, Zakk Wylde témoigne qu'il a encore des choses à dire avec un Black Label Society dont cet opus est un des plus jouissifs enfantés depuis (très) longtemps. (20/01/2018)
3.5/5 | Music Waves
Soon | Glorior Belli - The Apostates
KröniK | Hogjaw - Way Down Yonder (2017)
Tous les deux ans, avec une sympathique régularité, Hogjaw nous envoie une carte postale de l'Amérique, pas celle des grandes métropoles mais celle qu'on nomme "profonde", avec un rien de mépris de ce côté-ci de l'Atlantique. Après le désert ("Sons Of The Western Skies") et les montagnes ("Ride To The Mountains"), le quatuor de l'Arizona s'enfonce dans les marécages, dans les bayous du "Sans retour" de Walter Hill. C'est à nouveau toute une géographie, abrupte et sauvage, qui prend corps grâce à la magie d'un rock sudiste rocailleux gorgé de whisky.
Si le groupe n'invente rien, braconnant sur les terres labourées par les ancêtres Lynyrd Skynyrd et autre Allman Brothers Band, sa dévotion au genre lui dicte à chaque fois des offrandes sincères qui vibrent d'un feeling authentique. "Way Down Yonder" ne déroge pas à la règle. Mieux, il confirme que ses auteurs ne cessent de s'améliorer avec le temps. Velue et épaisse, la recette demeure pourtant inchangée, faite de voix bourrues et de guitares taillées dans le bois de ces vastes forêts de l'Amérique du Nord. Mais, la peau de plus en plus tannée, les compositions que sculpte Hogjaw gagnent peu à peu en rugosité. Ce qui ne l'empêche pas de briller lorsqu'il fait parler l'émotion sur un 'Redemption' aux allures de power ballad épique dont le final est le théâtre d'une belle saillie guitaristique ou sur un 'North Carolina Way' toute en progression qui élève ses géniteurs au niveau des meilleurs artisans du southern rock. Vigoureux et solidement enraciné dans la terre qui l'a vu naître, ce sixième album fait la part belle aux mid-tempos aussi remuants ('Brown Water') que plombés ('Dark Horse') qui donnent envie d'avaler les kilomètres à bord d'une puissante mécanique avant d'aller sucer des bières dans un honky tonk poussiéreux. Les six-cordes endiablées de la paire que composent Jimmy Rose et le chanteur Jonboat Jones tracent un chemin boueux qui sillonne à travers les marais ('To Hell With The Rest", 'Never Surrender'). Les ambiances se font poisseuses sur 'Got A Pencil' tandis que le court 'Talk About Fishin' et son banjo déglingué nous plongent dans les volutes enfumées d'un saloon perdu au milieu de nulle part. Tout du long, la gouaille noyée dans le Bourbon de l'imposant vocaliste colore le sol d'une sève rude et généreuse ('Beast Of Burden (Roll On)'). Fort de ce voyage sonore où rien n'est à jeter, rempli jusqu'à la gueule de morceaux de bravoure et de soli percutants, Hogjaw, véritable peintre de l'Amérique, confirme sa place, parmi les premières, sur le trône d'un rock sudiste aussi trapu qu'émotionnel. 3.5/5 (12/11/2017)
Si le groupe n'invente rien, braconnant sur les terres labourées par les ancêtres Lynyrd Skynyrd et autre Allman Brothers Band, sa dévotion au genre lui dicte à chaque fois des offrandes sincères qui vibrent d'un feeling authentique. "Way Down Yonder" ne déroge pas à la règle. Mieux, il confirme que ses auteurs ne cessent de s'améliorer avec le temps. Velue et épaisse, la recette demeure pourtant inchangée, faite de voix bourrues et de guitares taillées dans le bois de ces vastes forêts de l'Amérique du Nord. Mais, la peau de plus en plus tannée, les compositions que sculpte Hogjaw gagnent peu à peu en rugosité. Ce qui ne l'empêche pas de briller lorsqu'il fait parler l'émotion sur un 'Redemption' aux allures de power ballad épique dont le final est le théâtre d'une belle saillie guitaristique ou sur un 'North Carolina Way' toute en progression qui élève ses géniteurs au niveau des meilleurs artisans du southern rock. Vigoureux et solidement enraciné dans la terre qui l'a vu naître, ce sixième album fait la part belle aux mid-tempos aussi remuants ('Brown Water') que plombés ('Dark Horse') qui donnent envie d'avaler les kilomètres à bord d'une puissante mécanique avant d'aller sucer des bières dans un honky tonk poussiéreux. Les six-cordes endiablées de la paire que composent Jimmy Rose et le chanteur Jonboat Jones tracent un chemin boueux qui sillonne à travers les marais ('To Hell With The Rest", 'Never Surrender'). Les ambiances se font poisseuses sur 'Got A Pencil' tandis que le court 'Talk About Fishin' et son banjo déglingué nous plongent dans les volutes enfumées d'un saloon perdu au milieu de nulle part. Tout du long, la gouaille noyée dans le Bourbon de l'imposant vocaliste colore le sol d'une sève rude et généreuse ('Beast Of Burden (Roll On)'). Fort de ce voyage sonore où rien n'est à jeter, rempli jusqu'à la gueule de morceaux de bravoure et de soli percutants, Hogjaw, véritable peintre de l'Amérique, confirme sa place, parmi les premières, sur le trône d'un rock sudiste aussi trapu qu'émotionnel. 3.5/5 (12/11/2017)
KröniK | Poste 942 - Long Play (2017)
C'est quoi, du rock burné varois ? Ouvrez grandes vos écoutilles, accrochez-vous à une bonne bière (pléonasme), pelotez un peu la gonzesse lovée à vos côtés, laissez les enceintes de votre vieille chaîne hifi cracher la purée épaisse de ce "Long Play" et vous saurez. Vous saurez que Poste 942 est là pour botter les culs à grands coups de riffs sales comme une plage après un dégazage sauvage et de vocalises ad hoc, imbibées et caillouteuses ('Grace'). Les gaillards viennent de Tourves et ont biberonné quand ils étaient petits les mamelles du AC/DC période Bon Scott ('Devil's Complaint' et sa cornemuse remuante !), ce dont on ne se plaindra pas.
Hard rock graisseux, blues déglingué et grunge poisseux forment le combustible de cette première giclée en grand qui nous évoque un peu par son caractère débraillé et rural le "Canicule" d'Yves Boisset. Si le groupe a l'air de bien se marrer, greffant deux extraits du film "Travail d'Arabe" en guise d'ouverture et de fermeture (éclair), ils ne plaisantent pourtant pas vraiment lorsqu'il s'agit d'honorer le vilain rock'n'roll, celui qui sent sous les bras et fait peur aux bourgeois. Bon, ce n'est pas le premier crachat de ce genre qu'on se prend en pleine figure, mais Poste 942 fait la différence grâce à une prise de son à la fois chaude et shootée au Viagra par boîte de douze, enrobage rugueux qui propulse comme il faut ces cartouches sévèrement montées. Grâce aussi à un (bon) goût très sûr pour les coups de reins plombés qui plantent bien souvent "Long Play" dans une terre crottée à l'image de 'Color Of Red' ou du vicieux 'Lonely Day'. S'ils peuvent balancer la sauce avec une urgence frénétique (le bien nommé 'Punky Booster' que secoue une basse toute en rondeur), les mecs ne dédaignent pas non plus polir des ambiances moites le temps d'une poignée de respirations lascives, telles ce 'Pigs In Paradise', fausse ballade aux relents malsains ou le diptyque 'Psycho Love' dont le second pan suce un moelleux nectar. Peu à peu, Poste 942 impose sa patte au parfum redneck, les jambes velues écartées entre l'Amérique profonde et les forêts varoises. 3/5 (14/08/2017)
Hard rock graisseux, blues déglingué et grunge poisseux forment le combustible de cette première giclée en grand qui nous évoque un peu par son caractère débraillé et rural le "Canicule" d'Yves Boisset. Si le groupe a l'air de bien se marrer, greffant deux extraits du film "Travail d'Arabe" en guise d'ouverture et de fermeture (éclair), ils ne plaisantent pourtant pas vraiment lorsqu'il s'agit d'honorer le vilain rock'n'roll, celui qui sent sous les bras et fait peur aux bourgeois. Bon, ce n'est pas le premier crachat de ce genre qu'on se prend en pleine figure, mais Poste 942 fait la différence grâce à une prise de son à la fois chaude et shootée au Viagra par boîte de douze, enrobage rugueux qui propulse comme il faut ces cartouches sévèrement montées. Grâce aussi à un (bon) goût très sûr pour les coups de reins plombés qui plantent bien souvent "Long Play" dans une terre crottée à l'image de 'Color Of Red' ou du vicieux 'Lonely Day'. S'ils peuvent balancer la sauce avec une urgence frénétique (le bien nommé 'Punky Booster' que secoue une basse toute en rondeur), les mecs ne dédaignent pas non plus polir des ambiances moites le temps d'une poignée de respirations lascives, telles ce 'Pigs In Paradise', fausse ballade aux relents malsains ou le diptyque 'Psycho Love' dont le second pan suce un moelleux nectar. Peu à peu, Poste 942 impose sa patte au parfum redneck, les jambes velues écartées entre l'Amérique profonde et les forêts varoises. 3/5 (14/08/2017)
KröniK | Thomas Wynn And The Believers - Wade Waist Deep (2017)
Malgré plusieurs années au compteur, des chroniques élogieuses et des concerts partagés avec Gov't Mule ou Blackberry Smoke, Thomas Wynn And The Believers demeure encore trop peu connu. Gageons que le récent soutien de Mascot Records et surtout un troisième album de la trempe de "Wade Waiste Deep" devraient apporter au sextet d'Orlando l'exposition qui jusqu'à présent lui faisait malheureusement défaut. Comment pourrait-il en être autrement quand on est capable de vidanger avec une telle classe ce mélange gorgé de feeling qui donne la trique des grands jours à base de blues caillouteux et de rock sudiste aux relents poisseux d'americana, le tout biberonné aux mamelles zeppeliniennes ('Burn As One').
Cette généreuse troupe de musiciens possède de nombreux atouts. Le chant de Thomas Wynn, à la fois puissant et imbibé de Jack Daniels, taillé pour les bars country de l'Amérique rurale et que souligne celui de sa sœur Olivia, laquelle mène parfois la danse, comme sur le reptilien 'Man Out Of Time', qui lance l'opus avec mordant. Juteuse et nourrie au jus de cactus, la guitare du bonhomme est la source de passages orgasmiques, témoin ce 'You Can't Hurt Me', par ailleurs nimbé de claviers moelleux au goût de seventies. L'harmonica de Chris Antemesaris et une énergie percussive complètent le tableau. Humide comme les Everglades, moite comme les bayous, "Wade Waiste Deep" se veut une merveille d'équilibre entre tendres respirations, brûlots tannés et orgies furieusement électriques. Passé l'opener cité plus haut, ce sont les premières qui animent tout d'abord l'opus avec l'éponyme 'Wade Waiste Deep', 'Heartbreak Alley', 'My Eyes Won't Be Open et le plus rock 'This Love' qui forment un corpus velouté. Puis à partir de 'I Don't Regret', ballade vitaminée, le menu entame sa mue, dévoilant peu à peu une peau plus dure et plus jouissive encore. L'éruptive montée en puissance 'Mountain Fog', l'entraînant 'Feel The Good' et le rampant 'We Could All Die Scraming' où se mêlent orgues aux couleurs du Pourpre Profond et gratte déglinguée, propulsent l'album vers des sommets dont le point culminant est incarné par le terminal 'Turn In Into Gold', gigantesque élévation longue de plus de sept minutes au jus qui justifie à elle seule son écoute. Sa furieuse échappée instrumentale menée par cette six-cordes gonflée d'émotions flirte avec le nirvana, achevant l'écoute d'une manière aussi dantesque que définitive. C'est grand, c'est beau et ouvre pour Thomas Wynn et sa bande un horizon enchanté. "Wade Waiste Deep" est un pur joyau de blues rock, tout simplement. 4/5 (14/07/2017) | Facebock
Cette généreuse troupe de musiciens possède de nombreux atouts. Le chant de Thomas Wynn, à la fois puissant et imbibé de Jack Daniels, taillé pour les bars country de l'Amérique rurale et que souligne celui de sa sœur Olivia, laquelle mène parfois la danse, comme sur le reptilien 'Man Out Of Time', qui lance l'opus avec mordant. Juteuse et nourrie au jus de cactus, la guitare du bonhomme est la source de passages orgasmiques, témoin ce 'You Can't Hurt Me', par ailleurs nimbé de claviers moelleux au goût de seventies. L'harmonica de Chris Antemesaris et une énergie percussive complètent le tableau. Humide comme les Everglades, moite comme les bayous, "Wade Waiste Deep" se veut une merveille d'équilibre entre tendres respirations, brûlots tannés et orgies furieusement électriques. Passé l'opener cité plus haut, ce sont les premières qui animent tout d'abord l'opus avec l'éponyme 'Wade Waiste Deep', 'Heartbreak Alley', 'My Eyes Won't Be Open et le plus rock 'This Love' qui forment un corpus velouté. Puis à partir de 'I Don't Regret', ballade vitaminée, le menu entame sa mue, dévoilant peu à peu une peau plus dure et plus jouissive encore. L'éruptive montée en puissance 'Mountain Fog', l'entraînant 'Feel The Good' et le rampant 'We Could All Die Scraming' où se mêlent orgues aux couleurs du Pourpre Profond et gratte déglinguée, propulsent l'album vers des sommets dont le point culminant est incarné par le terminal 'Turn In Into Gold', gigantesque élévation longue de plus de sept minutes au jus qui justifie à elle seule son écoute. Sa furieuse échappée instrumentale menée par cette six-cordes gonflée d'émotions flirte avec le nirvana, achevant l'écoute d'une manière aussi dantesque que définitive. C'est grand, c'est beau et ouvre pour Thomas Wynn et sa bande un horizon enchanté. "Wade Waiste Deep" est un pur joyau de blues rock, tout simplement. 4/5 (14/07/2017) | Facebock
KröniK | Eagles Of Death Metal - Heart On (2008)
Comme le bon vin, les Eagles Of Death Metal se bonifient avec le temps, chacune de leurs rondelles étant supérieure à sa devancière. Ainsi "Death By Sexy" faisait mieux que transformer l'essai après un "Peace, Love, Death Metal" sympathique mais sans grande ambition. Et "Heart On" ne déroge pas à cette règle immuable. Pourtant, de loin, ce troisième effort ressemble à s'y méprendre à ses aînés, brochette décontractée et sexy de cartouches dont le dard crache un rock désertique qui trempe dans l'huile de vidange, la peau mordue par les vents de Santa Ana.
Le breuvage est connu, distillé par un crooner licencieux dont les lignes vocales exsudent le stupre par toutes les notes. Crasseuse et lascive, sa guitare miaule, ondule, sort les griffes sur fond de rythmique chaloupée. Enracinée dans le sol de l'Amérique profonde, celle des routes caillouteuses et des clubs enfumés et imbibés, cette musique n'en reste pas moins universelle dans sa simplicité épidermique. On la tète comme une bonne bière, sans se prendre la tête même loin de ce cadre sauvage. Les saillies défilent, efficaces et sans bavure, comme un bon disque de rock. "Heart On" pourrait n'être que cela, ce qui ne serait déjà pas si mal. Mais de près, il est bien plus que cela. Peut-être désireux d'échapper au statut de simple enfant bâtard des Desert Sessions, Hughes dresse avec une insolente fermeté une inspiration plus vigoureuse que jamais, comme s'il avait sucé du Viagra par boîte de douze, toujours flanqué de son faux frère jumeau Josh Homme, sans lequel il est certain que Eagles Of Death Metal n'aurait pas bénéficié de la même attention (à tort d'ailleurs). Directes et sans fioritures, fidèles en cela aux calibres du groupe, ces roquettes possèdent toutefois plus d'épaisseur que leurs devancières, petits bijoux d'écriture dont les ravages surgissent après d'infatigables préliminaires ('Now I'm Fool'). Multipliant les positions, nos lascars se montrent les plus sensuels lorsqu'ils remuent le bas-ventre, les membres prisonniers d'une lourde couche terreuse, témoins ces 'High Voltage', '(I Used To Couldn't Dance) Tight Pants' et autre 'I'm Torpedo', reptiliens en diable. Déglingué, le manche du maître de cérémonie se faufile à travers les rochers, décochant ces riffs tordus dont il a le secret, lesquels vrillent ces compos dont même les plus (faussement) basiques cachent au fond de leur intimité une semence vicieuse ('Anything 'Cept The Truth' et 'Wannabe In L.A.'). Resté longtemps dans l'ombre de Queens Of The Stone Age et de son charismatique leader, Eagles Of Death Metal gagne avec "Heart On" son statut de (vrai) groupe à part entière. 3/5 (2017) | Facebock
Le breuvage est connu, distillé par un crooner licencieux dont les lignes vocales exsudent le stupre par toutes les notes. Crasseuse et lascive, sa guitare miaule, ondule, sort les griffes sur fond de rythmique chaloupée. Enracinée dans le sol de l'Amérique profonde, celle des routes caillouteuses et des clubs enfumés et imbibés, cette musique n'en reste pas moins universelle dans sa simplicité épidermique. On la tète comme une bonne bière, sans se prendre la tête même loin de ce cadre sauvage. Les saillies défilent, efficaces et sans bavure, comme un bon disque de rock. "Heart On" pourrait n'être que cela, ce qui ne serait déjà pas si mal. Mais de près, il est bien plus que cela. Peut-être désireux d'échapper au statut de simple enfant bâtard des Desert Sessions, Hughes dresse avec une insolente fermeté une inspiration plus vigoureuse que jamais, comme s'il avait sucé du Viagra par boîte de douze, toujours flanqué de son faux frère jumeau Josh Homme, sans lequel il est certain que Eagles Of Death Metal n'aurait pas bénéficié de la même attention (à tort d'ailleurs). Directes et sans fioritures, fidèles en cela aux calibres du groupe, ces roquettes possèdent toutefois plus d'épaisseur que leurs devancières, petits bijoux d'écriture dont les ravages surgissent après d'infatigables préliminaires ('Now I'm Fool'). Multipliant les positions, nos lascars se montrent les plus sensuels lorsqu'ils remuent le bas-ventre, les membres prisonniers d'une lourde couche terreuse, témoins ces 'High Voltage', '(I Used To Couldn't Dance) Tight Pants' et autre 'I'm Torpedo', reptiliens en diable. Déglingué, le manche du maître de cérémonie se faufile à travers les rochers, décochant ces riffs tordus dont il a le secret, lesquels vrillent ces compos dont même les plus (faussement) basiques cachent au fond de leur intimité une semence vicieuse ('Anything 'Cept The Truth' et 'Wannabe In L.A.'). Resté longtemps dans l'ombre de Queens Of The Stone Age et de son charismatique leader, Eagles Of Death Metal gagne avec "Heart On" son statut de (vrai) groupe à part entière. 3/5 (2017) | Facebock
KröniK | Eagles Of Death Metal - Death By Sexy... (2006)
Deux ans après s'être fait remarquer avec un "Peace, Love, Death Metal" aux allures de profession de foi, l'enfant bâtard issu des Desert Sessions de Josh Homme (Queens Of The Stone Ages, mais est-il encore besoin de le rappeler ?), est de retour avec une deuxième rondelle sous le bras qui sent bon la sueur et le stupre. Le programme est quasi identique, à base de boogie rock trempé dans l'huile de vidange mais cette fois la paire Hughes/Homme a décidé de tout faire à quatre mains et de resserrer quelque peu un menu qui enfile "seulement" treize petites pistes, que complète une poignée de bonus dont une reprise (forcément) personnelle du 'High Voltage' de nos kangourous préférés.
Du coup et malgré toutefois la présence de quelques collaborateurs externes, tels que le batteur Joey Castillo sur quatre titres ou le copain Troy Van Leeuwen (QOTSA) au piano sur un chaloupé 'I Like To Move In The Night', "Death By Sexy" s'éparpille moins que son prédécesseur, le manche fermement tenu par les deux frères d'armes. Et si le propos, pourtant délicieusement décalé et licencieux, tourne vite en rond ('Chase The Devil', 'Shasta Beast'...), ce qui était d'ailleurs déjà le cas de "Peace, Love, Death Metal", cette cuvée 2006 possède finalement plus de charme que sa devancière. La présence cette fois-ci plus marquée du géant rouquin n'est pas étrangère à cette réussite accrue. Plus bluesy, l'album regorge de brûlots distillés avec un dynamisme communicatif, à l'image des 'Keep You Head Up', 'I Got A Feelin' dont les riffs ne dépareilleraient pas sur une galette des Queens, de même que ceux qui irriguent 'Don't Speak (I Came To Make A Bang !)' ou bien 'Cherry Cola'. Le poil velu, le duo surprend en moulinant des rythmiques de bûcheron, les pieds enfoncés dans le bitume chauffé au soleil cependant que l'inénarrable Jesse Hughes n'est jamais en reste. L'homme roucoule à la façon d'un Elvis shooté à la Marijuana, bad boy dont le timbre imbibé de Jack Daniels suinte le sexe par toutes les notes, promenant sa poésie canaille à travers des routes désertiques. Comme son aîné, "Death By Sexy" n'est pas un disque indispensable mais en captant l'énergie brute et joyeusement décomplexée du Rock avec un grand R, il atteint son but, faire du bien sans se prendre la tête et avec toujours cette espèce de classe qui distinguera toujours ses auteurs d'un banal combo de garage rock. 3/5 (2017) | Facebook
Du coup et malgré toutefois la présence de quelques collaborateurs externes, tels que le batteur Joey Castillo sur quatre titres ou le copain Troy Van Leeuwen (QOTSA) au piano sur un chaloupé 'I Like To Move In The Night', "Death By Sexy" s'éparpille moins que son prédécesseur, le manche fermement tenu par les deux frères d'armes. Et si le propos, pourtant délicieusement décalé et licencieux, tourne vite en rond ('Chase The Devil', 'Shasta Beast'...), ce qui était d'ailleurs déjà le cas de "Peace, Love, Death Metal", cette cuvée 2006 possède finalement plus de charme que sa devancière. La présence cette fois-ci plus marquée du géant rouquin n'est pas étrangère à cette réussite accrue. Plus bluesy, l'album regorge de brûlots distillés avec un dynamisme communicatif, à l'image des 'Keep You Head Up', 'I Got A Feelin' dont les riffs ne dépareilleraient pas sur une galette des Queens, de même que ceux qui irriguent 'Don't Speak (I Came To Make A Bang !)' ou bien 'Cherry Cola'. Le poil velu, le duo surprend en moulinant des rythmiques de bûcheron, les pieds enfoncés dans le bitume chauffé au soleil cependant que l'inénarrable Jesse Hughes n'est jamais en reste. L'homme roucoule à la façon d'un Elvis shooté à la Marijuana, bad boy dont le timbre imbibé de Jack Daniels suinte le sexe par toutes les notes, promenant sa poésie canaille à travers des routes désertiques. Comme son aîné, "Death By Sexy" n'est pas un disque indispensable mais en captant l'énergie brute et joyeusement décomplexée du Rock avec un grand R, il atteint son but, faire du bien sans se prendre la tête et avec toujours cette espèce de classe qui distinguera toujours ses auteurs d'un banal combo de garage rock. 3/5 (2017) | Facebook
KröniK | Eagles Of Death Metal - Peace Love Death Metal (2004)
Il y a une éternité, il était cool d'écouter les Eagles Of Death Metal, une époque où les bobos aimaient s'encanailler au son de ce garage rock qui sent bon le sable chaud du désert américain. Mais ça, c'était avant, quand Jesse Hughes, leur patron, n'était pas encore persona non grata depuis qu'il a osé tenir des propos controversés après la barbarie du 13 novembre 2015 dans l'enceinte du Bataclan qui accueillait alors le groupe.
Qu'on adhère ou pas à ses opinions, reconnaissons que le moustachu a au moins le mérite de trancher au milieu de cette meute d'artistes aseptisés et inodores que les médias, installés bien au chaud, nous servent jusqu'à l'indigestion. L'homme renoue en cela avec les bad boys qui ont fait le rock, le vrai, avec un grand R, celui qui coule dans les veines de "Peace Love Death Metal", première cartouche gravée en 2003 et publié en mars 2004, que beaucoup attendent alors, attirés par la présence excitante de Josh Homme aux côtés de celui qui est un ami d'enfance, collaboration scellée par les "Desert Sessions III & IV" où figurait le titre 'The Gosso King Of Crater Lake'. Toutefois ceux qui espéraient une sorte de Queens Of The Stone Age bis en seront bien entendu pour leurs frais, la musique vidangée par Eagles Of Death Metal ne nouant au final que très peu de liens avec celles de son aîné. Tout au plus partagent-ils ce même feeling désertique et crasseux, cette ambiance de rades enfumés perdus dans l'Amérique profonde (ce n'est pas péjoratif) ainsi que ce parfum d'interdit aux relents des substances illicites. A la place du stoner rock orgasmique de QOTSA se déhanche une espèce de croisement fiévreux entre un rock poissé de cambouis et un bluegrass ivre de Jack Daniels. L'opus dégaine tranquillement quinze titres dont la plupart ne franchissent même pas la barre des trois minutes. Si les invités sont nombreux, citons le bassiste Nick Oliveri sur 'Already Died' et 'San Berdoo Sunburn' ou bien encore Alain Johannes et son piano bastringue sur 'English Girl', ces chansons n'en demeurent pas moins extrêmement dépouillées, réduites à leur plus simple expression, celle d'un rock presque primitif dans son accroche où guitares et percussions se taillent la part du lion. Ce qui n'empêche pas Jesse Hughes de diversifier, de moduler ses lignes vocales, tour à tour roucoulant comme Elvis ou usant d'un registre plus appuyé sinon plus metal. Sans prétention et décomplexé, émaillé de nombreuses pépites, telles que 'Miss Alissa', 'I Only Want You' ou le désormais tristement célèbre 'Kiss The Devil', pendant l'interprétation duquel les terroristes ont choisi d'ouvrir le feu dans la salle de concert parisienne, l'album défile très vite, à la fois anachronique et intemporel et dont l'identité ancrée dans le sol américain ne le rend pas moins universel. 3/5 (2016) | Facebook
Qu'on adhère ou pas à ses opinions, reconnaissons que le moustachu a au moins le mérite de trancher au milieu de cette meute d'artistes aseptisés et inodores que les médias, installés bien au chaud, nous servent jusqu'à l'indigestion. L'homme renoue en cela avec les bad boys qui ont fait le rock, le vrai, avec un grand R, celui qui coule dans les veines de "Peace Love Death Metal", première cartouche gravée en 2003 et publié en mars 2004, que beaucoup attendent alors, attirés par la présence excitante de Josh Homme aux côtés de celui qui est un ami d'enfance, collaboration scellée par les "Desert Sessions III & IV" où figurait le titre 'The Gosso King Of Crater Lake'. Toutefois ceux qui espéraient une sorte de Queens Of The Stone Age bis en seront bien entendu pour leurs frais, la musique vidangée par Eagles Of Death Metal ne nouant au final que très peu de liens avec celles de son aîné. Tout au plus partagent-ils ce même feeling désertique et crasseux, cette ambiance de rades enfumés perdus dans l'Amérique profonde (ce n'est pas péjoratif) ainsi que ce parfum d'interdit aux relents des substances illicites. A la place du stoner rock orgasmique de QOTSA se déhanche une espèce de croisement fiévreux entre un rock poissé de cambouis et un bluegrass ivre de Jack Daniels. L'opus dégaine tranquillement quinze titres dont la plupart ne franchissent même pas la barre des trois minutes. Si les invités sont nombreux, citons le bassiste Nick Oliveri sur 'Already Died' et 'San Berdoo Sunburn' ou bien encore Alain Johannes et son piano bastringue sur 'English Girl', ces chansons n'en demeurent pas moins extrêmement dépouillées, réduites à leur plus simple expression, celle d'un rock presque primitif dans son accroche où guitares et percussions se taillent la part du lion. Ce qui n'empêche pas Jesse Hughes de diversifier, de moduler ses lignes vocales, tour à tour roucoulant comme Elvis ou usant d'un registre plus appuyé sinon plus metal. Sans prétention et décomplexé, émaillé de nombreuses pépites, telles que 'Miss Alissa', 'I Only Want You' ou le désormais tristement célèbre 'Kiss The Devil', pendant l'interprétation duquel les terroristes ont choisi d'ouvrir le feu dans la salle de concert parisienne, l'album défile très vite, à la fois anachronique et intemporel et dont l'identité ancrée dans le sol américain ne le rend pas moins universel. 3/5 (2016) | Facebook
Eagles | On The Border (1974)
On aurait tort, à l'instar de ses détracteurs qui n'ont jamais cherché à voir en lui autre chose que l'archétype du groupe de rock pour surfeurs californiens, de réduire les Eagles à une usine à tubes, car derrière cette vitrine commerciale se cachent une finesse de touche et un talent hors-pair pour la composition ciselée à la manière d'un travail d'orfèvre. Une écriture qui a su évoluer au fil des années, se bonifier et se fixer à partir de "Hotel California" (1976), aboutissement mais aussi (quasi) testament d'une carrière fulgurante, puisque ne lui succédera qu'un seul album, l'épitaphe "The Long Run" trois ans plus tard. Coincé entre le deuxième album, "Desperado" et "One Of These Nights", "On The Border" se présente comme une œuvre charnière dans la discographie du combo de Los Angeles, en ce sens où il tente de gommer les accents country qui le recouvrent néanmoins toujours d'un vernis chaleureux, afin d'entamer une mue vers cette musique aux traits sinon (un peu) plus durs, au moins plus rock qui fera le succès des Eagles. Le fait que celui-ci ait préféré à Glyn Johns le producteur Bill Szymczyk, qui a travaillé avec (entre beaucoup d'autres) The James Gang et Joe Walsh, qui ne tardera d'ailleurs pas à remplacer le guitariste Bernie Leadon, témoigne chez le groupe de sa volonté d'araser ce socle historique. Pourtant le résultat se révèle mitigé car il ne possède ni la verve caillouteuse de son aîné ni la force accrocheuse de son successeur. De fait, "On The Border", qui marque l'arrivée de Don Felder, lequel se fend de lignes de guitare sur 'Already Gone' et de slide sur 'Good Day In Hell', semble hésiter entre deux directions, country d'un côté et rock de l'autre, ce qui ne l'a pas empêché de glisser dans les charts trois singles dont un 'James Dean' à l'entame du feu de dieu et la respiration terminale 'The Best Of My Love', ballade doucereuse qui illustre encore une fois, avec le poignant 'Ol' 55', un 'My Man' plein d'une tendresse chaloupée et plus encore un 'You Never Cry Like A Lover' puissamment émotionnel, combien le groupe brille dans ce registre délicat.L'entraînant 'Midnight Flyer', le paisible 'Is It True' ou la chanson éponyme éponyme gorgée d'un feeling rhythm 'n' blues et coloré de chœurs soyeux, complètent une rondelle bien faite quoique sans génie et probablement la plus faible des Eagles. 3/5 (2016)
KröniK | Lost Pagan - S/T (2015)
Il y a quelque chose de sale, de rugueux, de âpre, dans ce Sludge Hardcore trempé dans la boue, la sueur et le stupre. Quelque chose de vicieux surtout qui commence déjà à suinter de ce visuel cendreux et superbe, celui qui habille ce premier méfait de Lost Pagan, groupe basé à Amiens qu’animent des mecs issus de Sleeping Village Orchestra et d’Anorak. Bref, du lourd, du méchant, du qui montre les crocs. Avant même de voir la rondelle avalée par les ténèbres de la chaîne hifi, la certitude de recevoir dans quelques instants une grande claque dans la gueule s’impose d’emblée. A raison. Sournois, les gars repoussent pourtant l’explosion, retenant cette éjaculation de haine presque jusqu’au bout de l’introductif ‘Living Grave’, (quasi) instrumental ultra heavy aux relents de boyaux qui charrie une énergie souterraine. Puis le chant surgit brutalement, dégueule sa bile malsaine, point de départ d’une course en avant teintée d’un nihilisme poisseux. Dès lors, plus jamais la tension ne faiblira, dressant une verge gonflée d’une semence maladive (‘Dirty Face’). Aux confins d’un doom testiculeux, le groupe érige un bloc de matière brute et noire, monolithe aux racines noueuses, planté au milieu d’un champ de ruines. Si le tempo reste souvent englué dans le désespoir, l’ambiance qui règne tout du long n’en demeure pas moins extrêmement brutale, presque viscérale, à l’image du chant qui semble hurler comme si demain ne devait plus exister (‘Glass Of Blood’). Loin d’en altérer la vicieuse intensité, les rares accalmies ouvrent au contraire des portes vers un puits de noirceur sans fin, témoin ce ‘Growing Monster’, étonnante pulsation dont la première partie faussement posée sert de préliminaires à un déchaînement atrabilaire. Que dire enfin du terminal et bien nommé ‘Insane Story’ ? Soit huit minutes gravitant au bord du chaos dont on ne sort pas tout à fait indemne. A l’image de cet album qui ne donne qu’une envie, celle de tendre l’autre joue. 3.5/5 (2015)
KröniK | Eagles - Desperado (1973)
Moins d'un an après avoir été remarqué grâce à un galop d'essai éponyme, Eagles est de retour en avril 1973 avec "Desperado". Malgré le succès immédiat qu'ils ont rencontré, les Américains ne s'en contentent pas, désireux d'être pris au sérieux, d'être considérés comme de véritables artistes. Quoi de mieux alors qu'un album-concept pour cela ? Comme sa pochette qui les représente en bandits de grand chemin et son titre le suggèrent, cette deuxième galette puise son inspiration dans le Far West et surtout les exploits sanguinaires du gang Doolin-Dalton, célèbres outlaws ayant sévi entre le Kansas, le Missouri et l'Arkansas dans les dernières années du XIXème siècle, figures légendaires d'un Ouest sauvage et fantasmé qui traversent l'écoute. Ce thème détermine les couleurs désertiques et sudistes d'un menu riche en pépites. Les plus renommées demeurent la chanson-titre, ballade orchestrale puissamment émotionnelle, que le magazine Rolling Stone fait figurer dans sa liste des cinq cents plus grands morceaux de tous les temps, ainsi que 'Tequila Sunrise', respiration tranquille aux accents country rêveurs qu'émaillent des notes de mandoline distillées par le guitariste Bernie Leadon lequel, armé d'un banjo ou d'un dobro, participe pour une bonne part à l'édification de ce cadre westernien qui sent le Stetson poussiéreux. A leurs côtés se sont glissées d'autres cartouches, moins fameuses bien que tout aussi séduisantes. Ainsi, 'Out Of Control', direct et flirtant avec le hard rock grâce à sa rythmique puissante, 'Certain Kind Of Fool', qu'enflamme la voix chaleureuse de Randy Meisner, sans oublier surtout 'Outlaw Man', pièce tout en progression superbement ciselée qui voit son tempo s'emballer lors d'une conclusion énergique, sont également à mettre à l'actif de cet opus dont la richesse d'écriture s'explique par l'addition des talents de compositeurs respectifs de Glenn Frey et Don Henley qui signent désormais en commun un répertoire jusque-là composé séparément. Accueilli avec enthousiasme par les critiques, le succès de "Desperado" sera pourtant moindre que celui de son prédécesseur alors qu'il le dépasse de la tête et des épaules grâce à une créativité qui fonctionne à plein régime, peaufinant un style unique, une identité intemporelle qui n'appartient déjà qu'à ses auteurs. 4/5 (2016)
KröniK | J.D. Overdrive - The Kindest Of Deaths (2015)
Polonais de sang, J.D. Overdrive se veut en revanche franchement américain de cœur, comme l'illustre son Stoner testiculeux qui tète les mamelles velues d'un Southern Rock énervé. Ce n'est pas pour rien que les gars ont choisi de se baptiser ainsi, les initiales ouvrant leur nom étant celles du célèbre Jack Daniels ! Cordes vocales nourries au Bourbon, rythmiques caillouteuses et guitares épaisses comme une peau tannée par le soleil, tout y est, laissant croire que l'on a affaire à un de ces combos comme seul l'Oncle Sam sait en enfanter. Mais non. Qu'importe en fait, l'essentiel est ailleurs, dans la très bonne tenue de route de "The Kindest Of Deaths", troisième album de ces Polonais qui, malgré l'apparente décontraction de leur projet, ne rigolent pas vraiment. Ils font même très mal, moulinant des riffs gros comme des jambons ('Demon Days'). Bref, la dentelle, le point de croix, ce n'est pas pour eux. Leur metal de bûcheron ne s'embarrasse jamais de quelconques fioritures, à l'image de ce chanteur qui crache ses boyaux à chaque fois qu'il prononce la moindre parole. J.D. Overdrive ne braconne parfois pas loin d'un Allhelluja lorsque Jacob Bredahl gueulait dans le micro, les influences sudistes en plus, témoin notamment le court 'Seeds And Stones' dont la slide nous transporte quelque part dans les bayous, dans cette Amérique mise en scène par John Boorman ("Délivrance") ou Walter Hill ("Sans retour"). Et si le groupe n'innove en rien, encore qu'il insuffle à ce matériau bien connu une morbidité crasseuse qui n'appartient qu'à lui, on s'en moque pas mal en définitive, assommé mais heureux de se prendre une telle claque dans la gueule. Le menu défile très vite, alignant les pavés surpuissants, autant de Panzers qui écrasent tout sur leur passage. 'Crippled King', 'The Greater Good' ou 'The Fury In Me' sont leurs noms. Que dire d'autre ? Album de série B peut-être, "The Kindest Of Deaths" devrait néanmoins sans problème contenter l'amateur de cette semence ultra plombée, de ce Stoner méchant qui sent sous les bras, à des années lumière donc d'un trip psyché taillé pour la fumette. Peu à peu, J.D. Overdrive progresse, son identité s'affirme, imposante et malsaine ... 3/5 (2015)
KröniK | Hogjaw - Rise To The Mountains (2015)
L'inspiration toujours au garde-à-vous, Hogjaw poursuit tranquillement son chemin, héritier vigoureux d'une tradition typiquement US, celle honorée par le triumvirat du (hard) rock sudiste, Lynyrd Skynyrd, Blackfoot et Molly Hatchet. Mais avec en sus ces atours massifs, ce son velu qui peuvent aussi toucher les fans de stoner doom façon bûcheron. Toujours (trop) peu connus en Europe, les Américains dégainent pourtant déjà avec "Rise To The Mountains" leur cinquième galette. Souhaitons que celle-ci leur apporte cette reconnaissance qui leur fait encore défaut. Ils le méritent, cette nouvelle offrande en atteste. Si la recette qui a fait la réussite de "Sons Of The Western Skies" et "If Ain't Broke", est toujours de mise, le southern rock sculpté dans la roche par Hogjaw s'est bonifié, a pris de la bouteille en quelques années. Autrefois parfois encore un peu lisse, la peau s'est durcie, tannée par le soleil, évolution parfaitement illustrée par la grandiose power-ballad 'I Will Remain' de plus de 8 minutes au jus, jamais sirupeuse ou mollassonne mais au contraire épique car nourrie au grain du heavy avec ses parties de guitares belles comme un chat qui dort. Même la respiration finale, 'Grey Skies', se veut touchante grâce à ses lignes plus osseuses que doucereuses et qui doit beaucoup de sa portée émotionnelle au chant minéral, trempé dans le Bourbon, de Jonboat Jones. Plus rocailleux que ses devanciers, l'opus repose sur des titres ramassés, louchant parfois vers le country rock ('Fire, Fuel & Air'), recouvert d'un cuir épais mais que bornent de puissantes et majestueuses montagnes. Outre le déjà cité 'I Will Remain', il s'agit surtout de l'amorce éponyme, alliage énergique de rock sudiste vicieux et de hard pesant. N'oublions pas non plus 'Leavin Out The Backside', certes plus trapu mais qui donne envie de crapahuter à travers ces immenses forêts d'Amérique du Nord. En troquant le désert de "Sons Of The Western Skies" pour des reliefs boisés et montagneux, la musique gravée par Hogjaw a gagné en ampleur sinon en maturité. Ce faisant, les gars accouchent de leur meilleur album à ce jour. 3/5 (2015)
Birds Of Prey | The Hellpreacher (2009)
Erik Larson, le bûcheron de Virginie, Richmond USA, n'est pas du genre à se contenter de téter des bières avachi dans son canapé. Alabama Thunder Pussy a peut-être bu sa dernier Budweiser après avoir pourtant livrer sa meilleure cartouche avec Open Fire, il a toujours (entre autres projets) Birds Of Prey pour vidanger ses riffs graisseux et épais comme une semence masculine après quelques jours d'abstinence. Birds Of Prey est un de ces groupes qui ne peuvent être qu'américains. Il a ce son velu qui sent les dessous de bras, ce chant rugueux biberonné au Jack Daniels typique et cette manière d'aller à l'essentiel (les titres ne dépassent jamais les cinq minutes). Avec les jambes arquées entre le sludge/doom et le stoner sudiste, le groupe où l'on croise des mecs issus de Baroness, Municipal Waste ou Beaten Back To Pure (tout est dit !), regurgite déjà son troisième glaviot en quatre ans. On ne perd pas temps chez l'Oncle Sam. Et cela s'entend tout du long de ces douze enclumes. Epidermique et intense, The Hellpreacher, tel Ted Nugent à un concours de chasse, ne fait pas de quartier. Il usine un metal ultra pesant, plombé par des guitares implacables ("Tempt The Disciples"). Pouvant aussi bien balancer un uppercut brutal quasi punk dans l'esprit ("Taking On Our Winter Blood", où Ben Hogg semble vomir toutes ses tripes, "Blind Faith") ou un superbe, bien que très (trop?) court instrumental ("As The Field Mice Play"), Birds Of Prey atteint surtout l'orgasme lorsqu'il dresse une érection en béton armé. "Mama", dont les premières mesures s'accrochent au cerveau pour ne plus le quitter, "Juvie", introduit par une basse toute en rondeur avant de s'accoupler avec des riffs dignes d'un panzer lors de l'invasion de la Pologne ou le puissant "Alive Inside !" sont ainsi des saillies écrasantes, emportées par une cadence pachydermique. Mais comme on peut aimer la binouse, les armes à feu, lire Hustler et avoir quand même un coeur, les Ricains savent aussi faire parler l'émotion et pas uniquement la poudre, comme en témoigne le presque doom "The Excavation" et ses lignes de grattes d'où suinte une mélancolie poisseuse. D'ailleurs Erik Larson et Bo Leslie forment vraiment le socle mazouté sur lequel Birds Of Prey s'enfonce, avec leurs riffs tour à tour sales et gras comme le ketchup ("False Prophet") ou bien chargés d'une vraie finesse (la respiration instrumentale aux teintes hispaniques "The Owl Close In"). Leurs joutes ne sont également pas sans évoquer le grand hard rock et le pur heavy metal dont Larson est d'ailleurs fan (il suffit d'entendre le dernier opus de la Chatte de l'Alabama pour s'en convaincre), témoin le final jouissif de "Giving Up The Ghost", notamment. Une belle "Busherie" donc, un coup de poing dans la gueule et comme on est de bons chrétiens, on tend la joue gauche avec une délectation masochiste... Amen. (2009)
KröniK | Glorior Belli - Meet Us At The Southern Sign (2009)
Cette troisième offrande de Glorior Belli, mais la première à bénéficier de l'appui de Candlelight Records, était de fait attendue au tournant par tous les septiques qui s'interrogeaient sur le bien fondé d'une telle association. Certes, le label accueille également le sulfureux Blut Aus Nord, pas vraiment un projet mainstream donc, toutefois pour beaucoup les Français auraient dû demeurer chez Southern Lord, structure qui semblait davantage leur convenir. Alors, que vaut ce Meet Us At The Southern Sign ? Glorior Belli bande-t-il désormais mou du zizi ? Il n'est pas la peine de tourner autour du pot plus longtemps : rassurez-vous, Infestvvs et Alastor restent fidèle à un black metal fiévreux qui ne ressemble à aucun autre. A la fois super carré, presque rock 'n' roll par moment (le final du très beau "Fires Of The Sitra Ahra" par exemple) et chantre d'une dramaturgie lancinante et malsaine, cet album transpire une malignité inouïe. Si elles carburent toujours au satanisme et au luciférisme, ces saillies arborent une plastique plus élaborée, plus fine, que ce que pourraient usiner bien des hordes de série B allant faire leur course dans la superette satanique du coin de la rue. Ainsi, Glorior Belli n'hésite pas à se fendre d'un instrumental tout en progression tel que l'immense "Swamp That Shame" ou à téter les mamelles d'un blues déglingué avec le surprenant et bien nommé "In Every Grief-Stricken Blues", qui sent bon les Bayou et l'alcool frelaté. Il s'agit certainement d'une des meilleures compos de cet album qui ne ressent en outre jamais le besoin de marteler une vitesse facile et factice pour s'abîmer dans des profondeurs boueuses et mélancoliques (le superbe et également instrumental "My True Essence", porteur de vibrations décrépies et absolues). Ces morceaux préfèrent dériver sur des tempos lourds et pesants au bord d'un gouffre vertigineux ("Once In A Blood Red Moon", secoué par des riffs vicieux, "The Blazing Darkness (Of Luciferian Skies)", le long "Meet Us At The Southern Sign", pièce terminal qui exsude un fluide evil d'une noirceur perturbante). Et si les Français se lancent parfois dans l'érection d'une cadence plus frénétique, comme en témoignent "The Forbidden Words" ou bien "Nox Illuminatio Mea", c'est pour la briser par des coups de boutoir pétrifiés. Meet Us At The Southern Sign baigne tout du long dans un climat de fin du monde, un monde avalé par les ténèbres. Âpre et cru sans patauger dans une production nécro et crado derrière laquelle beaucoup trop de médiocres traîne-savates se planquent, ce méfait en est pour une fois vraiment un, car excellent, singulier et original tout en sachant conserver l'esprit du pur black metal. Une réussite. 3.5/5 (2009)
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