Sorti dans l'indifférence générale en 1990, Delirium est un film très curieux. Curieux car, malgré ses défauts et autres maladresses, il parvient à prodiguer un certain malaise. Curieux parce qu'il n'emprunte pas le chemin attendu, déviant de sa trajectoire horrifique pour accoster le terrain d'une paranoïa grand guignolesque. Plus il se dévide et plus Disturbed bascule ainsi dans une folie paroxysmique, dont les instruments sont les cadrages biscornus et le jeu fiévreux d'un Malcolm McDowell en roue libre, qui ne fait pas vraiment dans la demi mesure, sombrant presque dans le grotesque lors d'une fin de parcours hallucinée qui voit le comédien perdre les pédales, glissant dans la pure démence. En français, la voix de l'immense Dominique Paturel ajoute au plaisir de voir ce petit film.
AU PIF
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Gray Hofmeyr | Schweitzer (1990)
Si, depuis bientôt trente ans, il cachetonne le plus souvent dans des séries B (voire Z) pas toujours dignes de lui, il arrive que l'on croise Malcolm McDowell à l'affiche d'une production plus ambitieuse. On pense au Vent d'est de Robert Enrico ou à ce Schweitzer, également exploité sous le titre "The Light In The Jungle. Pour autant, ce biopic oublié ne se révèle pas vraiment mémorable. Résumer la vie du célèbre docteur en moins d'une heure et demi tient de la gageure. Du coup, de nombreux aspects de sa vie et de sa personnalité (sa formation théologique, sa passion pour la musique sacrée) sont ignorés ou réduits à quelques scènes. Encombré par une mise en scène du niveau d'un téléfilm, le film peine à retranscrire le combat de Schweitzer pour faire triompher la lumière (le progrès) sur les ténèbres (les superstitions), présenté d'une manière par trop schématique. Mais McDowell semble y croire, au point de nous faire oublier que c'est le comédien de Orange mécanique qui s'est glissé dans la peau du médecin.
Roland Emmerich | Moon 44 (1990)
Après s'être fait un (petit) nom dans son Allemagne natale dans la seconde moitié des années 80, Roland Emmerich est bien décidé à conquérir Hollywood dont Moon 44 doit être le sésame. Si, en honnête artisan, il parvient à masquer la pauvreté des moyens à sa disposition, avec quelques maquettes et une poignée de décors enveloppés dans une brume bleutée, il échoue par contre à tirer parti d'un scénario anémique, parasité qui plus est par un Michael Paré au charisme digne d'une huître, censé être un intello alors que son physique musculeux et son regard bovin disent le contraire. Face à lui, Malcolm McDowell ne force pas son talent dans la peau du salopard de service, inaugurant une longue série de participations dans des séries B louchant de plus en plus vers le Z. Chiant comme un dimanche de pluie, Moon 44 porte en lui les germes du cinéma qui fera toutefois le succès du réalisateur aux Etats-Unis avec cette S.F virile et militariste aux personnages mal dégrossis.
Frank Merle | L'employeur (2013)
Louchant sur The Cube et les films "d'embauche" tels que The Method ou Exam, L'employeur tient efficacement le spectateur en haleine, animé par Malcolm McDowell dans un rôle roublard et manipulateur taillé pour lui. Pourtant, on n'est loin de la réussite riche en rebondissement promise par les prix que l'entreprise n'a pas manqué de rafler, la faute à des personnages auxquels on ne croit guère et à l'incapacité du réalisateur à rendre claustrophobique une situation minée par les invraisemblances. Le huis-clos est un exercice difficile, qui n'est pas à la portée de tous, comme le prouve à ses dépens Frank Merle. Qui plus est, le problème de ce genre de films au pitch machiavélique, réside dans le fait qu'ils ne survivent (généralement) pas une fois leur suspense éventé...
Sergio Citti | Mortacci (1989)
Si on a du mal à imaginer Vittorio Gassman, Alvaro Vitali et surtout Malcolm McDowell sur une même affiche, Sergio Citti a pourtant réussi à réunir les trois comédiens le temps de ce Mortacci, sorte de comédie gentiment macabre où des morts attendent dans un cimetière avant de rejoindre le paradis. Si la grande époque du film à sketchs italien est loin en cette fin des années 80, cette production séduit par son côté loufoque et par les situations cocasses sinon absurdes qui ont conduit nos morts vers l'au-delà. En veuve éploré (?) de la belle Carol Alt, McDowell cabotine à fond les manettes mais comme le genre s'y prête, on ne lui en tiendra pas rigueur. Cette partie de sa carrière se révèle très intéressante, le voyant mordre à pleines dents dans tous les registres, de la comédie donc à la S.F. (Moon 44) au drame hermétique (Il Maestro).
Blake Edwards | Meurtre à Hollywood (1988)
Malgré un Boire et déboires (1987), assez amusant, la fin de carrière de Blake Edwards n'est guère enthousiasmante, comme l'illustre ce Sunset plus nostalgique que crépusculaire. Les relations entre Hollywood et le réalisateur furent souvent houleuses, milieu qu'il a maintes fois dépeint avec un humour teinté d'ironie. Mais cette comédie ne possède ni la force comique de The Party ni la férocité de S.O.B.. Après un début sympathique, le film s'enlise et on finit par se désintéresser de son dénouement. Si James Garner compose un Wyatt Earp robuste et vieillissant, rôle qu'il avait d'ailleurs déjà campé dans le Sept secondes en enfer de John Sturges (1967), Bruce Willis confond Tom Mix avec son personnage de Clair de lune. Il s'agit donc d'une oeuvre très mineure. Dommage pour Malcolm McDowell qui livre là, selon l'ami Adrian Stork, une de ses plus brillantes compositions...
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