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Hal Needham | Cours après moi shérif (1977)


Burt Reynolds est mort le 6 septembre 2018 à l'âge de 82 ans. Il semblait alors n'être plus qu'une petite chose un peu rabougrie loin du macho man à la fois tendre et viril qu'il incarnait au faîte de sa gloire. Pour lui rendre l'hommage qu'il mérite, j'aurais pu choisir de revoir Délivrance, sans doute le seul véritable chef-d'oeuvre de sa filmographie ou bien un de ces films bien heavy qui ont fait sa renommée, de L'anti-gang aux Poulets, de Gator à Plein la gueule en passant par La cité des dangers et bien d'autres encore. Mais j'ai eu envie de revoir Cours après moi shérif, un de ses plus gros succès populaires et le film grâce auquel je l'ai découvert lorsque j'étais môme, rejoignant alors Clint Eastwood, Steve McQueen et Charles Bronson au panthéon des action men qui m'ont fait aimer le cinéma.
Emballé par un ancien cascadeur, ce qui se voit à l'écran, ce premier volet de ce qui deviendra une trilogie et inspirera même série, ne possède certes pas une grande valeur cinématographique avec son scénario un peu idiot tenant sur une feuille de papier à cigarette et sa mise en scène efficace mais inexistante. Reste qu'il est permis de trouver jubilatoire ces courses-poursuites, ces bagarres à travers l'Amérique biberonnée à la Country et à la Budweiser. Des jolies filles, la moustache et le regard sombre du grand Burt tout en nonchalance velue, la frimousse et l'abattage de Sally Field, un shérif grossier campé par Jackie Gleason comme un cousin du J. W. Pepper de Vivre et laisser mourir,  des Peterbilt rugissants et cette fameuse Pontiac Trans Am sous le capot de laquelle gronde une énergie sexuelle, suffisent à notre bonheur simple de cinéphiles. (Vu le 08/09/2018)














Tom Gries | Les 100 fusils (1969)


En quelques mots : Après le remarquable Will Penny le solitaire (1968), Tom Gries signe ces 100 fusils inférieur car moins personnel, révélateur en cela de la mutation que connait alors le western américain sous influence des bandes italiennes. Si l'ensemble parait totalement invraisemblable, son côté sexy, incarné par les beautés plus (celle de la solaire Soledad Miranda dont on peut admirer la croupe aguichante) ou moins (celle de Raquel Welsh et sa chemise mouillée) dénudées de ces comédiennes. Bien sûr le film est resté célèbre pour être la première grosse production à montrer une scène d'amour entre un noir et une blanche, dans une séquence certes réussie quoique totalement gratuite et finalement assez sage, mais ses très bonnes scènes d'action, emballées avec une incontestable maîtrise par Gries, la partition du grand Jerry Goldsmith et sa riche distribution emmenée, outre les actrices déjà citées, par les virils Jim Brown, Burt Reynolds, Fernando Lamas et même Eric Braeden (Les feux de l'amour !), lequel retrouvera le réalisateur en 1973 ou Lady Ice, rachète la scénario conventionnel de Clair Huffaker, qu'on a connu plus inspiré (Rio Conchos)...

Richard Benjamin | Haut les flingues ! (1984)


En quelques mots : Un pétard mouillé. La rencontre au sommet entre Clint Eastwood et Burt Reynolds devait être un des événements majeurs de l’année cinéma 1984. Ce fut une déception. De fait, tourné entre La corde raide de Richard Tuggle et Pale Rider, Haut les flingues ! demeure un des films les moins passionnants de Eastwood. La genèse de ce long métrage, initialement baptisé Kansas City Blues, est pour le moins tortueuse. Il s’agit au départ d’un projet de Blake Edwards, réalisateur de célèbres comédies telles que La panthère rose, La party ou Victor, Victoria, et qui devait marier l’humour et l’action, le tout dans l’ambiance nostalgique et nocturne de l’Amérique des années 30. Eastwood et Reynolds, qui désiraient depuis longtemps travailler ensemble, s’intéressent très vite à ce projet. Mais Clint Eastwood, également producteur (comme Burt) ne s’entend pas du tout avec Blake Edwards, qui veut imposer sa femme, Julie Andrews, dans le rôle de la secrétaire du privé Mike Murphy. Les deux vedettes s’opposent à ce choix et peu à peu le metteur en scène prend conscience que le film lui échappe. Il finit par se retirer du projet, ne signant que le scénario, sous le pseudonyme de S.O.B. (Son Of a Bitch, du nom de son film S.O.B., critique acerbe de Hollywood). Il est remplacé par le terne Richard Benjamin, un ancien acteur passé à la réalisation, plus tard responsable de chefs d’œuvre impérissables tels que J’ai épousé une extra-terrestre ou La surprise. On ne peut sans doute que regretter la démission de Blake Edwards. Sous sa direction, Haut les flingues ! aurait certainement été plus réussi. En l’état il ne reste qu’une petite comédie d’action, ni vraiment drôle, ni vraiment énergique. Qui plus est, le tandem Eatswood – Reynolds, malgré quelques étincelles, ne fonctionne pas vraiment, et Clint, visiblement peu à l’aise, semble presque en retrait par rapport à son compère qui se contente de livrer son numéro habituel. Reste tout de même une bonne distribution, avec quelques seconds rôles de qualité, comme Jane Alexander dans celui qui aurait pu être tenu par Julie Andrews, puis par Clio Goldsmith ( ?) et Marsha Mason (qui retrouvera Clint deux ans plus tard pour Le maître de guerre), ou bien encore Tony Lo Bianco, l’éternel criminel des Tueurs de la lune de miel de Leonard Kastle. Enfin, à la vision du film, on ne peut s’empêcher d’avoir une pensée émue pour Burt Reynolds qui alors était aussi connu que Clint Eastwood. 30 ans après, il ne reste plus grand chose du bon vieux Burt...