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Georges Lautner | Laisse aller... C'est une valse ! (1971)


En 1970, cela fait alors quelques années que Georges Lautner n'a pas connu un grand succès populaire. Il y a eu certes Le pacha mais ni Fleur d'oseille ni surtout La route de Salina n'ont vraiment rencontré leur public. Il cherche donc alors à revenir au cinéma qui a fait sa gloire, entre humour absurde et série noire. Le résultat sera Laisse aller... c'est une valse ! Sauf que Michel Audiard n'est plus au scénario et encore moins au dialogue, remplacé par un jeune Bertrand Blier. Aux côtés des habitués du réalisateur (Michel Constantin, Mireille Darc, plus boudeuse que jamais, Bernard Blier...), Jean Yanne succède à Lino Ventura. Enfin, l'histoire tient sur une feuille de papier à cigarette mais l'essentiel est ailleurs, dans la folie débridée qui emporte ce film, moins abouti que son modèle Ne nous fâchons pas mais tout aussi jouissif.
Le sommet du grand n'importe quoi est atteint lors du "siège" de la ferme, entre burlesque et non-sens. On nage alors en plein cartoon. C'est très drôle même si les faiblesses de Lautner commencent déjà à poindre, lesquelles aboutiront aux catastrophiques Pas de problème ! ou On aura tout vu... Mais en 1971, il n'en est pas encore là, toujours bien entouré, ce qui lui permet d'emballer avec une grande liberté cette comédie délicieusement délirante dont on ne se lasse pas !

Vu le 25/02/2018 / Source : enregistré sur TV Breizh en 2006. 



















Robert Enrico | Les grandes gueules (1965)


Les grandes gueules, c'est déjà de vraies gueules de cinéma, celles, bien entendu, de Bourvil et de Lino Ventura mais aussi celles de tous ces seconds couteaux qu'on aime tant, de Michel Constantin à Paul Crauchet, de Jesse Hahn à Marcel Pérès. Il en résulte un film d'hommes qui s'affrontent dans une géographie rude où les femmes ne trouvent pas leur place, que ce soit Marie Dubois ou Hénia Suchar. Sorte de western vosgien en cela qu'il épouse tous les codes du genre (on pense même au Sept mercenaires), cette production franco-italienne porte l'incontestable griffe du tandem Robert Enrico / José Giovanni dont on retrouve le goût pour les histoires d'amitié virile (cf. Les aventuriers, La scoumoune...).
Rencontre de deux géants du cinéma français dans un cadre empreint d'une poésie froide et forestière, Les grandes gueules reste une oeuvre unique, rythmée par la musique de l'incontournable François de Roubaix.
















Maurice Labro | Action immédiate (1957)


En quelques mots : Artisan besogneux et sans génie peut-être, Maurice Labro démontre cependant avec "Action immédiate" que l'on peut toujours compter sur lui pour livrer un bon moment de détente dès lors qu'il a entre les mains un bon scénario (de Frédéric Dard, d'après Paul Kenny) et un casting solide. De l'action, de savoureuses répliques, de belles femmes, l'accent de Jess Hahn et la présence patibulaire d'un Lino Ventura encore réduit à jouer les gorilles... Qu'attendre de plus de cette aventure de Coplan ? Rien mais le plaisir est là et le charme des années 50 aussi... Et c'est toujours mieux qu'un machin avec Jean Dujardin !