AU PIF

Affichage des articles dont le libellé est While Heaven Wept. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est While Heaven Wept. Afficher tous les articles

KröniK | While Heaven Wept - Of Empires Forlorn (2003)


Avec ce premier pavé, While Heaven Wept se fait le chantre d’un doom romantique et inspiré.

Of Empires Forlorn est le premier album des Américains de While Heaven Wept, vieux briscars de la scène doom US, emmenés par l’ancien chanteur de Solstice, Todd Phillips et son gosier de feu. De fait, cette première offrande était attendue comme le messie par toute une frange de la communauté doom, celle qui vénère Black Sabbath et tous les groupes suédois de doom épique et lyrique. On est donc plus proche ici de Candlemass, de Solitude Aeternus, vous l’aurez compris, que de Saint Vitus ou de Thergothon. Dès l’inaugural “ The Drowning Years ”, le ton est donné : la musique allie la lourdeur à la mélodie, la tristesse à la beauté et on comprend mieux pourquoi ce disque était tant attendu, d’autant que la plupart des titres ont déjà quelques années au compteur.

La première mouture de “ Voice In The Wind ” remonte même à 1977 ! Si Of Empires Forlorn semble parfois un peu trop mélodique et se traîne en longueur vers la fin, les sommets ne manquent pourtant pas, à commencer par le terrassant morceau éponyme et surtout le monumental et labyrinthique “ In Aeternum ” et sa furieuse accélération finale lequel justifie à lui seul l’achat de cet album à réservé en priorité aux amateurs de doom le plus accessible, ce qui ne veut pas dire mou du genou. Le groupe sait être très heavy (les voix caverneuses, certes parcimonieuses, le prouvent), tout en privilégiant néanmoins la mélodie et l’émotion. Avec ce premier pavé, While Heaven Wept se fait le chantre d’un doom romantique et inspiré. A suivre. (2006)


KröniK | While Heaven Wept - Fear Of Infinity (2011)


While Heaven Wept poursuit l'évolution entamée avec Vast Oceans Lachrymose et écrit avec Fear Of Infinity une nouvelle et magnifique page de sa tortueuse histoire.

Bien qu'auréolé d'une aura culte depuis ses débuts en 90, While Heaven Wept a toujours stagné dans l'ornière de la confidentialité. Est-ce la faute à une productivité en berne (trois albums en vingt ans !) et des labels trop undergrounds pour lui apporter le soutien nécessaire ? Certainement... Mais voilà que la formation donne désormais l'impression de vouloir rattraper le temps perdu et on ne s'en plaindra pas.

Ainsi, alors qu'il nous avait fallu attendre encore cinq ans entre Of Empires Forlorn et Vast Oceans Lachrymose comme cela fut le cas entre Sorrow Of The Angels et le second opscule, les Américains nous offrent déjà un nouveau calice, moins de deux ans après son prédécesseur. Le fait d'avoir maintenant rejoint le puissant Nuclear Blast, peut-il expliquer ce regain de vitalité ? Peut-être bien. Si on pouvait de prime abord se méfier de cette précipitation, les premières minutes de Fear Of Infinity ont tôt fait de balayer d'un revers de riffs épiques cette inquiétude. Avec plaisir, nous retrouvons tout ce qui fait le charme de ce groupe précieux : ce chant à la fois lumineux et porteur d'un sentiment tragique (autrefois celui du guitariste et maître à penser Tom Phillips, désormais celui de Rain Irving), ces envolées grandioses tissées par des guitares minées par une tristesse romantique et que rehaussent des aplats de claviers aux couleurs symphoniques. Comme toujours, c'est superbe. Après un début des plus flamboyants, animé par le puissant "Hour Of Reprisal", hymne désespéré dans la droite lignée des classiques du groupe ou le lourd "Obsessions Now Effigies", l'album s'enfonce peu à peu dans une mélancolie aussi belle qu'infinie, dont le point abyssal est atteint lors de la longue pièce terminale, "Finaly". Celle-ci s'apparente à une lente respiration progressive dans laquelle s'exprime toute la fluidité d'une musique qui prend de plus en plus ses distances avec le grand Doom des débuts dont l'aboutissement fut incarné par Of Empires Forlorn, tout en se parant d'arabesques franchement Heavy Metal. Tout en restant fidèle à une identité lyrique qui n'appartient qu'à lui, While Heaven Wept poursuit l'évolution entamée avec Vast Oceans Lachrymose et écrit avec Fear Of Infinity une nouvelle et magnifique page de sa tortueuse histoire. Au bout de 20 ans de carrière, les Américains semblent avoir enfin toutes les cartes en mains pour exposer au plus grand nombre un art original entre Doom épique et Heavy progressif, dont on a le sentiment qu'il a atteint sa pleine maturité. (08/04/2011)


KröniK | While Heaven Wept - Vast Oceans Lachrymose (2009)


Si l'on peut regretter une prise de son qui manque de puissance et un caractère parfois un peu trop gentillet, pour ne pas dire mielleux, il n'en demeure pas moins que Vast Oceans Lachrymose reste un très bon album de doom classique 

Il ne faut parfois pas plus d'un morceau pour effacer plusieurs années de silence. C'est le cas pour While Heaven Wept, groupe ayant disparu des écrans radar depuis Of Empires Forlorn en 2003, avec "The Furthest Shore", ouverture de sa nouvelle offrande et la troisième seulement en plus de vingt ans de carrière. Un seul titre, oui mais quel titre ! En près de 16 minutes, il propulse le groupe américain vers des sommets dont, jusqu'à présent, ils s'étaient seulement rapprochés sans jamais pouvoir les toucher.

Un quart d'heure de pur bonheur qui synthétise tout ce qui fait que l'on aime (ou pas) ce vétéran de la chapelle doom US : des lignes vocales chaudes et émotionnelles, celles de Tom Philipps (également guitariste chez le non moins excellent Solstice), des mélodies finement ciselées, cette touche lyrique pour ne pas dire carrément romantique et une dimension épique plus proche du heavy metal que des marches funèbres auxquelles le genre est souvent associé - à tort. Avec en plus ces arabesques multiples qui permettent aux Américains de tendre un pont étonnant entre doom et rock progressif. En un mot : superbe. Toutefois, "The Furthest Shore" se veut tellement grandiose qu'il en étoufferait presque les cinq plages suivantes, ces dernières ne tutoyant pas une telle éclatante réussite. Plus ramassé, "To Wander The Void" arpente les terres du heavy doom avec choeurs et voix haut perchées mais est émaillé de riffs à la fois plombés et est sécrétatoire d'un fluide de tristesse. Au plus anecdotique "Living Sepulchre" s'enchaîne en un très beau fondu acoustique l'imposant "Vessel", toujours porté par le chant lumineux de Philipps, incontestablement la clé de voûte de l'édifice. Etonnamment, l'écoute prend fin sur deux pistes instrumentales peintes par le pinceau délicat de claviers doucereux. "Vast Oceans Lachrymose" et "Epilogue", toutes deux reliées entre elles par le bruit du ressac, sont une conclusion apaisante et propice à la contemplation d'un disque à l'architecture curieuse. Si l'on peut regretter une prise de son qui manque de puissance et un caractère parfois un peu trop gentillet, pour ne pas dire mielleux, il n'en demeure pas moins que Vast Oceans Lachrymose reste un très bon album de doom classique tel qu'il était conçu à l'origine, avant que sa collusion avec le death metal ne l'enténèbre davantage. Espérons que cette fois While Heaven Wept, dont la vie a toujours été en pointillés depuis ses débuts, soit de retour durablement et qu'il ne faudra donc pas attendre six années supplémentaires pour savourer un prochain chapitre. (21/10/2009)