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Alain Corneau | Le choix des armes (1981)
























Le choix des armes ferme la première - et la meilleure - partie de carrière d'Alain Corneau, laquelle tricote une sorte de version tragique du polar noir.

Christopher Hampton | L'agent Secret (1996)


L'agent secret est le type même de film qui, à trop vouloir faire oeuvre respectable, finit par décevoir. Une reconstitution historique soignée (mais académique), des acteurs de premiers plans (Patricia Arquette, Robin Williams et même notre Gérard Depardieu !), un rôle difficile pour le jeune et déjà talentueux Christian Bale, la caution "intellectuelle" apportée par Joseph Conrad en font alors un candidat sérieux pour les festivals et les récompenses. Mais c'est aussi une de ces productions qui, derrière sa vitrine clinquante, masque mal sa totale absence de point de vue. Même en mode mineur, Hitchcock, soixante ans plus tôt, faisait montre de bien plus d'audace et d'ironie que Christopher Hampton, ancien scénariste pour Stephen Frears (Les liaisons dangereuses, Mary Reilly), passé derrière la caméra avec le prometteur Carrington mais qui se prend ici trop au sérieux, appliqué à livrer un spectacle où pas un poils ne dépasse.
Malgré un doublage français calamiteux, The Secret Agent se laisse toutefois regarder sans déplaisir, grâce à une convaincante reconstitution de l'époque tandis que Bob Hoskins compose un Verlok plus nuancé que Oksar Homolka dans la version antérieure de 1936. | IMDb








Claude Bernard-Aubert | L'affaire Dominici (1973)


En quelques mots : Avant de devenir un des maîtres du porno hexagonal des années 70 sous le pseudonyme de Burd Tranbaree, on oublie que Claude Bernard-Aubert fut un réalisateur de quelques films classiques dont L'affaire Dominici est un des plus fameux, avec L'ardoise (1970). Si sa mise en scène est honnête, cette reconstitution d'une affaire criminelle demeurée irrésolue, vaut avant tout pour sa distribution où l'on est content de retrouver Paul Crauchet dans un rôle important, les jeunes Victor Lanoux et Gérard Depardieu, ainsi qu'une myriade de gueule dont on ne retient jamais le nom. Et bien sûr, il y a Gabin, parfait en patriarche mutique, au jeu plus subtil qu'il n'y parait, empreint d'une tristesse tapie derrière le masque buté et ce, quand même sa présence suggère de facto l'innocence du vieux chef de famille. On peut enfin regretter le plaidoyer final du véritable avocat de Dominici, qui ne s'imposait vraiment pas...