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Inquisition | Ominous Doctrines Of The Perpetual Mystical Macrocosm (2011)


Nonobstant ses qualités bien réelles et sur lesquelles nous reviendrons, on ne peut pas s’empêcher de penser à l’écoute du très attendu Ominous Doctrine Of The Perpetual Mystical Macrococsm que Inquisition a perdu en cours de route une partie de son charme et de son identité. Si l’entité d’origine colombienne dont le quartier général est désormais basé aux Etats-Unis, n’a jamais caché être influencée par Immortal, ce qui n’était jusqu’à présent qu’une source d’inspiration est devenue bien plus que cela (« Ominius Doctrines Of The Perpetual… »). De fait, si vous aimez la bande à Abbath tout en regrettant le son trop policé que celle-ci a choisi de revêtir depuis quelques albums, alors ce nouvel opus d’Inquisition vous est clairement destiné. Le mimétisme est évident sinon embarrassant, Dagon adoptant le même genre de voix de canard enrhumé que le chanteur norvégien (« Command Of The Dark Crown »). Heureusement, le duo conserve encore cette croûte sonore grésillante et sale comme le sang menstruel, cette aura evil et cryptique unique qui l’empêche de sombrer dans le piège de la pale photocopie. De plus, bien que les rythmes rapides ne sont pas pour leur déplaire, en, témoignent « Astral Path To Surpreme… » ou « Cosmic Invocation Rites », les deux musiciens ne sont jamais aussi à leur aise que lorsqu’ils n’enclenchent jamais la seconde, dressant alors une verge lourde et plus démoniaque encore. Le gigantesque « Desolate Funeral Chant » ou les démentielles décélérations transperçant « Crepuscule Battle Hymn » ou «Hymn For A Dead Star »  illustrent très justement cette faculté des Colombiens à patauger pour notre plus grand plaisir dans le mazout. Ceux-ci ont toujours couler une bonne dose de Death Doom dans leur Black Metal occulte et le prouvent encore cette fois-ci. On ne s’en plaindra pas car c’est bien ces méplats reptiliens proéminents qui confèrent à leur musique inquisitoire une bonne partie de sa personnalité. Et puis de toute façon, Ominius Doctrines Of The Perpetual Mystical Macrocosm demeure toujours plus jouissivement evil que tout ce que peut faire Immortal depuis plus de dix ans. Rien que pour cela, le groupe mérite respect et allégeance. (2011)


KröniK | Witchtrap - Vengeance Is Mine (2012)


Witchtrap fait du Black/Thrash, qu'ils disent. Soit, si cela peut leur faire plaisir. Pour nous, il s'agit plutôt de Heavy Metal Old School ou alors d'une espèce de Speed/Thrash fleurant bon les années 80. Le Black, on a beau le chercher, nous ne l'avons pas trouvé, si ce n'est dans une imagerie nourrie au satanisme facile. A moins, bien entendu que Vengeance Is My Name marque une évolution ( ?) dans la carrière de cette horde venue de Colombie et dont nous ne connaissons pas, autant le reconnaître, les deux seules précédentes cartouches longue durée (sans compter demos et autres EP) tirées depuis 1992 ! En revanche, ce qui ne fait aucun doute est la raison pour laquelle cette troisième agression se voit distribuée par Hells Headbangers, label qu'insupportent le son léché, trop propre sur lui et les trucs à la (dernière) mode. Rien de tout cela effectivement avec Witchtrap qui trouve ainsi tout à fait sa place entre Superchrist, Speedwolf ou Midnight, pour ne citer que trois spécimens du catalogue rétrograde de l'écurie américaine. Ni ambition ni prétention (ce n'est pas grave), Vengeance Is My Name est juste un de ces petits albums qui possèdent le charme du petit artisanat, modestes mais sincères. C'est bien simple, du chant haut perché, façon « je me suis coincé les couilles dans ma braguette » aux grattes qui cavalent à tout bout de champ, sans oublier une durée qui n'excède que peu les 30 minutes, on croirait presque être tombé sur un vestige archéologique oublié et (re)découvert il y a peu. Dans son genre nostalgique, le compteur stoppé il y a 25 ans, cette petite poignée de titres (huit dont une intro) fait mouche. Citons par exemple le speed "Put To Death", le plus rampant "The Queen Of Hell", la profession de foi "Metal" (ça ne s'invente pas) et plus encore "Winds Of War", perforé par un break saignant. Rapide et sans affèterie aucune, le menu défile à toute allure, sans temps mort, les Colombiens vidangeant un Thrash préhistorique certes basique mais qui devrait néanmoins trouver son (maigre) public chez quelques ayatollahs du metal old school. Et puis, ce n'est pas tous les jours que l'on tombe sur un groupe d'Amérique du Sud pour l'ignorer et ce, d'autant plus qu'on a connu pire que ce Witchtrap au sale parfum d'occultisme de série Z. (2012)