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Newt Arnold | Les mains d'un étranger (1962)
























En cette fin d'année 2019, Artus Films enrichit sa collection de films qui n'ont de "classique" que leur ancienneté, agréables pellicules au mieux (Le rocher du diable, La deuxième femme), sinon tout juste honnêtes (Les femmes de Jesse James).

A lire | Beverly Sebastion - La vengeance de la femme au serpent (1988)


Pour lancer sa collection "Rednecks", Artus a eu la bonne idée de sortir conjointement Les marais de la haine et sa suite La vengeance de la femme au serpent. Presque une quinzaine d'années séparent les deux films. En fait longtemps oublié, Gator Bait a été redécouvert durant les années 80 grâce à la VHS, poussant les producteurs à réclamer au couple Sebastion cette tardive séquelle. Celui-ci ne se casse pas trop la tête et réchauffe la même recette. Mais alors que l'oeuvre d'origine  possédait du rythme et une sensualité moite, due en grande partie à la beauté un peu ingénue de Claudia Jennings, son successeur ne distille ni l'un ni l'autre, pataugeant dans une bauge paresseuse.
Jan Sebastian, la propre belle-fille de Berverly et Ferd, a certes de gros seins mais n'a pas le même charme que sa devancière. Surtout, Gator Bait II souffre d'un scénario quasi inexistant, grevé par une première moitié où, entre apprentissage de la survie dans les Bayou et séances de baise, il ne se passe rien. Il faut attendre le viol collectif subi par Angélique, interminable et cradingue, pour que le récit s'emballe enfin, empruntant alors le chemin du rape & revenge. Mais platement filmée avec du flou pas artistique, cette dernière partie ne parvient jamais à drainer la moindre tension. Du bis très mineur quoique sympa à mater quand même.  (vu le 20/01/2019) ⍖⍖










A lire | Gregg G. Tallas - Les sirènes d'Atlantis (1949)


En 1919, Pierre Benoit publie L'Atlantide, qui rencontre un immense succès. Le cinéma s'en empare et on ne compte pas moins de cinq adaptations du roman, sans compter un téléfilm réalisé en 1972. Les sirènes d'Atlantis est l'une d'entre elles. Si sa paternité compliquée - pas moins de quatre metteurs en scène dont John Brahm et peut-être Douglas Sirk, se sont ainsi succédé - laisse craindre un naufrage, le film ne souffre pas de cette gestation chaotique. Que ce soit son monteur (Greg Tallas) qui ait été chargé par la United Artists de coller les morceaux, peut expliquer la bonne tenue générale d'un métrage qui reste malgré tout plutôt homogène. Ceci étant, l'oeuvre reste mineure, souffrant d'un manque de moyens évident qui l'oblige à circonscrire le récit entre les murs du royaume de la reine Antinea. Face à des comédiens assez ternes, dont son époux d'alors, Jean-Pierre Aumont, Maria Montez magnétise l'écran, trouvant dans le rôle de cette cruelle souveraine aux allures de mante religieuse, un des plus beaux rôles de sa courte carrière. Sans elle et de belles images finales où l'on devine le corps du lieutenant André Saint-Avit enseveli sous le sable, cette version de l'Atlantide n'aurait pas la même saveur. (vu le 19.01.2019)






A lire | Ferd & Beverly Sebastion | Les marais de la haine (1974)


Après les filles de la jungle, Artus inaugure une nouvelle collection consacrée aux rednecks, qui sont à l'origine d'un sous-genre du cinéma bis US appelé la Hicksploitation. Les marais de la mort et sa suite tardive, La vengeance de la femme au serpent (1988) ouvrent le bal. Sorti sur les écrans en 1974, dans le sillage des Délivrance et Massacre à la tronçonneuse, Gator Bait (son titre original) possède un statut modeste sans doute parce qu'il se montre trop timoré en terme de violence graphique et sexuelle alors même que son sujet annonce un film dur, bien sale et poisseux. S'il n'est pas vraiment le rape & revenge promis, il nous tient pas moins en haleine et ce malgré un ventre mou à mi parcours. Mais après la tentative de viol débouchant sur la mort de la soeur de Désirée, assez rude, le film gagne en tension. Outre une mise en scène nerveuse, illustrée par une ouverture haletante avec les deux bateaux qui se poursuivent, celui-ci tire sa force en alignant tous les invariants propres à la hicksploitation avec son décor moite de marécages et sa belle galerie de dégénérés incestueux. Surtout, il y a la regrettée Claudia Jennings dans un rôle quasi muet, ancienne playmate à la beauté rousse incandescente. Comme les autres personnages féminins très sexualisés, elle se montre désirable avec beaucoup de naturel. Un bon (petit) film ! (vu le 08/01/2019)











Alvaro Mancori | Hercule l'invincible (1964)


En 1964, le péplum italien vit ses derniers feux, bientôt détrôné par le western dans les salles obscures. Résultat, les budgets se tarissent et les metteurs en scène les plus réputés (Freda, Ferroni...) finissent par déserter le genre, remplacés par des artisans plus modestes. Hercule l'invincible s'inscrit dans ce contexte de fin de règne. Peu de moyens à l'écran, comme le démontre le recours à des stock-shots et des décors peu impressionnants. Pourtant, emballée par Alvaro Mancori, ancien directeur de la photo dont il s'agit de la seule expérience comme réalisateur, cette nouvelle aventure d'Hercule (rebaptisé Ursus en français !) se situe plutôt dans la bonne moyenne grâce à des effets spéciaux réussis (la rivière de lave) et des matte paintings dont on dit qu'il pourrait être l'oeuvre de Mario Bava, qualité qui rachète la pauvreté d'un scénario qui sillonne un chemin bien lessivé. L'action constante permet de ne jamais s'ennuyer tandis que pointe un zeste de burlesque. Et il est amusant de retrouver Dan Vadis, futur membre de la troupe de Clint Eastwood (dans Bronco Billy notamment), dans la peau d'un colosse de foire. (vu le 05.01.2019)









Romano Ferrara | Gungala, la vierge de la jungle (1967)


Avec La vierge de la jungle, Artus inaugure une nouvelle collection dédiée aux filles de la jungle, du cinéma alternatif pur jus comme on l'aime. Après le succès de Liane la sauvageonne (1957), les Italiens s'engouffrent dans la fente et mettent en branle les aventures de Samoa, Tarzana (ça ne s'invente pas) ou de Jungala donc. Comme souvent, ils accentuent la nudité inhérente à ce genre d'héroïnes, gratifiant la rétine de nombreuses scènes topless. C'est d'ailleurs le seul intérêt de cette modeste production sans doute tournée dans un bois autour de Cinecitta. Réalisateur du Monstre aux yeux verts avec Michel Lemoine, Romano Ferrara n'a aucun talent et met en scène platement un scénario qui tourne à vide, simple prétexte dévoiler la beauté dénudée de Kitty Swan. Seule sa présence - et celle de Linda Veras, qu'on aimerait davantage voir à poil - maintiennent vaguement le spectateur en éveil, lequel n'attend qu'une chose : admirer la superbe plastique de la Danoise qui n'a rien à dire et se contente de courir ou de se baigner sans aucune raison du reste ! Quoique mineur, ce Jungala connaîtra un certain succès, qui inspira à la fois le fumetti Jungla et une suite, La panthère nue, nettement plus enthousiasmante car avec beaucoup plus de cinéma dedans. Il faut dire que c'est Ruggero Deodato, futur auteur de Cannibal Holocaust, qui sera aux manettes... (vu le 30/12/2018)











Archie Mayo | L'évadé de l'enfer (1946)


Si la collection "Les classiques" de chez Artus, n'est pas la plus excitante de l'éditeur, elle a au moins le mérite de nous faire (re)découvrir des films rares ou franchement oubliés, parfois mineurs, souvent intéressants. L'évadé de l'enfer est un des meilleurs du lot. Réalisé en 1946 par Archie Mayo (Les aventures de Marco Polo), celui-ci rejoint Le ciel peu attendre ou Un pacte avec le diable où un mort revient sur terre pour exécuter une mission. Le principal atout de ce conte fantastique nourrit aux codes du film noir et que pimente une touche de comédie, reste son formidable trio de comédiens : Paul Muni dans un de ses derniers grands rôles, Anne Baxter et sa beauté atypique et surtout Claude Rains dans la peau du diable lui-même, auquel il confère une dimension à la fois sympathique et pourtant parfois quasi fascisante. Plastiquement très sombre, la séquence dans les Enfers est oppressante, le rythme, nerveux. Bref, Angel On My Shoulder mérite largement de sortir de l'oubli... (vu le 29/12/2018)









A. Edward Sutherland | Au-delà de demain (1940)
























Aux cotés de La vie est belle ou de Miracle dans la 34ème rue, Au-delà de demain anime ce sous-genre du conte de Noël cinématographique dont les Américains restent particulièrement friands.