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Robert Rossen | Alexandre le Grand (1956)


Alors qu'il compte parmi les figures historiques les plus fascinantes, le film sur Alexandre le Grand reste à faire. Bien que meilleur que la version signée Oliver Stone, le métrage de Robert Rossen est loin d'emporter totalement l'adhésion. La faute en revient moins au réalisateur, toutefois plus à l'aise dans le film noir (Sang et or, L'arnaqueur) qu'aux producteurs qui l'ont charcuté et amputé de nombreuses séquences de batailles. Il en résulte un spectacle châtré qui sabre une bonne partie de cette épopée maladroitement résumée en à peine plus de deux heures ! De fait, il convient de voir Alexandre le Grand non pas comme le péplum grandiose qu'il aurait pu être mais comme une réflexion sur le pouvoir et la conquête politique, qui occupe toute la première partie - et donc la plus réussie - du film. Le choix et le jeu des comédiens y font merveille.
Encadrés par une solide distribution anglaise (Peter Cushing, Stanley Baker, Harry Andrews...), Richard Burton, Fredric March et Danielle Darrieux forment un trio quasi diabolique, le premier, magnétique dans la peau du conquérant, le second, toute en brutalité en Philippe de Macédoine, la dernière, perfide et manipulatrice. (Vu le 13/05/2018 / Source : DVD)
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Henri Decoin | L'affaire des poisons (1955)


En quelques mots : Inspiré d'une façon lointaine d'une histoire qui fit trembler le royaume de France, L'affaire des poisons est un film plus surprenant qu'il n'y parait. Ainsi, au simple récit historique et en costumes que l'on s'attend à trouver, c'est une quasi oeuvre d'horreur gothique que l'on découvre, grâce à des décors et des couleurs chatoyants et un Paul Meurisse, étonnant en prêtre satanique. En technicien aussi prolifique qu'aguerri, Henri Decoin signe une mise en scène soignée et habile, superbe écrin pour celle qui est sa muse (même s'ils ne sont alors plus mariés), Danielle Darrieux laquelle, campe une madame de Montespan diabolique face à une Viviane Romance ténébreuse à souhait. 

Goddess | Danielle Darrieux


Joseph L. Mankiewicz | L'affaire Cicéron (1952)


En quelques mots : Comme il l'a fait ou le fera avec d'autres genres, le western notamment (Le reptile), Joseph L. Mankiewicz aborde avec L'affaire Cicéron le registre de l'espionnage non sans se départir de son intelligence et de sa finesse habituelles. Ni film survolté ni récit à la Hitchcock, il s'agit en fait d'un véritable tour de force en ce sens où le réalisateur parvient à tenir en haleine le spectateur avec une absence quasi totale d'action à laquelle il préfère les intrigues et un suspense qui va crescendo. C'est une oeuvre d'espionnage de salon, circonscrite à quelques intérieurs, ambassades ou appartements. Sous ce verni riche en tension se cache un second aspect plus intéressant encore, celui du rapport de classes qui lie les personnages et en particulier Diello qui compte sur son activité d'espion pour s'élever et être (au moins) l'égale de ses anciens maîtres. Si la mise en scène de Mankiewicz, dont la maîtrise est totale, est comme toujours impeccable, discrète et sans effets appuyés, le film doit beaucoup de sa réussite à ses interprètes. James Mason, parfait dans un rôle torturé, auquel il confère une sorte d'ombrageuse suavité, et Danielle Darrieux, espiègle mais manipulatrice, sont dignes d'éloges dans des rôles dont on imagine mal qui d'autres qu'eux auraient pu les interpréter... Un chef-d'oeuvre ? Et pourquoi pas !

Christian-Jaque | Adorables créatures (1952)


En quelques mots : Adorables créatures est un faux film à sketchs. Faux parce qu'un seul réalisateur l'a réalisé, Christian-Jaque en l'occurrence, là où généralement plusieurs se succèdent et qu'un même personnage traverse tout le récit. Mais de part sa construction et son sujet, succession de souvenirs du Don Juan de héros qui se remémore ses aventures galantes au moment de se marier, il en épouse la forme. De part le caractère inégal de ses histoires également. Ainsi, on préférera les premier et second segments, où brillent les beautés de Danielle Darrieux et de Martine Carol, au troisième, plus ennuyeux. Audacieux par son enrotisme joyeux que véhiculent la sensualité affolante de l'interprète de Caroline chérie, dont le corps est magnifié par la caméra de celui qui est alors son époux, et le saphisme à peine voilé de la patronne de Daniel Gélin, Adorables créatures possède une certaine fraîcheur et reste un bon divertissement, léger et anodin, canaille et tendrement misogyne. Un peu à la Guitry. 


Goddess | Danielle Darrieux


Henri Decoin | Abus de confiance (1937)
























Film mineur dans la carrière d'Henri Decoin, "Abus de confiance" serait sans doute oublié aujourd'hui, sans la présence déjà irradiante de Danielle Darrieux alors à ses débuts, laquelle porte le récit sur ses épaules, réussissant même à éclipser Charles Vanel !