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Roger Spottiswoode | 200 000 dollars en cavale (1981)
























Un bandit connu sous le nom de D.B Cooper dérobe 200 000 dollars dans un avion puis disparaît dans la nature. Ce film imagine la suite de l'histoire en brodant la traque du voleur par un policier chargé par la compagnie d'assurance de le rattraper.

Georges Lautner | Le professionnel (1981)
























S'il a beau être un des plus gros succès commerciaux de Belmondo après L'as des as (1982) et le Cerveau (1969), Le professionnel n'en reste pas moins un presque nanar. Le début, où le contexte de la Françafrique est traité à gros traits, paraît raté tandis que plusieurs séquences sombrent dans le ridicule (Bébel clochard, la flic lesbienne...).

Luc Béraud | Plein sud (1981)


Alors que, selon son habitude, il s'était énormément investi dans son rôle, Patrick Dewaere fut très déçu par Plein sud. Il ne fut d'ailleurs pas le seul, la critique n'ayant pas épargné, à sa sortie, ce deuxième long métrage de Luc Béraud, plus connu comme scénariste de Claude Miller (La meilleur façon de marcher, L'effrontée...) dont on imagine ce qu'il aurait (peut-être) fait d'un tel sujet. Il s'agit pourtant d'un beau film, délicieusement amoral et mélancolique, souvent cruel qui voit un homme tout lâcher, quitter son confortable quotidien pour vivre la passion brute plus que le grand amour. Qui a vu sa vie bouleversée par une femme manipulatrice ne peut que ressentir de la tendresse, de la compassion pour ce pauvre hère perdu qui cherche en vain à reprendre le contrôle de son destin tout en sachant qu'il se dirige quand même droit dans le mur.
Intimiste et sensuel, Plein sud est une sorte de film d'aventures sans aventures dont le récit se déroule entre une France abstraite au bord du chaos politique et une ville de Barcelone qui, sans être menaçante, ne répond pas un clichés touristiques car peuplée de personnages équivoques (campés par Guy Marchand, Jeanne Moreau ou Pierre Dux) qui semblent tous jouer un double jeu, aux côtés d'un (anti) héros auquel Dewaere apporte sa fragilité et sa détresse. En cela, Serge Laine est de tous ses rôles, celui qui reste l'un des plus proches de ce que fut le comédien dans la vie. Si celui-ci a regretté le peu d'implication de sa partenaire féminine, par sa distance, Clio Goldsmith se confond pourtant avec cette femme-enfant aux allures d'objet sexuel trouble et insaisissable... (Vu le 13/10/2018)














KröniK | Whitesnake - Come An' Get It (1981)


Come An’ Get It s’inscrit dans la droite lignée de ses aînés et libère donc ce hard rock bluesy chaleureux qui suinte le sperme et la sueur.

En 1981, le Serpent Blanc vient d’atteindre le point G de sa carrière sur un plan artistique (pour le tiroir-caisse, il faudra attendre la fin de cette même décennie), suite à la triple éjaculation épaisse et fertile que forment les salves Trouble, Lovehunter et Ready And Willin’, orgasme parachevé par le désormais mythique live… In The Heart Of The City. L’érection toujours au garde à vous, David Coverdale repart déjà l’assaut quelques mois à peine après, avec dix nouveaux coups de boutoir. Come An’ Get It s’inscrit dans la droite lignée de ses aînés et libère donc ce hard rock bluesy chaleureux qui suinte le sperme et la sueur et, ce faisant, offre peut-être même un des joyaux de la carrière des Anglais.

Dix titres, dix bijoux sexy et imparables éclaboussés par la semence du Coverdale au top de sa (ses) forme(s). Rien, absolument rien à jeter. Comment résister à des appels de hanche du calibre de l’hymne “ Don’t Break My Heart Again ”, “ Come An’ Get It ”, de “ Hot Stuff ”, qui permet aux claviers de Jon Lord de dégouliner comme ils en ont l’habitude ? Introduit par la slide du duo Bernie Mardsen / Mickey Moody, “ Lonely Days, Lonely Heart ” vous fout un gourdin pas possible et que dire du bluesy sentant bon les Bayous “ Wine, Women An’ Song ” sur lequel le chanteur roucoule des paroles bien en-dessous de la ceinture (“ Then baby, you can kiss my ass… ”), si ce n’est que l’on tiens du lourd. Après le lent et superbe “ Child Of Babylon ”, Whitesnake revient à ses premières amours en pénétrant entre les cuisses béantes d’une musique toujours aguicheuse, comme l’illustrent les excellents “ Would I Lie To You ”, “ Girl ” ou “ Hit An’Run ” et ses parties de slide endiablée. Et quand survient le puissant “ Till The Day I Die ” qui clôt l’album, on n’a qu’une seule envie, celle d’enfiler sa femme, d’honorer son corps. Porté par des musiciens au paroxysme de leur inspiration et de leur talent, le Serpent Blanc  démontre avec Come An’ Get It qu’il a bel et bien dépassé le stade de la puberté et des émois maladroits qui l’accompagnent. Son style reconnaissable entre mille a atteint sa maturité. Bref, on n’est pas loin du chef-d’œuvre. Whitesnake ne tardera pourtant pas à tromper sa maîtresse anglaise pour s’en aller bientôt caresser les courbes d’une belle Américaine… (07/08/08)


David Hemmings | A la recherche du Yankee Zephyr (1981)


L'activité en tant que réalisateur de David Hemmings est un peu à l'image de sa carrière de comédien : curieuse et inégale et finalement décevante. Pour le grand écran, l'interprète de Blow Up met en scène trois films. A la recherche du Yankee Zephyr, également connu sous le titre Les bourlingueurs, est le dernier d'entre eux. Si, tourné la même année, Le survivant d'un monde parallèle était une oeuvre fantastique plutôt réussie, il n'en va pas de même de ce film d'aventures fatigué qui exploite le filon des chasseurs de trésor.
Comparé aux Aventuriers de l'arche perdue, il est pale figure, hésitant entre la parodie et le premier degré. Sa surprenante distribution qu'animent un George Peppard à contre-emploi et un Donald Pleasence qui bouffe l'écran, ne suffit pas à sauver ce morne spectacle de l'ennui déjà démodé à sa sortie. (Vu le 07/04/2018)
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David Cronenberg | Scanners (1981)


Scanners s'inscrit dans la trajectoire horrifique entamée avec Frissons en 1974 qui s'achèvera avec Faux-semblants en 1988.  Cette série de films très personnels va imposer David Cronenberg comme un des maître de l'épouvante, une épouvante froide, malsaine et clinique qui ne repose pas - c'est là toute son originalité - sur de banals vampires  et autres morts-vivant mais sur la mutation des corps, des chairs, qui deviennent ainsi sources de terreur. Proche de Chromosome 3 de part son atmosphère, Scanners annonce également son successeur Videodrome qui ira encore beaucoup plus loin dans la folie développée par ce paradigme, ne serait-ce que par la menace incarnée par un groupe invisible au pouvoir occulte et tentaculaire.
S'il bénéficie de la présence de comédiens reconnus (comme c'était du reste le cas pour Chromosome 3), tels que Patrick McGoohan, qui doit sa célébrité à la télé (les séries Destination Danger et bien évidemment Le prisonnier) mais qui alors multiplie les apparitions sur le grand écran (on pense notamment à son rôle dans L'évadé d'Alcatraz), ainsi que la sublime Jennifer O'Neill et  cette gueule de Michael Ironside, le film suinte néanmoins toujours le fluide de l'underground. Avec une grande économie de moyens,  le Canadien dessine un climat étrange et dérangeant. La froideur de décors quotidiens participe aussi grandement de l'instauration de ces ambiances glauques et désincarnées. Certains estiment - à raison - que Cronenberg ne fera jamais mieux que ces petits longs-métrages au budget modeste. Enfin, il permet donc à son auteur de creuser encore davantage ses thèmes de prédilections, à commencer par la prolifération d'un mal insidieux tapi à l'intérieur du corps humains. Ces mutants sont une variation des psychoprotoplasmes de Chromosome 3 ou des greffes fortement sexuelles de Rage. Scanners confirme de fait le talent singulier de Cronenberg.















Alain Corneau | Le choix des armes (1981)
























Le choix des armes ferme la première - et la meilleure - partie de carrière d'Alain Corneau, laquelle tricote une sorte de version tragique du polar noir.

Gérard Kikoïne | Adorable Lola (1981)


En quelques mots : Si, dans le cinéma de genre traditionnel, en particulier fantastique, son bilan se révèle peu glorieux, Gérard Kikoïne s'est au contraire imposé comme un des maîtres du porno hexagonal des années 70 et 80. Vendu sous le titre fleuri de Journal intime d'une jeune fille en chaleur, Adorable Lola est considéré, à juste titre, comme un des fleurons du genre. Mise en scène inventive, actrices superbes qui jouent bien dont la jeune Marilyn Jess, un Piotr Stanislas exécutant une auto-fellation et surtout un ton différent, sombre et brutal, expliquent notamment cette bonne réputation. Ainsi, en suivant l'initiation de son héroïne, le film nous plonge dans les replis les plus noirs de l'âme humaine où se nichent vices et perversions. Le viol de Lola avec une bouteille d'alcool ou la sodomie que subit la jeune Claire sont particulièrement dérangeantes.