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Lewis Gilbert | Alfie (1966)


Un conseil, ne visionnez pas Alfie en français car, malgré sa gouaille et son incontestable talent de doubleur, Michel Roux donne au personnage des allures comiques alors que ce dragueur, lâche et gougât est faussement amusant, à l'image du film tout entier. Il faut voir Michael Caine, dont ce rôle, avec celui d'Harry Palmer (IPRESS), vont faire de lui une vedette, débiter des abominations aux sujets des femmes avec ce flegme britannique délicieux et cynique. Et alors qu'on le croit sur la voie de la rédemption après avoir découvert la paternité, Alfie se lance par la suite dans une espèce de fuite en avant qui va finir par le perdre, poussant même une femme à avorter.
Si les femmes ne sont dépeintes avec beaucoup de tendresse par un Lewis Gilbert que nous n'attendions pas dans ce registre dramatique éloigné des films d'action qui ont - et feront - sa renommée, les hommes sortent encore moins grandis de cette comédie au ton décapant car à la fin, le dragueur finit seul, abandonné par celles qu'il a séduites. Prix spécial du jury à Cannes et nombreuses nominations aux Oscars. (Vu le 20/05/2018 / Source : DVD)
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Daniel Barber | Harry Brown (2009)


On aurait tort de réduire ce premier long de Daniel Barber à un Death Wish à l'anglaise ou à une simple resucée des Vigilante movies des années 70. Les citées rongées par une délinquance gangreneuse pose déjà un autre cadre, urbain certes mais plus misérable et sinistre. De fait, plus qu'un polar, Harry Brown se veut avant toute chose un drame, celui d'un vieil homme, qui se retrouve avec la solitude pour seule compagne, silhouette fatiguée dont la vie, les repères, s'écroulent peu à peu, errant au milieu d'un monde qui suit un même chemin. Au-delà de la croisade vengeresse et plutôt jubilatoire sur laquelle il débouche, le film prend tout son intérêt dans ce portrait empreint de tristesse auquel Michael Caine offre une composition amère et désespérée. A l'aise avec une violence tantôt sèche ou hallucinée, Barber réussit tout autant sur un terrain plus intimiste. Une main qui se pose sur un oreiller désormais vide, lui suffit ainsi à exprimer toute la solitude de la vieillesse...













John Sturges | L'aigle s'est envolé (1976)


Tiré d'une histoire invraisemblable du romancier Jack Higgins, on attendait beaucoup de L'aigle s'est envolé. Pourtant, eu égard à sa luxueuse distribution (Michael Caine, Donald Sutherland et Robert Duvall sont de sacrés moteurs), l'impression s'impose d'être passé à côté d'un grand film. Après les quelconques Joe Kidd ou Chino et le fatigué Un silencieux au bout du canon, John Sturges, dont c'est la dernière mise en scène, semble ne pas exploiter pleinement la force de son casting et le potentiel d'un sujet propice à un suspense tendu. Sa réalisation, bien que soignée, manque de nerfs cependant que la romance entre Sutherland et Jenny Agutter ralentit un récit qui prend déjà (un peu) trop son temps.
S'il est surprenant de voir des Allemands en héros, le scénario prend soin de bien distinguer ces militaires des SS dépeints sous un jour brutal ou ridicule, témoin cette scène très appuyée où Caine défend une Juive face à une cohorte nazie. On est étonné de trouver Larry Hamgman en officier US, ravi de croiser le joli minois de Jenny Agutter mais aucun comédien ne parait finalement croire à son rôle. Dommage... | IMDb










Robert Parrish | Marseille contrat (1974)


En quelques mots : Bien sûr, Marseille contrat n'est pas French Connection. Il manque de personnalité et repose sur un scénario on ne peut plus mince et sans grande finesse. Mais Robert Parrish, qui venait de réaliser le quant à lui très insolite Les brutes dans la ville (1971), connaît son métier et emballe avec toute la nervosité nécessaire cette histoire de règlement de compte sur fond de trafic de drogue. Surtout, outre la musique de Roy Budd, on retient bien entendu du film sa fabuleuse distribution qui le rend jubilatoire et sans laquelle il ne serait qu'un banal polar. Aux côtés d'un James Mason qui cachetonne alors en Europe et un Anthony Quinn usé, Michael Caine bouffe l'écran, fort de ce charme british qui n'appartient qu'à lui. Maurice Ronet et l'immense Marcel Bozzuffi complètent une affiche où les femmes ne sont pas en reste, de Maureen Kerwin à Alexandra Stewart. Indispensable, certainement pas mais franchement agréable à regarder !