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Yves Robert | Alexandre le bienheureux (1967)


A partir d'un sujet des plus minces (un bonhomme décide de passer ses journées au plumard), Yves Robert accouche d'une comédie pleine de fantaisie et gentiment anarchiste. Eloge de la paresse, Alexandre le bienheureux est un aussi un appel à la révolte, face au travail aliénant mais aussi contre les femmes présentées sous un jour pour le moins négatif, épouse despotique (Françoise Brion), jeune fille paresseuse et vénale (Marlène Jobert) ou vieille commère (Tsilla Chelton). Tourné en 1967, le film porte cet esprit libertaire qui guidera bientôt Mai 68. Beaucoup de seconds rôles qui ne le resteront plus longtemps (Pierre Richard, Jean Carmet), un Philippe Noiret formidable en colosse poupin que l'on a forcément envie d'imiter et un humour qui flirte avec l'absurde (le chien au centre de la réunion municipale) sont à mettre à l'actif de cette fable bucolique et épicurienne qui invite à goûter le moment présent et à savourer la vie pour ses plaisirs simples.
(Vu le 05/05/2018 / Source : enregistré en 2005)


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Philippe De Broca | L'Africain (1983)


Philippe Noiret et Catherine Deneuve devant la caméra de Philippe De Broca, dans un film produit par Claude Berri, c'était l'assurance d'un truculent spectacle, entre comédie et aventures exotiques. Las, L'Africain peine à convaincre totalement, même s'il constitue un très honnête divertissement. Les grumeaux viennent d'un rythme indolent, d'un scénario qui tourne assez vite en rond et à un couple vedette qui ne fait pas les étincelles espérées, loin du tandem que formaient Noiret et Annie Girardot déjà sous l'oeil de De Broca d'ailleurs, (Tendre poulet et On a volé la cuisse de Jupiter).
Le sujet des braconniers et de la souillure bétonnée d'espaces sauvages ne sont pas suffisamment exploités. Et le metteur en scène a donc fait bien mieux dans une même veine. Mais il y a l'imposant Philippe, toujours savoureux, capable de sauver n'importe quoi. Il y a aussi ces seconds rôles comme on les aimait, de Jacques François (trop peu présent) à Jean-François Balmer. C'est aussi un film qu'on ne pourrait plus faire, avec ses relents de colonialisme bon enfant... Une production mineure et en deçà de son potentiel mais presque un classique quand on voit l'état du cinéma français d'aujourd'hui...