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Buddy Van Horn | Pink Cadillac (1989)


En quelques mots : Pink Cadillac s’inscrit dans la période la moins faste de Clint Eastwood, tant sur le plan professionnel que personnel. De Bird en 1988 à La relève en 1991, tous ses films connaissent peu de succès, à part La dernière cible, lequel est toutefois, de toutes les aventures de Dirty Harry, celle qui a le moins bien marché au box-office (19 millions de dollars de recettes américaines contre près de 35 millions pour Le retour de l’inspecteur Harry en 1983). La biographie de Charlie Parker et Chasseur blanc, cœur noir, tous deux présentés au festival de Cannes, constituent d’incontestables réussites artistiques et sont bien reçus par la critique mais leurs sorties se soldent pas de graves échecs. Ce troisième film de Buddy Van Horn représente, à l’instar du cinquième épisode de l’inspecteur Harry, une sorte de monnaie d’échange pour Bird vis à vis de la Warner. Pink Cadillac est le seul film de l’acteur à ne pas être sorti en salles en dehors des Etats-Unis ce qui, au vu de toutes les inepties qui polluent à longueur d’année nos écrans, semble pour le moins incompréhensible ! Alors certes, cette comédie d’action sans prétention, sans grande personnalité et platement filmée par Buddy Van Horn, demeure sans doute une des œuvres les plus mineures de Clint Eastwood. Le début est laborieux, la fin interminable, et le gang d’extrême droite, les Purs sangs est dépeint de manière grossière et caricaturale et sans l’humour du gang des Veuves noires de Doux, dur et dingue et Ca va cogner auxquels Pink Cadillac se rapproche. Malgré tout, le film présente un certain intérêt. Il s’avère plaisant à regarder, grâce notamment à ses nombreuses scènes d’action. Clint, dont le charisme est intact, semble davantage à l’aise que dans La dernière cible et il s’amuse à se déguiser et à composer différents personnages. Par sa décontraction, Tom Novak est une sorte de cousin de Philo Bedoe. Le tandem que l’acteur constitue avec Bernadette Peters fonctionne plutôt bien et ils ont quelques bonnes scènes ensemble. Enfin, il permet de remarquer la présence de certains habitués des films du cinéaste : Geoffrey Lewis, Bill McKinney, Frances Fisher (laquelle ne tarde pas à devenir sa nouvelle compagne) pour les plus évidents. Notons aussi les apparitions de Mara Corday (elle jouait déjà dans Tarantulaen 1955), Paul Benjamin (vu dans L’évadé d’Alcatraz), John Dennis Johnson (un des suppléants de Pale Rider), James Cromwell et Jim Carrey dans une imitation irrésistible de Elvis Presley. Pink Cadillac n’est donc pas le navet que certains prétendent ! 


Buddy Van Horn | La dernière cible (1988)


En quelques mots : Cinquième aventure de l’inspecteur Harry, flic incorruptible aux méthodes expéditives apparu sur les écrans en 1971 dans le film éponyme de Don Siegel, La dernière cible, autant l’annoncer tout de suite, fait pale figure en comparaison de ses quatre prédécesseurs ! Il s’agit certes d’un polar pas déplaisant à regarder, grâce au charisme de Clint Eastwood, quand bien même celui-ci semble fatigué et pas très concerné par le film, mais au final on n'en retient pas grand chose. La mise en scène de Buddy Van Horn, proche collaborateur de l’acteur depuis la série Rawhide, passé derrière la caméra avec Ca va cogner en 1980, est quasi inexistante, les scènes à faire (le traditionnel braquage, le règlement de compte final…) sont là mais n’apportent rien de neuf par rapport à celles figurants dans les précédents opus. Pour tout dire, de la musique de Lalo Schifrin (qu’on a connu plus inspiré) au travelling arrière terminant le film, on peine à trouver une once d’originalité dans La dernière cible. Tout y a été déjà fait et en mieux ! Et on ne parle même pas de l’intrigue, cousue de fil blanc et d’une banalité affligeante. La vision du Hard Rock semble caricaturale et la critique des médias trop timide. Et puis, voir Harry le charognard devenu une vedette, encensée par la presse, fait pour le moins sourire. Est-ce bien le même personnage ? Où est passé l’urgence et la noirceur du film originel ? Il eut mieux valu en rester au quatrième épisode, Le retour de l’inspecteur Harry, beaucoup plus réussi et tellement crépusculaire qu’il en constituait une quasi épitaphe. De fait, il faut plutôt voir cet ultime épisode de l’inspecteur Harry comme une monnaie d’échange de Clint Eastwood à la Warner pour Bird, sorti la même année. Cet hommage à Charlie Parker est un projet plus risqué et l’acteur se doit de rassurer son studio en livrant un second film au succès assuréLa dernière ciblemérite tout de même d’être vu pour deux scènes mémorables : le clin d’œil à Bullitt à travers la poursuite avec une petite voiture téléguidée dans les rues de San Francisco et l’exécution du tueur par Callahan avec un lance – harpon. Enfin, deux comédiens appelés à devenir célèbres figurent au générique : Liam Neeson, futur héros de La liste de Schindler de Steven Spielberg et Jim Carrey qui retrouvera Clint l’année suivante dans Pink Cadillac encore de Buddy Van Horn. En dépit d’un score honnête au box-office, La dernière cible ouvre une période dans la carrière du cinéaste qui le voit connaître moins de succès. Ces trois films suivants seront également des échecs publics (Pink Cadillac justement, Chasseur blanc, cœur noir et La relève), et certains ont pu alors parler de déclin pour Clint Eastwood. Ce qui était une erreur comme la suite le démontrera…

Buddy Van Horn | Ca va cogner (1980)


En quelques mots : Deux ans après le carton (surprise) au box-office de Doux, dur et dingue, Eastwood et sa joyeuse bande remettent le couvert pour une seconde et dernière aventure, manière pour le comédien de compenser l'échec commercial de Bronco Billy avec ce simple véhicule. Comme il a l'habitude de le faire, il confie la réalisation à un de ses collaborateurs, en l'occurrence le fidèle Buddy Van Horn, lequel en tournera deux autres et pas les meilleurs, La dernière cible (1988) et surtout Pink cadillac (1989). Au moins celui-ci n'a d'autre prétention que d'assurer le minimum syndical, emballant un pur produit de (grande) consommation. Si le premier volet signé James Fargo n'était pas sans qualités, Ca va cogner sombre constamment dans la vulgarité et l'humour (?) au niveau du slip. Le portrait de la mafia est aussi caricaturale que celui de la police et des motards dans l'épisode précédent, cependant que le personnage joué par Sondra Locke s'est mystérieusement métamorphosé en héroïne douce et positive. Restent heureusement la musique, dont la chanson du générique chantée par Ray Charles et Clint lui-même, l'interminable bagarre entre la star et le sympathique William Smith, clin d'oeil évident à L'homme tranquille de John Ford et bien sûr le charisme inoxydable d'Eastwood. C'est peu mais cela suffit à notre bonheur !