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Jesus Franco | Les orgies indéfendables d'Emmanuelle (1982)
























Pour qui regardait l'émission La classe sur FR3 à la fin des années 80, découvrir que l'une de ses "élèves", Muriel Montossey, a débuté sa carrière chez Jesus Franco pour lequel elle s'est déshabillé peu farouchement dans sept films, est quand même un peu surréaliste et ce, malgré ce charme à l'eau de rose qu'elle a toujours affiché.

Eddie Nicart | 007 1/2 : rien n'est impossible (1982)
























Rien n'est impossible en effet dans le monde du cinéma bis philippin (ou pas), même de prendre pour héros d'un film d'espionnage, un nain !

KröniK | Whitesnake - Saints & Sinners (1982)


Saints & Sinners marque en quelque sorte la fin d’un chapitre dans l’histoire du groupe car il est le dernier enregistré avec son line-up le plus célèbre (et le préféré des fans) : Coverdale, Mardsen, Moody, Lord et Paice. De fait, musicalement, il clôt aussi la période hard bluesy de Whitesnake, son successeur, Slide It In, bien que conservant encore quelques oripeaux du passé, faisant un peu office de transition avec la période hard US qu’incarneront 1987 et Slip Of The Tongue. Ce huitième album est en toute logique très apprécié des amateurs. Et à raison, quand bien même il semble un peu inférieur aux précédents.




Les dix compositions qui le composent font mouche, la plupart étant dans un registre plutôt énergique et bluesy, à l’instar des imparables “ Young Blood ”, “ Victim Of Love ” ou “ Dancing Girls ”. Mais, malgré leurs évidentes qualités, elles sont éclipsées par les deux joyaux que demeurent “ Crying In The Rain ” et “ Here I Go Again ”, qui bénéficieront d’une relecture sur le disque 1987 (tout comme “ Fool For Yoy Loving ” tiré de Ready An’ Willing sur Slip Of The Tongue). Ces deux perles justifient à elles seules l’achat de Saints & Sinners, et sans lesquelles il ne serait qu’un disque de plus dans la carrière du Serpent blanc , le groupe donnant l’impression d’avoir tout dit dans la veine musicale qu’il a choisit depuis la fin des années 70. Pour autant, ces 40 minutes passent comme une lettre à la poste ; mais le renouvellement qui ne tardera pas à intervenir sera peut-être en définitive salutaire, au grand dam des fans de la première heure. (2006)


KröniK | Pat Benatar - Precious Time (1982)


C'était une époque où l'on ne perdait pas de temps entre deux albums et où ceux-ci n'excédaient pas les quarante minutes et c'était très bien ainsi. "Precious Time" est la troisième offrande de la belle en trois ans. Succédant aux mémorables "In The Heat Of The Night" et "Crime Of Passion", il constitue l'un des côtés d'un quadrilatère doré que complétera l'année suivante "Get Nervous". Toujours épaulée par son guitariste de mari Neil Giraldo et la même section rythmique composée du batteur Myron Grombacher et du bassiste Roger Capps, à laquelle se greffe le second guitariste Scott St. Clair, la panthère poursuit sur sa brillante lancée avec neuf titres dont une reprise du 'Helter Skelter' des Beatles qui ferme un menu riche en pépites.
La plupart d'entre elles anime la première face de la rondelle en une brochette irrésistible, écrin à la fois musclé et soyeux pour la voix ensorcelante de l'Américaine. Démarrant comme une tendre ballade, 'Promises In The Dark' propulse ainsi l'écoute sous les meilleures auspices, véritable brûlot aux griffes acérées. Lui succède un 'Fire And Ice' plus lent et chaloupé mais dont le refrain s'accroche à la mémoire comme une moule à un rocher. La reprise de Paul Revere & The Raiders ('Just Like Me') affiche une belle dureté mais on lui préfère l'éponyme et langoureux 'Precious Time' offrant à Pat Benatar une performance dont on ne peut que tomber amoureux. Plus inégale, la seconde face alterne hymnes savoureux tels le suave 'Evil Genious' (réhaussé de cuivres) ou 'Take It Anyway You Want It', curiosité (le reggae 'It's A Tuff Life') et titre anodin ('Hard To Believe' au demeurant efficace) sans oublier la relecture nerveuse du classique de Lennon et McCartney. Avec ce disque parmi les plus réussis de sa carrière, Pat Benatar s'affirme comme une redoutable chanteuse de (hard) avec ce timbre aussi mordant que velouté qui n'appartient qu'à elle. Direct et sans fioritures, "Precious Time" rencontrera un très vif succès, se classant en tête des charts américains cependant que la chanson 'Fire And Ice' offrira à son interprète un Grammy Award en 1982. "Get Nervous" confirmera peu après ce triomphe commercial. 4/5 (10/09/2017)






Lindsay Anderson | Britannia Hospital (1982)


Après If... (1968) puis Le meilleur des mondes possibles (1973), Britannia Hospital est le dernier volet d'une trilogie iconoclaste écrite par David Sherwin, réalisée par Lindsay Anderson et dont le personnage principal, Mick Travs, immortalisé par Malcolm McDowell, agit comme le révélateur des maux qui gangrènent la société britannique. Ici le microcosme hospitalier symbolise une Angleterre malade dont le film n'épargne aucun des composants, tapant aussi bien dans les syndicalistes, les révolutionnaires que dans la famille royale et l'aristocratie incarnée par un vieux nabot. Mais peut-être parce que McDowell y est moins présent, Britannia Hospital ne possède pas la force de ses devanciers, troquant les expérimentions d'un langage cinématographique libéré de son carcan à la seule verve contestataire. Le résultat est cynique, visionnaire dans son message mais sans grandes idées de cinéma...



















Paul Schrader | La féline (1982)


A première vue, on peut se demander quelles raisons ont poussé Paul Schrader à réaliser un remake de la Féline de Jacques Tourneur, tant son univers  crépusculaire parait éloigné de cette histoire de femme victime d'une malédiction.  Pourtant, en s'emparant de ce classique de l'épouvante des années 40, il fait oeuvre personnelle en cela qu'il trouve finalement dans ce matériau puissamment sexuel le moyen de cultiver ses propres obsessions. Quand Tourneur, code Hays oblige, joue sur la suggestion et les désirs rejetés, Schrader ne cache au contraire pas la dimension incestueuse de la relation entre Irina et son frère Paul. Grâce à Nastassia Kinski, qui exsude le sexe par tous les pores, le film n'est qu'un long coït ne pouvant déboucher que sur la mort.
De la photo de John Bailey à la musique de Giorgio Moroder (dont le titre final est chanté par David Bowie : quelle association !), de l'interprétation animale de Malcolm Dowell, qui trouve là un de ses derniers grands rôles, au décor moite de la Nouvelle-Orléans, sans oublier ni les mouvements d'appareil qui placent le spectateur dans la position du prédateur guettant sa proie ni la beauté des effets spéciaux, tout concourt à fasciner, à envoûter. | IMDb













William Asher | A la limite du cauchemar (1982)


Malgré un début très efficace et prometteur, A la limite du cauchemar (aka Night Warning), déçoit malheureusement très vite. Les ambitions affichées par William Asher, plus influencé par le Psychose d'Alfred Hitchcock que par les slashers alors en vogue, ne peuvent rien face à une direction d'acteurs catastrophique, entre une Susan Tyrell en roue libre bien que son jeu suinte l'inceste par tous les pores, et un Bo Svensson franchement mauvais. Le métrage retrouve cependant des couleurs (rouges) lors d'une fin de parcours hallucinée.
















Steve Barkett | The Aftermath (1982)


Ne vous fiez pas à ses (multiples) affiches et jaquettes racoleuses, The Aftermath est un post-nuke fauché et trop bavard. Parasité par une voix off d'un autre temps, le film ne doit sa survie qu'à la présence forcément agressive et jubilatoire de Sid Haig et à ses quelques séquences de violence où exécutions et viol forment un cortège aussi crasseux qu'efficace.
En revanche, inutile d'y chercher des zombies, vous ne trouverez à leur place que des mutants dans une esthétique années 70. Mais l'oeuvre bénéficie d'une petite réputation culte, véhiculée par des VHS aux attributs prometteurs.